ea2010 - Jour 157

Jour 157 - Vendredi 17 septembre 2010 - 117 photos - 402 km- 22.593 en tout

BMW R1150GS

Une grosse étape absolument géniale. Une traversée du Massif Central inhabituelle pour moi. Que du bonheur !

Je viens ici de traverser le Rhône. En face, c'est Tain-l'Hermitage dans la Drôme que je quitte. Ici, c'est Tournon-sur-Rhône, dans l'Ardèche.

Il est à peine 8h10 lorsque j'appuie sur le démarreur de ma compagne quotidienne. Et comme chaque jour, elle s'ébroue instantanément. Il fait gris, et assez frais. Les premiers kilomètres sont un enchantement, car les routes sont minuscules, ainsi que les hameaux, et j'ai toujours adoré ça. Par contre, j'ai un peu de mal à suivre mon chemin, ma carte étant très succincte. Enfin, je parviens à traverser le Rhône ici à Tournon-sur-Rhône (on ne peut pas se tromper sur le nom du fleuve), juste au nord de Valence. Je suis en effet parti pour une descente de notre beau pays dans la diagonale nord-est vers sud-ouest, ce que je ne fais habituellement jamais. Venant généralement de la côte atlantique, je roule nord-ouest vers sud-est, soit exactement le contraire !

Je viens ici de traverser le Rhône. En face, c'est Tain-l'Hermitage dans la Drôme que je quitte. Ici, c'est Tournon-sur-Rhône, dans l'Ardèche.

Péron Jura

Découvrir de nouvelles routes est donc pour moi toujours un enchantement, d'autant plus que les paysages naturels y sont beaux ! Ici, ce sont les gorges du Doux, profondes, sauvages, mystérieuses. Le plafond nuageux est bas. Il n'y a quasiment personne sur la route. Malheureusement, les nuages vont descendre, à moins que ce ne soit moi qui aille les chercher. Toujours est-il que je me retrouve bientôt sous une petite pluie dense, m'obligeant à enfiler une tenue de pluie et m'empêchant de photographier. Dommage !

Désaignes Ardèche

Passage de Lamastre, puis direction ouest sur la D533. Ici, traversée de Désaignes. La route est intéressante et serait agréable sans la pluie. Elle ne me quittera pas tout au long de ma traversée de l'Ardèche. Dommage.

D151 pèrs de Mars  Haute-Loire

Je quitte cette route somme toute assez importante quelques km après St Agrève, juste avant Mars (pas la planète). En même temps, je quitte déjà l'Ardèche pour pénétrer dans la Haute-Loire. La pluie cesse, je passe doucement en mode brouillard. Cette petite route, la D151, me permet de rejoindre Fay-sur-Lignon et la D500. Et immédiatement, je suis envoûté par ces paysages. Une grande steppe. J'adore !

Arrivée à Fay-sur-Lignon.  Haute-Loire

Arrivée à Fay-sur-Lignon.

Péron Jura

Sur la D500, le brouillard devient très dense, je ne vois plus rien du tout. Je vous épargnerai donc les photos sur lesquelles on ne voit rien. C'est d'ailleurs pour cette raison que je ne les ai même pas faites (les photos)! Pourtant, ça tourne. Pourtant, les villages traversés semblent tout droit sortis des âges. Il faudra que je revienne lorsqu'il fera jour, car je sens bien que je loupe beaucoup de choses ! Quand on lit des pancartes comme "Freycenet-la-Tour" et "Le Crouzet de Meyzous", on ne peut rester insensible ! C'est justement là, juste après ce dernier hameau, que le ciel semble vouloir se montrer...

Et je vois bien que c'est beau !

Viaduc de la Recoumène  Haute-Loire

Si j'étais passé dix minutes plus tôt, je n'aurais pas pu le voir !

Viaduc de la Recoumène  Haute-Loire

Très impressionnant ! Ils font ici du saut à l'élastique, lorsque les touristes sont là.

Les méandres de la Loire, entre St Martin-de-Fugères et Goudet. Tout simplement splendide.

En bas coule un grand fleuve, que je connais sous une forme bien éloignée de celle-ci ! Il est ici méconnaissable. C'est... la Loire !

Les méandres de la Loire, entre St Martin-de-Fugères et Goudet. Tout simplement splendide.

Une bien belle descente sur Goudet et les bords de Loire.

Une bien belle descente sur Goudet et les bords de Loire.

Eglise à Ussel, hameau de Haute-Loire rattaché à la commune du Brignon.

Un brouillard dense fait à nouveau son apparition. La guigne ! Je me retourne juste pour voler cette photo.
Eglise à Ussel, hameau de Haute-Loire rattaché à la commune du Brignon.

Le Monde Nouveau et Chapeauroux  gorges de l'Allier Haute-Loire

D31. Vue sur les gorges de l'Allier, juste avant la descente vers "Le Nouveau Monde" et Chapeauroux sur l'autre rive.

Le Monde Nouveau et Chapeauroux  gorges de l'Allier Haute-Loire

Quelques centaines de mètres plus loin, on aperçoit les villages. Alors, pourquoi le Nouveau Monde, me direz-vous ? En effet, ce nom m'a interpellé. Et je suis "tombé" sur cette page fournissant l'explication. Le Nouveau Monde tire son nom de l'époque de la construction de l'incroyable voie ferrée Paris-Nîmes dans cette traversée des gorges de l'Allier, pays si sauvage que l'appellation n'est pas sans rappeler une sorte de conquête d'un monde nouveau !

Le pont sur l'Allier à Laval-Atger. C'est désormais la Lozère.

Le pont sur l'Allier à Laval-Atger. C'est désormais la Lozère. Juste après le pont, la route de Grandrieu est fermée. Faute d'indications de déviation correctes (c'est la France, mon pauvre monsieur.... Un bien joli pays, mais les déviations sont souvent, comment dire, laissées à votre propre appréciation !). Bref, pour faire 8 km, je vais finalement en faire... 19. Je vais ainsi traverser Chambon-le-Château, puis Ancette, avant de redescendre sur Grandrieu. J'aurais eu une carte digne de ce nom, je ne serais même pas passé par Grandrieu, j'aurais pu couper plus à l'ouest. Mais ce n'est pas grave, car de toute façon, je tiens à revenir dans ce coin. Je ne vais pas me plaindre, je suis en vacances, et le pays est joli. Et en mêrme temps, on dirait que le brouillard est enfin parvenu à se dissiper, et le ciel se montre de façon plus sérieuse. Il est midi, il est temps !

Péron Jura

Et voici Vanadis sur la D5, entre Grandrieu et St Denis-en-Margeride, à une altitude de 1297 m. Je suis très surpris d'être à une telle altitude. C'est un haut plateau, certainement glacial en hiver. Mais c'est extrêmement beau. A nouveau les grands espaces tels que je les aime, à perte de vue.

La baraque des Bouviers, 1420 mètres. Au coeur du massif granitique de la Margeride, tout près du col de la Croix de Bor.

La baraque des Bouviers, 1420 mètres. Au coeur du massif granitique de la Margeride, tout près du col de la Croix de Bor.

Traversée de la belle forêt domaniale de la Croix de Bor. Vous savez, ici, c'est le pays de la bête du Gévaudan.

Traversée de la belle forêt domaniale de la Croix de Bor. Vous savez, ici, c'est le pays de la bête du Gévaudan. C'est pourquoi je fais ces photos très rapidement, moteur en route : je sais que jamais la bête ne pourra rivaliser en vitesse avec Vanadis... Hi hi hi.

Saint-Denis en Margeride Lozère

Saint-Denis en Margeride.

La D58 sur le plateau de la Margeride Ouest  Lozère

La D58 sur le plateau de la Margeride Ouest. Ce massif cristallin est constitué de la « montagne » bordée par les plateaux de la Margeride Ouest et de la Margeride Est. D’immenses pâturages entrecoupés de bois de pins, de prairies, de cultures, de landes et de ruisseaux façonnent l’espace. Cette région est propice aux tourbières, milieux humides d’intérêt patrimonial, abritant de nombreuses espèces faunistique et floristique et notamment le remarquable Bouleau nain. J'adore ces paysages immenses. Je l'ai déjà dit ?

Fontans, descente sur Les Estrets. Lozère Margeride

Fontans, descente sur Les Estrets.
Il y a donc deux paroisses sur la commune de Fontans avec deux églises et deux monuments aux morts !

Pont des Estrets Fontans, descente sur Les Estrets. Lozère Margeride

Au Moyen-Âge, il y avait un péage sur le pont des Estrets.

Aumont-Aubrac. Au centre du village, une statue de la bête du Gévaudan représentant la ville tenant dans sa patte les armes de la ville.   Lozère

AumontAubrac. Au centre du village, une statue de la bête du Gévaudan représentant la ville tenant dans sa patte les armes de la ville. Il est 13h30. J'ai faim. Normal, je me suis levé de bonne heure ce matin, et je n'ai pas arrêté une seconde de bosser, comme vous avez pu le constater ! Je me fais faire un gros sandwich bien chargé en jambon et en beurre, et je repars illico, bien décidé à le dévorer le plus vite possible, avant que la bête ne me le prenne !

Vue sur le plateau de l'Aubrac, juste avant Malbuzon.   Lozère

Je roule désormais sur la D987, que je vais suivre un moment, jusqu'à Espalion. Vue sur le plateau de l'Aubrac, juste avant Malbuzon. Le village fut à l'origine le « mas de Bozon », traversé par la Route d'Argent, qui a succédé à la voie romaine d'Agrippa.

Quelques kilomètres plus loin, peu après Rieutortet, vue sur la vallée du Bès en direction de Baboyères. Aubrac Lozère

Quelques kilomètres plus loin, peu après Rieutortet, vue sur la vallée du Bès en direction de Baboyères.

Juste un peu plus loin, vue vers le nord. Le Bès, invisible, coule dans le creux, vallée que l'on devine. Aubrac Lozère D987

Juste un peu plus loin, vue vers le nord. Le Bès, invisible, coule dans le creux, vallée que l'on devine.

D 987  Aubrac Lozère

Du même endroit, la pittoresque D987, enchanteresse.

Belle église romane du XIème à Nasbinals, petite ville de l'Aubrac située sur le plateau au pied du col d'Aubrac

Belle église romane du XIème à Nasbinals, petite ville de l'Aubrac située sur le plateau au pied du col d'Aubrac et à deux pas des lacs de l'Aubrac mais qui ne renie pas pour autant son attachement au Gévaudan. Comme j'ai l'estomac dans les talons, je ne m'attarde pas : je reviendrai ici !

Col d'Aubrac D987 Aubrac Lozère

Pas très bien posée, la miss Vanadis, mais pas moyen de faire mieux à cause du dévers. En hiver, ce lieu doit être glacial. La vue est dégagée, ce sont les grands espaces. J'ai trop la dalle, je décide de manger ici mon sandwich. Il est, mine de rien, 14h15....

Col d'Aubrac D987 Aubrac Lozère

Le soleil parvient à peine à me chauffer, et je supporte aisément la tenue de moto.
Mais comme c'est beau ! Un repas mémorable, un souvenir merveilleux.

Aubrac village dômerie tour des Anglais Lozère

Aubrac. le village, la tour des Anglais, la dômerie. Le clou de la visite d'Aubrac, et quasiment son seul intérêt (à part la maison de l'Aubrac et les yourtes mongoles), c'est ce qui lui a donné naissance, c'est-à-dire la dômerie. La dômerie d'Aubrac est une abbaye ancienne, dont quelques bâtiments ont survécu. Elle est située au coeur même du village d'Aubrac. A l'époque gallo-romaine, le tracé de la voie Agrippa reliant Toulouse et Bordeaux à Lyon traversait en leur milieu les monts d'Aubrac. Cette voie de communication, encore en service au Moyen Age, fut utilisée par les premiers pèlerins se rendant à Saint-Jacques de Compostelle en passant par le Puy. La rencontre de ce chemin de Saint-Jacques avec le trajet nord-ouest - sud-est suivi par les pèlerins et croisés de Poitiers à Saint-Gilles port d'embarquement pour Jérusalem fut, dès 1120, à l'origine d'un grand passage de pèlerins. La traversée de l'Aubrac était particulièrement périlleuse en raison des tourmentes de vent ou de neige qui pouvaient surprendre le pèlerin. En 1120, Adalard, seigneur des Flandres et pèlerin faillit ainsi périr en traversant le splateaux de l'Aubrac. La tour de l'église renferme la cloche Maria, dite la « cloche des perdus ». A l'aller, il est attaqué par une horde de brigands détroussant les voyageurs. Et, au retour, il est surpris cette fois-ci, par une tempête de neige. Sorti sain et sauf de cette épreuve, il promis de « bâtir en ces lieux une maison de refuge, pour le voyageur et de chasser de ces montagnes les voleurs qui les infestaient ». La construction du monastère pour venir en aide aux pélerins dans cette contrée sauvage débute vers 1120. L'hôpital et le monastère furent soumis à la règle de Saint-Augustin. Les chevaliers de l'Ordre des Templiers étaient chargés de la protection des pèlerins. En 1353, le monastère se dota d'une tour haute de 30 m destinée à lutter non seulement contre les routiers qui infestaient la région mais aussi pour se protéger des exactions infligées par les Anglais. D'où son nom de Tour des Anglais. La tour de l'église renferme la cloche Maria, dite la « cloche des perdus ». Comme son surnom l'indique, elle avait pour vocation de guider les pèlerins égarés dans la neige ou le brouillard en direction de la Dômerie.

Espalion  Aveyron

Espalion. Aveyron.

Planté dans une campagne fertile, l'adage « Espalion, premier sourire du midi » se comprend surtout pour le pèlerin venu du nord par d'austères chemins. Sur les rives du Lot s'alignent les façades des maisons pittoresques aux balcons de bois en encorbellement. Ce sont d'anciennes tanneries, les « calquières », dont les pierres en degrés, appelées « gandouliers », plongent dans la rivière Lot (Olt en occitan). Sur ces pierres, on pouvait tanner les peaux au niveau de la rivière, différent selon les saisons. Cette rivière est sujette à de fréquentes crues. Curieusement les torrents descendant de l'Aubrac sont appelés « boraldes » en amont d'Espalion et « coussanes » en aval.

Espalion  Aveyron le Pont-Vieux

Le Pont-Vieux, en grès rose à quatre arches, qui date du Moyen Âge, est inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO. Il a été construit vers le XIe siècle par les seigneurs de Calmont. Jalonné dès le XIIe siècle de diverses échoppes, il fut au XVe siècle inclus dans le système de fortifications de la ville et doté de trois tours, puis en 1588 la dernière arche fut remplacée par un pont-levis. Ces fortifications disparurent au XVIIe siècle et le Pont-Vieux fut remplacé en 1846 par le Pont-Neuf. Classé Monument historique en 1888.

Espalion Aveyron

Vue vers le nord-ouest.

Espalion Aveyron

Toujours à Espalion, le musée Joseph Vaylet, installé dans l'ancienne église Saint-Jean-Baptiste, une superbe église gothique de la fin du XVe siècle.

Bozouls Trou de Bozouls Aveyron Dourdou

Bozouls, au sud d'Espalion. En traversant la petite ville, j'aperçois une pancarte avec, comme inscription, le "Trou de Bozouls".
Il ne m'en fallait pas plus pour me détourner de mon chemin, et j'ai vraiment bien fait !

Bozouls Trou de Bozouls Aveyron Dourdou

Vanadis, qu'il valait mieux arrêter ici....

Bozouls Trou de Bozouls Aveyron Dourdou

Approchons-nous avec précaution.

Bozouls Trou de Bozouls Aveyron Dourdou

Le village a été construit autour du méandre d'une petite rivière, le Dourdou. Cette rivière a creusé, dans la roche calcaire, un cirque naturel, en forme de fer à cheval de 400 m de diamètre et de 100 m de profondeur, en haut duquel une partie du village se trouve. Ce site est appelé le Trou de Bozouls.

Bozouls Trou de Bozouls Aveyron Dourdou

C'est très impressionnant, et ce site mériterait quelques heures de pause, histoire de descendre sur les bords de la rivière, au fond du cirque.

Malheureusement, je n'en ai pas le temps, car je suis attendu par Christian et Josette, et il me reste encore plus de 120 km à parcourir avant d'atteindre leur domicile à Graulhet, dans le Tarn. Non pas que ça m'ennuie, bien au contraire ! J'aime tellement la route. Mais je n'ai pas envie d'arriver trop tard, et j'aime rouler "peinard". Je passe Rodez facilement, la voie de contournement étant "chargée", mais facile. Par contre, la traversée d'Albi, plein centre, a vraiment été pénible, malgré la beauté des bâtiments, et notamment de la cathédrale, aperçue depuis le pont sur le Tarn. Mais, perdu au milieu des bus crachant leurs volutes de fumées noires et malodorantes, j'ai très peu apprécié...

Finalement, il est déjà 18 heures lorsque je parviens chez mes hôtes. Accueil fantastique, merveilleuse soirée passée entre amis. Que du bonheur.

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