ea2010 - Jour 101

Jours 101/102/103 - Ve/Sa/Di 23/24/25 juillet 2010 - 114 photos - 0 km - 15.339 en tout

Les photos datent toutes du vendredi 23, mais elles auraient pu être prises n'importe lequel de ces trois dernières journées passées à Velico Tarnovo.

En début d'après-midi, vers 14h30, je pars "en ville", à pied, chercher un restaurant. C'est ma rue, la rue du Gal Gurko.

Et si je lève la tête, ça donne un peu le tournis...

Les trois grands monuments situés sur l'ilôt central, du moins sur cette portion de terre que la rivière contourne comme un "U", et sur laquelle ne se trouvent aucune habitation. Mis à part ces trois constructions bien visibles depuis ma chambre, élevées dans un style plutôt grandiloquent, et sans aucun rapport avec la réalité, me semble-t-il. De gauche à droite, le musée de l'histoire, la grande sculpture, le grand hôtel Velico Tarnovo...

Coup d'oeil arrière sur ma rue Gurko, permettant de voir les maisons construites sur la falaise creusée par la rivière.
Mon appartement se trouve au dernier étage de l'une d'entre elles, vers le milieu de cette photo.

Dans la rue suivante. je me rapproche de l'office de tourisme de la ville.

Un peu plus loin. Je vous fais voir les bâtiments tels que j'ai pu les regarder.
Par conséquent, sans rapport aucun avec une hypothétique valeur architecturele et/ou culturelle.

Tel que mon regard a été capté.

Ici, c'est la rue principale par laquelle je suis arrivé dans cette ville, les rabatteurs m'ayant arrêté un peu plus bas. Complètement à gauche, on rejoint donc ma rue Gurko. A gauche également, la banque ayant accepté que je change un peu d'argent, juste derrière l'Office de Tourisme, pas visible car situé derrière les arbustes. Une banque située derrière moi voulait absolument une pièce d'identité pour effectuer l'opération, et je l'avais oubliée dans ma chambre. Mais une pièce d'identité pour changer 50 euros, c'est un peu exagéré, non ? La preuve, la suivante a accepté !

Je me dirige vers l'endroit où je pense trouver la grande statue, que je voudrais voir de plus près. Je me perds un peu, car rien n'est indiqué, et à pied, une erreur de direction se paye "cash"... En effet, comme toujours depuis mon arrivée ici, la chaleur est intense, et il n'est pas question d'accélérer le pas, sous peine de se transformer en source d'eau tiède peu présentable... Ici, un grand bâtiment administratif. Je trouve ce genre de construction hideux. Et en même temps, je vous garantis qu'il y a exactement les mêmes près de chez moi : la ville de La Roche-sur-Yon, par exemple, pour ne citer qu'elle, possède également de nombreux immeubles de l'administration française absolument identiques. Et donc tout aussi affreux !

Juste à côté, une voiture d'un rouge très "tape-à-l'oeil", flambant neuve, genre "Croix Rouge", avec deux gars manifestement en train de "glander". Sur les côtés, en gros caractères et en anglais, bien visible, immanquable : "ce véhicule est financé par le sultan de Bahrein"... Sur le coup, je suis surpris. Après réflexion, moins. Il y a dans cette ville au moins une mosquée, et j'y ai croisé un certain nombre de femmes voilées, selon les quartiers...

Ah, l'immense hôtel digne de la grande époque. Laid, très laid.
Le jeune français avec lequel j'ai mangé hier, en parlant de ce "pavé", était plus radical que moi : "ils devraient le détruire", disait-il !
Je ne dirais pas ça. Je trouve qu'il est bon de conserver les traces du passé.

Enfin, j'ai trouvé. Le petit pont que j'aperçois depuis ma fenêtre, et permettant d'accéder à la presqu'île centrale générée par la boucle de la rivière.

La Yantra s'écoule bien paresseusement au milieu de la ville...

La fameuse sculpture impossible à manquer depuis ma fenêtre !
Le monument de la dynastie Assen, comme ils l'appellent ici. Voici ce qu'on peut lire sur le texte présenté ici.

Construit en 1985, il est dédié à commémorer le 800ème anniversaire de la rébellion contre le pouvoir byzantin, et s'est achevée avec la libération de la Bulgarie. La composition représente les leaders de la révolte - les frères Assen et Peter, et leurs successeurs, les rois Kaloyan et Ivan Assen II. C'est lors de cette révolte que Veliko Tarnovo est devenue capitale de la Bulgarie. Ivan Assen I, Petar, Kaloyan et Ivan Assen II sont les plus glorieux tsars de la dynastie Assen (1185-1241). Pendant leur règne, la Bulgarie a atteint un haut niveau politique, économique et culturel.

L'auteur de cette composition est le Prof. Krum Damyanov.

Je suis très surpris par ces éléments plutôt futuristes inclus dans ce monument.

De l'autre côté de la rivière, les maisons de la rue Gurko, et des rues parallèles situées au-dessus d'elle.

On dirait presque le style du "cinquième élément..." ? Très curieux.

Cette ensemble statuaire est inséré dans un ensemble très emphatique... que l'herbe attaque sournoisement !

Vue d'ensemble du monument. Je vous le disais : très pompeux !

Je bombarde un peu, pour changer ! C'est très difficile, à cause du soleil.

J'ai réussi à faire ressortir quelques détails des chevaux, entièrement métalliques. A l'oeil, ils étaient uniformément noirs.

Beaucoup de détails très précis ont été sculptés sur les chevaux et les cavaliers, et le travail effectué est excellent.

Aucun touriste sur l'esplanade, c'est dommage. J'aurais pu donner une échelle à l'ensemble.

Mais à vue de nez, un homme, debout, tient aisément sous les pattes du cheval posées sur le socle, sans se courber.
Je le vois très bien en regardant les personnes se trouvant en ce moment même près de la statue, depuis ma fenêtre.

C'est immense.

D'ici, je vois parfaitement ma chambre, avec les rideaux blancs tirés afin de réfléchir un maximum de lumière solaire.
Vous ne pouvez pas la voir, il faudrait que je dessine une petite flèche. Mais ça vous apporterait quoi ? Rien du tout.

Et à moi, ça m'évite du boulot.

Je marche maintenant sur la partie arrière du musée de l'histoire, très pompeux lui aussi.

Tout a l'air fermé, certaines fenêtres sont protégées par des grilles, les murs sont par endroits "taggués".

Un petit parc entoure l'immeuble. Je poursuis et vous laisse regarder un peu de ce que j'ai vu.

L'état général des aménagements est bien dégradé. Qui aurait envie de s'asseoir ici, pour laisser ses pensées vagabonder ?

C'est bien dommage...

Et j'avoue que l'environnement n'a plus rien du romantisme sans doute recherché à l'origine !

Un peu plus bas, j'ai aperçu un homme, courant et portant une femme sur son dos. J'ai pensé que j'étais vraiment devenu grabataire, ayant déjà du mal à avancer seul, et plutôt lentement. Je vous l'ai dit, il fait très chaud, et c'est une chaleur fort humide. Devant moi, cette très grande colline. Et des centaines de marches, peu hautes, pas assez hautes, séparées par paliers. J'aperçois le couple lancé dans l'ascension. Ils marchent désormais côte à côte, le gars a descendu sa copine. Je tente l'ascension, toujours à la recherche de points de vue "hors pair", mais inquiet à la vue de tous ces arbres risquant de me priver de tout panorama. Tant pis, je suis courageux, j'y vais.

J'ai doublé le jeune couple. L'homme, à bout de souffle, était affalé sur un banc, sa partenaire lui épongeant le front. Il semblait en bien piteux état !

Ah ah, je suis heureux de ma sagesse. Je connais mes limites. Jamais je n'aurais porté une femme ici !
En plus, les femmes sont plutôt souples, et elles marchent largement aussi vite que les hommes, voire même mieux, me semble-t-il !

Alors, elles peuvent très bien marcher toutes seules.

Je croyais être parvenu au sommet. Que nenni ! Faire des photos me permet de reprendre mon souffle.

Des lézards s'enfuient sur presque chaque marche. Ils ne semblent pas être souvent dérangés, vu l'avancée de la végétation.

En me retournant, je constate que je me trouve désormais bien au-dessus du niveau de la ville !

Ah, j'arrive au sommet de la colline. Comme je le craignais, il n'y a pas de vue dégagée sur la rivière...

Ah si, une petite trouée dans la végétation me permet de cosntater que je suis au niveau supérieur des falaises environnantes. A droite, la forteresse sise sur le mont Tsarevetz, avec la cathédrale des rois au sommet. Mon altitude semble même être supérieure ! Et à gauche, on peut apercevoir une coupole et la flèche de la cathédrale de la ville, située non loin de mon appartement. Pas mal !

Et je ne suis toujours pas au sommet !

Cette fois, le doute n'est plus permis. Quel était l'objet de ce bâtiment planté ici, face au plus joli point-de-vue ?
Il est dans un état d'abandon très prononcé !
Et correspond bien au climat ressenti pendant mon ascension. Pas de romantisme du tout. Y en-a-t-il jamais eu ici, d'ailleurs ?

Mais depuis la terrasse aux dalles disjointes et délabrées, la vue vaut le déplacement. Et me récompense des efforts accomplis pour atteindre ce lieu.

La cathédrale est au centre de la photo. la forteresse se situe tout à droite, et n'est pas visible sur ce cliché.

Je pensais redescendre par l'autre côté, en empruntant un autre pont. Mais le couple questionné m'a fait comprendre qu'il n'y avait pas d'autre route. Leur réponse était très inamicale. Un homme, torse nu, assis dans l'herne, semble s'adresser à moi. Mais je ne comprends rien. par mi ses mots, il y en a un en français. Lorsqu'il comprend que je suis français, il se lève, met sa chemise et vient près de moi, désireux de m'accompagner dans la descente. Il se présente, m'explique qu'il a 75 ans, qu'il est médecin psychiatrique depuis peu en retraite, et qu'il vient ici chaque jour pour entretenir sa forme. Pendant ce temps, en l'espace de cinq minutes, le ciel s'assombrit, les éclairs déchirent les nuages, le tonnerre gronde, et les première grosses gouttes d'orage s'écrasent sur nous. Nous accélérons l'allure, à tel point que nous descendons les escaliers deux marches par deux -lui aussi, malgré son âge !

On passe devant le musée de l'histoire.

Et le monument Assen. C'est là que la pluie a redoublé de violence. Enorme. En quelques minutes, les rues en forte pente sont transformées en torrents impétueux, l'eau dépassant largement la hauteur des trottoirs. Nous sommes plus ou moins à l'abri d'une avancée de toit, quand la porte s'ouvre derrière nous, et deux jeunes filles nous font entrer dans leur magasin d'articles de bureau. Sympa.

Nous resterons bien une dizaine de minutes ici, avant de nous lancer à nouveau dehors. La pluie reprend un peu, mais nous sommes arrivés près de l'Office de Tourisme, etil y a un café. J'ai très soif, ayant négligé d'emporter une bouteille d'eau. J'offre un verre à mon vieux docteur. Il accepte. J'ai envie d'un coca, il se prend une grosse glace au chocolat. Je bois mon verre en peu de temps, je commençais à être un peu déshydraté. Voyant cela, mon invité accélère son rythme et mange plutôt gouluement. Je lui dis que j'ai tout mon temps, et demande l'addition. Mais il accélère, et termine en raclant chaque trace de chocolat avec sa cuiller. Je suis presque gêné pour lui, et j'en conclus qu'un médecin à la retraite ne doit pas gagner grand chose par ici ! Il m'explique pourtant avoir deux enfants, un gars et une fille, tous deux docteurs en psychiatrie. Sa fille à l'hôpital de la ville, qui possède 100 lits pour les malades mentaux. Il me dit qu'il y en a beaucoup en Bulgarie. Je m'apprêtais à faire une réponse humoristique sur le sujet en impliquant la France, mais il me devance... Il me dit : "comme en France, vous en avez aussi beaucoup"... Bon, OK, merci, ça calme !

Il se confond en remerciements, semble prêt à m'embrasser. Je n'en demande pas tant, et nous nous quittons ici.

Le violent orage est passé. Je décide de rentrer à mon logement en passant par les hauteurs de la ville.

Il y a énormément de magasins de vêtements par ici, les boutiques de prêt-à-porter se suivent sans discontinuer !

Beaucoup de très jolies femmes. Ben, le cycliste anglais, me l'avait dit : les femmes bulgares sont superbes. Il avait bien raison, le bougre. En plus, avec cette chaleur, elles sont habillées de façon très légère, ce qui est bien agréable à l'oeil.

La rue sèche déjà, et le soleil refait son apparition.

La fraîcheur apportée par l'orage a fait du bien, mais elle sera de très courte durée.

Je réussis ce magnifique panorama donnant une idée très précise de la configuration de mon quartier -à gauche - et des monuments que je viens de visiter, au centre de la boucle dela rivière, à savoir le monument Assen, le musée de l'histoire, et, tout à droite, l'immense hôtel Tarnovo !

Je continue à grimper, empruntant une rue que je ne connaissais, aux petites boutiques d'artistes et artisans de toute sorte.

A droite, vous reconnaîtrez peut-être une statue de Lénine.

Entre deux immeubles, une vue plongeante sur le grand hôtel.

Je vous laisse déambuler au gré de mon appareil-photo.

Le plan de la rue en question. Un peu "taggué", lui aussi.

Pourquoi celle-ci ? Allez savoir...

Je redescends vers ma rue Gurko. Au passage, encore ces grandes fresques qui me plaisent tant.

Vers la maison.

Non, ce n'est pas moi qui ai dessiné sur la photo. C'est vraiment sur la maison !

Je vous rassure, le ciment est sec depuis très très longtemps... J'ai juste aimé les traces de chaussures laissées par un imprudent.
Ou volontairement ?

 

Samedi, j'ai procédé à quelques tests sur Vanadis, pour répondre aux questions d'un ami qui connaît bien ces machines. Il est bien difficile pour lui d'établir un pronostic par mail interposé, et je lme comprends. Il ne trouve rien de vraiment alarmant, mais juge en effet plus prudent, et surtout rassurant pour la suite du voyage, que j'aille chez BMW à Bucarest, la capitale de la Roumanie, dont je ne suis éloigné que de 200 km. ces derniers m'ont bien confirmé connaître cette moto, et peuvent effectuer le contrôle lundi. Je ne pense pas vraiment avoir le choix. C'est la solution "sage".

 

Je passe le reste du temps à mettre le site à jour, faire mes sauvegardes, etc. Hier, au restaurant, il y avait une vingtaine de convives sur la table voisine : un couple de mariés (mariage germano-bulgare, le jeune homme est allemand) et leurs invités. Charmant. Mes repas me coûtent à chaque fois 5 euros, ce qui est acceptable pour mon budget serré. Le soir, je mange dans ma chambre, beaucoup moins sainement sans doute !

Aujourd'hui dimanche, le temps est très triste, gris et sombre. Ils annoncent de la pluie pour demain... pas de chance pour rouler !

Finalement, j'aime bien cette ville, à laquelle je commence à m'attacher.
Surtout à ce petit quartier, ma foi fort sympathique.

Je vais partir avec un peu de nostalgie.

Demain, j'entre en Roumanie...

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