ea2010 - Jour 121

Jour 121 - Jeudi 12 août 2010 - 20 photos - 331 km - 17.576 en tout

Plein de très bonne volonté, envie de rouler, heureux de changer de boutique, je voulais partir dès 8 heures. C'était sans compter sur ma lenteur presque proverbiale. Il est déjà 9 heures lorsque je quitte mon beau logement viennois. Je ne voulais pas traverser Vienne pour remonter vers le nord, et j'ai découvert que c'était non seulement facile, mais carrément sensationnel. Pour ça, la situation du camping est fantastique.

Cette photo, prise moins de 5 minutes après mon départ, vous le prouve. Je viens de passer la pancarte indiquant ma sortie de Vienne, et je suis déjà en rase campagne. Par ailleurs, je pense que vous avez remarqué la météo qui sévit.... Encore une tempête de ciel bleu. Décidément, les dieux m'accompagnent ! Je ne leur en demandais pas tant, mais puisqu'ils s'invitent, je les accueille avec joie !

Quelques collines, de la verdure, une route superbe. Le paradis pour Vanadis, et par conséquent aussi pour moi !
Elle fait toujours du bruit entre 50 et 100, un "toc-toc-toc-toc...." au rythme de la vitesse, mais elle roule.

Je la laisse rouler...

Une quarantaine de km plus au nord, je traverse le Danube à Tulln an der Donau.

Je fais un détour pour m'approcher de la berge, et faire ces photos.

La grande plaine, avec quelques collines au loin. Ici, au nord-ouest de Vienne, j'arrive sur la N4, ou E49, à gauche, qui file ouest-nord-ouest vers la République Tchèque, via Horn. La route est très belle, et Vanadis prend un bon rythme de croisière. Je serai vite arrivé !

Tranquillement, je passe la frontière peu après 11h30. C'est la première fois que je pénètre dans ce pays.

Praha, alias Prague, est déjà sur les panneaux. En gros, encore 170 bornes... Je serai vite arrivé !

Lomnice Nad Luznici. Il est 12h15, j'ai faim. 15 minutes de pause, histoire d'avaler quelques céréales et étancher ma soif avec l'eau de Vienne prise au camping ce matin. Je repars très vite. Malheureusement, les choses ne s'arrangent pas, la circulation devient importante, pénible. Traversées laborieuses de Veseli, puis de Tabor. Je vois des pancartes d'autoroute, je vais peut-être enfin pouvoir rouler. J'ai hâte d'arriver maintenant !

A la sortie de Tabor, j'aperçois de loin un cycliste aux sacoches chargées. Son allure attire mon attention, je ne sais pas pourquoi. Je m'approche de plus en plus, forcément, car Vanadis est une sacrée sportive, surtout dans les côtes. Et justement, c'en est une (montée), certes pas très difficile, mais quand même. Je vois que le gars est décidé. Il appuie sur les pédales comme s'il avait le feu aux fesses... Je les admire vraiment, ces cyclo-voyageurs.

En arrivant à sa hauteur, je me dis.... On dirait.... Mais oui, ça me paraît évident. C'est absolument incroyable, cette histoire, et pourtant...

C'est lui, aucun doute !

Greg. Greg, le gars du Nord, le gars de Lille, que j'ai quitté en Grèce, à Alexandropouli, au matin du 7 juin... Il partait alors pour Istanbul, et je roulais vers la Turquie. Nous allions vers l'inconnu. C'était il y a longtemps déjà. C'était ici. C'est bien lui, je ne me suis pas trompé, je n'en reviens pas !

Il ne me reconnaît pas immédiatement, et s'apprête à me dépasser, mais... mais, au dernier moment, son visage se change en sourire ! Eh bien oui, c'est lui, c'est nous, les voyageurs. Il y a plus de deux mois maintenant, que de km, que de pays, que de souvenirs, que de visages rencontrés sur toutes ces routes pour, finalement, nous retrouver ici, entre Vienne et Prague ! Comme le monde est petit ! Nous discutons pendant une vingtaine de minutes, nous promettant de nous retrouver à Prague demain soir, devant une grosse bière, pour nous raconter nos aventures...

Demain soir.... Ben oui, il a beau être sportif, le gars Greg, il n'arrive pas à la cheville de Vanadis.... Même pas en rêve ! Dans de tels moments, quand je vois l'allure à laquelle ils roulent, mes amis cyclistes, je suis totalement amoureux de ma moto...

Le reste de la route me paraît facile, cette rencontre est tellement sensationnelle. J'arrive maintenant à Prague, direction le centre-ville. Je n'ai pas de plan, juste une adresse. Je questionne deux-trois personnes, mais c'est toujours tout droit. Grosse, très grosse circulation dans le centre. Au pas, dur dur pour Vanadis. Et pour moi, alors ? Personne ne dit rien ? En plus, il fait chaud, lourd, et je crève sous mon gros blouson. Je suis en train de me liquéfier gentiment...

Enfin, ça va mieux, le plus dur est passé. Une station d'essence. Je questionne un jeune en scooter, en train de faire le plein. Oui, je parle anglais, me dit-il avec le sourire. Trojska ? (Prononcez Troïa). Oui, c'est tout près. (C'est complètement au nord de Prague, j'ai traversé toute la ville). Je dois prendre ma copine (il appelle sur son portable) juste à côté, poursuit-il, et je vous conduis. Suivez-moi... Cinq minutes plus tard, sa copine arrive, très jolie, en mini-jupe, et s'installe sur son petit scooter. Et cinq minutes plus tard, je pénètre dans l'enceinte du camping. Il y en a plein tout au long de cette rue, c'est incroyable. Jamais vu ça dans une capitale. Au moins une dizaine de campings les uns à côté des autres ! Tous du même côté !

Une dame me reçoit, parlant anglais, allemand, russe.... Très lunatique, très spéciale, pas très nette, mais peu importe. Il y a du monde, mais elle me donne une belle petite place, près du fil à linge, juste à côté des sanitaires. Il y a Internet, que je réussis à capter dans la salle réfectoire. Des tables, des prises électriques, tout ce qu'il faut pour faire la cuisine. C'est parfait. Je monte ma tente. Il est un peu tard pour partir en ville, je préfère bosser sur mon PC et me reposer un peu. Le soir, je rencontre des camping-caristes français de Verdun. Très sympas, ils me donnent quelques tuyaux, notamment sur le change. Ils se sont fait "avoir". Ils ont accepté de changer de l'argent avec un vendeur dans la rue. Pour 100 euros, ce dernier leur a donné 3.000... alors que le cours normal est à 2400/2500... Et lorsqu'ils ont voulu utiliser cet argent, les commerçants leur ont expliqué qu'ils avaient en fait de la monnaie... hongroise, et non tchèque ! Perte sèche de 90 euros... Mon interlocuteur me dit : "C'est bien de ma faute, je savais qu'il ne fallait pas en faire dans la rue. Pas grave, on est allé un peu moins au restaurant...".

Bien, chacun réagit à sa façon, ou selon ses moyens. Ce soir, je vais me coucher bien après la nuit tombée, heureux d'être ici.

Demain, j'irai en ville. J'ai acheté un ticket de tramway au camping d'à-côté, que j'ai payé en euros.

Prague, je suis prêt. A demain !

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