ea2010 - Jour 093

Jour 093 - Jeudi 15 juillet 2010 - 170 photos - 110 km (+ 47 en mer) - 14.552 en tout

Le patron de la petite pension est endormi sur le divan près de la porte d'entrée. Je descends toutes mes affaires en prenant soin de ne pas le réveiller, je pose la clef sur la petite table, et je pars, heureux de reprendre la route. Il est 8h15, je ne suis pas en retard, loin s'en faut. En effet, mon ferry à Yalova part à 11h30, et Yalova n'est qu'à 60 km d'ici... J'aime être en avance, ça me permet de ne pas stresser, de prendre tout mon temps !

Oups ! J'avais oublié de mettre le datalogger en route... Heureusement, je n'ai parcouru que 7 km environ lorsque je m'en aperçois.

La route longe le lac, mais d'assez loin, et je ne le vois que rarement. Je suis enchanté de revoir des oliviers en quantité, j'aime beaucoup ces arbres.

Les kilomètres défilent rapidement, car la route est plutôt belle. Je fais le plein d'essence à Orhangazi. Si j'ai bien géré, ce plein devrait être mon dernier en Turquie. Je devrais arriver en Bulgarie presque à sec. Je suis absolument certain que l'essence y sera beaucoup moins chère !

Et me voici déjà à Yaluva. Le port est très facile à trouver. Je suis sur place à 9h40... Je prends mon billet -36 TL la traversée- sans avoir besoin de faire la queue, et vais me placer en tête de file, car je suis évidemment le premier ! Je prends mon appareil-photo et vais me balader.

Par chance, il y a un bazar couvert pas loin du port, ce qui va me permettre de passer une heure à l'abri du soleil.

C'est très animé, et ça ressemble à un marché aux puces chez nous en été. Il se vend absolument de tout ici, y compris des bouquins.
J'ai eu la surprise de voir un roman de Gustave Flaubert, ainsi que quelques vieux objets français.

Il y a pas mal de femmes portant de longues tuniques, certaines d'entre elles entièrement recouvertes de tissu noir d'où seuls deux yeux restent visibles.
Décidément, je ne m'y habitue pas du tout, je déteste même ça. Et ces visions d'un autre monde me donnent une furieuse envie de m'enfuir.

Dommage, car sinon, ce serait simplement génial.
J'ai vu en vente des cassettes audio, des tas de pièces détachées tels des carburateurs, des engrenages... Des montres...

Je repars vers le port, désireux d'être présent lorsque l'embarquement commencera.

Vanadis en tête de peloton, comme il se doit.

Derrière moi, une grosse voiture grise, avec une plaque minéralogique en arabe... Quelques voitures immatriculées en Autriche, ainsi qu'aux Pays-Bas. Mais elles sont occupées par des familles turques, qui retournent travailler dans les pays européens. De la totalité des véhicules embarquant sur le ferry, je suis le seul européen ! J'en conclus que peu de touristes empruntent cette voie.

Voici le ferry. Pas très joli, mais efficace sur l'eau, et c'est tout ce qu'on lui demande !
La visibilité est nulle, il y a une chappe de brouillard très dense qui recouvre totalement la mer. Elle se lève très légèrement peu avant le départ.

Il y a également une grosse tache sur mon objectif....

L'embarquement se fait seulement quelques minutes avant le départ !
Je cache les yeux de Vanadis, car elle a peur sur l'eau.

Et c'est parti.
Je quitte l'Asie -la Turquie asiatique- sans regret.

Une mer d'huile, qui bougera un peu à mi-parcours, faisant osciller Vanadis sur ses suspensions, ce que je n'ai pas trop aimé.

La traversée fait 47 km, que le ferry avale à la vitesse moyenne de 35,4 km/h, avec une pointe à 44 km/h. (Chiffres captés par le datalogger.)

Istanbul la magnifique en vue.

12h45. 75 minutes de traversée environ. C'est rapide, et c'est tant mieux.
Je suis heureux de débarquer, et de retrouver ma liberté de mouvement.

La jeune fille anglaise rencontrée hier soir à la pension m'a indiqué la meilleure route pour rejoindre Kylios.
Elle m'a conseillé de suivre la totalité du Bosphore.

L'idée me plait énormément, et c'est avec beaucoup d'émotions que je longe ce bras de mer chargé d'Histoire, et d'histoires !

Au début, ça va bien. Voici donc l'embouchure du Bosphore, sur la mer de Marmara, au sud d'Istanbul.

Mais très vite, je suis débordé par le flot de la circulation, et je me laisse plus ou moins porter. Beaucoup de coups de klaksons, les taxis et bus étant les plus nerveux. Je rate le premier pont, je réussis néanmoins à attraper le deuxième, pour traverser ce petit bras. Malheureusement, je ne reprends pas le Bosphore à la sortie du pont. Il me suffisait de suivre "ferry", mais j'ai pensé que ça me conduirait sur un port en cul-de-sac. J'ai eu tord, c'était la bonne piste.

Me voici donc perdu dans une intense circulation, mais je me fie à mon sens de l'orientation et, bingo, je retrouve le Bosphore tant recherché !

Ici, au niveau de cette belle mosquée. Je prends à gauche, vers le nord, forcément !

Juste après, je passe devant ce magnifique palais. Ne me demandez pas son nom....

Un peu plus tard, je passe sous le pont O-1 (voir carte plus haut).

Petite photo-souvenir.

Je vous garantis que je suis enchanté d'être ici, sur la bonne voie. La circulation est fluide, il y a de l'air frais en provenance du large détroit.
C'est le bonheur total ! Liberté de mouvement, espace, beauté du site, tout est rassemblé pour mon plus grand bonheur.

J'en ai rêvé, je voulais traverser cette ville exactement comme ça, j'y suis.

C'est...

Bysance. Eh oui, Bysance, alias Constantinople, alias Istanbul.

Trois noms mythiques pour cette magnifique ville.

Qui m'offre son plus bel aspect, du moins en ce qui concerne mon goût personnel.
Tout le long de mon trajet, je vais voir des tas d'hommes occupés à plonger dans les eaux troubles de ce splendide Bosphore.

Et malheureusement, aucune femme en maillot de bains, aucune plongeuse.
Certaines se promènent, mais bien peu.
Je n'aime pas ce côté "macho" de la Turquie, face détestable de ce si grand pays.

En face, Istanbul l'asiatique.

Je vous invite à vous laisser porter par Vanadis.

En approche du pont "O-2", sur la partie la plus étroite du Bosphore.

Le Bosphore fait en gros une trentaine de kilomètres entre la mer de Marmara et la mer Noire.

Un banc pour contempler l'Asie...

En approche du second pont traversant le Bosphore, celui situé le plus au nord.

Je gage que le prix d'un appartement situé ici doit être très élevé...

Des hommes font la sieste sur les bancs, d'autres plongent. La vie sur les quais du Bosphore est fort agréable.
J'aimerais bien me promener ici à pied, mais pas seul...

Vue arrière sur le deuxième pont sous lequel je viens de passer. Le Bosphore forme des baies que la route est bien obligée de suivre. Or, en roulant, j'ai l'impression de traverser différents villages. Je suis toujours à Istanbul, mais sans connaître du tout la ville, je sais déjà que c'est dans ce coin que j'aimerais habiter, si je devais demeurer un certain temps ici !

Allez, on continue...

Toujours plus au nord.

Le détroit s'élargit et j'aperçois au loin la sortie vers la Mer Noire !

Regardez. Là-bas se trouve la Mer Noire.

Une pancarte m'indique la direction de Kylios. Je quitte définitivement la rive du Bosphore pour passer à l'assaut de la montagne.
En haut, la vue se dégage.

C'est splendide. Vers la Mer Noire à gauche, vers la Mer de Marmara à droite.

Kylios. Camping Mistik. Les guides le décrivent comme étant de très bonne qualité. Je ne dirais pas ça ! Toilettes et douches sont tout juste OK. Le prix est élevé (26 TL pour Vanadis et moi, ce qui est dans la fourchette haute). Le terrain est en pente. L'employé qui me reçoit est un Bulgare. Il est très sympathique. Il me dit que son patron est un Kurde de 80 ans, très radin. Il y a sur le terrain quelques camping-cars européens, dont deux français. Pas de tentes. Quelques caravanes occupées par des turcs. Ce soir, je vais avoir droit à de la musique turque très forte, jusque très tard dans la nuit, sans oublier les cris nasillards de la mosquée du coin, fort déplaisants.

La chaleur sur le camping est épouvantable, il n'y a absolument pas d'air.
Je transpire à grosses gouttes sans même bouger !

Je descends à la plage, située à environ 300 mètres en contrebas du camping. Suffisant pour m'obliger à reprendre une douche au retour.
Je n'aimerais pas passer mes vacances ici... Ils sont tous installés là comme à la ville, les uns sur les autres...
Comme dans une boîte de sardines !

C'est une station balnéaire essentiellement turque. Ne voyez surtout aucun dénigrement dans cette remarque, c'est juste une information.

Au retour, je vais discuter environ une heure avec les français du Calvados. Mais ils veulent aller se baigner, et je comprends un peu tard que je les dérange. Je m'en veux un peu, d'autant plus qu'ils m'ont très bien reçu. Les autres de Loire-Atlantique sont fort déplaisants, répondant avec peine à mon "bonjour" souriant et jovial. Je comprends parfaitement que l'on ne veuille pas discuter, mais on dit au moins "bonjour" avec le sourire. Près de ma tente, des Sud-Africains sympas.

Comme il y a Internet, j'avais l'intention de rester ici deux-trois jours, histoire de liquider les TL encore en ma possession.

Mais devant tant d'éléments négatifs, une irrésistible envie de partir est en train de naître en moi, au fur et à mesure de l'avancée de la soirée...

Que vais-je faire ?

Page précédente: ea2010 - Jour 092
Page suivante: ea2010 - Jour 094


Depuis le 06/06/2005 Visites:933285 Aujourd'hui :64 Maintenant:8 (Passage du cap des 50.000 visiteurs le 09/01/2009)