ea2010 - Jour 129

Jour 129 - Vendredi 20 août 2010 - 237 photos - 28 km - 18.002 en tout


J'ai toujours mal aux pieds. Et je suis ici avec un moyen de transport presque idéal pour une ville comme Berlin. Vous avez compris ?

Aujourd'hui, je vais visiter la ville avec Vanadis. En plus, c'est son pays, ça devrait lui plaire ! Cerise sur le gâteau, le ciel semble plus clément..

Itinéraire dans Berlin. En vert clair. Grosso-modo....

En rouge cerclé de jaune, le point de départ, et en bleu clair l'itinéraire.

Je ne vois pas Greg sur le terrain, et la connection Internet ne fonctionnant pas ce matin, je le verrai ce soir. Je pars à 9 heures, le ciel est radieux.

Le château de Bellevue (Schloss Bellevue en allemand), est situé au nord-ouest du parc de Tiergarten à Berlin. C'est aujourd'hui la résidence officielle du président de la République fédérale d'Allemagne. Il y a une camionnette de la "Polizei", et il y en a un qui m'observe en train de photographier.

Juste après, je passe au rond-point appelé "Grosser Stern" (Grande Etoile) au croisement de 5 grandes avenues berlinoises (déjà vu hier) avec la Siegesäule, ou Colonne de la Victoire, en rénovation. Juste que je ne prends pas les mêmes avenues.

Et peu après, je suis devant la Philharmornie, dans la Scharounstrasse.

La Philharmonie de Berlin (Berliner Philharmonie) est un ensemble de deux salles de concerts situé dans le centre de Berlin, intégrant une salle de concerts symphoniques conçue par Hans Scharoun et inaugurée en 1963, et une salle de musique de chambre réalisée par Edgar Wisniewski d'après un projet de Scharoun et inaugurée en 1987. Elle est le siège de l'Orchestre philharmonique de Berlin. La conception extrêmement novatrice de la grande salle en a fait l'une des plus célèbres salles de concert au monde, et elle a eu une grande influence sur la construction des auditoriums au XXe siècle. La salle de musique de chambre, construite un quart de siècle plus tard, est basée sur les mêmes principes.

En face, située sur le Kulturforum, entre les édifices futuristes de la Neue Nationalgalerie, de la Gemäldegalerie et la Philharmonie, la St Matthäi Kirche (église St Mathieu) contraste avec son style néo-roman italien. La situation singulière de la St Matthäi Kirche s'explique par les vicissitudes de l'histoire. En 1938, Albert Speer fit démolir des rues entières du quartier aisé entourant la St Matthäi Kirche afin de laisser place nette pour les besoins de la future "Germania". La seconde guerre mondiale eut bientôt raison des projets mégalomaniaques des nazis, puis la guerre froide vint geler ce no man's land que l'architecte Hans Scharoun s'empressa de transformer en Kulturforum.

Achevée en 1846 sur les plans d'August Stüler et de Herbet Wentzel, l'église St Matthäus Kirche se compose de trois nefs dotées chacune d'un toit à double pente.

On remarquera l'influence italienne dans l'ornementation des façades, avec l'emploi de briques polychromes faisant alterner des bandes ocre et crème. (Extraits ici).

Variations, je vais encore m'amuser avec l'appareil-photo aujourd'hui !

Je vous l'ai dit plusieurs fois : l'eau est omniprésente dans Berlin, avec tous ses canaux. De la Philharmonie, je prends la Potsdamerstrasse et j'arrive en quelques secondes sur le Schöneberger Ufer, la route qui longe le canal vers l'est. Trois voies de circulation dans chaque sens, et en sens unique de chaque côté du canal ! Ainsi, pour changer de sens, il suffit de continuer jusqu'au pont suivant, le traverser, et demi-tour. Chaque quai a un nom différent. Je m'arrête au premier pont, pour faire quelques photos. Un superbe immeuble de l'autre côté (Reichpietschufer).

Détail du bâtiment.

En face du pont se trouve ce "gratte-ciel", la "Debis Haus", 106 mètres de hauteur.

Je reprends Vanadis pour m'arrêter juste après avoir traversé le canal deux ponts suivants. C'est le Schönebergerbrücke, qui arrive dans la Schönebergerstrasse, et le quai de l'autre côté se nomme Hallesches Ufer. Un pont de chemin de fer se trouve un peu plus loin. Vue sur l'eau du canal.

Et dire qu'on est à deux pas de Brandenburger Tor....

Schönebergerbrücke, avec le superbe monument de briques sur l'autre rive. Ce sont les bureaus de l'entreprise Bombardier.

Au bout de la Schönebergerstrasse se trouve l'ancienne gare d'Anhalt. Autrefois la plus grande et la plus célèbre des gares de Berlin (170 mètres de long sur 60 de largeur), il ne reste plus qu'un pan de façade et un portique dressés sur un terrain désert.

Cet énorme pan de mur m'a toujours impressionné. J'étais venu le voir alors que j'habitais Berlin, et j'étais revenu avec mon fils Grégory. Je pense que le fait qu'il se trouve, en plus, sur un terrain vague, ajoute à sa grandeur. Néanmoins, le terrain autour diminue d'année en année, et ces restes historiques se retrouveront certainement cernés de toute part un de ces jours.

Ce sont des américains qui sont ici sur la photo, j'ai discuté avec leur guide.

Aujourd'hui, l'on peut encore admirer la richesse des ornements de la façade et imaginer la splendeur d'antan de l'édifice construit entre 1874 et 1880 par Franz Schwechten et Heinrich Seidel dans un style néo renaissance.

Touchée par les bombardements alliés du 23 novembre 1943, seules les voies furent remises en état par les Soviétiques au lendemain de la guerre. En 1957, les Soviétiques voulurent isoler encore un peu plus Berlin Ouest en fermant la ligne de chemin de fer desservant la gare d' Anhalt.

Détail. C'est vrai qu'elle a du être magnifique.

Une borne indique qu'ici, de cette gare, sont partis de très nombreux convois de Juifs de Berlin vers le camp de Theresienstadt, aujourd'hui en République tchèque. 116 trains de Juifs partirent de cette gare Anhalt Banhof...

Juste derrière se trouve le Tempodrom, dans la Mockernstrasse, sur le site de l'ancienne gare de Anhalt (que je viens de vous montrer). C'est une sorte de grande tente blanche de 38 m de haut, construite en 2000-2001. Celle-ci abrite une arène pouvant contenir 3700 personnes et une petite salle de 470 personnes. Elle possède une fonction écologique : elle économise et récupère la chaleur ainsi que l'eau de pluie qu'elle recycle.

Je fais la photo d'ici, je n'ai pas le courage de marcher jusque là-bas, j'ai toujours mal aux pieds.

Gauche puis droite (Stresemannstrasse, et Niederkirchnerstrasse), et me voici là où je terminais mes visites hier soir : le musée de la terreur.

Il est gratuit, j'avais envie de le visiter. Souvenez-vous, le mur à gauche.

Le Parlement de la ville de Berlin.

Et le Ministère des Finances.

Un bus jaune à étage de Berlin passe derrière les restes du mur.

Clin d'oeil entre le mur et le Ministère des Finances.

Je pénètre à l'intérieur. Ici se trouvait la Gestapo.

Comme vous le voyez sur ces documents photographiques. Je suis resté un grand moment, mais je n'ai pas tout lu. Comme hier, je ressors plein de tristesse, mais aussi plein de colère, car de très/trop nombreux assassins sont sortis impunis de leurs exactions. Terrible. Terrifiant.

Mur de Berlin, 1961-1989.

Vous reconnaissez peut-être la façade de l'immeuble voisin, le Martin-Gropius-Bau, ancien Musée des Arts Décoratifs, photographié hier soir.

A gauche dans la Wilhelmstrasse, puis encore à gauche, et je suis dans la Vossstrasse. Au-dessus d'un mur clôturant un immense terrain vague, j'aperçois le Bundesrat. C'est le Conseil fédéral allemand, représentant les 16 Länder du pays. Le bâtiment qu'il occupe est l'ancienne Chambre des seigneurs prussienne. Les terrains vagues en question sont en diminution constante depuis la réunification.

Juste à côté, la Gertrud Kolmar Strasse.

Au loin, les nouveaux immeubles ayant remplacé les terrains vagues ces dernières années : le quartier des places Leipziger Platz (premier plan) et Potsdamer Platz (second plan).

Ici, au bout de la Gertrud Kolmar Strasse, se trouve un panneau indiquant l'endroit où se trouvait autrefois le Führerbunker (abri du Führer). C'est là qu'il se suicida, avec sa femme, ainsi que plusieurs des hauts dignitaires de ce terrible parti, le 30 avril et le 1er mai 1945.

Détail du panneau explicatif. Ce lieu est resté secret pendant longtemps, personne ne voulant y voir venir des adeptes et/ou nostalgiques du parti nazi pour s'y recueillir ou en faire un lieu de souvenir... Ce panneau a été apposé ici le 8 juin 2006.

La Vossstrasse coupe la très longue Wilhelmstrasse. En face, la Mohrenstrasse, qui commence curieusement par une place non répertoriée sur Internet, la Zietenplatz. C'est ici. Elle est très récente, et ici se trouvait, autrefois, la Wilhelmplatz, disparue. Les plans d'urbanisme des années 1980 firent disparaître la Wilhelmplatz, à l'exception de l'îlot central, et la Zietenplatz perdit elle aussi son caractère de place. En 2007, cette partie occidentale de la Mohrenstrasse a été restaurée sous forme de place double et la Zietenplatz réaménagée d'après le modèle historique.

Et en 2009, les statues de 6 généraux prussiens (en bronze, réalisées à partir de 1857) , ensemble exceptionnel de l'école de sculpture berlinoise de la fin du 18è et du début du 19è, ont été remises ici en place. L'axe urbain Hausvogteiplatz-Gendarmenmarkt-Zietenplatz et Wilhelmplatz reprend vie.

Je trouve cette place -un peu comme un square- tellement plaisante que je me pose. Des gens sont ionstallés sur des tables au milieu, près des statues. Il y a un bistrot à l'angle, avec toutes sortes de saucisses... Vous avez deviné, j'ai fait une belle pause ici, assis au soleil sur un des bancs. Excellent.

Je poursuis donc mon chemin dans la Mohrenstrasse, ci-dessus, qui traverse plusieurs rues dont la Friedrichstrasse puis la ...

Charlottenstrasse (c'est celle-ci, que je viens de dépasser) et je m'arrête ici, juste après la station métro (ci-dessus) U "Stadtmitte" (centre-ville).

Ici, à droite, se trouve une des superbes places de Berlin, j'ai nommé la Gendarmenmarkt (place du marché des gendarmes).
Elle se trouve à droite de cette photo.

Voici donc la Gendarmenmarkt. Dessin issu de Google Maps, toujours plus explicite que des mots. Je suis arrivé par la Mohrenstrasse (en haut à gauche, qui se poursuit en bas à gauche), et j'y ai posé Vanadis. A partir d'ici, je suis à pied (quand même...!).

Les immeubles entourant la place.

La Deutscher Dom (« cathédrale allemande ») est au sud de la place. Elle a une structure pentagonale conçue par Martin Grünberg et fut construite en 1708 par Giovanni Simonetti. Elle fut modifiée par Carl von Gontard en 1785 par l'ajout de la tour avec dôme. Elle héberge désormais un musée de l'histoire de l'Allemagne.

En bas à gauche de la place, pour vous situer sur le plan. Deutscher Dom, toujours.

Attention, c'est le côté droit, côté Konzerthaus Berlin and Schillerdenkmal (statue-souvenir de Schiller).

Et ça, c'est la façade du Deutscher Dom.

En levant les yeux. Remarquez, c'est assez évident que ce n'est pas en les baissant !

La place, côté Marktgrafenstrasse, en regardant vers la Französischer Dom.

Le Konzerthaus est le bâtiment le plus récent puisque construit en 1821 par Karl Friedrich Schinkel comme le Schauspielhaus sur les ruines du théâtre national détruit par un incendie en 1817. Il accueille en résidence le Berliner Sinfonie-Orchester.

Konzerthaus, sur le côté. je lève encore les yeux...

A l'angle de la Taubenstrasse avec la Charlottenstrasse, côté droit, Gendarmenmarkt derrière moi.

Entre les deux mêmes rues, mais côté gauche. Reflets de la Deutscher Dom dans les vitres.

Encore la Taubestrasse, mais de l'autre côté de Gendarmenmarkt, bref, côté Markgrafenstrasse.
OK, c'est clair ? Franchement, si vous ne voyez pas avec toutes ces explications, je ne peux rien faire pour vous !

L'autre rue, là-bas, dans l'échancrure, c'est la Jägerstrasse.

Détail d'une des statues de la Konzerthaus.

La même, le nez vers le ciel.

Du même endroit, vue sur le Französischer Dom. Remarquez l'autre statue : c'est un lion au lieu d'une lionne. A droite, la statue Schiller.

Französischer Dom et la statue de Schiller. Petit essai en noir et blanc, histoire de changer un peu.

Konzerthaus.

La Französischer Dom (« cathédrale française »), église réformée construite par les exilés huguenots entre 1701 et 1705 d'après le modèle de l'ancien Temple de Charenton, situé près de Paris et qui fut détruit. La tour et les portiques dessinés par Carl von Gontard furent ajoutés en 1785. Elle possède une plateforme panoramique, un restaurant et un musée huguenot.

Je m'amuse un peu avec la photo. Essai Sépia.

Je suis joueur, aujourd'hui. Vous trouvez ça comment ? 50-50, je parie. 50% trouvent ça bien, et 50% moche.
Ce qui compte, c'est que ça me plaise, hi hi hi... Dommage pour ceux qui n'aiment pas !

Französischer Dom à gauche, vers Markgrafenstrasse.

KonzertHaus à droite, vers Markgrafenstrasse.

Deuscher Dom à droite, vers Markgrafenstrasse. J'ai adoré cette place.

Je reprends la bécane. Mohrenstrasse, Jerusalemstrasse à droite, que je prends. Regardez à gauche, on voit la Fernsehturm.

Un peu difficile pour arriver ici, vu que la Leipzigerstrasse est divisée en deux parties, chaque côté étant en sens unique. Bref, je traverse deux fois le canal permettant de passer sur l'île Spreeinsel (« Île de la Spree ») dans sa partie sud baptisée Fischerinsel (français : « île au Pêcheur ») pour enfin atteindre ce que je voulais : le quai Märkisches Ufer, que voici. je ne suis plus sur l'île, qui est à gauche.

Petit essai vieillissement, je m'amuse avec les photos, aujourd'hui. Pas envie de bosser... Fernsehturm à gauche.

Autre essai. Je suis très satisfait de ce résultat. Vue sur le canal et le Märkisches Ufer depuis le pont, accessible aux seuls piétons ET cyclistes.
Pas pour les motards

Île aux oiseaux à gauche, RolandUfer en face, Fernsehturm et, très vraisemblablement, le dôle de l'Ancienne Mairie, vue hier.

Je prends Inselstrasse à droite. Bel immeuble de brique esseulé à l'angle des rues Wallstrasse et Inselstrasse. A droite, Wallstrasse, parallèle au quai que je viens de longer, et encore à droite sur la Fischerinsel (sur l'île). Je prends encore à droite sur la grande avenue Mühlendamm, passe le pont, puis longe le quartier Nicolas (visité hier, retournez voir si vous avez oublié,, je ne vais pas réécrire la même chose...), et je prends à droite la Stralauerstrasse.

Ouf !

Et je longe la Sprée vers l'est jusqu'à la Mühlenstrasse, longue avenue assez vide d'immeubles. Arrêt en face de cette immense coupole O2 World. Le O2 World (prononcez O-two) est une salle omnisports située dans le quartier berlinois de Friedrichshain (Bezirk de Friedrichshain-Kreuzberg). Elle est principalement utilisée pour le hockey sur glace, le basket-ball, les concerts et autres manifestations. Depuis 2008, c'est le domicile du Eisbären Berlin, évoluant dans le Championnat d'Allemagne de hockey sur glace, et de l'ALBA Berlin de la Basketball-Bundesliga. Le O2 World a une capacité maximum d'environ 17 000 places assises et debout, disposant de 59 suites de luxe et 1 500 sièges de club pour les plus fortunés.

Quelques bâtiments bien esseulés côté gauche, la rivière et le quai étant à droite.

Détail de la précédente....

Moi aussi... j'aime Berlin.

Bien bien bien. A ma droite, le quai, un bar, des tables et des parasols. Très tentant, quand on a soif. Mais aussi, tout le long de l'avenue, il y a le mur. Il est resté, et des artistes se le sont approprié. Et ça s'appelle "East Side Gallery". Je vais commencer par regarder les oeuvres, j'aime beaucoup ça.

Vanadis m'attendra ici, elle a de quoi lire....

Je longe donc le mur, et vous fais une photo de chaque tableau, ou presque.

L' East Side Gallery est un morceau du mur de Berlin de 1,3 km de long situé près du centre de Berlin, qui sert de support pour une exposition d'œuvres d'art. (Voir lien Wikipedia ici)

La galerie est constituée d'environ 106 peintures réalisées par des artistes du monde entier, peint sur le côté est du Mur de Berlin. Il est peut-être la plus grande galerie permanente en plein air dans le monde.

Le premier tableau a été réalié par Christine Mac Lean en décembre 1989, immédiatement après la chute du mur. D'autres peintures ont suivi :Jürgen Grosse alias INDIANO, Kasra Alavi, Kani Alavi, Jim Avignon, Thierry Noir, Ingeborg Blumenthal, Ignasi Blanch Gisberti, et d'autres...

Depuis 1992, East Side Gallery est classée au patrimoine des monuments historiques.

Parmi les oeuvres, on peut voir la reproduction du « Baiser de l'amitié » entre Erich Honecker et Léonid Brejnev, réalisé par Dmitri Vrubel.
"Mon dieu, aide-moi à survivre à cet amour mortel".

Un grand nombre d'œuvres exposées font références directement ou indirectement au mur de Berlin et à sa chute. Beaucoup également sont porteuses de messages pacifistes entre les peuples.

Vu l'adresse mail, je pense que c'est une française.

Beaucoup de petites gens qui font plein de petites choses dans plein de petits lieux peuvent changer le visage du monde.
Sagesse africaine.

Arrivé ici, je "tombe" sur cette très belle oeuvre, et je vois "entrée"... Or, au même moment, je fouille dans ma poche et constate que je n'ai pas les clefs de Vanadis sur moi. Où sont-elles donc ? Devinez... Je retourne à la moto. Plein de monde autour (non pas pour la moto, mais pour regarder les peintures...). Elle est là, goguenarde, la clé bien visible, en place sur le contact, prête à partir.... Heureusement qu'elle n'a pas eu l'idée d'aller visiter sa ville toute seule !

Du coup, je n'ai pas envie de refaire tout ce chemin. Ces émotions m'ont plutôt donné soif. De plus, j'ai toujours mal aux pieds, et j'ai envie de m'asseoir. Je me dirige vers la rivière, vous savez, la Sprée, juste là, tout près. En face de moi.

Coup d'oeil sur ma droite, en direction du centre de Berlin. Ah, les cyclistes ont de la chance, car ils peuvent rouler ici, ce qui m'est interdit avec la bécane. Il y en a un, là-bas, à droite, vous le voyez, arrêté, en train de rêvasser ?

Mais... Mais je rêve, là, ce n'est pas possible !

On dirait Greg.

Greg ?

Oh oh, Greg ?

C'est bien toi ?

Mais OUI, c'est bien lui, le Greg de Lille, le grand voyageur.

Alors là, très franchement, on aurait voulu parier un truc pareil, on l'aurait mis sur un site pour faire parier des millions de personnes, pas une seule n'aurait mis le moindre kopek sur une telle possibilité de nouvelle rencontre entre nous deux. Car pour le coup, elle est ENORME. Déjà, se retrouver sur la route de Prague, plusieurs mois de route solitaire après notre rencontre en Grèce près de la frontière turque, était une probabilité bien proche de zéro. Ensuite, se revoir sur la route de Berlin, c'était, somme toute, assez logique, bien qu'en soi, quand même, pas mal. Mais là, après ces trois premières rencontres, se retrouver complètement par hasard ICI, dans une ville qui fait quand même plus de 50 bornes de largeur ET de hauteur, et en plus, pas dans le coin le plus prisé de la ville, relevait tout bonnement du domaine de l'impossible.

Mais nous sommes... français.

Et, comme vous le savez tous, impossible n'est PAS français.

Forcément, nous sommes littéralement sciés de nous retrouver ici. "T'as pas vu mon mail ?", me dit Greg. Il est bien arrivé hier soir au camping, a cherché ma tente -et ne l'a pas trouvée-, et m'a envoyé un mail tôt ce matin, me donnant rendez-vous ce soir au camping... Le sort en a donc décidé autrement. "C'est complètement dingue", disons-nous en coeur. Bref, on papote, on papote, puis on décide de continuer nos balades respectives et de nous retrouver ce soir sur le terrain. A plus, l'ami.

Du même endroit, une photo dans l'autre direction, vers l'est. On aperçoit le magnifique pont Oberbaumbrücke. Greg en vient, il a déjà visité... Il n'arrête pas, avec son vélo, et va certainement plus vite que moi. Peut-être fait-il aussi un peu moins de photos.

L’Oberbaumbrücke est un pont traversant la Spree à Berlin, construit en briques sur à deux étages entre 1894 et 1896 par l'architecte Otto Stahn (1859-1930), dans le style néogothique d'Allemagne du nord. Il relie Friedrichshain et Kreuzberg, d'anciens arrondissements de la ville qui ont été séparés par le Mur de Berlin. Pour cela, il est devenu un important symbole de l'unité de Berlin.

Autre vue. C'est le chemin de fer qui passe au-dessus.

Toujours des dessins à découvrir dans Berlin.

Une bien belle façade yout près du pont, sur la Falkensteinstrasse.

La même, au croisement avec la Schlesischestrasse. J'avais envie de m'amuser sur cette photo, et c'était très plaisant.

Une façade surréaliste, j'ai adoré ce dessin.

Détail...

L'ancienne route passait ici. C'est devenu une zone piétonne (et aussi pour les cyclistes, la chance !). Je vais passer au vélo, moi, pour les villes !

Encore envie de jouer avec mes photos.

Depuis le pont, vue ves l'est. Au loin, une grande tour près de l'avenue An den Treptowers.

Une des tours du pont. En arrière-plan, l'immeuble UPPM (Universal/mca Music Publishing) sur la Stralauer Allee.

Vue que je trouve artistique (je m'envoie des fleurs à moi-même, vu que personne ne dit rien...), toujours vers l'est (en fait, est-sud-est)

Un magnifique encadrement de porte en briques.

Ah, tiens, le gars a encore fait joujou avec ses images...

Et avec celle-ci aussi. Pas mal.

Je retourne à la moto, sur la Falkensteinstrasse. Encore une bien jolie façade.
Décidément, ce quartier mériterait une plus longue étape, mais l'heure passe, et j'ai un rendez-vous ce soir.

Je décide de poursuivre encore un peu le long de la Sprée, sur la Stralauer Allee.

Là encore, tout est neuf, et des immeubles sortent de terre sur le quai le long de la rivière, qui se trouve ici dans mon dos.
Ces bâtiments, en face, se trouvent sur la Stralauer Alle. Je suis juste venu voir le bord de la rivière.

Que voici. Tiens, c'est quoi, ce truc. Des bonhommes qui marchent sur l'eau ?

C'est "Molecule Man".

Cette sculpture en aluminium de 45 tonnes pour une hauteur de 30 m représente un groupe de trois personnages qui symbolisent la rencontre des trois quartiers de Treptow, Kreuzberg et Friedrichshain. Elle est l'œuvre du sculpteur américain Jonathan Borofsky et a été inaugurée en 1999. Une copie se trouve à Los Angeles.

Coup d'oeil à droite, vers le centre. On distingue encore Oberbaumbrücke.

Et côté gauche, tout près du complexe des Treptowers.

Vers le haut de l'immeuble situé à côté de moi, face à la rivière.

Stralauer Allee à nouveau. Je prends à gauche. Eh oui, je retourne au pont Oberbaumbrücke. Mais au lieu de prendre à gauche sur le pont, je prends à droite la Warschauerstrasse. Je vais faire le ring nord intérieur, le périphérique nord interne de Berlin. Périphérique en ce sens qu'il contourne le centre de Berlin. Mais il ne s'agit pas d'une voie comportant entrées et sorties comme celui de Paris. Il s'agit là d'une succession de grandes et larges avenues, entrecoupées de feux tricolores, traversant d'autres voies importantes pénétrant depuis le nord dans Berlin.

Au bout de la Warschauerstrasse, gros croisement avec la Frankfurter Allee venant de l'est et se poursuivant vers l'ouest et le centre par la Karl-Markx Allee. C'est ici, je prends la photo à la faveur d'un feu au rouge.

Au même endroit, en face. Je poursuis dans la Petersburger Strasse.

Immeubles le long de la très longue Danzigerstrasse.

Pour finalement arriver là où je voulais en venir, sur la Bernauerstrasse. Longue elle aussi. Je cherche la Ackerstrasse. La voici.

Le Mémorial du mur de Berlin. Allez voir ce lien, très intéressant. Tout ce que j'écris ici vient de ce site.

L’ensemble commémoratif Bernauer Straße comprend également un centre de documentation (cette photo) qui constitue une source importante d’informations sur l’histoire du mur et ses conséquences. Outre son exposition permanente, le centre de documentation contient une bibliothèque très complète et organise régulièrement des séminaires de formation politique ainsi que d’autres manifestations, sans oublier sa plateforme panoramique sur le toit, qui offre une vue imprenable sur le segment commémoratif du mur.

A partir des événements de la Bernauer Straße, différents médias présentent des informations générales sur le contexte historique et politique de la construction du mur ainsi que certains détails. Ces informations sont présentées en langue allemande et langue anglaise. Par ailleurs, le centre organise des conférences thématiques ainsi que des visites commentées du site Bernauer Straße à l’attention de groupes scolaires ou d’adultes.

Dans la Bernauer Straße, la fermeture brutale, le 13 août 1961, de la frontière entre les secteurs d’occupation a connu des conséquences particulièrement dramatiques pour les habitants. Ces derniers se sont vus refuser l’accès à leur proche voisinage du jour au lendemain. Familles, amis et voisins furent séparés. Soudain, la maison d’en face faisait partie d’un autre système politique. C’est ainsi que les habitants de la Bernauer Straße sont devenus malgré eux témoins et acteurs de l’histoire d’après-guerre à Berlin.

La vue depuis la plateforme sommitale panoramique du centre de documentation, fort bien fait par ailleurs, extrêmement dense en documents, et dont le parcours entier nécessiterait quelques heures... Ce panorama est le résultat de deux photos. En face, la petite rue est la Ackerstrasse, c'est là que se trouve Vanadis, qu'on distingue au pied du mur constitué par les panneaux explicatifs. Plus loin à gauche, dans le no man's land, se trouve la chapelle de la réconciliation (voir explications photo suivante).

La violente séparation de la Bernauer Straße a laissé derrière elle de profondes cicatrices, encore visibles aujourd’hui. L’ancien No Man’s Land n’a toujours pas complètement disparu. Une portion du dispositif de démarcation a été conservée entre la Ackerstraße et la Gartenstraße. Ce lieu donne une idée précise de l’ampleur et de la largeur du dispositif.

Kapelle der Versöhnung «La chapelle de la réconciliation». Le tracé de l’ex-frontière avec Berlin-Ouest passait à quelques mètres seulement de l’entrée de la «Kapelle der Versöhnung». Après la construction du mur, cette église néogothique en briques de 1894 se retrouva perdue et inaccessible au milieu du No Man’s Land. En 1985, le gouvernement est-allemand décida la destruction de l’édifice. Après la chute du mur, l’emplacement fut restitué à la paroisse avec l’obligation d’y ériger un nouveau lieu de culte. Une nouvelle chapelle fut bâtie et inaugurée le 9 novembre 2000, onzième jour anniversaire de la chute du mur.

J'ai photographié cette église plusieurs fois entre 1972 et 1975, avant sa destruction. J'ai perdu toutes mes photos !

Gagnés par la panique et le désespoir, certains n’hésitèrent pas à sauter de leurs fenêtres pour essayer de gagner Berlin Ouest et payèrent ce geste de leur vie. Certaines tentatives de fuite des riverains de la Bernauer Straße réussirent, sous les objectifs et caméras des médias du monde entier.

Brrrr, cette photo me glace encore le sang.

C’est sur ce site que se dresse le mémorial du mur de Berlin. Ce dernier fut érigé à l’initiative de la République fédérale d’Allemagne en 1998 et porte l’inscription suivante: «à la mémoire de la division de Berlin du 13 août 1961 au 9 novembre 1989 et aux victimes du règne par la violence de la dictature communiste».

Le mémorial comprend un tronçon du dispositif frontalier long de 60 mètres, conservé dans sa configuration originelle, mais avec une interprétation artistique. Le projet a été conçu et réalisé par le cabinet d’architectes de Stuttgart Kohlhoff & Kohlhoff.

Mémorial aux victimes.

Mémorial historique, avec, dans les coffres en arrière-plan, les restes des fondations du mur. Et derrière, la portion de mur conservée.

Bernauerstrasse. Je retourne vers la moto après avoir parcouru une partie du Mémorial. Et là, je reçois un nouveau choc. Cette photo, sur ce panneau explicatif. Ernst Mundt, 40 ans, a été tué ici le 4 septembre 1962 alors qu'il sautait le mur pour rejoindre sa mère vivant côté ouest de Berlin ! C'était ici. Je me souviens très nettement de cette couronne, et de cette croix tracée sur le mur. Je l'ai photographiée en 1973 ou 1974. J'ai perdu mes photos, malheureusement ! Que de souvenirs, pour moi, une fois de plus.

Vanadis m'attendait sagement dans la Ackerstrasse, au coin avec la Bernauerstrasse.

Il faut aussi aller visiter ce site, pour ceux qui sont intéressés par ce sujet du mur de Berlin. Pas encore francisé, il a été traduit en anglais, pour ceux qui maitriseraient la langue de Shakespeare sans connaître celle de Goethe.

Ensuite.... Eh bien ensuite, j'ai un rendez-vous avec un italien, Michel, de Turin, que j'ai vu pour la première fois le 4 juillet 2008 à Vik en Islande, où il venait de débarquer le matin même en avion avec sa moto (une superbe R1200 GS), et la dernière fois le lendemain matin, alors qu'il partait vivre son aventure. J'en parle ici, en fin de page. Depuis, nous sommes toujours restés en relation par e-mail. Lorsqu'il me fait part, tout récemment, qu'il va venir à Berlin avec son épouse Patricia, prof de français de son état (et leurs deux motos, car elle pilote aussi sa propre BMW), je pense aussitôt que nous devons essayer de nous rencontrer. Incroyable, non ? Nous nous sommes donnés rendez-vous dans un bistrot de la Hauptbanhof, et avons passé un merveilleux moment de partage humain. Je suis heureux de les avoir rencontrés, et j'espère que nous nous reverrons encore. A propos de Michel, c'est un as de la moto, et tout particulièrement de la GS, et en plus, c'est un as de la montagne. Il connaît les Alpes par coeur, y compris la France, et a roulé sur une grande partie des routes et pistes de montagne de ce grand massif. A côté de lui, je suis un bien piètre pilote !

 

Ensuite... Je suis tout près du camping. Je retrouve Greg ce soir au bar, où nous passons la soirée. Ce camping est incroyable. Nous avons droit à une projection de film documentaire dans la piscine, film réalisé par des français. Une soirée comme on les aime, et qui ne s'oublie pas ! Nous nous donnons rendez-vous demain à 13 heures dans le bar-restaurant du quartier St Nicolas. En effet, j'ai vu qu'ils y servaient du jarret de porc avec choucroute et autres bonnes choses telles que bière et pommes de terre... et quand je dis ça à Greg, il acquiesce immédiatement.

Page précédente: ea2010 - Jour 128
Page suivante: ea2010 - Jour 130


Depuis le 06/06/2005 Visites:873525 Aujourd'hui :495 Maintenant:13 (Passage du cap des 50.000 visiteurs le 09/01/2009)