ea2010 - Jour 091

Jour 091 - Mardi 13 juillet 2010 - 45 photos - 292 km - 14.039 en tout

Itinéraire en rouge.

Il y avait longtemps que je n'avais pas publié l'affreux tableau de bord de la miss Vanadis, qui a, par ailleurs, de très jolies formes...
Compteur au départ de la Cappadoce.

Je mets le moteur en route vers 7h10. Le coeur en fête, mais un peu stressé : la réparation de Franz va-t-elle tenir ? Ce dernier, très scientifique, ayant vérifié la pression 24 heures après la réparation, m'avait dit : "inutile de rouler pour contrôler, c'est bon". Malgré tout, je ne peux m'empêcher d'y penser, et j'observe scrupuleusement sa recommandation : "ne roules pas au-delà de 100 km/h". Je roule entre 70 et 90. Et ça me suffit très bien pour jouir de la route, des paysages, de la joie de sentir le vent chaud entrer dans mes manches et s'engouffrer sur ma peau...

Le Belge est déjà levé et me souhaite bonne route. Les trois Basques sont aussi debout, mais déprimés. En effet, la fille s'est fait piquer une chaussure. Du coup, ils ne peuvent aller faire la rando prévue pour ce matin, et ils prennent leur bus ce soir ! Les pauvres. je me demande si ce n'est pas un coup de Milou, le chien apprivoisé par Manu...

Quelques travaux, heureusement très brefs. Je retrouve vite les grands espaces que j'avais adorés lorsque je suis venu. Toujours aussi merveilleux.

Ils moissonnent encore, mais il ne reste plus grand chose à faire. Je vois assez souvent des gens ramasser le reste à la fourche, ce qui me rappelle des souvenirs d'enfance, avec ces charettes chargées au moins un étage au-dessus des ridelles. Ils font la même chose ici !

Tous les paysans du monde ont les mêmes gestes et les mêmes méthodes.

A Aksaray, je prends direction nord-ouest, et je retrouve le lac Tuz, celui qui m'a fait rouler. Vous savez, rappelez-vous, je cherchais le sel... Cette fois, je vais passer près de sa rive ouest, et je vais enfin voir ce sel qui m'attire depuis si longtemps déjà.

Là-bas, sur la ligne d'horizon, très loin. C'est blanc, ça brille, c'est presque insoutenable comme lumière, aveuglant. ce ne peut être que le sel.

Je reprends la route. La longue, longue route droite, à perte de vue. A un moment, je devrais le voir de près. Patience !

On dirait que ça se précise. Et en même temps, j'approche de ma cible, Ankara. La capitale.

Il me semble apercevoir des gens sur le sel. Pas question de laisser passer cette occasion qui ne se présentera peut-être plus. J'y vais !

J'ai bien fait.
Pas très difficile d'atteindre la rive, quelques roseaux à passer après avoir dévalé la pente de l'énorme digue sur laquelle la route est construite.

Je propose à la famille turque de les prendre en photo avec leur appareil, ce qu'ils acceptent. Les femmes sont en manteaux avec foulard. Je les plains, par cette chaleur. Quelle misère de voir ce genre de coûtume se perpétrer ! En échange, ils me prennent en photo.

Je suis tellement heureux de marcher ici.

Mais je ne vais pas aussi loin que les Turcs. En effet, le sol est mou, mes semelles enfoncent un peu, et je ne vois pas l'intérêt d'aller plus loin !

Les touffes d'herbe sont recouvertes de cristaux de sel en quantité relativement importante. C'est surnaturel.
Mais non, c'est seulement naturel.

Merci, dame Nature, une fois de plus, de me montrer tes formes. J'adore !

Retour vers Vanadis, qui m'attend en plein soleil, comme d'habitude. Quelle patience, elle aussi. Imperturbable.

Mes pas.

On a marché sur le Tuz Gölü...

Sereflikochisar. Non, je ne suis pas dans un musée pour exposer Vanadis. Mais dans une station service.
Le gars me propose un "çai", et j'accepte.
Et il me prend en photo. Et ça fait du bien de boire un bon thé bien brûlant après cette belle étape.

Je longe encore de belles plages de sel bien étincelant. Mais je ne retourne pas marcher sur le lac.

Je reconnais de suite mon hôtel. En effet, les belges rencontrés à Sultanhani m'avaient donné la photocopie du site Internet de l'hôtel qui fait aussi camping. Haut de gamme... pour l'hôtel. Bas de gamme... pour le camping ! Haut de gamme.... pour le prix ! 32 TL pour avoir le droit de posser ma tente sur un terrain absolument minable, en plain soleil, avec une vue fermée par un grillage, au bout d'un chemin digne des routes de Mad Max... J'ai réussis à faire baisser à 30 TL !

Il fait une chaleur épouvantable. Tous mes vêtements sont collés sur ma peau. Même la douche n'est pas terrible, mais l'essentiel est que ça fait tomber de l'eau fraîche, et ça me fait tellement de bien !

J'ai droit à une magnifique piscine. Et un très grand salon avec divans et coussins à n'en plus finir, électricité et Internet ! C'est là que je vais passer mon après-midi, bien à l'abri des rayons tueurs qui sévissent à l'extérieur. Je vais même m'offrir une magnifique platée de spaghettis "Bolognèse" accompagnée d'une délicieuse bière bien fraîche.

C'est là que Ben vient me voir. C'est mon compagnon de camping. Un cycliste de Londres. En route pour la Chine et le Japon. Et perdu ici depuis deux semaines. Il commence à déprimer. Il attend ses visas pour tous les pays en "an", tels "Iran, Pakistan, Ouzbé..., etc.". Et il me dit que cette ville, Ankara, n'a absolument aucun intérêt, ce que je veux bien croire ! Enfin, il vient ce jour de recevoir celui du Pakistan, et est donc de meilleure humeur...

Ben me passe sous forme PDF plusieurs fichiers du guide LonelyPlanet pour les pays me restant à parcourir, c'est génial.

Il me donne un tuyau pour demain, une petite pension de famille, à prix très raisonnable. Je vais me laisser tenter.
Enfin, il me donne un super tuyau pour une pension à Istanbul à 25 euros la nuit. Je verrai, mais c'est tentant !

Je vais me coucher vers 20 heures, car je suis crevé, et j'ai une grosse journée de route demain. Il faudra se lever de bonne heure !

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