Pays Basque Espagnol - 4ème jour

Samedi 18 Septembre 2004 - Jour n° 04

 

La côte découpée du Guipuzcoa, vers la France, dans le brouillard du matin. Il est 9h30.

 

C'est reparti pour une nouvelle journée qui s'annonce une fois de plus merveilleuse. Vous avez vu comme la nature est belle? J'ai pris la photo depuis l'entrée du terrain de camping, dans lequel j'ai, ma foi, très bien dormi.

Les photos qui suivent ont toutes été prises sur quelques km, sur les hauteurs de l'Anduz, en descendant vers Deva.

 

 

Cette photo aurait tout aussi bien pu être prise près de Biarritz. Je suis pourtant bien en Espagne, mais au pays basque.

En fait, la partie du pays basque espagnol bordant la côte de l'Océan Atlantique est composée de deux provinces: le Guipuzcoa (capitale San Sebastian, que vous avez vue hier) et la Biscaye (capitale Bilbao). Une quinzaine de km seulement nous sépare de la Biscaye, que je vais traverser entièrement aujourd'hui; ces premières photos de la journée sont donc les dernières concernant cette belle province du Guipuzcoa.

 

Vue vers la France, vers l'Est (d'où le contre-jour du matin): la brume commence à se lever.

Deva, joli petit port et station balnéaire à l'embouchure du rio Deva. Ces petites villes sont pratiquement toutes bâties face à une superbe baie-plage de sable fin, près de l'embouchure d'une rivière, entre deux montagnes.
Après Deva, je quitte la N634 et prends la 638 (GI638 dans le Guipuzcoa et BI638 en Biscaye), qui longe la corniche au-dessus d'un rivage extrêmement découpé, au milieu de forêts de toutes sortes d'essences, mais essentiellement d'eucalyptus et de châtaigneraies qui descendent jusqu'à la mer.

Motrico - Mutriku - encore une belle petite ville, la dernière avant le changement de province.

Entrée en Biscaye, à Ondarroa. Encore un magnifique petit port de pêche; on distingue les bâteaux au-delà de la plage.
Ondarroa. Samedi matin, 10 heures. Une seule personne sur cette plage de rêve.

Ondarroa toujours. Etablie sur l'estuaire de la rivière Artibay, la ville s'étend le long d'un canal que traversent plusieurs ponts. Les panneaux indicateurs ne sont pas très clairs, ma carte n'est pas assez précise: je vais suivre le canal et me tromper de route!

Je me dirige vers l'intérieur des terres, et m'en aperçois au bout de 5 km, à l'arrivée dans le village agricole de Berriatua: photo ci-dessous, maisons et lavoir, pittoresque. Et demi-tour, vers la mer.

 

Je me retrouve à Ondarroa. Vous reconnaissez la plage au fond; on voit mieux les gros bateaux de pêche.

Regardez bien ce pont blanc à l'embouchure de la rivière: il évoque un squelette de baleine, souvenir de la pêche traditionnelle de la région. Je le trouve très réaliste.

 

Côte de Biscaye, vers l'Ouest.
La montagne est recouverte d'eucalyptus. Franchement, ces arbres sont magnifiques. Et quel parfum, sur le scooter!

 

Enfermé dans la forêt, je ne vais plus voir la mer pendant quelques km, ce qui fait plaisir à ma monture, qui commence franchement à en avoir raz-le-bol de s'arrêter toutes les 2 minutes pour prendre une photo. C'est vrai que ce doit être pénible pour lui, mais c'est plus fort que moi, c'est mon côté catalogue-bibliothèque: amasser un maximum de documents, ça pourra servir plus tard. Eh bien voilà, objectif atteint: vous héritez des documents! Super, non?

Lekeitio. Encore un bijou naturel: baie, plages de sable fin, îlot protecteur, des monts de chaque côté. Plein les yeux!
L'îlot Saint-Nicolas. Au premier plan, les eucalyptus, ainsi que sur l'îlot. Au loin, Lequeitio et le mont Calvario.
La jolie plage de Karraspio. Les baigneurs sont là, cette fois.
L'îlot Saint-Nicolas. On pourrait aussi bien se croire sur une île du Pacifique... Je reste admiratif!

 

C'est tellement beau que je n'avance pas! Ma moyenne est déplorable. Je viens de faire 40 km en 2 heures. A cette vitesse, il va vite falloir que je demande 4 semaines de congés supplémentaires... Et encore, je me presse.

Le bord de mer est tellement escarpé que la route s'en éloigne quelque peu. A 16 km au Nord-Ouest de Lequeitio par la BI 2238, je prends une route qui se termine en cul-de-sac au petit port de Elantxobe. Ce minuscule abri pour bateaux, implanté depuis le Moyen-Âge, est littéralement encastré dans le roc, et presque inaccessible. Les ruelles du village sont en fait des escaliers, tant la pente est forte! Admirez les photos qui suivent et découvrez-le comme moi: d'abord la route en corniche qui y conduit, puis ce qu'on y voit.

 

 

Elantxobe. Alors, ce port, impressionnant, non?

Il est midi passé, et je commence à avoir une petite faim. Cependant, je décide de contourner d'abord la réserve de la biosphère d'Urdaibai, 220 km2, qui regroupe les deux versants de la ria de Gernika. Cet estuaire est une vaste zone humide, la plus importante du pays basque, et sert de relais aux oiseaux migrateurs en route vers l'Afrique. Zone marécageuse avec alternance d'eau salée et d'eau douce, bancs de sable, prairies, torrents, forêts de résineux et de chênes verts, l'équilibre est fragile.
La ville de Gernika, bombardée par les allemands alliés de Franco le 26 avril 1937, a inspiré Picasso dans la création de son très célèbre et immense tableau; j'avais envie d'aller voir. Cependant, je trouve les faubourgs si peu avenants que je prends aussitôt la décision de remonter la ria vers son embouchure.

 

Busturia, à quelques km de l'estuaire. Plage immense, petits snacks, ambiance familiale. Je mange ici.
Merveilleux souvenir. Un seul regret: que ce soit marée basse.

 

La splendide ria Gernica, peu avant de se jeter dans l'océan atlantique.

 

Au fond, le puissant cap Ogoño, le point culminant de la côte.
C'est derrière ce cap que se trouve Elantxobe, le petit port vu plus haut. On distingue l'estuaire de Gernica.

Bermeo fut un temps le premier port de pêche d'Espagne.

9 km plus loin, j'aperçois l'extraordinaire ermitage de San Juan de Gastelugache, occupé par les moines templiers.

La descente en sccoter est époustouflante, tellement elle est raide. De plus, pour ne pas déroger à mes habitudes, j'ai arrêté ma monture je ne sais combien de fois pour prendre des clichés, et c'était à chaque fois une galère, à cause de la forte pente. Je m'explique.
Le scooter est entrainé vers le bas - à cause de son poids: attraction terrestre, jusque là très normal - et je dois donc freiner d'une main pour qu'il reste arrêté. Oui, d'accord, mais comment faire maintenant pour sortir l'appareil photo, faire les réglages, relever le casque qui gêne, tenir l'appareil des 2 mains.... Vous avez compris! Il me manque un frein à main, eh oui. Pour la montagne.

Quand je pense qu'il y en a qui croient que c'est de tout repos, et que je m'amuse.

 

 

Vue de la côte vers l'Est, vers Bermeo, que je viens de passer.

 

Vue de la côte vers l'Ouest. Voilà un magnifique bord de mer très découpé.

 

 

J'ai aimé les stries de la roche, l'arche naturelle, la couleur de l'eau. J'ai tout aimé.

 

On distingue le parking où j'ai emmené le petit. Franchement, la grimpette, pour revenir, elle était raide, très raide.
Mais elle ne m'a pas fatigué; non, cool, très très cool.

Baquio ou Bakio. Je suis littéralement bouche-bée, scotché devant cette plage paradisiaque. On se croirait au Brésil.

 

 

Vue vers l'Est, d'où je viens. Au fond à gauche, l'ermitage de San Juan de Gaztelugatche.

 

Une demi-heure que j'ai quitté Bakio, et je marque une nouvelle pause sur une petite aire de pique-nique. Le littoral est tellement escarpé que la route s'en éloigne largement. La moyenne s'en ressent, mais peu importe: je me sens parfaitement bien, dans la traversée de cette belle forêt d'eucalyptus. Un regard vers l'Est, et je suis surpris de voir encore l'ermitage de San Juan dans la brume, et de distinguer l'échancrure de la baie de Baquio.
Avez-vous remarqué ce petit tas de gentils nuages? Non, hein, on n'y prête pas attention!
Je me souviens de cet endroit comme s'il s'agissait d'hier. La chaleur était extrêmement lourde, orageuse.
Un peu d'eau ne ferait sûrement pas de mal.

 

Quelques km plus loin seulement. Une plage de cailloux, un cactus, la montagne d'eucalyptus. Ou suis-je donc?

Gorliz et sa belle plage. Les habitants de Bilbao (21 km) viennent souvent ici se baigner le week-end.

 

De l'autre côté de la baie, Plentzia, couverte de constructions neuves. Au fond, Gorliz et sa jetée.

 

Je me trouve donc à une vingtaine de km de Bilbao, et il est 16 heures passées. Soit je reste dans le coin, qui me plait beaucoup moins depuis quelques km, soit je passe Bilbao au plus vite, et je vais retrouver la nature. C'est la solution que je choisis, vous l'aurez deviné. Donc plus de photos le temps de traverser la capitale de la province.

 

Plage de Las Areñas. Je suis maintenant de l'autre côté de la baie de Bilbao, qui se trouve derrière cette montagne.

Je suis "descendu" voir cette plage: elle côtoie de grandes installations pétrolifères (je crois), grands espaces bordés d'immenses réseaux de "barbelés" qui me font beaucoup plus penser à une prison qu'à des vacances.
Une fois arrivé à Las Areñas, j'ai découvert un très grand centre touristique, en pleine effervescence, en plein essor, hyper moderne, où l'on est agressé d'affiches publicitaires et de commerces en tout genre. La seule chose qu'il est difficile d'atteindre est la plage! C'est sûr, il y a du monde; c'est sûr, cette plage est belle; mais c'est sûr aussi, ce n'est pas ce que je recherche. Ici se trouve la foule que les créateurs d'espaces nouveaux ont attirée, canalisée.

Je me sauve en courant. Ce qui ne m'empêche pas de jeter un coup d'oeil en arrière. La photo n'est pas très belle, car le temps est devenu très couvert, et je me retrouve presque dans la brume. Il n'y a plus de soleil, plus de lumière, tout est devenu soudainement très triste.

 

Je quitte définitivement le Pays Basque en quittant sa dernière province, la Biscaye.
Je pénètre ce soir dans la province de Cantabrie.

Castro-Urdiales, très jolie et très vieille cité cantabrique entourée de montagnes; la plage.
Je prends la photo à partir d'une très belle promenade au milieu de superbes jardins surplombant la ville et le port.
C'est la plus ancienne ville de la côte Cantabrique; les romains y habitaient déjà! Un miraculeux petit rayon de soleil me permet de faire cette image assez pâle, mais qui a tout de même le mérite de me rappeler ce beau site.

J'avais beaucoup lu sur cette ville dans les guides; je regrette de ne faire que l'effleurer. On voit ici l'imposante église gothique Nuestra Señora de la Anunciacion, et plus à droite, le château des templiers aménagé en phare.

A peine 10 km après Castro-Urdiales se trouve Islares. C'est là que je construis ma maison ce soir.

Ce camping sera pour moi le plus mauvais de mon voyage, et paradoxalement presque le plus cher. L'accueil y est totalement minable, la patronne (ou employée?) est tout sauf sympathique, son mari vient m'effectuer le branchement de fort mauvaise grâce, bref, "des gros nuls".

Et pour clôre le tout, il y a eu un remue-ménage énorme jusque très très tard dans la nuit, avec des montages de tente, des manoeuvres de véhicules, des cris de gamins, bref, la totale. J'ai été réveillé par mes voisins d'en face qui refaisaient leur toît: il pleuvait assez fort, et ils ont dû être surpris dans leur sommeil par des gouttes d'eau qui leur tombaient sur la tête. Il était 2 heures du matin, ça ne les empêchait pas de parler très fort, comme en plein jour.

La photo a été prise non pas le soir au coucher, mais le lendemain matin au lever! J'avais mis une de mes bâches sur le scoot pour le protéger un peu, le pauvre! Mais non, je crois que c'était surtout pour moi, pour pouvoir poser mes fesses au sec.

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