Etape 065 Jour 60

Etape 065 - Jour 060 - samedi 12 juin 2010 - 48 photos - 239 km - 11.531 en tout

L'itinéraire en rouge. Je plonge vers le sud, parfois vers l'est, selon les aléas de la côte égéenne.
Vous l'avez compris, je longe la côte, c'est là que se trouvent les campings, les seuls logements que je m'accorde.

En fait, je resterais bien, mais j'ai envie de poursuivre. Et c'est finalement avec joie que je plie la tente et que je quitte cette très bonne étape.
Il est 7h40 lorsque j'appuie sur le démarreur. Tout le monde dort. J'aime cette ambiance du petit matin.
Je suis déjà passé là hier après-midi, souvenez-vous. mais avec la lumière matinale, c'est tout bonnement féérique !

Cette partie est un terrain militaire. J'ai connu pire, comme spectacle, quand j'étais à la caserne !

Voici le camping qu'il faut absolument fuir, et dont je vous parlais hier. Croyez-moi sur parole. Sinon, allez-y, vous verrez bien !

Et voici Foça. Très jolie petite ville.

Il n'est que 8 heures du matin. Et pourtant, au bout de la jetée, cet homme est en train de lire son journal, torse nu.
Pour vous dire qu'il fait déjà chaud !

Au même endroit, juste pour vous montrer la miss qui voulait aussi sa photo.
Je lui dois bien ça, vu le boulot qu'elle fait. Ceci dit, sans moi, elle n'irait pas loin non plus.

Retour dans les terres, vers l'est, pour récupérer la route principale.
Le genre de route et paysage que j'adore. Sauf le goudron, extrêmement abrasif ! Mais c'est mieux que certaines pistes grecques, hein ?

Deux heures, c'est le temps passé entre les deux photos. Entre les deux, il y a eu la métropole Izmir. Sur le panneau indiquant l'arrivée en ville, la population était inscrite, et m'a fait peur. 2.700.000 habitants. Vous me suivez ? 3 à 5 voies de chaque côté, ça roule dans tous les sens, les voies ne sont pas toujours très claires, ça klaxonne de partout, certaines voies sont creusées de sillons -du genre que je déteste en moto- bref, c'est chaud, d'autant plus que je ne sais absolument quelle direction prendre. Je suis poussé par le flot, je suis le mouvement. Puis je vois "Cesme" inscrit sur un panneau, par autoroute. Là, je n'hésite pas une seconde, je prends. Je ne savais pas que ça me ferait faire une rallonge de 30 à 40 bornes, mais je ne le regrette pas quand je vois ce que je vois et que vous ne verrez pas. Car il est hors de question de s'arrêter ici sur la bande d'urgenec, certains y roulent !

C'est simple, toutes les collines, je dis bien toutes, sont totalement recouvertes d'immeubles, la plupart blancs. C'est resplendissant, mais ce doit être ausii l'enfer. Je pense que je pouvais compter la matinée entière là-dedans si j'étais resté en bas ! Et en fond de tableau, le bleu profond de la mer Egée.

Je quitte l'autoroute à Urla. Je roule à nouveau vers l'ouest, car Cesme se trouve au bout d'une péninsule en forme de pointe de flèche, comme vous pouvez le voir sur la carte. C'est très joli.

La pointe nord de la flèche dont je vous parlais est d'une taille disproportionnée. C'est la péninsule de Karaburum (du nom d'une ville au nord-est), un joli nom qui sonne comme Caraïbes, non ? Et qui signifie "pointe noire". La route qui en fait le tour (environ 100 km, tout de même, car rien n'est "petit" en Turquie) semble être encore une piste dans sa partie nord-ouest. Je ne tente donc pas l'aventure. Je fais juste une reconnaissance.

C'est très joli, plutôt sauvage.

Coup d'oeil arrière.

C'est un peu plus loin, au bout d'une bonne dizaine de kilomètres, que je fais demi-tour.

Petit site antique, alors que je suis revenu sur la route principale, qui longe en partie l'autoroute. A moins que ce ne soit plutôt l'inverse !

Peu après, l'immense plaine, avec quelques sommets au loin. A nouveau, je le répère, j'a-do-re rouler dans ce genre de paysage.

Je vous en fais une autre, je ne peux pas m'en empêcher. Dans ma mémoire, ces moments de route restent toujours bien gravés.

Sifne, ou du moins un des nombreux petits hameaux autour de Sifne.
Je bifurque en effet vers l'autre rive du Karaburum, car j'ai noté la présence de plusieurs campings dans le coin.

Je les cherche en vain. On me balade, on m'envoie de place en place. Je sue à grosses gouttes.

Et regardez sur quoi je tombe ! C'est magique. Une eau transparente, un sable très fin, c'est la carte postale de la Turquie égéenne.
C'est Sifne.

Beaucoup de jeunes dans l'eau. Et de familles en train de s'installer. C'est aujourd'hui samedi.

Je poursuis mon chemin. On m'indique un camping sur la pointe sud de la flèche de Cesme. Allons-y.

J'ai chaud, j'ai faim, je touche au but. J'ai droit au repos. Ici, un petit café-restau, avec plein de bonnes choses.
C'est dans le petit village de çiftlikköy.
La fille parle anglais, et me fait un délicieux sandwich au poulet, que je vais dévorer. C'est bien épicé, mais je savoure lentement chaque bouchée.

Mon jeune voisin, avec sa casquette, lance la conversation en anglais. Fort sympathique, il est émerveillé par mon voyage, et me dit que c'est un rêve qu'il aimerait également réaliser. C'est son père qui est avec lui. Il m'offre une petite glace au chocolat, merci à toi, l'ami, c'était délicieux ! Je lui demande s'ils sont d'accord pour avoir leur photo sur le site : c'est oui. J'ai bien noté leurs noms, mais le papier est dans la tente, je rajouterai plus tard !

Cette pause-repas m'a fait le plus grand bien, et cette rencontre en est la cerise sur le gâteau, ou la glace après le sandwich...

A la sortie de çiftlikköy. Que feriez-vous, à ma place ? J'y vais, ou je n'y vais pas ?
C'est simple, j'attends le passage d'une voiture. En fait, les pointes ne sont pas fixes, elles s'abaissent au passage du pneu.

Bon, c'est bien, mais ça ne résout pas mon problème. Une nouvelle fois, le renseignement "camping" était mauvais. En fait, il y a eu des campings ici, voici quelques années. Ils ont été transformés en "clubs plage". Des gardiens sont postés devant chaque route/piste conduisant à une plage de rêve -elles sont toutes idylliques, croyez-moi- et demandent 10 ou 20 TL pour y aller ! C'est un gars super-sympa qui me donne les explications. Un russe a acheté ces plges, a viré les campings et a dit qu'il fallait faire ces clubs de plage. Et je dois avouer qu'il a bien raison, au vu de ce que je vois pendant les dix minutes passées avec mon interlocuteur. Il a ramassé au moins 140 livres en si peu de temps ! Beaucoup de problèmes qu'un camping, beaucoup moins de main d'oeuvre, les gens payent sans rechgner, je suis sidéré ! Vous iriez payer, vous, pour une plage ? Oui ? Pas moi.

A moins qu'il y ait des hcoses en plus de la plage..??? Musique le soir, boîte de nuit...? C'est bien possible, c'est ce que je pense en tout cas.

Mais mon gars me dit qu'il en reste un, de camping, à un kilomètre d'ici. Cette fois, l'info était bonne. Voici la plage de ce camping.

La même plage, côté gauche. Derrière moi, une route longe parallèlement cette immense plage. Et derrière la route, dans la dune, se trouve le camping.

Le bâtiment central du camping, bien délabré. Je suis extrêmement bien accueilli par un homme charmant. A toutes mes questions, il me répond "no problem". 15 TL. Je vérifie à peine les toilettes, les douches sont juste deux douches de plage. Mais j'accepte, car j'ai envie de me poser.

Pas d'Internet, bien sûr, mais il m'apporte l'électricité dans la baraque que vous voyez. Il va jusqu'à m'aider à monter la tente, ce qui m'arrange, car il y a pas mal de vent. La tente est sous un très gros sapin, entièrement à l'ombre, dans le sable. Et, pour la première fois depuis mon départ, j'oublie de faire la photo du campement, pour une fois que le campement était vraiment spécial ! Finalement, c'est sympa. Ce qui m'ennuie, c'est pour la nuit. Le camping est ouvert à tous les vents. Un samedi soir, je soupçonne que ça va faire du bruit, ça va bouger... Je discute avec mes voisins, 6 ou 7 hommes dans un grosse voiture venus prendre un bain et manger ensemble. L'un d'entre voulait absolument connaître le prix de ma moto. Quand je le lui ai dit, il a été très déçu. Ben oui, j'ai acheté d'occasion. Bref, la société de consommation embrase aussi la Turquie ! Ils sont partis dans la soirée. Sinon, il y a quelques familles installées à une dizaine de mètres de moi, ce qui me plait bien. Plus loin parmi les sapins, j'aperçois d'autres tentes, mais les occupants ont vraiment l'air de carrément habiter ici !

Je vais donc faire mon petit -plutôt gros, même- boulot informatique dans la baraque en question. A trois reprise, j'y retrouverai deux "Jandarme", très jeunes, tenue militaire, mitraillette en bandoullière, qu'ils posent sur la table à côté de moi. Je leur fais des sourires, je préfère qu'on soit copains... Ils vont faire des rondes sur la plage, et aux alentours. La Turquie est calme, mais les turcs sont bien gardés, ils n'ont qu'à bien se tenir !

 

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