ea2010 - Jour 104

Jour 104 - Lundi 26 juillet 2010 - 42 photos - 206 km - 15.545 en tout

Itinéraire en bleu foncé. Entrée en Roumanie par Ruse, et traversée du Danube qui sert de frontière naturelle entre ces deux pays.

Il pleut. Bof, c'était prévu, et ça ne changera rien. Je n'ai aucune envie de passer une journée de plus ici. Et il faut que je soigne Vanadis, ou mon imagination, mais je dois faire quelques chose. Le proprio, sympa, m'aide à sortir la moto du garage. Il pleut à verse, et en même temps, il fait chaud. mais je n'ai pas le choix : je sors, pour la première fois depuis très longtemps, ma tenue de pluie. Et c'est parti. Je fais le plein à la première occasion, en Bulgarie, car je n'ai pas de quoi rejoindre la Roumanie. Ce qui me permet de "vider" mes poches et dépenser en barres de "lion" les dernières Leva en ma possession... La route est belle, et je me prends à regretter la Bulgarie.

Mais pas longtemps, car j'entends toujours le "poc poc poc poc...".
Dès que ma vitesse atteint 70 km/h. Le bruit disparait au-dessus de 90, et en-dessous de 70.
Je rêve, ou quoi ?

En tout cas, la pluie se calme. Puis s'arrête. Il fait plus frais. Les km défilent vite, et me voici déjà arrivé à Ruse. La ville frontière.
Et... voici le pont enjambant le Danube.

Le grand Danube. Le beau Danube, pas bleu mais plutôt gris ce matin, mais que j'admire quand même en traversant ce long pont au pas.

Quel beau fleuve.
Il faut que je revienne le voir de plus près lorsque la miss Vanadis sera plus en forme.

Côté bulgare, on me fait passer sans même me demander quoi que ce soit.

Côté roumain, un type pas sympa du tout. Mais je reste souriant, il se calme, et je passe. Pourquoi je vous dis ça ? Ben voilà. J'arrive près des bâtiments de contrôle, et il y a deux types sur le trottoir, sur ma gauche, et dix mètres après eux, un poste de garde, avec un panneau "stop" sur le mur. Je passe donc doucement devant les deux types, avec l'intention de m'arrêter à la guérite. J'entends aussitôt l'un deux crier, j'arrête et me retourne. Il s'adresse à moi de façon fort désobligeante, me faisant comprendre que je devais m'arrêter à lui. Je fais mon plus beau sourire, lui montre la maison, et recule un peu Vanadis. Monsieur s'avance... Encore un pauvre type pas bien dans ses baskets, et qui se venge en montrant sa toute-puissance. Je donne la pa-patte au chien-chien, il est content et ne m'embête pas davantage. Demain, il sera à nouveau à son poste minable, et je serai en train de me promener à Bucarest.

Juste derrière moi, une belle BM... C'est un Finlandais. Nous sympatisons juste après le poste, et roulons ensemble jusqu'à Bucarest. Il voulait aller au centre-ville, alors que je voulais passer par la bretelle de contournement pour y pénétrer par le nord, ma concession étant en haut. Nous nous saluons donc mutuellement et nous souhaitons bonne route. Et faisons chacun une petite photo avant de nous séparer.

Puis... Je loupe la bretelle, et me voici en ville. Du coup, il s'arrête et programme l'adresse BMW dans son GPS, et décide de me conduire. Quelle gentillesse ! Je fais cette photo en attendant le passage au vert du feu. La traversée se passe plutôt bien, la circulation est assez fluide. Mon copain finlandais me quitte donc au parking BMW. Il devrait être chez lui demain soir. Il arrive de Turquie lui aussi, mais est allé plus loin que moi à l'est.

Alors. BMW. C'est ouvert. Le patron me reçoit fort gentiment, et met un de ses responsables mécaniciens sur le problème. Ce dernier parle assez bien le français, mais très bien l'anglais. Il commence par écouter ma description du problème, et il part avec Vanadis. Tout de suite, je vois qu'il s'agit d'un gars qui connait la bécane. Il commence par faire des tours sur le parking, avant de prendre la route. Il reste absent plus d'un quart d'heure, et le chef m'offre un café en attendant. A son retour, il me demande si je n'ai pas eu un choc sur la roue arrière. Et il me parle d'équilibrage. Et là, je me souviens. Mais c'est bien sûr. Le mécano du concessionnaire Suzuki/BMW de Corinthos n'avais pas équilibré la roue arrière lorsque j'y avais changé mes pneus. Il m'avait dit ne pas avoir le matériel spécifique BMW, mais que ce n'était pas grave... Et lui me dit : "si vous m'aviez dit ça, je ne serais même pas allé l'essayer. C'est absolument certain que c'est le problème, car il ne se produit qu'entre 70 et 90 km/h, quelle que soit la vitesse enclenchée, j'ai fait les tests. J'espère seulement que les 8.000 km parcourus comme ça n'auront pas trop forcé sur la transmission".

Voilà. Je lui demande quand il peut procéder à la réparation, et en même temps me changer l'huile moteur. Cet après-midi, et je vous livre la moto en parfait état de marche pour demain matin. Vous allez visiter Bucarest cet après-midi et ce soir, et demain vous repartez. Je vous aide à trouver un hôtel pas cher. Le patron me cherche un hôtel sur Internet, téléphone, fait la réservation, m'imprime le plan du métro et me dit comment y aller (car je ne veux pas y aller en taxi)... Vraiment, un service parfait. Je prends le minimum d'affaires (PC, appareil-photo, papiers) et laisse le reste dans leur atelier.

Et me voici parti à pied...

Je change un peu d'argent dans la première banque : 4,16 RON pour 1 euro. En gros, 1/4 de l'euro, 1/2 Lev ou TL...
Facile pour compter. Indispensable d'avoir un ordre de grandeur.

Le ticket de métro coûte 2,50 RON. Soit 0,60 €. Il est propre, les wagons sont magnifiques. Il y a des flics. Je me sens vraiment en sécurité.

Gare du nord... La langue roumaine me sidère ! On dirait de l'espagnol, ou de l'italien. C'est absolument incroyable, et j'en tombe amoureux !

La gare du nord. C'est là que se trouve mon hôtel.

C'est le quartier le plus mal famé de toute la ville, celui que dénigrent tous les guides de tourisme.

Hello. C'est le nom de mon hôtel, près de la gare du nord. Magnifique.

J'ai demandé mon chemin à plusieurs personnes pour le trouver. Le dernier à m'avoir répondu m'a demandé de quel pays je venais. Il me dit alors que sa soeur est en France, à Marseille, qu'elle a volé leur mère, qu'elle possède maintenant une maison avec 4 appartements à Bucarest et ne donne pas un sou à sa mère, et qu'il va aller discuter avec elle à Marseille dès qu'il le pourra.

Quelle histoire !

Je m'installe dans mon loft. La fille de la réception me donne un cable pour la connection Internet -cablée dans toutes les chambres. Je suis au 6ème. Il y a un ascenseur. Tout est neuf, absolument impeccable. Les sanitaires sont irréprochables. 29 euros. Alors que si vous lisez les guides, il n'y a RIEN en-dessous de 40 euros ! Et mon gars de chez BMW a trouvé en dix minutes, alors qu'il m'a avoué ne rien connaître dans le domaine! Je me demande à quoi ils servent, les guides. Ils sont de moins en moins à jour, se copient tous, et les informations sur l'état des lieux sont très souvent mauvaises à fort mauvaises. J'en veux pour preuve la description faite de nombre de campings censés être très bien, et qui se trouvaient être en réalité plutôt minables ! Oui, ça devient vraiment nul !

Une bonne douche : quel bonheur. Internet/email pour rassurer la famille.

Et je décide d'aller faire un tour. Et aussi de manger, car je n'ai eu droit qu'à mes 4 "lion" depuis ce matin...

Mon quartier n'est pas super chouette. Je vois une fille unijambiste traverser la route, un peu plus loin un gamin sans jambes assi dans une caissette sur roues, qu'il fait avancer avec ses mains... Peu réjouissant.

Mais malgré ça, j'aime bien.

"coafura" pour coiffeur. J'adore !

Bon, si le quartier est décrépi, il y a de gros programmes de destruction et de réhabilitation en cours !

Décidément, cette langue me fait craquer... Je traduirais bien par "Magasin en cours d'aménagement ???". Pas vous ?

Un peu plus loin, un Mac Do... Quelle horreur ! Oui, mais j'ai la "dale", il n'y a rien d'autre dans le quartier, il commence à pleuvoir. Je rentre. je demande conseil, car je ne connais vraiment pas beaucoup cette nourriture, et la jeune fille est sympa, et j'aime bien causer ! Bref, je prends un gros sandwich avec un coca et une portion de frites : 4 euros. Je pense que c'est moins cher que chez nous. Puis je retourne à mon hôtel, sans manquer l'arrêt dans la petite boutique de quartier pour du pain, de l'eau et des gâteaux. ben oui, j'ai du boulot, moi, le soir, alors il me faut du carburant !

Et ne vous plaignez pas, car plus à jour que ça... ben, ça n'existe tout simplement pas !
Et y'en a pas beaucoup, des voyageurs comme ça !

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