ea2010 - Jour 092

Jour 092 - Mercredi 14 juillet 2010 - 90 photos - 403 km - 14.442 en tout

7 heures pile poil lorsque je quitte ce bivouac que je ne regretterai pas. Ben est déjà parti pour Ankara. Moitié à pied et moitié en courant, me dit-il !

Hier soir, pendant environ 40 minutes, j'ai assisté à un magnifique spectacle dont m'avait parlé Ben. Des dizaines de milliers d'oiseaux rentrent de leur journée de travail et viennent passer la nuit en contrebas de notre bivouac. Le sol est noir d'oiseaux, et avec mon seul objectigf grand-angle, il m'est impossible de faire des photos intéressantes. Sur celle-ci, on voit un petit groupe arriver. Le mouvement est continuel. les grillages sont couverts d'oiseaux, les roseaux frémissent à leur passage. Hichcock aurait pu venir tourner quelques séquences de son fameux film ici !

Le soleil se couche de l'autre côté du lac, les collines au nord d'Ankara s'embrasent. la photo est minable. Mais je peux vous garantir que, longtemps après le coucher du soleil, le ciel au-delà des collines est rouge, comme si un immense incendie avait lieu là-bas, derrière l'horizon. J'avais déjà remarqué ce phénomène exceptionnel à Göreme, le premier soir de mon arrivée, sans jamais le revoir ensuite.

Il m'a fallu une heure pour contourner la capitale de la Turquie. Très facile. Juste un peu difficile de passer le dernier embranchement, faute d'une bonne signalisation, mais les passants locaux questionnés m'ont bien aidé ! Enfin sur la D140, j'aperçois les montagnes. Ben m'a dit que cette route était une merveille naturelle, et il m'a dit que, selon lui, c'est la plus belle -en terme de paysages- pour rejoindre le lac d'Iznik, près de la mer de Marmara.

Ici, peu avant Beypazari. Paysages tout simplement époustouflant. Qui me rappellent, là encore, l'Islande. La chaleur en plus.

Quel dommage que les routes ne soient pas à la hauteur : en effet, j'ai eu quelques très mauvais passages de terre battue et de graviers bien humides, en zones de travaux. En effet, les turcs trempent souvent les zones en travaux pour diminuer la poussière. C'est bien, mais pour une moto, je préfère encore la poussière... Jamais content, le gars !

Je fais le plein à Cahiran. Ils ne doivent pas voir beaucoup d'étrangers dans cette station. Le chef a tenu à se faire photographier avec moi, et m'a ensuite offert le thé. Je reste ici une vingtaine de minutes à décompresser un peu, avant de reprendre le guidon. Vanadis a partout un succès phénoménal, tous les pompistes sans exception me font remarquer que c'est du très bon matériel, et sont tous en admiration. Vous savez pourquoi ? Tout simplement parce qu'elle a ce fameux sigle "BMW", qui agit là-bas comme un signe évident de très grande solidité ! Les allemands savent vendre leur matériel !

Les paysages sont ici différents, mais tout aussi splendides. La chaleur est tropicale, humide, lourde, étouffante, épuisante.
Je souffre sous mon blouson de moto, mais je m'oblige à le conserver !

Une grande zone de marais sur ma droite. J'aperçois quantité d'oiseaux, y compris des cigognes. A ce propos, je ne vous en ai pas parlé sur mon compte-rendu de la journée d'hier, mais j'ai vu assez souvent des groupes de cigognes suivre les tracteurs pendant les moissons. Superbe spectacle que ces grands oiseaux survolant les machines, atterrissant dans les blés fauchés, ou s'élevant si gracieusement dans les airs !

Je ne voudrais en aucun cas me baigner dans ces eaux sombres. Je ne serais absolument pas surpris de voir surgir un crocodile !
La chaleur doit y être pour quelque chose !

Un pont permet de franchir la fin du marais. Il semblerait que ce soit une rivière qui arrive ici. En fait, il s'agit tout simplement d'une des branches finales d'un énorme complexe aquatique généré par le gigantesque barrage Sarriyer, situé plus au sud. Je pense que, du point de vue écologique, cette région a sans doute subi un grave bouleversement suite à cette construction humaine, comme souvent d'ailleurs.

Jusqu'aux montagnes, les terrains sont cultivés. Ce sont essentiellement des céréales.

Puis la terre et les montagnes deviennent rouges. Ce qui me fait penser à Madagascar.
Mon père y a passé 8 ans, et m'a souvent raconté comme la terre est rouge là-bas.

Ici aux environs d'Asagikavacik. Différents paysages défilent à un rythme relativement rapide. Et c'est toujours un émerveillement pour mes yeux, d'autant plus que la route est bien meilleure depuis un bon moment. Dans de telles conditions, je suis sur un nuage !

A Nallihan, je quitte la route classique qui se poursuit vers le nord, pour la voie préconisée par Ben, la 06-91, via Mihalgazi. Je ne croise pratiquement personne. Et personne ne me double, bien que je roule pèpère, entre 70 et 90. C'est que cette route est peu fréquentée, les gens préférant certainement l'autoroute vers Istanbul, qui passe nettement plus au nord.

Comme vous vous en doutez, c'est justement ce qui me plait ! Et je ne suis pas déçu !

Au fur et à mesure de l'avancée des aiguilles de ma montre, la chaleur monte. Je l'ai dit plus haut, je confirme : tropical !

Et au beau milieu de cette fournaise, j'ai l'énorme surprise de voir cette puissante rivière, aux eaux profondes, avec un fort courant.
Qui ne raffraichit même pas l'air...

A la forme des pitons semés ça et là dans le paysage, je soupçonne que cette région est d'origine volcanique.
Mais ceci n'a aucun caractère scientifique, juste une simple supposition.

J'aperçois de loin en loin la fameuse rivière qui s'écoule plus bas dans la vallée.

Les montagnes sont très imposantes. Dommage qu'il fasse si chaud, et que le soleil soit si haut dans le ciel, car toutes les couleurs sont une nouvelle fois écrasées. Aucune photo ne pourra rendre à sa juste valeur la beauté magique de ces lieux. La ville de Mihalgazi se situe au pied de ce monument naturel.

La montagne visible sur la précédente photo, et prise cette fois en arrière.
Entre ces deux photos, 25 minutes se sont écoulées ! 25 minutes passées à rouler...
Juste pour vous donner une idée des immensités....

Parcourir cette région à pied, ou de fond en comble avec un véhicule 4x4, doit certainement être un ravissement pour les yeux.

J'aperçois au loin des canyons, des grottes naturelles creusées dans la roche -un peu comme en Dordogne.

Juste avant le pont, je peux poser la moto à l'ombre de grands arbres. Ouf, ça fait du bien ! Je vais manger ici, petite pause d'une petite demi-heure.
La belle rivière, vers le sud.

Et vers le nord. Splendide. Ben n'avait pas menti.
Vous avez dit "tropical" ? Oui, c'est le terme qui convient. Même le T-Shirt colle à la peau....

Cette nouvelle vallée est très agricole, et couverte de serres. Compte tenu de la chaleur extérieure, je n'ose même pas imaginer la température régnant sous le plastique ! Les travailleurs -hommes et femmes- que je croise sur le bord des routes sont presque noirs de peau, et de type tsigane très prononcé. Ils semblent être d'une grande pauvreté, ce qui me surprend. Mais puis-je vraiment juger, à l'allure à laquelle je traverse le pays ?

La vallée s'élargit après Inhisar. Mais c'est toujours un ravissement pour mes yeux de voyageur.

La route s'attaque ensuite à un massif montagneux, s'élève rapidement en une série de jolis lacets, passe certainement un col...

A Sirhoca, vue sur le petit lac de barrage de Borcak, vers le nord. La vue est maintenant très étendue, je roule sur les hauteurs.

Une très belle route me permet de glisser sereinement vers la grande ville de la région : Bilecik. C'est ensuite une magnifique 2 fois 2 voies, providentielle car la chaleur commence à me faire ressentir de la fatigue, et passant sous quelques tunnels, me conduit rapidement jusqu'à Osmaneli.

Ici, peu après Osmaneli, je me retrouve sur une petite route. Mon but approche.

Descente vers une large vallée. Je vais prendre sur la gauche. La région est couverte d'arbres fruitiers, tels que pêchers, cerisiers...

Iznik, ancienne cité byzantine de Nicée.

Je trouve assez facilement ma "Kaynarca pansiyon". Je réussis à négocier le prix à 30 TL pour une chambre seul avec WC et douche, soit le même tarif que celui d'hier soir, sur mon terrain minable... Pour la première fois depuis bien longtemps (en fait, depuis la baie de Kotor au Montenegro, si je ne m'abuse), je couche dans un vrai lit, et non pas sur le sol de ma tente. Juste à côté, un garage pour Vanadis : le grand luxe. Tout en haut, il y a une terrasse fort sympathique, ainsi qu'une cuisine. Je discute avec un groupe d'anglais fort sympathiques, arrivés en même temps que moi. La jeune femme est professeur d'histoire à Kylios -incroyable, c'est ma prochaine étape- et sert de guide à son frère et à deux amis, car elle parle un peu le turc.

Il fait une chaleur épouvantable. Il est un peu plus de 15 heures, et j'avoue être fatigué. Il faut dire que je viens de parcourir la bagatelle de 400 bornes sous très forte chaleur, avec veste, casque et gants. J'ai donc droit à une longue, longue douche presque froide.

Vers 18 heures, je me décide à aller vers le lac, à pied. Ce qui est très courageux de ma part, compte tenu de la chaleur étouffante.
Ne riez pas, je suis sérieux. Bien que le jeune de l'hôtel m'ayant dit que dix minutes me suffiront pour l'atteindre...
Il y a énormément de monde dans les rues, c'est très vivant et, du même coup, fort agréable.

La ville est très ancienne et recèle de nombreux monuments.

Que je vous laisse découvrirr au hasard de ma marche, et de mon déclencheur de clichés...

Encore et toujours des Renault 12... Elles ont vraiment fait un "tabac" !

J'arrive enfin sur les rives du lac.

J'aperçois au loin une plage. Tout du long, des cafés, des vendeux de glaces et autres toasts et denrées à consommer sur place, des aires de pique-nique -toujours très chères au coeur des familles turques-... C'est sympa. Mais je suis seul, et je m'ennuie très vite !

Une des portes de l'ancienne cité. Je prends à droite, direction le centre-ville.

Je recommence à souffrir de la chaleur, une nouvelle douche sera indispensable !

Mon oeil est attiré par les vieilles demeures.

Et je retrouve les rues animées du centre.

Je me perds un peu. Je fais quelques courses pour manger sur la terrasse.

Encore un vieux bâtiment, très bien restauré.

Je cherche sans succès une terrasse de café à laquelle je puisse m'installer, pour avaler une bonne bière. Mais il n'y en a pas. L'alcool est ici interdit. Quelle hypocrisie! Finalement, un turc, après discussion avec deux-trois autres gars, me conduit dans un lieu de perdition, presque en se cachant, et me montre du doigt l'endroit satanique : là-haut, au premier étage... Je monte l'escalier. Aucune pancarte, rien ne permet de savoir ce qui se cache ici. J'ouvre la porte et, miracle... Un bar, une petite musique, et de la bière servie au comptoir ! 3 TL le demi-litre, et en cadeau, des cacahuettes. J'avale ma bière plus vite que je ne le pensais. C'est si bon. Le gars parle anglais. Oui, on ne peut pas boire de bière n'importe où, c'est extrêmement réglementé...

Les religions me gonflent terriblement lorsqu'elles imposent à tous leurs lois !
Que ceux qui en veulent y aillent, mais par pitié, qu'ils laissent les autres tranquilles !

Nom de Diou....

 

Là-haut, sur la terrasse, l'ambiance est merveilleuse. J'y retrouve les quatre anglais, formidables de gentillesse et de fair-play, une famille allemande fort sympathique et amoureuse de la Turquie, avec deux jeunes enfants, un couple d'allemands voyageant en bus, et un couple de hollandais parlant un peu français. Nous discutons tous ensemble, et j'avoue avoir quitté à regret la table, vers minuit ! Mais je tiens à me lever de bonne heure demain, car une grosse journée m'attend....

Avec un gros plat à avaler. J'ai nommé... Istanbul, la magnifique !

 

Page précédente: ea2010 - Jour 091
Page suivante: ea2010 - Jour 093


Depuis le 06/06/2005 Visites:939670 Aujourd'hui :61 Maintenant:7 (Passage du cap des 50.000 visiteurs le 09/01/2009)