ea2010 - Jour 085

Jour 085 - Mercredi 7 juillet 2010 - 455 photos - 451 km (en voiture)

Comme prévu, je réveille mes amis à 5h30. En me dirigeant vers leurs tentes, j'aperçois Isabelle. Elle est debout elle aussi, et m'enjoigne de secouer un peu les gars. Je m'exécute avec plaisir -j'aime bien ça... J'entends râleer un peu, mais je sais que c'est de l'humour. Nous partons en voyage ! Finalement, nous démarrons à 6h30. Isabelle prend le volant, Manu sera le co-pilote, Denis et moi n'avons pas le droit de conduire, ce qui nous plait bien !

Le but de la journée : faire une incursion dans les monts du Taurus, au sud.

Les Monts Taurus (en turc Toros Dağları), ou simplement les Taurus (Toroslar), culminant dans les massifs de l'Aladağlar et des Bolkar Dağları, sont une chaîne de montagnes turques, formant la bordure sud-est du plateau de l'Anatolie, et d'où l'Euphrate prend sa source avant de couler vers la Syrie. La chaîne s'étend en courbe du lac Eğirdir à l'ouest aux sources de l'Euphrate à l'est. Elle fait 600 km de longueur et culmine à 3 756 m. De nombreux sommets y ont entre 3 000 et 3 700 m d'altitude. Il s'agit d'une chaîne calcaire, qui s'est érodée pour former des paysages karstiques avec des chutes d'eau, des rivières souterraines et les plus grandes grottes d'Asie. Le Tigre prend sa source dans les Monts Taurus.

Direction sud. Ürgüp, Mustafapasa. C'est encore la Cappadoce.

Au loin, ce sont des plateaux, un peu comme en Islande. Et comme celui que nous avons grimpé avec Manu, près du camping.
Déjà, nous arrêtons Isabelle. Mais nous allons apprendre à photographier en roulant. En effet, si on s'arrête tous les 500 mètres....

Le petit lac de barrage de Damsa.

Vue sur la route, comme je les aime.

Nous passons Cemilköy puis Taskinpasa, au pied du plateau le long de la vallée.
Puis Sahinfendi, au bout de la vallée.

Cette fois, nous montons sur le plateau.

Superbe. Les grands espaces comme je les aime.

La route commence à se dégrader... Je ne regrette pas d'être en voiture, bien au contraire !

Nous croisons quelques troupeaux de moutons, leurs bergers et surtout leurs chiens. A un moment, nous pouvons apercevoir un énorme molosse avec un collier équipé de longues pointes dirigées vers l'extérieur. Nous apprendrons que ce genre de collier leur permet de se défendre des loups, car derniers attaquent systématiquement à la gorge. De cette façon, ils ne peuvent mordre le chien. Cette rencontre a malheureusement été très brève, Isabelle, prise de peur, ayant fermé les vitres et accéléré. Je n'ai pas eu le temps de sortir l'appareil-photo. Une fois de plus, je n'aurais pas voulu rencontrer cette troupe de cerbères énervés juché sur Vanadis !

Au bout du plateau, une superbe descente -au niveau du paysage, mais surtout pas la route.

En bas, le village de Güzelöz. Peu engageant, comme la plupart des villages turcs. C'est sale, c'est triste...
Très souvent, on dirait des villages abandonnés, mais non, les maisons sont bien habitées.

Au bout de cette nouvelle vallée, le lac de barrage d'Akköy.

Et notre belle voiture.

Nous passons ensuite le long d'une grande plaine.

Pour enfin trouver la voie vers le Taurus.

Petit arrêt photo au col de Buldurus.

Au loin, les monts du Taurus.

La route est ici très belle. Le problème, c'est qu'on ne sait jamais sur quoi on va tomber, dans ce domaine !

A cukurbag, nous nous dirigeons vers les montagnes. En fait, nous n'avons pas le choix.
Il n'y a qu'une route qui s'en approche un peu, et qui longe le sous-massif des Aladaglar.

C'est ce que nous sommes venus chercher.

Nous nous engageons dans les rues du village, peu avenantes, comme toujours. Après une très forte pente, nous nous retrouvons soudainement sur une sorte de plateau. Ici, vue arrière sur les dernières maisons du village, les plus hautes en altitude La bouse de vache est en train de sécher, sous forme de briquettes ressemblant étrangement aux carrés de tourbe d'Irlande. Au loin, on aperçoit la belle route menant à Camardi.

Quelques très vieilles maisons en ruine sont là.

Maison habitée, bien entendu. C'est toujours étonnant de voir ces deux extrêmes, la parabole et la maison d'un autre siècle.

Plus de routes, juste des pistes de pierres à perte de vue, se dirigeant vers le pied du massif. Tout simplement grandiose.

Le Demirkazık (en turc littéralement pieux de fer) est la montagne la plus haute du massif turc des Monts Taurus. Il est situé dans le sous-massif des Aladağlar (ou Anti-Taurus), près de la ville de Niğde.

Isabelle n'hésite pas longtemps. Nous nous engageons sur la piste, le coeur battant, mais joyeux.

Pour finalement laisser la voiture au sommet de la première colline. Nous descendons à pied.

Quel dommage de se trouver en contre-jour. C'est avec étonnement que nous découvrons de grandes parcelles labourées.
Des pistes parcourent la steppe, et je serais heureux, pour une fois, d'avoir un véhicule 4x4.

Il ne sert à rien de continuer. Nous faisons demi-tour vers le village par une autre piste.

Une pancarte au milieu de l'immensité...

Manu ne doute de rien, il fait du stop ! Le pire, c'est qu'il trouve une voiture qui s'arrête. Une femme au volant. Quel dragueur !

Retour vers le village. C'est l'aventure, nous roulons "de visu", et ça nous apporte un peu de suspense.

Il y a beaucoup de verdure autour du village, on dirait presque une oasis.

Soudain, la route est barrée...

par trois rangées de vieille bande magnétique, de celle qui formaient les petites cassettes audio.

Une joyeuse bande de gamins -ci-dessus- se précipite vers nous, et se met à casser les bandes.

Ouf, nous pouvons passer.

Plus bas dans le village, nous voulions boire un coup. Mais il n'y a pas vraiment de café, juste quelques hommes en train de discuter sur une table. Mais du même coup, nous repérons le boulanger en train d'enfourner du pain. Des galettes bien chaudes nous tendent les bras !

Quel délice ! La première sera avalée en deux temps trois mouvements !

Une des maisons du village.

Nous suivons la route qui longe le massif parallèlement à la route principale. C'est en quelque sorte un demi-tour.

Le paysage est superbe, mais la chaleur est vraiment difficile à supporter. Nous ne voudrions pas faire de trek dans un tel four naturel.

Dommage, car il y a ici des balades magnifiques à effectuer. Un chemin part dans ce canyon, ce doit être exceptionnel.
Un panneau nous demande d'avertir la gendarmerie avant de s'y engager...

Denis est venu observer les petits rongeurs qui pullulent dans le coin.
Petits, ils se mettent sur leurs pattes de derrière, et décampent à toute allure vers leurs terriers en cas de danger. Mais il est assez facile de les voir.

Je prends beaucoup de photos dans des positions acrobatiques, le bras sorti de la fenêtre, le lourd appareil-photo au bout.
Mais quelques unes ne sont pas trop moches. Dont celle-ci.

Et une de plus, une.
Le rétroviseur me permet, en même temps, de surveiller si Manu et Isabelle ne font pas de bêtises.

Et l'on se retrouve sur la voie principale, sur laquelle nous roulions pour venir ici. Au niveau du col, nous bifurquons vers le nord-est, passons Orthaniye, et prenons la route de Sulucaova. Là, Isabelle s'arrête pour prendre un auto-stoppeur turc justement jusqu'à...

Sulucaova, que voici. Cet arrêt en plein dans le village nous donne la légitimité, en quelque sorte, de faire des photos du coeur d'un village.
Voici ce que ça donne !

Cette maison est bien entendu habitée.
Ce qui surprend, de prime abord, c'est la présence de grilles sur les ouvertures. De quoi se protège-t-on ici?

Une des rues conduisant au centre-ville.
Que s'est-il passé ici pour que les maisons soient dans un tel état de délabrement ?

La mosquée est en meilleur état que les maisons.

Et on aperçoit au loin, sur les toîts des maisons, les antennes paraboliques pointées vers le ciel.

Bien sûr, si l'aspect extérieur est du genre minable, l'intérieur est peut-être parfait.
Comme nous ne sommes invités nulle part, nous ne rentrerons dans aucune maison.

Celle-ci est imposante, et netteme,nt au-dessus du lot. Mais dans la rue, c'est misérable !

Des gravats partout. Et je dois dire que beaucoup des villages que j'ai vus présentaient ce même état, que je pouvais voir de loin.

Admirez le caniveau.
Dans la cour, sur le fil, c'est de la laine de mouton qui sèche.

Ici, ce sont des bouses de vache, le combustible encore très utilisé dans la région, semble-t-il.
Au loin, les murs de la maison sont en train de se disloquer.

Et la parabole se dresse sur la terrasse sommitale.

Une grande maison à la sortie du village.

Cette visite nous a fortement intéressés. Nous avons aperçu des femmes qui discutaient en terrasse.
On nous a observés, c'est clair.

Notre route a perdu son goudron, comme il se doit. "Route de village", c'est ce que dit la légende de l'atlas turc.
Je m'en moque, je suis dans une voiture, avec quatre roues. Isabelle aime beaucoup moins, par contre.

C'est ici le royaume des paysans. Les terres sont labourées, un peu partout.

Le massif montagneux est plus à l'est. Nous le contournons un peu.

Immense vallée, vastes paysages d'Anatolie. J'aime !

Nous roulons doucement, et nous commençons à avoir faim. Nous pensons manger dans un restaurant dans le prochain village.
Nous n'avons aucune certitude concernant la direction, il n'y a aucune pancarte !

A perte de vue. Pas le moment de tomber enb panne d'essence, ni de crever.

Par endroits, les tracteurs ont défoncé la route. Elle doit être totalement impraticable à la saison des pluies !

Je vois régulièrement de gros chiens tués sur les bords de route, en Turquie.
Sans doute victimes des véhicules.

Arrivée à Dündarli. C'est bien la bonne route.

Il y a beaucoup de monde. Dans les cafés. Seulement des hommes. On nous dévisage. Malgré notre véhicule turc, nous sommes repérés longtemps à l'avance. Nous n'osons pas descendre ici. Isabelle, en short, n'a aucune envie de tester l'accueil des hommes du village. Nous pousuivons.

Il y a toujours quelques nationalistes désireux de se faire bien voir...
Comme dans tous les pays du monde. Bien plus que chez nous en tout cas.

Et ça et là, des charettes de foin coupé à la faux ou à la serpette dans les montagnes, qui va être étendu pour sécher.

Femme travaillant dans les champs, photographiée "à la volée", en passant.

Ici, une moissonneuse-batteuse est passée.

Quelques nomades sont installés le long des routes. Nous rejoignons la route principale, direction sud-est, à nouveau vers les montagnes. C'est dans la ville de Yahyali que nous allons finalement pouvoir manger, après avoir pris un "çai" dans un bistrot. Le repas, brochettes de viande et plusieurs salades composées, ainsi que deux boissons et deux thés, nous aura coûté 22 TL, à quatre. Et je vous garantis que nous n'avons plus faim. Ceci me confirme que voyager en voiture, à plusieurs, dans la Turquie un peu éloignée des centres touristiques, c'est formidable et très bon marché.

La décision est prise d'aller visiter les fameuses cascades de Selame. C'est loin, mais le patron du bistrot où nous avons pris le thé nous a montré des photos... La route 38-60, jusqu'à Dikme, est très jolie en terme de paysage. Et son revêtement est très correct. C'est magnifique.

Le temps vire à l'orage, le ciel se couvre. Mais il fait toujours très chaud.

Au bistrot, on nous a dit de descendre plein sud par la "route de village". Elle est goudronnée. On verra bien.
Et en effet, elle l'est. Mais le goudron fond, on a l'impression de rouler dans l'eau ! Encore un bout horrible en moto.

Delialiusagi. On a l'impression que la route s'enfonce dans la terre. Nous descendons continuellement.

Elle est très dégradée, et le conducteur doit rester prudent.

Nous suivons maintenant une puissante rivière.

Les parois se rapprochent, la vallée est de plus en plus étroite.

Petit arrêt pour faire quelques photos. Très forte chaleur.
Les parois en face de nous sont gigantesques, un rêve pour alpinistes. Regardez celles qui se trouvent au fond : on dirait des tours, bien droites.

Des torrents tombent en cascade, alimentant la rivière. Nous nous sentons bien petits dans ce monde essentiellement minéral.

Les Turcs sont en train de construire un nouveau barrage un peu plus bas. Le paysage change et ressemble à un paysage montagneux d'Amérique centrale. Beaucoup de pitons rocheux, très arborés, le tout recouvert d'une chappe de plomb (chaleur et humidité). Les ravins sont énormes, la route n'est plus goudronnée du tout, mais reste d'assez bonne qualité. C'est très beau, mais nous en profitons moins, car nous commençons à ressentir de la fatigue, sans doute due aux conditions climatiques. Je ne fais plus de photos, car je suis très souvent en contre-jour, et surtout du mauvais côté -le long de la paroi- et les gorges profondes m'empêchent de faire des clichés acceptables.

Nous arrivons enfin sur la commune de Kapuzbasi.
Poursuivre vers les chutes de Selale ne peut se faire qu'en s'acquittant d'un droit d'entrée d'une TL par personne.

Les voici. Ce sont des fontaines vauclusiennes, c'est-à-dire qu'elles sortent de la roche. Le cadre est exceptionnel. Les cascades sont belles, mais loin de valoir celles de Norvège et surtout d'Islande en terme de grandeur (elles font entre 40 et 60 mètres de hauteur). Par contre, ce qui fait leur charme, c'est qu'elles sortent de la montagne : je n'en avais jamais vu auparavant, et c'est beau de voir une rivière souterraine surgir ainsi à l'air libre. De plus, le débit est plutôt puissant.

Pendant qu'Isabelle est partie conduire la voiture au parking, nous descendons tranquillement à pied.

Coup d'oeil arrière vous montrant la petite gorge de cet affluent de la rivière Zamanti.

Un sentier longe la gorge. Nous allons voir ça de plus près.

La dernière fontaine vauclusienne est splendide, car elle surgit d'une multitude de fissures de la roche en une magnifique chevelure.

Nous ne sommes pas les seuls sur le lieu, loin s'en faut. Des dizaines de familles turques sont installées un peu partout le long du torrent. Que font-ils ? Eh bien ma foi, des grillades ! Il est pourtant près de 15 heures, maiss les barbecues chauffent, et tout ce beau monde, des plus petits jusqu'aux anciens, court, mange, parle... C'est vivant, et très typique, car les turcs ont encore une forte culture du pique-nique.

Sous le pont, on aperçoit une famille qui a recouvert la berge de couvertures afin d'être bien installée pour manger. J'ai vu les femmes nettoyer les grilles avec des feuilles de papier journal, auparavant trempées dans l'eau du torrent. Puis balancées dans le courant.

Denis hésite devant la corde tendue au-dessus du puissant torrent. Finalement, il ne passera pas, ne voulant sans doute pas se mouiller...

Il fait bien plus frais ici, presque froid. Nous recevons un peu d'embruns. Le chemin se poursuit, et ceux qui en reviennent sont absolument trempés des pieds à la tête. Peu désireux de me faire mouiller par cette eau glaciale, et encore moins de mettre l'appareil-photo en danger, je reste sagement à la lisière des embruns. Isabelle bombarde, désirant avoir de l'occupation pendant les longues soirées du long hiver parisien...

Tels des Japonais, nous nous photographions mutuellemennt avec nos appareils respectifs.

J'aime bien la tête de ce turc, avec son joli sourire. Il paraissait très calme. Je l'avais rencontré un peu plus bas, portant un fagot de petit bois.

Pas d'autre choix possible : il nous faut retourner par la même route ! Cette fois, je suis "côté ravin", et peux tenter quelques photos. Nous ne faisons plus d'arrêt, il est déjà 16h40, nous avons encore plus de 150 bornes à faire pour rentrer, et la fatigue se fait de plus en plus présente!

Sur l'atlas, Denis remarque que nous pouvons peut-être prendre une autre route, plus à l'est. La première s'avère trop dangereuse : en terre battue recouverte de gravillons, elle se perd en fortes pentes au raz des parois, nous n'osons prendre ce risque. La deuxième est goudronnée. On y va.

Ellee est fantastique. Bien que fort détériorée par les camions qui doivent l'emprunter pour la construction du barrage, elle est assez aérienne et nous offre des panoramas extraordinaires, accompagnés, parfois, de quelques poussées d'adrénaline.

Je vous laisse admirer, bien que, une fois de plus, les couleurs de mes photos soient mauvaises. Il ne m'est pas possible, faute de temps et de puissance de calcul -petit processeur-, de les améliorer, je ferai ça cet hiver. En attendant, vous avez quand même une idée de la beauté de ces montagnes.

Partout où le regard se pose, c'est beau. Je retrouve aujourd'hui le plaisir du voyage, tel que je l'aime.

De petits villages sur les surplombs, et l'étroite vallée que nous venons de quitter, totalement invisible d'ici tant elle est profonde.

Notre belle voiture, sans laquelle tout ceci eut été impossible.

Nous ne faisons pas les haltes que nous devrions, faute de temps et, il faut bien le dire, de courage.
Quand on se lève à 5h30 le matin, on ne devrait pas bosser après midi...

Regardez cette suite ininterrompue de sommets s'enchevêtrant les uns dans les autres, et cachant forcément encore plus de vallées... De quoi faire !

Ensuite, nous nous trouvons sur une sorte de plateau, la route devient droite, notre pilote se détend. Un peu trop. De temps à autre, un énorme trou vient le rappeler à l'ordre, et c'est le genre de trou qu'il vaut mieux prendre en première, croyez-moi ! Mais dans l'ensemble, c'est plutôt bien.

Nous apercevons quelques rares habitations, toutes sur pilotis, et la plupart entourées d'un grillage assez élevé. De quoi a-t-on peur, par ici ?

Soudain, Manu aperçoit ce rapace cloué sur un poteau, et s'arrête. Je descends le photographier. Totalement absorbé, je ne m'aperçois pas du tout de ce qui se passe dans mon dos, ils me raconteront plus tard. En fait, dès que je sors, mes trois compères ferment les portières et me disent au-revoir, en redémarrant la voiture. Et pendant ce temps, un turc arrive assez vite vers moi, une hache à la main... Ils ont eu peur. Pas moi, n'ayant pas suivi la scène. En fait, le turc est venu avec une hache, car il travaillait avec. Il voulait nous expliquer pour quoi il a tué cet oiseau, car c'est évidemment interdit !

Tout est bien qui finit bien. J'aime beaucoup de type de paysage, qui ne me lasse jamais.

Ensuite... Comment vous dire ? Nous passons le petit village de Burhaniye, comme prévu. La route se dégrade. Plus de goudron. Plus... rien. Aucune indication, pas de village, rien, nada, nichts, nothing, que dale.... Nous devions nous retrouver sur une départementale bien plus belle que la route parcourue à l'aller. Perdu ! Complètement raté. C'est minable. Aucun repère, aucune pancarte, presque personne.

Mais au fond de nous, nous ne pensons pas avoir fait d'erreur, car nous n'avons pratiquement pas eu de croisements et, à chaque fois, une minuscule pancarte nous indiquait tout-de-même le nom d'une ville importante du coin, Mansurlu, que nous devons traverser. Nous ne la verrons jamais. Ni Sahmuratli non plus, d'ailleurs ! Nous tombons carrément au beau milieu de cette immense carrière, la plus grande qu'il m'ait été donné de voir pour ma part ! Denis nous dit que nous sommes passés dans la quatrième dimension, et c'est la raison pour laquelle nous ne voyons pas les villages. Nous croisons un mini-bus, que j'arrête pour questionner le chauffeur, carte à l'appui. "Dikme, oui. 2 km", me répond-t-il en montrant index et majeur, les autres doigts fermés. Pour être certain, je lui dessine un "2", qu'il me confirme avec force persuasion. OK, c'est cool ! Nous sommes un peu rassurés.

Mmmmmm..... En fait de 2 km, ce fut vingt kilomètres... Mais c'est tout-de-même avec soulagement que nous retrouverons la belle route à Dikme. Il est 18h30, déjà. Manu accélère maintenant, car la route est belle et, il faut bien l'avouer, nous sommes pressés de nous mettre sous une bonne douche !

Le volcan Erciyes dans le coucher de soleil. 3.917 mètres. Ma batterie a malheureusement décidé de me lâcher ici, et je raterai de très belles photos un peu plus tard, lors de notre passage au sommet d'un col sur la route de Nevsehir, situé vraiment en face de ce grand volcan. Isabelle nous a quittés depuis un bon moment. Je fais les photos avec son appareil. Cette dernière partie de la route, différente de celle prise ce matin, n'est vraiment pas une partie de plaisir. 30 km de travaux pour Manu, qui découvre les joies de croire que "c'est fini", de reprendre de la vitesse, et de retrouver nids de poules, cailloux et autres joyeusetés dans le virage suivant...

La nuit tombe, il est pratiquement 20h30 lorsque nous retrouvons notre domicile, enchantés de cette très riche journée, mais vraiment très fatigués. Pour le coup, il est décidé que le lever aurait lieu, demain, quand il aurait lieu. On verra bien. Inch Allah !

 

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