Highlands - 10ème jour

Lundi 24 Mai 2004 - Jour 10

147 km - 190 photos - 103 sélectionnées pour le site

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Le trajet du jour est en noir et blanc.

Gros changement de temps. Ce matin, il fait plutôt frais, et le plafond nuageux est très bas. En fait, nous sommes presque dans les nuages... Qu'à cela ne tienne, nous sommes en vacances, en Ecosse, et franchement, nous ne donnerions notre place à personne d'autre, même sans le soleil. La journée commence par une vingtaine de km à travers les terres, vers l'ouest cette fois, car je veux pénétrer dans les Highlands par la vallée d'Orchy. Nous arrivons donc à Taynuilt, d'où nous apercevons un petit morceau du loch Etive.

Le loch Etive, en forme de boomerang. Nous sommes ici dans la partie centrale du boomerang. Là, le loch s'étire vers le nord-nord-ouest. Vous voyez bien la masse nuageuse qui se déplace quelques dizaines de mètres au-dessus de nos têtes.

Evidemment, ici, ce ne peut être que vert. Ces masses d'arbres qui viennent pousser jusque sur le bord sont absolument splendides. C'est dommage que le temps soit si gris... Nous ne nous attardons pas. Cette fois, la route bifurque vers le sud-ouest, et suit le cours de la rivière Awe, et donc la vallée d'Awe, le Glen Awe. A chaque fois que vous verrez ce mot "glen", traduisez-le par "vallée". En Ecosse, il y a des centaines de "glen", et il y a aussi des centaines de "loch". Large et à peine perceptible, la vallée est de plus en plus étroite et encaissée, pour finalement arriver au...

loch Awe. Quelle beauté sauvage, et, finalement, ces nuages qui filent sur le versant opposé donnent un aspect lugubre à l'ensemble du tableau, qui n'est vraiment pas pour me déplaire, vous pouvez me croire.

C'est le plus long lac d'eau douce d'Ecosse, avec une surface de 38,5 km2, 35 km d'un bout à l'autre,
et une largeur moyenne d'environ 1 km.

Vue vers l'avant.

Vue vers l'arrière, depuis le petit parking judicieusement situé, pour une fois...

Quelques kilomètres plus loin, nous nous trouvons face à notre premier château écossais...

Le Kilchurn Castle. Un des châteaux actuellement les plus photographiés d'Ecosse. Mais aujourd'hui, ce n'est pas très bon, d'une part parce que le temps n'est pas lumineux du tout -c'est le moins que l'on puisse dire- mais encore parce que le château est en rénovation... Pas de chance, donc.

Là-bas, dans la brume, sur la rive opposée, on distingue vaguement une bâtisse : il s'agit du grand hôtel Awe. Nous arrivons de là-bas, et nous avons contourné le bout du loch Awe pour faire quelques photos du château.

Encore un paysage d'une grande beauté, surtout mystérieuse, et qui sied vraiment bien à l'Ecosse.

Château Kilchurn, encore... construit vers 1450 par Sir Colin Campbell of Glenorchy.

Le voilà, le grand hôtel que nous distinguions avec peine tout-à-l'heure. Une bien belle demeure...

Vue générale vers le nord-ouest, vers les Highlands, les "Hautes Terres" en français. Difficile de s'imaginer qu'il y a des villages tout près, car quand je revois cette photo, j'ai l'impression de me trouver perdu en pleine nature, à des lieues de toute civilisation et trace humaine. Je suis amoureux de ce type de paysage. Et ce n'est que le début !

Je ne peux m'empêcher de vous faire quelques "zooms" pour partager avec vous ce que je ressens.

Ancien tumulus planté d'arbres ? Je ne sais pas, mais c'est tout simplement majestueux ! Un mur l'entoure...

Autre vue du Kilchurn Castle, sur sa petite île.

Bon, c'est bien joli tout ça, mais j'aimerais bien aller dans les Highlands, moi ! Nous reprenons donc l'A85 vers Crianlarich. La route suit le cours de la rivière Lochy. Les nuages s'accrochent sur les flancs de la montagne, mais on dirait qu'ils arrivent lentement à s'envoler... Je souffle un peu pour en accélérer le phénomène et... ça ne marche pas !

En tout cas, il a plu très récemment, si l'on en juge par ces flaques d'eau bordant la route ! Ce "glen" - je rappelle que le "glen" peut se traduire par "vallée" et qu'il est très souvent suivi par le nom de la rivière qui l'a formé - Lorchy est très sauvage.

Nous allons pourant changer très vite de direction de direction et tourner à gauche sur la B8074, vers le nord et les Highlands.

Les Highlands, c'est là-bas... Nous allons suivre maintenant la rivière Orchy, et donc pénétrer dans le Glen Orchy.

Dans cette nature sauvage et presque vierge, on trouve des restes d'une civilisation destructrice - au premier plan...

Non, ce n'est pas le Canada, bien que ce pourrait l'être, n'est-ce-pas ?

Une balade en train par ici doit être très sympa, j'en suis persuadé.

L'Orchy coule assez loin de la route, sur notre gauche. J'aimerais avoir le temps d'aller y tremper mes pieds, et essayer d'y voir nager des saumons et autres espèces de poissons dans ses eaux transparentes.

Bridge of Orchy. Le soleil voudrait-il finir par s'imposer ? En tout cas, il essaye...

Nous rejoignons la A82, qui part vers le nord, puis vers l'ouest.

Vue vers l'arrière, vers le sud, d'où nous venons. Quelle beauté sauvage ! Tout y est, ou presque : la lande, la rivière impétueuse, la forêt, la montagne, les nuages... Respirez cet air frais !

Et vue vers le nord. Ne croyez pas que vous puissiez vous aventurer sans précaution dans cette lande : il y a de l'eau partout, et même beaucoup d'eau. C'est de la tourbe, on enfonce, le sol est mouvant sous un tapis de mousses et d'herbes.

Déjà les hautes montagnes se profilent vers le nord. Il reste encore un peu de neige !

C'est le loch Tulla, d'où sort la rivière Orchy que nous venons de "remonter". Nous y sommes, dans les "Central Highlands", les hautes terres centrales ! Ce loch est entouré de quelques restes de l'ancienne forêt de pins calédoniens.

Vue d'ensemble du loch. On voit à gauche la rivière Orchy qui en sort.

 

Nous arrivons sur le haut plateau, et on en ressent nettement la fraicheur! Pas vrai ?

C'est là, en arrivant dans les Highlands -nous quittons juste l'Argyll and Bute que nous visitons depuis bien des jours maintenant- que j'ai vraiment ressenti l'Ecosse au plus profond de moi. Je ne sais pas pourquoi, mais j'y étais bizarrement préparé, comme si j'y étais déjà venu.

Et pourtant, j'ai reçu un choc en découvrant ce paysage de marais et de lacs et de tourbe déchiré par le vent que rien n'arrête, pas un arbre, pas même un arbuste, rien... Terres vierges d'hommes, terres hautes, terres magiques...

Attention, sol mouvant. C'est très impressionnant !

Nous voici donc dans le Rannoch Moor, qui mérite bien sa réputation. Si, il y a quelques arbres...

Les rides que vous voyez sur l'eau vous font peut-être entendre le souffle du vent glacial.
Ici, au plus profond de l'hiver, ou lors des tempêtes, l'homme n'a pas sa place...

En tout cas, ce vent providentiel chasse les nuages, et la lumière apparaît sur les marais du haut plateau.

Je me tais et vous laisse vous imprégner, ou essayer de vous imprégner, de ce que j'ai pu ressentir !

Et très sincèrement, faites attention où vous mettez les pieds, car je ne sais pas jusqu'où on peut s'enfoncer, mais je préfère ne pas tester. Non, ce n'est pas de la mousse au chocolat noir...

On a l'impression de marcher sur un trompolin, c'est mouvant, c'est vivant, c'est surprenant...

Mieux vaut ne pas quitter le sentier...

Il nous attend sagement ! Là, je vous conseille de stationner sur le bord de la route, et de ne pas chercher à vous approcher de l'herbe traitresse qui la borde. Si une roue touche la tourbe, elle n'en ressort pas !

Cette petite marche et cet air frais ont aiguisé notre appétit, peut-être aussi l'heure : il est en effet déjà 12h45...

Quoi qu'il en soit, nous reprenons la route et quittons le Rannoch Moor aller vers la Glen Coe, vallée mythique !

Pour les alpinistes, il y a de quoi s'occuper.
Ces montagnes ne sont pas très élevées -elles culminent entre 1000 et 1100 mètres- mais sont sûrement terribles à escalader.

Toujours dans la traversée du Rannoch Moor.

Quel merveilleux tableau, là encore. Ici, la rivière Etive qui descend sud-sud-ouest vers le loch de même nom.

Si vous passez ici, allez vous promener le long de cette rivière, prenez le temps que nous n'avons pas pris...

Vue arrière vers cet oasis, Kings House Hotel à Ballachulish, d'où je viens de prendre les photos précédentes.

Là-bas, derrière cette masse impressionnante -les trois soeurs- se profile la fameuse Glen Coe.

Cette vallée est réputée par sa beauté, mais aussi par un tragique événement historique qui fit beaucoup de bruit. Le 13 février 1692, à 5 heures du matin, des troupes anglaises tuèrent 38 personnes du clan Mac Donald, d'autres moururent dans les montagnes en s'échappant; certains disent que ce sont ceux du clan Campbell qui se vengèrent de massacres qui duraient depuis deux siècles entre les deux camps.... Mais ce que l'histoire retient, c'est que le gouvernement n'a pas respecté l'honneur de l'hospitalité offerte par les Mac Donalds aux troupes gouvernementales !

Une petit "grimpette" pour vieux voir ce petit défilé bloquant l'entrée dans la Glen Coe.

La Coe qui s'enfonce dans la roche.

La rivière Coe, très encaissée, dans ce mini-canyon. C'est splendide !

Les trois soeurs de Glencoe, encore.

Après avoir passé le verrou qui en fermait l'accès, la vallée s'élarqit.

Oh le merveilleux chemin de randonnée.

Vue vers le verrou, là-bas, que vous venons de passer.

C'est dans ce cadre grandiose que nous décidons de manger. La vue de la fenêtre est merveilleuse !

Le cours de la rivière Coe s'est assagi, en même temps que la vallée s'élargit.

Il est déjà 14h30 lorsque nous repartons ! Et en plus, on ne traîne pas !

Et voici le "Glencoe Visitor Center". La photo précédente et la suivante sont prises depuis ce petit musée.

Nous passons Glencoe et arrivons à Ballachulish, dans la partie la plus large du loch Leven, et peu avant son embouchure dans le loch Loch Linnhe, dans lequel il se jette.

Il y a toujours un banc pour nous inviter à la méditation...

Mais nous n'avons pas le temps de nous asseoir ! Quelle misère, toujours bosser, encore et encore....

Là-bas, au loin, on aperçoit le pont de North Ballachulish, qui permet de franchir le loch Leven sans aucun problème et passer sur la rive conduisant directement à Fort William, but de notre journée. Mais nous décidons de longer le loch Leven.

Sur la rive conduisant à Kinlochleven, la route s'élève et nous offre un spectacle éblouissant sur le loch Leven.
Par contre, il fait froid, à cause de ce vent assez fort dont vous voyez les effets à la surface de l'eau.

Là, chers lecteurs et lectrices, je reste sans voix. Encore un superbe spectacle !

Les eaux sombres du loch rendent le lieu, en plus d'être très beau, un tantinet lugubre, ce qui n'est pas pour me déplaire !

C'est l'Ecosse, et vous savez, toutes les histoires du loch Ness et de son mystérieux habitant...

Pour une fois, vous avez la totale: le camping-car, la route et le paysage. On aperçoit même les maisons de Kinlochleven.

Zoom maxi vers l'avant, vers l'est, vers Kinlochleven...

Et regards vers l'arrière...

Vue vers l'arrière. Ce loch est assez étroit. Il fait environ 14 km de long, et sa largeur se restreint à un endroit à moins de 100 mètres, pour 1,5 km au maximum. Il débouche dans le Loch Linnhe par un goulet de 150 m de large et 1 km de long, qu'un pont traverse -vu précédemment. C'est ainsi que le tour du loch, qui fait bien une trentaine de km, peut être transformé par 150 m de route si l'on prend le pont. Mais nous avions envie de faire ce tour... Et ça valait vraiment le détour, n'est-ce-pas?

Arrivés à Kinlochleven, nous décidons de faire une petite promenade vers une belle cascade. Emportés par notre élan, la cascade étant pratiquement atteinte au bout de 10 minutes, et un autre sentier montant à travers bois au-dessus de la chute d'eau, nous décidons d'y aller.

Sous-bois et ruisseau.

Vue en contre-jour vers le loch Leven.

Et voilà : au-dessus de la cascade, nous retrouvons le petit torrent.

La grimpette me donne tellement chaud que j'ai presque envie de me baigner... Nous atteignons en tout cas les sommets, et la vue, lorsque les arbres nous le permettent, est grandiose, comme toujours en Ecosse.

On voit bien ici l'étroitesse du loch Leven. En face, la route sur laquelle nous roulions tout-à-l'heure.

On tombe sur une petite route qui va bien nous conduire quelque part... En fait, elle nous conduit dans le mauvais sens, le camping-car étant plutôt en bas à gauche. On finit par trouver un chemin qui va dans la bonne direction...

Arrivée en bas, à Kinlochleven. Il s'agit maintenant de retrouver le camping-car...

Nous étions là-haut, sur l'alpage.

L'église St Paul's de Kinlochleven. Le camping-car est tout près...

 

En quittant Kinlochleven, un cycliste allemand nous arrête et nous demande de l'emmener à Fort Williams. Nous en sommes à 35 km, et c'est justement là-bas que nous allons. Sa roue arrière est crevée, et il est évident qu'il ne peut continuer ainsi.

Nous montons le vélo et le cycliste dans la "salle à manger" du véhicule.

La route longe les rives du Loch Leven, en face d'où nous étions précédemment. Cette fois, nous roulons au bord du lac et non plus en hauteur, et nous n'avons pas de si jolies vues. Puis nous passons North Ballachulish où se trouve le pont traversant le loch Leven. Nous arrivons ainsi sur les bords du Loch Linnhe, mais nous ne nous arrêtons pas pour prendre des photos, l'invité oblige... C'est dommage, et je le regrette.

En fait, il se trouve que notre cycliste "loge" lui aussi dans un camping-car installé sur un parking de Fort William, où nous arrivons vers 19h30. Nous décidons de nous installer ici pour la nuit.

Le parking contient des dizaines de places, et il est entièrement vide !

 

La distance parcourue aujourd'hui est faible, mais la journée a été splendide à tout point de vue. En effet, nous avons d'abord bénéficié, une fois de plus, d'une journée sans pluie, et c'est fort appréciable. Qui a dit qu'il pleuvait tout le temps en Ecosse?

De plus, le ciel était tout de même bien nuageux, et j'adore ça, car les photos sont toujours plus contrastées avec les nuages.

Enfin, aujourd'hui aura été la journée marquant notre véritable entrée en Ecosse, je veux dire dans les Highlands. Et je vous assure que, pour ma part, je n'ai pas été déçu : le Rannoch Moor restera à jamais gravé dans ma mémoire !

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