Etape 070 Jour 69

Etape 070 - Jour 069 - Lundi 21 juin 2010 - 108 photos - 177 km - 12.294 en tout

Bon, je commençais quaand même doucement à m'ennuyer. Les affaires sérieuses reprennent, et je pense que vous allez préférer ! Forcément, c'est moi qui bosse, comme d'habitude. Bref, réveillé à 6 heures, le cerveau recommence à fonctionner normalement. Je démarre à 7h25 : un peu lent, le garçon !

Il fait déjà chaud, et les paysages sont déjà brumeux. C'est ce qui m'ennuie le plus, dans le sud. C'est magnifique, mais on le voit mal. Dans le nord, c'est largement aussi beau. Et quand il pleut, on voit encore moins... Bref, cette petite réflexion placée, revenons au sujet du jour. D'abord, la joie de rouler. Incroyable, comme ça me fait du bien. Quand vous roulez à longueur de temps, vous finissez par piloter de façon complètement automatique, et certains plaisirs simples disparaissent. Comme celui de se trouver aux commandes d'une moto comme Vanadis. Bon sang, quel plaisir quand la route est belle, et c'est le cas ici. Même parcours que pour venir, c'est une péninsule, et par conséquent un cul-de-sac. Mais j'apprécie.

Beaucoup d'images en contre-jour, et donc moches pour la photo. Je parviens quand même à vous obtenir un petit aperçu de la beauté des lieux avec celle-ci. Des criques imbriquées. Une eau entre 25 et 30 degrés, transparente, une température de l'air à 35 degrés, des petits poissons, de la montagne, du ciel bleu. Un cocktail explosif, assurément. C'est vraiment splendide. Au loin, l'autre péninsule que je ne visiterai pas. Il faut bien en laisser aux autres !

Ici en arrivant à Hisarönü, là où commence l'autre péninsule. On dirait un fjord norvégien, je vous assure, il y a de la ressemblance.
C'est beau à pleurer.
Une idée pour les sportifs : faire ça en kayak, ce doit être le top du top !

Vous pouvez apercevoir une canne à pêche à gauche. Il y a un pêcheur. Je ne sais pas pourquoi je vous dis ça, d'ailleurs, ça parait assez évident !

Bien. Je traverse Marmaris, vous savez, la ville si terriblement chaude, le plus vite possible. Il y fait encore très chaud. Plusieurs turcs m'ont dit que c'était la ville la plus chaude de la péninsule, car l'air y est chargé d'humidité, et la chaleur demeure sur place. Je les crois sur parole. mais j'ai de la chance, pour une fois : tous les feus sont verts ! Puis traversée des forêts, et arrivée près d'Akyaka. Là, je pars vers l'est à la poursuite de ma descente de la mer Egée. Sur cette photo, la montagne, au fond, est celle en haut de laquelle j'avais rencontré le vendeur de mascottes qui m'avait offert un "çay". Je pensais y passer à nouveau, et me préparais à m'arrêter... Déception, je tournais à droite... J'aurais pu y aller, ce n'était pas loin.

Mais c'est la vie. Je suis le mouvement. Il y aura d'autres rencontres.

Une curieuse mosquée un peu plus loin.

La route est plutôt belle, et je dois me forcer pour arrêter Vanadis, tant j'ai plaisir à rouler ! De plus, si les paysages sont beaux, tout est en contre-jour. Alors, je vois de belles images dans mes rétros. La plupart demeureront pour moi. De temps à autre, je me force, comme ici. Pour vous !

De fil en aiguille, j'arrive à destination assez vite ! Voici donc Dalyan, en face du site archéologique de Kaunos et des tombes creusées dans le roc de la montagne. Et aussi dans une zone assez extraordinaire, puisqu'elle se situe au fond du delta d'une rivière, entourée de montagnes, avec une luxuriante lagune -vu les températures tropicales- fermée par une plage de sable de 7 km -la plage d'Iztuzu-, comme un lagon dans les mers du sud. Cette plage est le lieu de reproduction des tortues Caretta Caretta. Un projet de construction d'un immense hôtel sur ce banc de sable a créé un tollé international en 1986, a été abandonné, et la plage est désormais protégée. Et Dalyan a bénéficié d'une publicité énorme pendant cette affaire !

Je voulais voir tout ça.

Veni - vidi - vici. Je suis donc venu. J'ai vu. Et je peux même dire que j'ai vaincu. Vous allez voir pourquoi !

D'abord la banque ! Sur la place centrale photographiée plus haut (avec la statue dédiée aux fameuses tortues), il y a une banque. Bon, ça tombe bien, j'ai besoin de liquide, par cette chaleur ! Dans les banques turques, il y a toujours du monde. Alors, il faut prendre un ticket, et attendre d'être appelé ! L'euro m'énerve, il ne cesse de baisser. Quand je pense que l'an dernier, on pouvait avoir 2,15 TL pour un euro. Aujourd'hui, c'est 1;88 TL pour un euro. La Grèce, l'Espagne, la mauvaise gestion de l'Europe... Je ne peux pas dire, je ne suis pas expert. Tout ce que je sais, c'est que ça augmente mes prix. Ensuite, la recherche du camping. Pas difficile, très bien situé, près du centre, devant la rivière, et en face des magnifiques tombeaux ! Le prix est correct (15 TL), le camping petit -mais en fait, peu m'importe-, et surtout très correct. Le patron est nouveau, il vient juste de l'acheter, et est en train de le remettre en ordre, me dit-il. Il parle très bien anglais -mais très vite : il a vécu 17 ans en Ecosse !

Vue depuis le restaurant du camping.
Regardez attentivement en face, sur la montagne, au centre et à droite...

Quand je les ai vus, j'étais scié ! Les tombeaux lyciens, du IVème siècle avant JC. (La photo est mauvaise, car il s'agit d'une découpe dans la précédente, c'est juste pour vous montrer de quoi il s'agit). L'employé va réveiller le patron pour répondre à mes questions, concernant un tour en bateau. Je suis très surpris par la hauteur des prix : entre 100 et 150 TL. Beaucoup trop cher pour moi. Il me donne alors de très nombreux tuyaux, patiemment.

De tous, je ne vais en réaliser qu'un seul...

Puis il se met à manger une soupe, et me demande si j'en veux une. Il est près de midi. Pourquoi pas ? C'est ainsi que nous avons passé un bon moment à discuter. Il est revenu d'Ecosse avec sa moto, une Suzuki VStrom 650 -c'est Lolo qui va apprécier-, mais il ne lui a pas été possible de l'homologuer en Turquie. Du coup, il a du la reconduire en Ecosse. Il est parti d'ici fin octobre, il faisait entre 45 et 48 degrés -exceptionnel, mais réel. En Autriche, il faisait -22 degrés ! Pratiquement 70 degrés d'écart en quelques jours... Très impressionnant.

Conclusion : ne pas voyager en moto en Europe au-delà de septembre, voire mi-octobre. Et j'ajouterais, ne pas partir avant fin mars, voire mi-avril !

Je cherche la route vers la mer, et surtout vers cette fameuse plage.
Je "tombe" sur cette belle R12. Il y en a encore quelques unes qui roulent, que je croise et/ou double, et je voulais en photographier une.
La marque Renault est fort représentée en Turquie, pour les anciens modèles. J'ai l'impression que ce n'est plus le cas, ou moins en tout cas.

Evidemment, dans un delta, avec de telles températures, et l'eau, tout pousse... La vallée est donc couverte d'arbres fruitiers.

Tout autour, la montagne. Aride, quand à elle.

La jolie mosquée de Bogazagzi. C'est d'ailleurs l'appel à la prière alors que je passe.
Après avoir contourné la baie, la lagune, les petits lacs, le marais, la route retourne vers la partie sud du lagon en grimpant dans la montagne.

Puis redescent.

Soudain, je la vois ! La bande de sable, la plage d'Izutzu.

J'y vais. Barrière. Péage. Ben oui, la plage est protégée, alors on paye... Bonnne excuse ! Cette plage est fermée la nuit, entièrement réservée à l'usage des tortues, qui la louent donc en nocturne. Elles n'ont pas pu négocier un meilleur contrat, du genre 24/24 et 7/7... Les tortues n'ont jamais été très bonnes en business, et je pense vraiment que, une fois de plus, elles se sont fait avoir... Pas facile, non plus, de discuter avec les humains, ils sont doués !

Du coup, vous me connaissez... Demi-tour, d'autant plus que je n'ai aucune envie de me baigner, après les jours de repos que je viens de prendre !

En remontant. C'est vraiment très beau. Au premier plan, un lagon intérieur, devenu lac, que je viens de contourner. La plage d'Izutzu a enfermé cette eau de mer. Au-delà, la même plage d'Izutzu se poursuit jusqu'à l'horizon. Elle ferme le delta, au-delà duquel se situe Dalyan, et le site de Kaunos, qui était autrefois un port sur la mer. La mer s'est retirée, et c'est ce qui a causé la perte de cette cité.

Vanadis au même endroit. Le lagon se situe à droite.

Ensuite, je décide d'aller voir le "spot" photo indiqué par le patron du camping et son employé, qui habite par ici.

La route est asphaltée au départ, puis ne l'est plus sur 2,5 km. En fait, elle conduit à une antenne de transmission. Il me dit que si son employé y va avec son mini-scooter aux mini-roues, les pierres doivent être petites...

Mais pourquoi faut-il donc toujours que je me lance dans les galères...!!!

Vici, j'ai vaincu. Je vous le disais. Je suis monté au sommet. J'ai eu mon "spot". J'ai fait ma photo.

C'est... Je suis sans voix !

Il faut dire que la voie était mauvaise dès le départ...

Bien, je vous explique. Au début, ça allait. sauf que, très vite, je me suis rendu compte de la présence d'une quantité excessive de gravier plus ou moins gros. Alors, surtout, ne pas passer dans les "tas" laissés, déplacés par les roues des 4x4 qui doivent souvent monter. Puis la pente devient plus raide. Puis je dérape deux à trois fois, je réussis à maintenir Vanadis debout, mais de justesse. Je vois l'antenne. Et la piste. La dernière épingle, que je devine, me fait peur. J'arrête en pleine pente, sur les cailloux. Je ne sais même pas comment je vais faire demi-tour ! Et je me tape le front, une fois de plus. Mais comment ai-je pu, encore une fois, me faire... Je suis vraiment un gros nul. Bon, j'y suis maintenant, autant aller jusqu'en haut, n'est-ce-pas ?

Je prends l'appareil photo à la main gauche, et mon courage à l'autre. Dur dur, car d'habitude, on le prend à deux mains. Il fait une chaleur d'enfer, forcément, je suis en pleine côte, et je peine, je souffle, je pause... Une voiture arrive. 4x4 bien sûr. Et s'arrête à ma hauteur. Je comprends immédiatement ce que le gars me propose, bien que je ne comprenne pas un seul de ses mots. Il me demande si je veux bien monter ! Je n'ai, dans ce genre de situation, absolument AUCUN orgueil. Je monte immédiatement, disant "merci" après seulement !

Vous avez vu le résultat. Mais ma joie n'est pas à la hauteur du lieu, car je pense au...

Retour !

Retourner Vanadis n'a pas été simple, dans la pente et dans les cailloux. Mais j'ai réussi.
Je suis descendu en mode Super-Hyper-Ultra-lopette.

En première-forcément-, la main droite légèrement sur le frein, le pied droit un peu pas mal sur le frein. Doucement, tout doucement, je suis revenu sur l'asphalte salvateur. Là, mon bonheur fut total. Mais bon sang de bon sang, le premier jour où je reprends la route, je recommence mes idioties !

Alors, cette photo, je l'ai payée cher, de ma sueur et de ma chair.
Soyez-en dignes, s'il-vous-plait.
Respect !

Sur le goudron, c'était du gâteau.

Et toujours aussi beau.

Enfin, non, tellement plus beau, car j'en profitais.

La mer devenue lac depuis l'apparition du cordon sableux.

Au fait, j'ai oublié de vous dire un truc. Je sais, ce n'est pas bien, ce que j'ai fait, mais faute avouée est à moitié pardonnée. De toute façon, la seule personne qui en pâtira en cas de problème, c'est moi. Voilà, j'ai roulé sans veste et sans gants. Y compris sur la piste. Tout en Tshirt.

Et, je dois bien l'avouer, j'ai adoré !

Je voudrais bien vous y voir, vous, par de telles chaleurs, avec mon équipement...
De plus, j'ai gardé le casque. Pourtant, ce n'est pas l'envie qui me manquait de...
OK, OK, je le garde, il paraît que c'est la partie la plus importante.

Chez certains, on est en droit de se poser la question...

Tiens, une chêvre. Banal en soi.

Tiens, une chêvre qui fouille un sac en plastique. Et qui y mange. Et qui s'y prend vraiment très bien.

C'est déjà moins banal. Je croyais qu'elles ne mangeaient que de la verdure, les chêvres.
Mais elles vont muter, elles aussi !

Au-delà du lac, et de la première montagne, j'arrive dans la lagune qui va me reconduire à Dalyan.

Tiens, une tortue. Ce qui devrait rappeler de bons souvenirs à Luc, n'est-ce-pas, camarade ?

Non, ce n'est pas l'espèce protégée.
Puis je la prends comme me l'a montré Luc, et je la repose au-delà de la route. Car en fait, elle était tétanisée par le bruit du moteur de Vanadis, et ne bougeait plus du tout. Or, là où elle se trouve, je pense qu'elle est sérieusement en danger, non ?

Je vais ensuite sur le port. Je perds pas mal de temps pour trouver, car il n'y a absolument AUCUNE indication. D'abord, traversée de la rivière, puis visite du site de Kaunos à pied. Traversée, aller-retour, c'est 3,5 TL. Je demande à la dame si la visite du site est payante. Elle me répond "je ne sais pas". Non, ce n'est pas possible, c'est de la mauvaise foi. Je repars me renseigner. C'est 8 TL. Je décide donc de laisser tomber. Car il faut y aller à pied, et par cette chaleur, c'est déjà une corvée de ne PAS marcher. Alors s'il faut en plus payer. Merci de faire payer, j'ai évité une suée !

Mais pour un gars qui voulait voir ces tombeaux de plus près... Quel fainéant, quand même !

Vanadis, la plus forte parmi tous ses semblables.

Elle pose au pied de la mosquée de Dalyan.
Je vais me renseigner pour prendre le bus-bateau, beaucoup moins cher (autre tuyau du patron), pour aller jusqu'à la plage.

Trop tard, fini pour aujourd'hui !
Et ça, je le regrette vraiment !

En fait, j'aurais aimé passer mes 4 jours de repos ici à Dalyan, car il y a pas mal de choses à faire. Là où j'étais, il n'y a QUE la plage.
Mais il ne faut rien regretter. C'était génial quand même.

Et voilà.

Encore une sacrée journée pour moi, pendant laquelle il a encore fallu que je fasse l'andouille.

Il m'en restera quand même de beaux souvenirs !

Et je vous conseille le camping de Dalyan. Dalyan camping, c'est son nom.
Au moment où je vous écris, le patron est en train de jouer de la guitare, et de chanter, et il a une très belle voix.
C'est en turc, et c'est vraiment très beau. Merci à lui.
Et de l'autre côté, les tombeaux sont éclairés dans la montagne.

Superbe !

 

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