Etape 069cd Jour 67-68

Etape 069c et d - Jour 067-68 - 19 et 20 juin 2010 - 10 photos - 0 km - 12.217 en tout

Samedi, un groupe de 22 camping-cars et caravanes sont arrivés, tous des flamands de Belgique. Certains sont venus s'installer autour de moi. J'ai essayé de discuter avec mes deux plus proches voisins. Je commence la discussion en français, ne sachant pas qu'ils étaient flamands. La femme me fait un petit signe de tête, très léger, et l'homme me répond "on peut faire l'effort de parler français"... Bon, j'ai compris. Pour moi, une conversation d'amitié entre touristes sur une terre étrangère ne doit comporter aucun "effort". Je n'insiste pas. Un peu plus tard, je salue, toujours en français, l'autre couple installé près de moi. Ils me répondent en flamand. Je leur demande s'ils parlent anglais ou allemand, la réponse est "oui". Je n'insisterai pas non plus. Ces gens-là n'étaient vraiment pas sympas, et j'étais enchanté de les voir repartir ce matin dimanche.

Hier, j'ai pris deux bains. Comme vendredi, de petites vaguelettes dues à ce vent assez fort mais agréable. Je suis resté une heure à nager sans aucune pause, mais très doucement. J'ai eu froid en sortant, à cause de ce même vent sur ma peau trempée. Mais on sèche tellement vite, et j'ai apprécié la chaleur de la douche. Journée passée aussi sur le PC à revoir mes itinéraires. La fille de la réception m'a déniché un stabilo-boss, ce qui m'a été fort utile.

Ce samedi soir, je suis allé voir un couple de turcs rencontrés hier soir. Ils m'ont invité à venir discuter un peu avec eux vers 18 heures. Lui est ingénieur dans le génie civil, à la retraite, et a 74 ans. Son frère est passé me saluer, médecin de 81 ans, à la retraite aussi; il s'en allait jouer au bridge. Nous avons discuté une petite heure, tout en mangeant de délicieuses cerises bien noires. Ils habitent ici 4 à 5 mois par an. Certains propriétaires louent leur maison 1000 euros pour un mois, en juillet et en août. Une petite maison face à la mer coûte environ 200 à 250.000 euros. En tout cas, quelle accueil, convenez-en ! Combien de français inviteraient spontanément un touriste étranger en short et sandalettes à discuter à leur domicile ?

Après manger, bien installé dans la tente, avec une chaleur supportable, j'ai un peu surfé sur les actualités, qui me sont presque totalement inconnues depuis mon départ. J'y apprends, pour la France, la terrible nouvelle : renvoi du joueur de foot ayant insulté son entraineur, résultats horribles de nos joueurs dans cette coupe du monde... C'est partout le titre principal. Je me dis donc : pas de probblème particulier dans mon pays, la France se porte vraiment bien. Par contre, une nouvelle -beaucoup plus loin dans la liste- attire mon attention. 12 militaires turcs tués lors d'affrontements avec le PKK dans l'est. Là, c'est un mauvais événement. Et moi qui ai passé un moment à étudier mon trajet vers le lac de Van... Que faire ?

Je mets mon casque sur mes oreilles, avec la guitare de Dire Straits pour me bercer. La musique adoucit les moeurs.
Mais je ne suis pas belliqueux !

Dimanche. Pour la première fois depuis que je suis ici, quelques hauts nuages font leur apparition. Oh, très transparents, les nuages...

Alors que je suis à la réception en train de fignoler mes itinéraires, un homme s'adresse à moi en français, et me souhaite la bienvenue. Très sympathique, son désir de parler me fait lâcher mon PC immédiatement, et nous restons bien une heure à discuter amicalement. Je ne vois pas l'heure tourner, mais Nedim -c'est son prénom- la voit, et me demande de passer les voir, lui et son épouse, dans l'après-midi. Ils sont à moins de cent mètres de chez moi, dans leur camping-car. Ils passent ici 4 mois par an, le reste du temps à Istanbul. Superbe, non ?

Du coup, si c'est l'heure de manger pour eux... J'ai aussi une petite faim, et je décide d'aller manger un toast au poulet. J'adore ça, et je trouve que les turcs font ça très bien, le tout accompagné par un demi-litre de bière turque, la marque Efes. C'est tellement meilleur que de l'eau ! Le tout pouir 10 TL.

Avec la vue que vous voyez ci-dessus (enfin, une partie seulement...).

Je suis allé au bout du plongeoir. C'est magnifique. J'ai vraiment envie d'y aller, mais je viens de manger, et je n'aime pas plonger juste après un repas.

Coup d'oeil vers le restaurant.

Ensuite, je retourne à ma tente et, après avoir bu un grand bol de café, je m'installe sous les arbres dans ma chaise, avec le PC. Comme c'est agréable de surfer dans de telles conditions. Alors que je suis complètement absorbé par mon accupations, quelqu'un s'adresse à moi en français. C'est mon nouvel ami Nedim qui vient me demander si je veux bien venir les trouver, lui et son épouse. Avec grand plaisir.

Il est plus de 18 heures lorsque je prends congé. Nedim s'en va prendre son bain, son épouse ayant pris le sien pendant que nous discutions. En effet, Nedim tenait absolument à parler français, et j'étais malheureux pour elle qui comprend l'anglais seulement. Nedim est ingénieur en sécurité informatique, est à la retraite mais doit continuer à travailler pour assurer son train de vie. Il a eu 3 Transalp, et est l'heureux possesseur d'une splendide BMW R 1200 GS rouge, dont il m'a montré des photos. J'ai adoré les heures que nous avons passées ensemble.

Alors que je lui fais part de mon désir d'aller faire un tour à Van et au mont Ararat, Nedim me fait clairement comprendre que ce n'est pas sérieux. Lui-même ne risquerait pas d'y aller, qu'il s'agit d'un état de guerre, que je serai contrôlé sans arrêt, que des mines sont posées par le PKK. Bref, tant et si bien que je crois bien que je vais suivre son conseil. Mon séjour en Turquie est en train de se raccourcir très sérieusement, me semble-t-il. Mais pour le coup, il s'agit de problèmes politiques et ça, je me suis interdit de prendre le moindre risque de ce type. Vraiment dommage.

Les voici tous les deux, au moment de mon départ. Ils sont adorables, non ?

Du coup, en les quittant, je me sens un peu triste ce soir, et je m'empresse de reprendre le PC pour m'occuper.
Il est trop tard pour aller me baigner, je n'en ai d'ailleurs plus envie.

Demain, je reprends la route. J'ai démarré Vanadis ce matin, vérifié le niveau d'huile moteur. Elle est restée 3 jours sans bouger d'un cm, une grande première dans sa vie de voyageuse. Elle a démarré au quart de tour. Je suis content de repartir, la pause était excellente, et bien assez longue. Il est temps d'aller voir ce qui se cache derrière le prochain virage ! J'en connais quelques uns qui vont apprécier...

Bande d'égoïstes !

En même temps, j'accueille les touristes, car il n'y a plus personne à la réception. Un jeune couple d'italiens vient de passer, ils voulaient louer un bungalow... Du coup, ils partent à Datça dans un hôtel. J'aime bien ça, moi, recevoir les touristes. Faudrait que je me reconvertisse dans ce domaine !

 

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