ea2010 - Jour 074

Jour 074 - Samedi 26 juin 2010 - 202 photos - 200 km - 13.498 en tout

J'aime les volcans, et il y en a en Turquie. Et notamment un site intéressant, que j'avais remaarqué en survolant le pays avec GoogleEarth. C'est à 100 km du camping, au sud. Donc en gros la même distance que l'autre jour pour aller sur le lac Tuz. Il fait beau, j'y vais. Je démarre à 7h45.

J'adore rouler de bon matin. Pas un chat sur la route.

Très mauvaise route, en ce sens qu'elle est recouverte d'un très gros gravier, bien décapant, et par endroits pas encore liés par le goudron. Comme assez souvent par ici. Lorsque je roule, j'entends régulièrement des déflagrations : ce sont les gros cailloux éjectés par mes pneus. C'est flippant, car c'est exactement le même son que que des coups de fusil !

Bien sûr, comme vous pouvez le cosntater, c'est toujours la steppe à perte de vue. Mais c'est vraiment habité, les villages se suivent tous les 6-7 km, parfois plus, parfois moins. Des bergers, des agriculteurs. Je les vois daans les champs, ou encore en train de marquer et/ou de tondre des moutons.

C'est beau, j'aime ces vastes espaces.

Par moments, juste quelques maisons, un puits.

Ici, vous apercevez, sur la gauche, à l'horizon, quelques montagnes. Ce sont des volcans éteints. Et je ne peux m'empêcher, tout en roulant, de penser à l'Islande. Il y a une très grande analogie. Ce sont en fait les mêmes immensités. Sauf qu'ici, les agriculteurs sont en fait beaucoup plus chanceux !

Regardez-moi ça, comme c'est beau.

Par contre, la route est véritablement difficle sur une dizaine de km, tant la couche de gros graviers est épaisse... Dur dur, faut vraiment en vouloir !

Je m'approche des montagnes, mais je dois vous dire qu'entre cette photo et la précédente vous montrant les volcans sur la ligne d'horizon, il doit y avoir au moins 50 km... L'espace semble infini. Je ne voudrais pas faire ce chemin en vélo. Je n'ose l'imaginer à pied. Deux jours de marche en regardant ces sommets inaccessibles, et pourtant bien visibles ! C'est ce qui m'avait tant marqué en Islande. C'est ici exactement la même chose.

Le type de maison le plus communément rencontré, et dans tous les états. Certaines complètement et très proprement retapées, d'autres plus ou moins en ruines. Pratiquement toutes habitées. Au milieu, entre les maisons, les moutons, les ânes, les poules, les dindons, le fumier... Pas de goudron. Terre battue. Comme il a plu cette nuit, il y a beaucoup de flaques d'eau, un peu de boue. Inutile de vous dire que je ne risque pas d'y poser les pneus de Vanadis. Une immersion dans une autre époque. J'aurais vraiment aimé m'arrêter, aller discuter avec ces gens, les photographier dans leurs travaux, mais je n'ose pas. En ce sens, je regrette de ne pas être avec un ou deux copains pour m'aventurer au milieu de ces gens !

A droite, le genre de piste qui doit mener à une ferme ou un groupe de maisons, plus loin dans les terres, au pied des montagnes, sans doute !

Les cônes volcaniques se distinguent plus nettement. On avance, on avance...

Je suis ici tout près de mon but. J'ai traversé la grande ville du coin, au bout de l'immense plaine : Karapinar. Je regrette de ne pas avoir fait une photo de la rue principale, je n'y ai pas même pensé, tant j'étais absorbé par le pilotage de Vanadis. Une longue et très large avenue, genre deux voies de chaque côté, maisons et magasins au-delà des trottoirs. Mais... une route défoncée, pas de goudron, pleine de trous de toute taille, et de profondeur inconnue pour la voie de gauche, car.... recouverts de l'eau tombée cette nuit ! Incroyable ! Les femmes sont ici bien couvertes, toutes ont le foulard. Les hommes sont au bistrot pour la plupart. Absolument tout le monde me repère dans l'instant, je suis systématiquement l'attraction dans tous les villages d'Anatolie !

Retour vers la nature primaire, celle qui me fait toujours craquer.

Telle une énorme goutte d'eau venant de tomber, et figée pour l'éternité... enfin, à notre échelle du temps, car elle disparaîtra un jour elle aussi !
En hiver, le tour extérieur -tout comme les douves d'un château fort- sont pleines d'eau, et il n'est pas possible d'atteindre le monticule.
Au sommet, un autre cratère se cache.

Islande ? Non, c'est aussi la Turquie.

Vanadis donne l'impression d'hésiter à plonger vers les douves naturelles. Mais vraiment pas longtemps.

En bas, un troupeau de moutons gardé par deux molosses, et ce monsieur, monté sur son âne.
J'ai discuté avec lui. Il m'a montré le chemin pour accéder au cratère.
Je lui ai demandé si je pouvais le prendre en photo. Oui, sans problème.

Il tient un bâton à la main. Je ne voudrais pas avoir à me battre contre ce colosse ! Je le sais, car je lui ai donné mon appareil photo, lui demandant de me photographier. Il a eu un geste de recul lorsque je le lui ai donné. Dans ses mains, l'appareil ne paraissait plus : je n'aimerais pas me prendre une claque d'un de ses "battoirs" ! Il n'avait, je le sais, jamais pris d'appareil photo dans ses mains. Je lui ai montré où appuyer, où regarder. Mais il n'a pas cadré vers moi, il a juste appuyé. Deux fois. Je vous livre la photo la mieux cadrée, l'autre ne montre presque que le ciel ! Il ne savait pas.

Deux mondes...

Acceptable. J'étais mort de rire, il était vraiment marrant.
Il adore ce lieu, il a éclaté de rire et m'a montré sa joie d'être ici. Et c'était un vrai plaisir à voir. Très communicatif.

Mon chemin. On n'a, sur ce cliché, aucune idée de la pente, mais je vous garantis qu'elle est forte.

C'est de la pierre volcanique rouge, très friable, qui roule sous les pieds. Fatiguant de marcher ici.
Mais ça m'est complètement égal, je fais des pauses. Je suis heureux. Seul dans cet endroit magnifique, c'est magique !
La différence avec l'Islande : la végétation, beaucoup plus importante ici.

Je commence à prendre de la hauteur. Déjà, Vanadis ne se voit plus sur la photo. Elle est au bout de la route.

J'y suis ! Au sommet du cône, au-dessus du cratère central.

Ouahhh.

Je décide d'entrée de jeu de faire le tour complet du cratère en suivant la ligne de crête.

Envoûtant. Je suis émerveillé. Je savoure.
Un bus de touriste vient faire demi-tour près de la moto -ce petit carré blanc au bout de la route.
Heureusement, ils repart aussitôt. J'avais peur que ses occupants ne montent ici. Ouf !

Je poursuis le tour. Je suis envoûté.

A l'horizon, à 100 km d'ici -exacetement 62 km à vol d'oiseau-, se trouve Sultanhani.

D'ici, je prends conscience de la taille de l'anneau extérieur.
L'explosion ayant engendré ce site a du être absolument monstrueuse !

Vous pouvez imaginer facilement la taille de l'anneau en regardant cette photo !

Le cratère sommital.

Toutes sortes de plantes, des fleurs. Je me régale, je prends tout mon temps.

Quelques morceaux de lave un peu plus gros.

L'eau de couleur orangée est évidemment chargée de bulles de souffre en provenance de solfatares souterraines.
L'odeur d'oeufs pourris était bien présente en passant près de l'eau, en bas.

Coup d'oeil arrière vers Karapinar.

Je suis maintenant sur la partie la plus élevée du bord du cratère.

Presque la même photo. Désolé.

J'entame désormais la descente.

C'est dans cette partie que l'odeur est la plus forte. Mais je ne suis pas allé près de la partie chargée d'eau orangée.

Coup d'oeil arrière.

Quelle joie d'être allé là-haut ! J'ai adoré cette petite marche.

Vanadis m'attend gentiment, comme toujours.

Je regrette juste de ne pas être allé au bord de l'eau de ce côté.
A vous...

Retour vers la route principale

Quelques km plus loin se trouve un autre lac de cratère, Alcigöl.
Rasim m'a dit qu'on pouvait s'y baigner, mais je n'en ai évidemment aucune envie.

J'aime énormément ces paysages volcaniques.

Sur la 4 voies, retour sur Karapinar.

Puis vers Sultanhani. J'ai mis ici la caméra, ce sera excellent.

Sultanhani. Un monument en passant près du caravansérail.

Quelle belle promenade !

Repas, douche, repos dans la tente. Puis je vais bosser dans la véranda, avec Internet.


Je demande à Rasim s'il peut me faire à manger. Omelette -sur ma demande-, salade, c'est délicieux. Il faut savoir que la cuisine turque est vraiment extrêmement saine. Beaucoup de légumes et de fruits. Mélange des goûts salés et sucrés, en prenant alternativement un morceau dans chaque assiette.

Rasim me demande de venir avec lui assister au mariage dont j'entends les coups de fusil depuis deux jours en ville. C'est à 500 mètres. Je lui dis que ça ne m'intéresse pas trop, que je n'aime pas trop la fête, ni la foule. Il insiste, je réponds "peut-être". Il part. Un bon moment plus tard, le téléphone portable du camping sonne, et Memmeth -l'employé de Rasim- répond, vient vers moi et me passe le téléphone : "Rasim". "Jef, tu montes sur la mobylette de Memmeth qui va t'emmener ici. Je t'attends". "Non, je ne monterai pas sur la mobylette de Memmeth. Ce n'est pas grave". "Prends ta moto, alors". "Pas envie de sortir la moto, Rasim. Ne t'inquiète pas...", et je repasse le téléphone à Memmeth. Je me replonge illico dans mon travail. Une voiture arrive en trombe dans la cour du camping, et un autre employé de Rasim, qui était ici les jours précédents, en sort en courant, vient vers moi, et me fait comprendre de le suivre, très énervé. "Rasim. Eteins le PC, pas de souci ici, et viens tout de suite", comprends-je sans besoin de traduction ! "Damned ! Je suis fait comme un rat !". Je m'exécute. La peur de ma vie. Le conducteur est très excité. La route est une "deux fois deux voies", mais il doit tourner à gauche, et il semble bien que le demi-tour se trouve beaucoup plus loin. Qu'à cela ne tienne, il prend directement par les voies de gauche... et nous roulons donc à contre-sens ! Puis il tourne à gauche. Voie non goudronnée, des trous, des bosses. Il roule vite, et accélère. A un moment, la voiture fait une embardée à droite, nous fonçons sur une poubelle, qu'il évite au dernier moment. J'ai les "boules", et lui dis "oh là, du calme", ce quii fait de l'effet. Enfin, je le pensais, mais c'est juste que nous sommes arrivés ! Espace herbeux, des tables, des hommes assis aux tables. En face, la maison de la mariée. Tout est fermé. Sur la route, un petit chapiteau, des hauts-parleurs puissants, musique. Au fond, la table de Rasim. Aucune femme visible. C'est ce que je trouve malsain, ici, cette séparation des sexes... Je salue poliment autour de moi, comme je peux. Puis m'assoie près de Rasim qui me tend une chaise. "Tu manges, tu picores à droite à gauche même si tu n'as pas faim. Il faut faire honneur", et il me sert un verre de raki, et un plein verre de jus de betterave. Pas mauvais du tout, ce mélange. Je lui demande alors si son employé qui est venu me chercher fait partie de la famille des mariés.

"Lui? Mais c'est le père de la mariée".

Voilà. J'en reste baba ! Le pauvre, alors qu'il est normalement le patron de la noce, a reçu l'ordre de venir me chercher. Du coup, je me sens bien "petit" devant cet homme. En fait, c'est un peu une sorte de famille, dont Rasim est le maître. C'était très sympathique, ils ont même fait une petit feu d'artifice. Ensuite, on m'a reconduit au camping, où j'ai poursuivi mon boulot. Près de moi, les copains de Rasim jouent à leur jeu favori. Tout en buvant de la bière. Je m'éclipse vers 22 heures. Eux aussi. Ils vont en discothèque. Rasim voudrait que je vienne avec eux, mais je décline.

Il me dit : "Je t'invite au petit déjeûner demain à 9 heures, je compte sur toi".

 

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