ea2010 - Jour 095

Jour 095 - Samedi 17 juillet 2010 - 143 photos - 103 km (+ 10 km rivière) - 15.009 en tout

Itinéraire en rouge. Balade sur la côte sud bulgare de la mer Noire.

Ma petite maison...

Je me suis réveillé de bonne heure. Le fils est déjà parti au boulot, il travaille en horaires décalés, un jour de 15h à minuit, le lendemain de 8h à 15 h. La maman, Romania, est dans son appartement en ville. J'aperçois Georgi à travers la fenêtre : il est déjà dans le jardin, c'est sa passion. Il est toujours torse nu, en short. Et la mammie est également ici, bien sûr. Il fait chaud, le ciel est bleu pur. La journée sera terrible !

J'ai envie de visiter la côte sud, celle par laquelle je devais venir depuis la frontière.

Sozopol. Vue arrièree sur la plage et ses dizaines de transats et parasols blancs alignés. Tous identiques.

Ah oui, je ne vous ai pas dit. Je n'ai pas mis ma veste de moto, je roule en T-Shirt. Quel bonheur. Je roule doucement, je reste très loin des véhicules qui me précèdent, bref, je conduis avec une extrême prudence. Et c'est tout bonnement merveilleux.

La côte est une succession de rades et de petites baies. Il n'y a aucune possibilité d'arrêt sur la route, pas même pour une moto, d'autant plus qu'il y a une petite circulation. De toute façon, la végétation est très présente, et il n'y a aucun point de vue permettant de dominer le paysage ! Du coup, je me contente des baies pour vous faire quelques photos. Ici, la baie suivante, qui doit très certainement encore faire partie de Sozopol. En bout de la baie se trouvent deux énormes complexes touristiques du style pompeux de la grande époque communiste, sans doute réservés à la classe aisée, vu le luxe qui s'en dégage ! On prend les mêmes et on recommence, on ne se refait pas comme ça ! J'ai vu des tentes pour massage installés sur la plagee privée de l'hôtel que vous apercevez là-bas. Minable... enfin, pour moi en tout cas, ça l'est. De plus, la plage est tout ce qu'il y a de plus banal.

C'est drôle, mais je trouve que ça ressemble un peu aux plages vendéennes. Dunes de sable, même genre de sable, même genre de végétation.

La différence réside dans le relief que l'on aperçoit au loin, dans l'intense chaleur du rayonnement solaire, dans le réseau routier.

A gauche, la grande plage. A droite, des marais. Au loin, de petites montagnes couvertes de végétation. C'est fort joli, j'aime beaucoup.

Vus d'un peu plus loin, les grands complexes hôteliers du bout de la baie, côté Sozopol.

Du point culminant du cordon dunaire, on voit un peu mieux les étangs, le marais.

Vue générale de la grande plage. C'est beaucoup mieux qu'en ville. Pas d'organisation, chacun se met où il le désire. Liberté !
Il y a beaucoup de pêcheurs sur la plage;

C'était trop beau pour durer. Il n'y a plus de route sur le littorral. Seulement des villages, répartis de plage en plage, et auxquels on accède depuis la route principale qui se trouve bien en retrait de la côte. Du coup, il n'y a plus rien à voir ! Ici, c'est Primorsko. Je fais quelques courses dans un "supermarket". C'est un peu le même genre de boutiques qu'en Turquie. les "minimarkets" fleurissent à chaque coin de rue, avec, comme articles de première nécessité, tout ce qui concerne la boisson ! Les prix me semblent inférieurs à ceux de la Turquie.

La plage de Primorsko : un endroit où je ne voudrais surtout pas passer mes vacances.
Mais mon avis importe peu, car je déteste m'allonger et me faire griller comme un sardine sur une plage !

De petits immeubles tout neufs, les restes d'une fête foraine, de nombreux appartements à louer, à vendre.
L'économie touristique ne semble pas fonctionner au mieux. Le fils me le confirmera le soir même, lors d'une longue discussion.
Ici, les touristes sont essentiellement bulgares, j'ai vu quelques roumains. Pour le reste, ça semble insignifiant.

Comme c'est joli. Je suis amoureux des rivières restées, comme celle-ci, naturelles. Pas encore bétonnées.
Les rives chargées de roseaux, une nature semblant inviolée, difficile d'approche.
C'est beau, ça sent les moustiques et les alligators. J'aime ça !

Cette petite rivière se jette dans la mer à Primorsko, qui se trouve tout près d'ici.

Encore une autre. C'est magnifique ! La route se rapproche du rivage, ce qui me permet de voir l'embouchure de la rivière.
C'est toujours juste à côté de Primorsko, dans la baie du sud de la petite ville.

Tsarevo. Plutôt moche. Je ne me dirige pas vers le centre de la ville, situé de l'autre côté de cette baie, et qui se trouve très certainement devant une belle plage de sable. Mon jugement est donc à tempérer. Mais je n'ai pas envie de longer une nouvelle avenue centrale, avec des ralentisseurs si énormes et si nombreux que c'est totalement décourageant de rouler avec un véhicule, et toujours bordée de ces commerces uniformes, tels les vendeurs de cartes postales, lunettes de soleil, montres, souvenirs, et autres denrées inutiles -je parle pour moi, bien sûr. Il y a aussi les commerces de bouche, les vendeurs de "fast-food", pizzas et autres nourritures peu saines, mais dans lesquelles, je l'avoue, je m'approvisionne assez souvent !

 

Je suis plutôt à la recherche d'un restaurant équipé d'Internet, et je me dis qu'un hôtel devrait pouvoir m'offrir ce service. Et effectivement, j'en trouve un. Le service est extrêmement rapide, et la nourriture très moyenne, voire limite. J'ai commandé une soupe au riz, et un plat de poulet accompagné de riz, et un boc de bière bien fraiche. Délicieuse, cette bière. J'ai pris celle que me propose la patronne. Cinq minutes plus tard, la soupe arrive, et trois minutes après, le plat de poulet.... Alors que je n'ai pas commencé la soupe ! Du coup, je mets le PC en retrait derrière mon assiette afin de m'attaquer à mon repas, faute de quoi je vais le manger froid. J'en ai pour 8,80 Leva, soit 4,50 euros, bière comprise. C'est moins cher qu'en Turquie. Mais c'est également nettement moins bon ! Dommage.

Je reste tout un moment à la table après mon repas, histoire de lire mon courrier, consulter quelques pages Internet, rajouter un épisode à mon aventure. Ah, on peut dire que vous m'en faites faire, du boulot. Mais bon, j'avoue prendre plaisir à le faire.

Arrivé à midi au restaurant, je reprends la route à 14h20. Une bien belle pause. Vanadis est brûlante, elle était en plein soleil.

Je retourne vers Sozopol, peu désireux de poursuivre mes investigations plus au sud. En fait, je dois l'avouer, cette côte me déçoit un peu, et je trouve qu'ils savent bien la vendre, car à la lecture des guides de vacances, je m'attendais à bien autre chose. Je fais un crochet sur Lozenets, dont voici la plage. Un grand classique bulgare. Toutes les plages aménagées semblent l'être de cette façon. Bonjour l'originalité...

Sortie du village. Souvenirs d'Allemagne de l'Est, c'est vraiment incroyable !

Pendant quelques kilomètres, j'avais longé une rivière comme je les aime, mais totalement inaccessible : forte végétation, et aucun parking.
Au retour, j'aperçois une petite route bien défoncée, sur laquelle je m'engage. J'ai bien fait. C'est une réserve naturelle.

Et ils proposent une promenade en bateau, d'une durée d'une heure, dès que le quota de touristes sera atteint.
8 Leva la balade. J'hésite un peu, mais je me décide finalement, car j'aime vraiment ce type de rivière à caractère tropical.

L'attente ne sera pas très longue, par chance, car ça cogne dur ! J'ai commencé par regrettter dès que le bateau est parti : bruit énorme, très peu efficace. J'ai l'impression qu'une partie de l'énergie est perdue. Heureusement, l'environnement est bien là, et j'essaye d'oublier le bruit infernal.

Comment voulez-vous surprendre les animaux sauvages ? Ils doivent nous entendre bien en avance, et ont tout le temps pour se sauver !

C'est vraiment superbe. J'aimerais me trouver dans une petite barque équipée d'un silencieux moteur électrique, et avançant sans vague.

Les rives sont changeantes. Tantôt des roseaux, tantôt un épais couvert forestier, jusque dans l'eau. Tantôt une plaine, tantôt un formation rocheuse.

Je suis tout à l'arrière. Ce n'est pas la meilleure place, mais je suis arrivé dans les derniers.

La vie animale est importante. Regardez bien cette photo : on aperçoit une belle biche, trois piquets avant le dernier, à droite.
Je vois, cela va de soi, de nombreux hérons, quelques rapaces. Quel dommage de ne pas passer silencieusement !

Je vous laisse découvrir les rives comme je les ai vues moi-même;

On dirait une forêt vierge. Comme aucune activité humaine n'est tolérée ici, c'en est bien redevenu une !

Tout-à-fait parmi mes types de paysages préférés. J'ai bien fait de prendre ce tour, je n'aurais pas vu voir ça avec Vanadis !

Et jusqu'à l'embouchure, s'il-vous-plait. C'est vraiment génial, et très joli.
J'aurais aimé accoster sur cette plage, et m'imprégner calmement de ce superbe environnement.

Mais on fait demi-tour, et on repart illico dans l'autre sens.

Notre barque avance à environ 11 km/heure, et le parcours fait 5 km aller, donc 10 km en tout. Merci au datalogger pour ces détails.
Sur la carte, j'ai dessiné le parcours en "bleu", pour le distinguer du trajet routier.
Une heure... comme convenu.

On retourne aussi bruyamment qu'à l'aller. On aperçoit deux autres biches, cette fois sur l'autre rive. Quelle richesse !

Il fait vraiment très chaud, et je ne voudrais pas parcourir cet environnement en autarcie, surtout sur des rives marécageuses comme ici.

C'est magnifique.

Regardez bien. Un serpent traverse la rivière juste sur notre passage. Suivez le regard du garçon pour le repérer !

Et voilà, fin de la balade.

Dans une autre bourgade très touristique, j'ai voulu changer un peu d'argent. Le gars est fort désagréable, voire agressif. Il me propose 1,59 pour un euro, alors que son écriteau indique 1,95... Je lui montre son panneau, un autre arrive, ils parlent bulgare, rigolent, je sens qu'ils m'envoient promener. Je m'en vais, il serait très idiot d'insister. Par moments, il faut savoir faire "profil bas". Beaucoup de jeunes hommes sont tatoués, crânes rasés, avec une mèche de couleur, ambiance très "métal". Désagréable !

Les dépliants touristiques me font bien rire. La situation réelle est très différente. Et ce n'est pas vraiment mirobolant. Je commence à savoir lire de plus en plus vite entre les lignes. Et je vois bien, à peine arrivé, que ce pays est en grand danger. La misère est bien là, ça peut exploser !

Je trouve enfin une carte routière de Bulgarie dans une station service. 4 Leva, une belle carte au 1/550.000ème, ce n'est vraiment pas cher.

Je loupe la route côtière conduisant à Sozopol. Je prends la suivante... qui se termine en cul-de-sac. Elle est en état d'abandon, alors qu'elle conduit bien à Sozopol elle aussi. Elle figure parfaitement sur la carte, j'ai vérifié après coup. Avec un GPS, vous arrivez ici comme moi ! Mais la végétation reprend ses droits, la nature a toujours le dernier mot, dès qu'on arrête l'entretien ! Demi-tour obligatoire.

Je trouve une banque à Sozopol pour changer un peu d'euros. Accueil peu, voire pas, sympathique. J'obtiens à peine un rictus en échange de sourires pourtant chaleureux de ma part. Et j'avoue que ça m'agace ! Les commerçants sont tous sur le pas de leurs portes. Peu ou pas souriants du tout. Il n'y a pratiquement personne dans les boutiques. Pourtant, les touristes sont bien là, faciles à reconnaître, en maillots de bains, avec les poussettes des bébés, les sacs de plage. Mais le nombre de magasins me semble beaucoup trop élevé, ça se voit tout-de-suite. Sans doute les années précédentes étaient bien meilleures, mais là, j'ai bien l'impression que certains vont devoir mettre la clef sous la porte, ça crève les yeux.

Je rentre à la maison. Qui se trouve là-bas, au niveau de la voiture noire.

Une centaine de kilomètres parcourus, une balade de santé pour Vanadis.

Douche. Le fils est ici. Je m'asseois à table, sur la terrasse. Nous discutons de choses et d'autres. Il fait tout pour que je sois à l'aise. Je dois me comporter exactement comme si j'étais chez moi. Il m'avoue avoir fait la fête toute la nuit, être rentré bien saoul, et ne pas être encore complètement dégrisé.

Ce soir, je suis invité à manger avec eux. Au menu, grillade de sardines pêchées par Georgi, décidément homme à tout faire. Il a un bateau, et était marin professionnel. J'apprends aussi qu'il était communiste grec, et qu'il a eu des soucis avec la police de son pays. C'est un marxiste convaincu. En tout cas, il a le coeur sur la main, et donne des légumes à ses voisins. C'est lui qui fait les grillades, en chantant, avec de la musique grecque. C'est fort agréable.

La mammie me fait une entrée magique, composée de jus de comcombres, sel, et yogurt. C'est délicieusement frais. On me verse un grand verre de bière. Romania fait une salade. Tout provient du jardin. Je n'ai pas le droit de bouger. Le fils me dit que les femmes font la cuisine, et qu'elles débarassent et font la vaisselle. Il m'avoue qu'avec les jeunes, c'est un peu moins vrai. Je suis gêné de devoir rester assis, j'aimerais sincèrement aider. Mais c'est ainsi. Nous restons à discuter jusque tard dans la nuit.

Puis Georgi et Romania partent dans leur appartement. La mammie ramasse. Le fils boit encore.

J'apprends qu'il a beaucoup souffert. Son père était alcoolique, et semble s'être suicidé. Leur vie n'a pas été facile, c'est évident. Il travaille l'été, mais il n'y a pas de boulot en hiver. Il va en Allemagne ou ailleurs, il a fait toutes sortes de jobs, pas toujours bien clairs, si je comprends bien. En plus, il a eu un très grave accident de moto. Il m'avoue rouler très vite. Un an à souffrir, entre l'hôpital et la rééducation ! Il boîte fortement et m'a montré un bout de sa cicatrice. Et malgré tout, il continue à rêver de moto ! Il est marié. Sa femme va peut-être venir. Il ne pourra pas aller la chercher, pas question de rouler quand je bois comme ça, me dit-il ! Je comprends qu'ils n'arrivent pas à avoir d'enfant. Pendant la soirée, un jeune d'une quinzaine d'années arrive, et va promener Butchi. C'est le neveu. Butchi, c'est le petit chien minuscule, qui aboit comme un sourd dès que quelqu'un passe devant la maison. C'est l'enfant gâté de la famille, tout le monde l'adore, tout le monde lui passe ses caprices. C'est le fils qui l'a acheté pour sa femme. Il me dit que c'est un peu comme leur enfant. Le neveu revient, s'asseoit. Sa grand-mère lui apporte à manger, est à ses ordres, fait tout pour lui plaire. C'est visible. Pas de merci, pas de sourire. Il part un peu plus tard, en en laissant un peu dans son assiette. Sans dire au-revoir. Je n'apprécie pas du tout, mais... celà ne me regarde pas !

Lorsque la démocratie est arrivée, ils ont perdu une grande partie de leurs biens. Nous aurions bien du mal à supporter ce qu'ils endurent. A un moment, Georgi a parlé un peu fort sur la politique, et j'ai entendu Romania lui dire de se taire. Je ressens bien cette impression de surveillance, un peu partout. Les voisins qui passent sur le chemin, dans des véhicules hétéroclites. L'ambiance n'est pas très saine. On se dit bonjour, mais pas toujours. On s'observe. C'est du moins mon impression.

Vous l'avez compris. J'ai passé une excellente soirée en leur compagnie. Ce sont des gens fort sympathiques, et que je suis heureux d'avoir rencontré.
Je pars me coucher, fatigué. J'essaye de faire un peu de PC, mais le sommeil m'emporte...

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