ea2010 - Jour 082

Jour 082 - Dimanche 4 juillet 2010 - 349 photos - 0 km - 13.674 en tout

Après avoir pris notre petit-déjeûner, Manu et moi sommes les seuls à avoir envie de marcher un peu. Il aimerait voir ce qu'il y a au bout du premier chemin près du camping. Nous partons pour une petite balade, je décide de ne pas -pour la première fois- m'encombrer d'une bouteille d'eau. Je ne prends que l'appareil-photo, c'est bien assez lourd comme ça. De son côté, il en achète une petite d'un demi-litre. Nous démarrons peu avant 9 heures.

Nous marchons depuis une dizaine de minutes seulement, et apercevons des gens en train de travailler dans les jardins et vergers qui longent le chemin, comme un peu partout en Cappadoce. Soudain, nous voyons ce petit bonhomme sortir d'un des champs avec sa brouette. Nous essayons d'entamer une conversation difficile. Je finis par comprendre que ce petit monsieur a 80 ans ! Il est heureux de parler avec nous, et nous serre presque dans ses bras.

Manu lui propose de lui rouler sa brouette, et il accepte avec plaisir. Nous l'accompagnons jusqu'au croisement suivant.

Nous "tombons" en fait sur une route qui conduit au fameux "sunset point of vue" dont nous avait parlé Max, notre ami suisse. Cette petite route est une merveille, et nous sommes sous le charme. Elle n'a qu'un défaut : une barrière qui ne s'ouvre que contre l'acquittement de 1 TL par personne... Comme nous sommes à pied, on nous fait passer gratuitement. Entre nous, devoir payer pour observer un coucher de soleil, ça m'agace pas mal...

C'est ici que je comprends la topographie des lieux sur ce versant de Cappadoce. En fait, comme je le disais dans un précédent rapport, ce n'est pas la même vallée qui s'appelle tantôt "rose" et tantôt "rouge". Il y a bien deux vallées, la pierre de la "rouge" étant effectivement plus colorée. La vallée au premier plan est la "rose", celle que nous avons suivie lors de notre première marche avec les suisses.

En face, au loin, on aperçoit Üçhisar et son rocher, le point culminant de Cappadoce où nous étions hier.

Sur la droite, c'est la vallée rouge. Entre les deux vallées, une oasis de verdure. Il y a vraiment de quoi se perdre, mais on se retrouve aussi toujours.

Nous sommes donc ici à l'Est de la Cappadoce, et dominons les vallées rose et rouge qui partent vers l'ouest. Face à nous, le grand plateau, le "vaisseau", comme j'appelais en Islande ce type de formation. Une montagne en forme de sous-marin ou de bateau à fond plat posé à l'envers. Depuis que je suis arrivé, je le vois tous les matins de la tente. Et il me tente. J'en avais parlé à tout le monde, et nous avions observé, en regardant les petites cartes, qu'il devait y avoir un chemin. Il est là, le chemin, bien visible, presque facile.

Manu me dit : "on va voir, on verra bien", et je dis "OK, pas de problème". Je me sens vraiment en pleine forme, et marcher avec Manu est vraiment cool. C'est quelqu'un de formidable, et il faudrait être bien difficile pour ne pas s'entendre avec lui. Isabelle, tu as bien choisi. Manu, ne t'enflammes pas trop, ce n'est pas une déclaration d'amour. Non mais !

Le chemin est particulièrement facile, et nous avançons plutôt vite, à notre grande surprise. L'horizon s'élargit à chaque minute, c'est grandiose !

Vers l'est, sous cette superbe arche, nous apercevons le grand volcan Erciyes (3.916 m), mais dans une telle brume qu'il reste invisible sur la photo.

Le spectacle pourrait être celui vu à travers le hublot d'un avion volant en rase-mottes. C'est très aérien.

La piste se rétrécit, mais demeure physiquement très facile.

Il nous faudra donc une demi-heure pour parvenir ici, sur le plateau sommital, en prenant absolument tout notre temps !

Je suis tout simplement émerveillé, car je rêvais de marcher sur un tel plateau, et j'y suis. Merci à toi, Manu, car je ne sais pas si je serais venu tout seul.

Le plateau est grand, et presque plat. Il est donc extrêmement facile à parcourir, et on pourrait y passer quelques heures.
Par contre, il n'y a pas un seul arbre, et par conséquent, aucun abri contre le roi soleil.

Les couleurs sont terriblement mauvaises, le soleil est déjà bien trop haut dans le ciel, et les écrase sans vergogne. Dommage !

Bien sûr, le drapeau turc flotte -quand il y a du vent- ici, comme presque partout en Turquie.
Nous nous photographions mutuellement sur ce lieu magique.

Le petit trait irrégulier visible à droite sur le flanc de la montagne est un chemin que nous repérons, et par lequel nous pensons pouvoir redescendre.

L'appareil-photo en mode "automatique", un beau moment pour nous deux.

Vous voyez, la Cappadoce est un véritable puzzle de vallées et canyons, dans lesquels on perd facilement son orientation.

Nous partons à la recherche du départ du sentier, ce qui s'avérera plutôt difficile, car, noyé dans les pierres et de même couleur que son environnement, il est invisible dès qu'on s'en éloigne ! La Cappadoce se déplace sous nos yeux au rythme de notre marche, c'est fantastique.

Nous le trouvons enfin. Il est difficile dans sa partie terminale, car il disparait presque totalement, et il nous faut traverser une sorte de coulée fort glissante. Manu, avec ses sandales, glisse un peu. Il ne serait pas sérieux de le prendre pour monter.

Déjà, lorsque nous étions sur le sommet, nous avions décidé de poursuivre notre marche sur le chemin que nous apercevions, et qui longe la muraille du plateau tout en surplombant la vallée rouge. De là, nous descendrons dans la vallée, et rejoindrons la rose pour gagner le camping.

Ma-gni-fi-que. On l'aperçoit en bas à gauche, dans la partie de couleur ocre.

Une fois de plus, cette marche nous ouvre d'autres horizons et panoramas sur une Cappadoce décidément très riche dans sa diversité.

C'est plus fort que moi, je ne peux m'empêcher de trouver dans ce paysage une analogie avec certains paysages de l'ouest américain !

Pas vous ?

Je lève les yeux vers le ciel. Cappadoce ? Colorado ?

Un petit coup d'oeil en arrière pour constater le chemin parcouru.

Bon, tout ceci est bien joli, mais il serait quand même bon de trouver un passage vers le fond de la vallée rouge. Nous marchons en effet vers le nord-ouest, alors que le camping se trouve au sud-est. Du coup, chaque pas continue de nous éloigner de notre but final. Or, il est -déjà- midi, et Manu pense que Denis et Isabelle vont sans doute commencer à s'inquiéter. Ben oui, nous leur avons dit que nous partions pour une demi-heure...

Le chemin traverse un énorme éboulis.

Encore une petite photo vers l'arrière.

Toujours pas de chemin visible sur notre gauche. Nous n'avons pas le choix, il faut suivre notre chemin, ou faire demi-tour au parking "sunset"...

Car il est impossible de se lancer ici dans une descente directe !

Le pierrier est couvert de fleurs. C'était beaucoup plus joli "en vrai". Où sont passées mes couleurs ?

Encore un coup d'oeil en arrière, comme j'aime le faire lorsque je pense ne pas refaire le chemin en sens inverse.

Le camping se trouve au-delà de toutes les vallées, sur le plateau, et vers la gauche. Nous continuons de nous en éloigner !

Manu pense avoir trouvé une piste. Franchement, je n'y crois pas, j'y vois plutôt un cul-de-sac, et donc une rallonge !

Mais il avait raison, le bougre, et il a bien fait d'insister. En fait, la piste était carrément barrée par un ruban !

Ici, et pour la première fois depuis que je suis en Cappadoce, j'ai l'impression de marcher sur de la lave.

Notre piste est très pentue, et glissante.

De plus en plus fort. Une belle partie de plaisir.
Je descends quand même en mode "lopette", les deux bras et les deux pieds collés sur les parois.
Pas envie de descendre en toboggan sur le derrière !

Nous sommes maintenant dans la vallée rouge.

Les paysages sont bien différents, mais c'est toujours beau, partout.

Et il y a toujours de la verdure dans les creux, c'est vraiment magique.

Je suis toujours derrière, et je pense que Manu serait déjà bien plus loin sans moi.

Splendide ! Je reconnais immédiatement l'endroit, tout près de cette belle église visitée lors de notre première sortie.

Maintenant, en vieux habitués du coin, nous quittons la vallée rouge pour retrouver la vallée rose.

Nous hésitons, car deux solutions s'offrent à nous. Il est pratiquement 13 heures. Soit nous allons manger à Cavusin dans le petit restaurant que nous aimons bien, et que nous devrions atteindre en une demi-heure maintenant. Soit nous filons vers le camping : une heure de marche !

Manu préfère le camping, afin de tranquiliser au plus vite les deux fainéants -hi hi hi...- restés sur place pour lire et nager. Je suis également d'accord, avec un argument supplémentaire pour cette solution : quand nous serons arrivés, ce sera définitif, alors qu'après le restaurant, il faudra reprendre le bâton du pèlerin, et, bien que rassasiés, ce sera difficile sous un cagnard toujours plus violent.

Manu partage très habilement le demi-litre d'eau entre nous deux, gorgée par gorgée. Heureusement qu'il en avait emporté. Alors que je ne ressentais aucune soif, ni aucune fatigue, j'ai eu un énorme coup de pompe environ 3 km avant l'arrivée. Je dis à Manu de filer au camping, mais il refuse de me laisser seul, ne voulant pas abandonner le pépé à une mort certaine... La dernière côte fut difficile, car longue et très pentue. Nous n'étions jamais revenus par ce chemin. La voici, et ce sera la dernière photo de cette extraordinaire balade.

Denis et Isabelle pensaient que nous étions partis jusqu'au restaurant, c'était bien vu. Mais Isabelle nous avoue qu'elle aurait commencé à s'inquiéter à partir de 14 heures. Nous sommes arrivés à 13h50. Je me suis jeté une le coca bien frais que j'avais au frais dans le frigo, puis précipité sous une longue douche froide. D'après que j'étais cramoisi, de couleur rouge-brique.... Je veux bien le croire !

Inutile de vous dire ce que nous avons fait cet après-midi, je pense que c'est facile à deviner !

Mais "nom de Diou, ce fut une sacrée promenade" ! Manu estime que nous avons parcouru 12 km, je vérifirai lorsque j'en aurai le teemps.

 

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