ea2010 - Jour 073

Jour 073 - Vendredi 25 juin 2010 - 22 photos - 0 km - 13.298 en tout

Deuxième fois que Rasim m'invite au petit déjeûner. Au menu, cette fois, une omelette à ce point délicieuse que, rien qu'à l'écrire, j'en ressens encore le goût subtil. Ensuite, je passe ma matinée sur mon PC. A un moment, je demande à Rasim s'il est possible de visiter la mosquée, qui se trouve en fait juste en face -et un peu trop près à mon goût, compte tenu de la force des haut-parleurs débitant la prière... surtout celle du matin. Réveil assuré ! Il me répond, Ok, tout de suite, car après, il y aura plein de monde. Je cours chercher l'appareil photo.

Après avoir salué l'immam, et enlevé mes chaussures comme il se doit, je pénètre dans l'enceinte d'une mosquée pour la première fois.
Ce qui m'a surpris, c'est la nudité des lieux. Je m'attendais à beaucoup plus d'éléments.
Deux gamins me suivent des yeux d'abord, puis réellement. Rasim me dit que je peux marcher où je veux, photographier ce que je veux.
Mais je ne sais pas pourquoi, je ne suis pas à l'aise, je me sens un peu comme un voyeur. Du coup, je fais peu de photos.

En sortant, une photo de l'immam -à gauche- avec Rasim (ben, forcément, et par déduction, bravo à vous tous, à droite).

Trois petits vieux discutaient près de l'entrée. Rasim me dit "tu les prends eux aussi, et tu m'envois les photos papier, je leur donnerai".

De la mosquée, Rasim m'emmène dans un atelier de restauration de tapis. Je le suis, comme vous pouvez le constater.

Sa ville, Sultanhani, est mondialement réputée dans cet art des tapis. Les trottoirs et, surtout, la route, en sont recouverts par endroits. Voitures et camions roulent dessus. J'ai demandé à Rasim si c'était pour les user, pour les vieillir. Il m'a dit que c'était pour tester les couleurs. Je ne sais quoi penser.

Dans l'atelier, devant les différentes laines de couleur.
Une partie du business de Rasim se fait aussi dans les tapis. Nous sommes ici dans l'atelier des frères Köse.

Détail sur les couleurs.

Un tapis en cours de restauration, qui est la spécialité des deux frères.

Recherche des bonnes couleurs.

Lui aussi en cours de restauration.

Un des deux frères me montre la position du travailleur devant son ouvrage.
Il me dit que ce tapis, très rare, coûte la bagatelle de 80.000 dollars...

Devant l'atelier, l'autre frère me montre un autre tapis, que je trouve personnellement joli.
Mais comme je n'ai point trop de goût artistique...

 

 

Voilà, ce furent mes visites de la journée.

Après maanger, je suis allé dans ma tente me reposer un peu, car je suis vraiment fatigué. Et tout particulièrement, j'accuse le contre-coup des hautes marches du caravansérail d'hier. Franchement, une vingtaine de marches seulement, et j'ai eu un mal terrible à mes cuisses toute la journée, comme si j'avais couru un marathon. Vraiment complètement rouillé, le vieux, à un point qui m'étonne moi-même ! Bref, à peine allongé, je me suis endormi... Plus de deux heures. C'est la pluie qui m'a réveillé. Et en plus, il fait plutôt frais ! Je reste donc bien au chaud dans mon duvet, et me mets au boulot sur mon PC. Un bon moment plus tard, la petite-fille de Rasim vient me chercher. Elle m'appelle "chef" pour "Jef", et me parle en turc, forcément. A une vitesse énorme, je comprends quand même "Rasim". Cette gamine me fait penser à ma petite fille : elle joue et parle toute seule du matin au soir, une vraie piplette ! Bref, Rasim me demande. Je me lève avec regret, et emporte mon PC. Au moins, je vais pouvoir surfer un peu, car je ne capte rien dans la tente. En arrivant, je demande à Rasim ce qu'il veut.

Et il me répond, avec un sourire, le plus naturellement du monde : "J'avais envie de discuter avec toi" !

La pluie redouble, et il fait de plus en plus froid, du moins pour moi. Je dis à Rasim que je vais retourner dans ma tente. Il me fait rentrer dans la maison. "Viens, je t'offre un verre, reste un peu". C'est vrai qu'il fait très bon à l'intérieur. Des copains arrivent. L'un possède un restaurant à Aksaray, la grande ville du coin, à 40 km, et se trouve ici avec sa maitresse. L'autre vend des voitures. Il a vécu deux années à Frankfort, et parle allemand. Me dit-il. Mais franchement, pas plus de quelques mots... J'ai beaucoup de mal à m'entretenir avec lui, mais il fait des efforts. D'autres rentrent et sortent, je ne comprends pas trop ce qui se passe ici. Certains ne me disent pas même bonjour. Certains mangent. L'ambiance est moyenne. Je ne me sens pas bien, ici. Je termine mon verre et vais me réfugier avec beaucoup de joie dans mon palace.

Au fait, pendant que j'y pense. Hier soir, des touristes d'origine autrichienne, mais vivant depuis des lustres aux USA, sont de passage à la pension, qu'ils connaissent bien, puisqu'ils y viennent pour la troisième fois. Je discute pas mal avec la dame en allemand, car ils mangent à la table à côté. Ces gens sont souvent allés en Iran, et par conséquent aussi en Turquie de l'est. Elle me recommande de ne pas aller à l'est maintenant, car je serai obligé de subir contrôle sur contrôle, parfois plus d'une dizaine sur 30 kilomètres. Surtout en ce moment, ils sont très excités.

Du coup, mon voyage va être nettement écourté.

J'ai bien fait de rester quelques jours ici.

 

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