ea2010 - Jour 090

Jour 090 - Lundi 12 juillet 2010 - 170 photos - 43 km - 13.747 en tout

La nuit porte conseil, dit-on. Finalement, non, je ne vais pas partir aujourd'hui, mais demain. J'ai encore deux-trois trucs à faire...

C'est que j'ai une moto, et depuis deux semaines que je suis ici, je l'ai presque oublié. Non, je ne suis pas obligé de prendre un bus. Non, je ne suis pas obligé de marcher sous ce soleil de plomb jusqu'au village. Un coup d'accélérateur, et je serai arrivé ! Quelle chance !

Je passe la matinée tranquillement sous la tente -elle est à l'ombre le matin- à traiter et choisisr les photos pour le compte-rendu. Il est plus de 11 heures lorsque je pars au feu, car c'est un peu ce dont il s'agit, tellement ça cogne ! Ici, une photo que je voulais faire depuis longtemps : sur la route de Göreme à Avanos, en approche de Cavusin.

Cavusin, où nous sommes venus plusieurs fois -rappelez-vous, le petit restaurant- mérite vraiment une visite approfondie. Beaucoup moins rempli de touristes, ce village a lui aussi été bâti sur un gros rocher -comme Üçhisar-, mais en plus petit. Il recèle donc un village abandonné, que l'on peut visiter entièrement, et totalement gratuitement. Alors, autant en profiter ! Je prends cette photo à la volée, car en fait, je cherche un coiffeur. Je m'étais promis de me faire couper les cheveux en Turquie, ce sera aujourd'hui !

Je retourne donc à Göreme. Quel bonheur d'avoir son propre véhicule, synonyme de liberté absolue. Bien, je trouve donc un "kuaför", un petit jeune, qui me fait ça très bien pour 10 TL. Pardon Pauline, de t'être infidèle sur ce coup. Tu me referas une beauté à mon retour... Pauline est ma coiffeuse personnelle préférée, et en plus elle est très mignonne, ce qui ne gâte rien !

Pendant que mon coiffeur s'occupait de moi, un jeune est venu s'asseoir dans le siège à côté, a pris quelques produits, s'est fait tout seul une petite beauté, a payé et est reparti ! Une sorte de location de matériel de salon de coiffure ! Pour ma part, ça fait du bien, mais il me faudrait maintenant une casquette, car je n'ai plus la chevelure blanche qui me protégeait des rayons du soleil. En effet, je commence à voir mon crâne... Rien n'est parfait !

Retour à Cavusin, car je tiens à visiter un ancien village avant de partir. Je commence par aller manger dans mon restaurant préféré. Une grosse omelette avec des légumes, le tout accompagné d'un demi-litre de bonne bière bien fraîche ! Indispensable avant de retourner dans la fournaise ! Je note que je suis le seul client, en plein mois de juillet ! C'est tout-de-même très inquiétant pour le tourisme local ! La raison est assez simple à expliquer. La majorité des touristes vient ici dans le cadre d'un voyage organisé... Tous vont, dorment, visitent les mêmes endroits. Aucune place pour l'individualité. Nous sommes de moins en moins nombreux à venir avec notre propre véhicule, et à partir à la découverte des lieux un peu au hasard.

Je suis absolument seul. Normal, car je marche pendant l'heure la plus chaude de la journée. Je suis dans un four à ciel ouvert.

Mais c'est absolument génial !

Il devait faire bon vivre ici à l'époque où c'était vivant ! A l'intérieur des maisons vides, la température est idéale.

Anciennes églises, maisons bourgeoises... Quel regret de ne pas avoir partagé cette visite avec les amis français !

Dommage que ce soit à l'abandon. D'un autre côté, cela offre un réel intérêt, car lorsque tout est restauré, on ne ressent pas la même chose.

Je suis maintenant sur les hauteurs. Au loin, la montagne sur laquelle nous sommes allés, Manu et moi.

La position bénéficiait d'une vue absolument imprenable sur la Cappadoce. En bas, le village actuel.
Au lojn, la route conduisant à Göreme (vers la gauche). On aperçoit le rocher d'Üçhisar.

Je poursuis le chemin, qui décrit un arc de cercle de 180 °. Forcément, je suis au sommet du rocher sur lequel Cavusin s'est construit.
Ici, c'est une vue vers le nord, Avanos.

A mes pieds s'étend le nouveau Cavusin. Au loin, la route conduisant à Avanos.

Vers l'est. En fait, Manu, nous serions arrivés ici si nous avions poursuivi le chemin au pied du plateau. Et du coup, nous aurions pu manger ici sans nous rallonger, ce que nous n'avions pas prévu. Quoi qu'il en soit, il aurait fallu reprendre le bâton du pèlerin après le repas, ce que nous avons évité !

Au premier plan, des sarcophages ! C'est très impressionnant.

Toujours Cavusin. Je redescends par l'autre côté de la ville abandonnée.

Les rochers sont truffés de trous. Les hommes -et les femmes aussi, j'espère !- occupaient toute la roche !

Et partout, ce genre de ruines.

Ici, un énorme lézard à tête cornue m'a bien fait sursauter !

A l'intérieur d'une des maisons. Il y fait très bon ! Les fenêtres n'étaient certainement pas mises au hasard : elles offrent toutes des vues très bien dirigées sur les endroits stratégiques d'accès au village. On voyait venir le visiteur de loin.

Voilà, la visite se termine. J'espère, mesdames et messieurs, que vous avez pris plaisir, comme moi, à parcourir ce site chargé d'histoire.

Je retrouve avec bonheur une Vanadis brûlante. Mais ce n'est pas grave, je n'ai qu'à m'asseoir pour rentrer au bercail, et ça, c'est aussi d'enfer !

Je rentre par Zelve. Je reconnais les lieux : Max nous avait promenés ici mais, assis dans le camping-car, je n'avais vu ni les paysages, ni la route, tels que je peuxx les voir en moto. Quelle différence ! Un exemple de photo vous donnant une idée très précise du lieu.

Zelve est un cul-de-sac, avec musée et compagnie. Mais une autre route part d'ici et contourne le plateau central pour rejoindre Ürgüp. En fait, pour boucler le tour de la Cappadoce. Une bonne idée pour mettre en mémoire ces lieux chargés de si bons souvenirs.

Au camping, tout le monde me fait des réflexions. Ben oui, les cheveux coupés... Ils me connaissent comme le savant fou de "Retour vers le futur", ça les change ! Je leur dis que j'ai roulé un peu trop vite avec Vanadis, et la vitesse a arraché ma chevelure... Bref, je règle mon séjour. 208 TL, soit environ 105 euros, pour 16 nuits passées ici, dans un confort que je qualifierai de "maximum". Très franchement, une location de ce standing, dans un si bel environnement, avec un soleil garanti à 95 %, et qui plus est avec piscine à disposition, pour 200 euros par mois.... Si vous trouvez mieux ailleurs....

Je quitte la Cappadoce sans aucun regret, le coeur léger et heureux. Je ne m'enfuis pas, comme j'ai pu le faire parfois. Je reprends simplement la route. L'heure a sonné, je n'ai plus rien à faire ici, cet endroit m'a donné tout ce qu'il avait à donner, et j'ai tout pris sans en laisser une seule miette. Maintenant qu'il n'y a ici plus rien à manger pour moi, j'ai faim d'autre chose, j'ai besoin de changer de boutique.

Je ressens à nouveau l'appel de l'espace, de la nouveauté, du changement.

De la route, tout simplement !

 

Parti depuis le 14 avril, ça fait quasiment trois mois maintenant. Je me trouve sur la position la plus à l'est de mon périple, puisque j'ai décidé de ne pas aller plus loin dans cette direction. Je vais donc amorcer, demain, un virage à 180 degrés, et me mettre sur la route du retour ! Vers l'ouest. Au maximum possible. Ce qui signifie, en fait, sur la côte atlantique française, là où toutes les routes terrestres s'arrêtent ! Et justement, c'est là-bas "chez moi".

Et, je l'avoue, ce fait contribue également à la joie que je ressens à l'idée de reprendre demain le guidon de ma moto,

et de ma destinée.

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