La Cantabrie - 5ème jour

Dimanche 19 Septembre 2004 - Jour n° 05

Ensenada (anse) de Oriñon; en face, Sonabia et la punta de Sonabia. Je viens juste de quitter le camping et Islares.

La pluie commence à tomber pratiquement en même temps que je démarre.

Nocina. La route s'écarte de la côte pour contourner Oriñon. Regardez bien cette photo: ça vous fait penser à quoi?
Pour ma part, à un paysage d'Amérique du Sud: l'herbe de pampa, le marais, les eucalyptus, les nuages et la pluie dans la montagne. Malgré le temps pourri, je ne peux m'empêcher d'admirer ce site. Et la photo le restitue très justement!
La N634. Le paysage d'Amérique du Sud est dans mon dos. Les personnes que l'on distingue un peu plus haut sur la route sont les premiers pèlerins de Compostelle que je rencontre. Il y en aura beaucoup d'autres!
Est-ce que le Piaggio est content d'avoir de la pluie? Je lui ai demandé, et il m'a bien fait comprendre que ça lui était complètement égal, pourvu qu'il roule. Il ne va pas être déçu!

 

Je l'ai trouvée jolie; il y avait des moutons sur la pelouse. Peut-être à cause des moutons justement, ou de la pluie, ou de l'herbe, ou de l'ensemble, en tout cas, ça m'a fait penser à l'Angleterre.
Bon, ça fait une heure que je roule sous la pluie. J'ai déjà parcouru 65 km. J'ai coupé tout droit depuis mon départ, car j'ai jugé inutile de suivre la côte par ce temps de chien.

 

Pas facile de regarder la carte, le papier se mélangeant bien avec l'eau, surtout que je n'ai pas prévu de protection! Enfin, le ciel semble se dégager, j'ai envie de me payer un extra: la côte Peña Cabarga, à 569 mètres d'altitude, sur laquelle se trouve un relais de télévision. Et c'est parti. Le scooter piaffe d'impatience!

En montant vers la Peña Cabarga.
La route est impressionnante, jusqu'à 16% de pente! Le scooter ne semble aucunement gêné.

 

Ce temps va me faire perdre des tas de photos, mais j'arrive à en prendre encore quelques unes.

 

Des eucalyptus au premier plan. J'adore ces arbres.
Arrivé au sommet, je serai accueilli par un terrible crachin breton-anglais, qui me trempera en quelques minutes.

Descendu trempé, je décide de filer directement à Santander, sans passer par la case départ, et... (je vous la fais?) ...

sans toucher les 20.000...

Santander. Et il pleut toujours, une petite pluie fine et bien mouillante!

 

 

 

Plage de la Magdalena, située près de la péninsule de la Magdalena.

Il est midi passé. Comme il pleut toujours, je décide de filer directement à Santillana del Mar, (qui ne porte de la mer que le nom, car elle n'y est pas, à la mer), peut-être y fera-t-il plus beau?
C'est la ville qu'aucun touriste ne peut louper, car elle est décrite dans tous les guides.

L'organisation est à la hauteur de la renommée. Tout a été prévu, à commencer par la canalisation de la circulation, et les parkings. Même pour le scooter, il a fallu que je paye!
Il y a du monde malgré le mauvais temps, mais c'est normal, car c'est aujourd'hui dimanche, comme dit la chanson. Franchement, je trouve que les gens du coin n'ont pas de bol, car ils ont de la pluie leur jour de repos.
Et c'est vrai que c'est beau. C'est une ville médiévale, très bien conservée.

 

De très vieilles portes, des blasons vieux de plusieurs siècles, les rues pavées. J'adore!

 

Il ne pleut pas fort, mais assez pour me priver de splendides clichés.
En effet, la bruine sur l'appareil photo, ce n'est pas top, et je fais attention.

 

Il est 14 heures, et la plupart des visiteurs se sont payé le restaurant et sont donc encore en train de manger.

 

Je voulais voir, j'ai vu, et maintenant je m'en vais voir ailleurs, surtout pour essayer de trouver le soleil.

 

 

Je viens de pénétrer dans la réserve naturelle de l'Oyambre. C'est en roulant que mon regard est attiré par cette église et le joli cadre de verdure tout autour. Je n'arrive pas, même avec l'aide des cartes, à déterminer s'il s'agit de Liandres ou de La Iglesia (mon choix irait bien vers ce dernier, vu son nom!). Si quelqu'un sait, merci de me le confirmer.

Quelques km plus loin, c'est l'arrivée à Comillas qui coïncide avec le retour sur la côte. La pluie a enfin cessé. Cette charmante station balnéaire est entourée de belles plages de sable. Ayant servi de résidence d'été au roi Alphonse XII (1874-1885), elle conserve de nombreuses maisons seigneuriales, ainsi qu'un palais. On distingue au loin, sur un promontoire, l'université pontificale.
Vous le voyez comme moi: il n'y a pas grand monde sur les plages.

 

Les falaises du bord de mer, autour de Comillas.

La route est maintenant en très mauvais état, l'asphalte ayant carrément disparu par endroits. Je roule doucement, car j'angoisse toujours à l'idée de percer un pneu avec le poids que je trimballe.
J'ai sincèrement adoré, en Espagne, le nombre de rias se jetant dans la mer; on a alors de magnifiques bancs de sable qui se découvrent à marée basse, comme ici, et qui donnent une envie folle d'aller marcher.
Parc naturel d'Oyambre. Un marais étonnant, avec plein d'arbres morts, dans le méandre de la rivière.
Je m'attends presque à voir surgir un crocodile. Ce marais est très surprenant, avec tous ces arbres morts.
On voit très nettement les eucalyptus à l'arrière.

 

Un bosquet d'eucalyptus. Au loin, la chaine montagneuse: ce sont les pics d'Europe, los Picos de Europa.

 

En pente douce vers l'océan.
Encore une photo que j'adore. La route que je suivais se trouve en contrebas; j'avais repéré ces deux immenses arbres justement en roulant, et j'ai obligé le Piaggio - qui ne voulait pas - à faire demi-tour. Il ne pleut plus, et j'ai grande envie de faire des photos. Les photos précédentes ont été prises du sommet de cette butte, à gauche.

J'en prends encore pleins les mirettes. J'arrive à San Vicente de la Barquera, située au bord de l'estuaire du rio Escudo. Cette ville, où Charles Quint débarqua lors de son premier voyage en Espagne, est de toute beauté. Juste quelques lignes dans les guides, je pense qu'elle mérite beaucoup plus. Regardez vous mêmes.

Extraordinaire pont de la Renaissance à 28 arches. On distingue la cathédrale.

Ah oui, comme c'est marée basse, il n'y a presque pas d'eau! Ce doit être parfait lorsque le rio est plein. Dommage.

Et cette double rangée de cocotiers, vous ne trouvez pas que ça donne une atmosphère de fête?
La cathédrale se voit bien maintenant.

 

J'ai pris mes photos à partir du pont: c'est le privilège de ceux qui voyagent en deux-roues, pour le stationnement!

 

Sans commentaire. On dirait un tableau - eh bien, je confirme, c'est un tableau naturel. Il n'y a rien à ajouter!

 

L'église Nuestra Señora de los Angeles, construite du XIIIè au XVIè s., a presque un aspect militaire.

Regardez la sculpture d'un grand voilier au fronton de l'immeuble.

 

Je récupère la N634 à la sortie de San Vicente de la Barqueira (j'adore ce nom). Le goudron n'est pas terrible, mais la route a un charme indéniable, serpentant dans les collines, et m'offrant ces superbes échappées sur les Pics d'Europe.

 

Quelques km plus loin, à Hunquera - ou Unquera, je vais bifurquer sur la N621, direction le Sud-Ouest, vers los Picos de Europa, où je veux passer ma journée de demain. La route et le paysage sont splendides. Je prends mon pied avec le scooter dans les grandes courbes, car la voie est large et belle: on s'amuse bien, après cette journée de flotte!

Je roule donc jusqu'à Panes, tout simplement parce que ma carte y indique un terrain de camping, et plusieurs panneaux vus en route me le confirment. Malheureusement, c'est la désillusion: il n'y a aucun terrain de camping à Panes; je suis allé questionner dans le bistrot, et les personnes présentes me le confirment. Je suis obligé de prendre la décision de retourner d'où je viens, et de chercher un terrain près de la mer, où je serai beaucoup plus sûr d'en trouver; en effet, si je poursuis sur la N621, je fonce dans la montagne, et alors là, vu l'heure tardive, ça craint un peu. C'est reparti pour refaire les 12 bornes que je viens d'avaler - oh pardon, que le Piaggio vient d'avaler.

Je ne peux m'empêcher de m'arrêter pour saisir ce tableau; c'est à El Mazo, près de Panes.
Ci-dessous, du même endroit, mais en zoom maxi, sur la jolie maison à 11 heures.

De retour à Unquera, je vois à nouveau des pancartes indiquant un terrain de camping à Pecha. La route longe l'estuaire du Rio Deva, qui est superbe. En effet, cette fois c'est la marée haute, et j'assiste au très fort courant qui remonte la rivière: c'est splendide!

Franchement, se baigner ici à marée montante ou descendante doit être très dangereux vu la force du courant. La route serpente avec force virages dans une splendide forêt d'eucalyptus. Plaisir de conduite intense.

J'arrive au terrain de camping: il est comme je les aime, perdu dans la nature. Mais... c'est fermé. Décidément, ce soir, c'est pas facile. Je dois, une fois encore, faire demi-tour. Il est presque 17 heures, il ne faut pas que je tarde de trop.

Celà ne va pas m'empêcher de faire quelques clic-clac supplémentaires; avouez que ça valait le coup!

On aperçoit Unquera en bas; la rivière coule sur ma droite, tout en bas. On ne la voit pas, mais vous l'entendez.
Un peu plus loin, la vallée s'élargit, la marée reprend ses droits sur les berges. Unquera et los Picos de Europa.

17h30. Je viens de trouver mon terrain de camping, près de La Franca, en retrait de la N634, pas loin de la mer, sur les hauteurs. Et tenez-vous bien: je suis le seul client. C'est fantastique. Je suis reçu par un jeune, super sympa. Franchement, entre celui d'hier et celui-ci, il n'y a pas photo! Douche chaude à volonté, le bonheur!
La journée a été très humide. Aussi, je profite de l'air à peu près sec de cette fin de journée pour procéder aux opérations de séchage. Vous pouvez voir le pantalon de pluie sur la toile, le tapis de sol, le blouson. Ce soir, c'est la "teuf" comme disent les jeunes. Je vais vous dire pourquoi. Demain, je vais faire une visite en boucle, et je reviendrai dormir ici demain soir. Par conséquent, demain matin, il n'y aura pas de pliage de tente, et demain soir pas de remontage. HEU-REUX, c'est vraiment le mot.

Vue générale du site. J'ai ma petite borne électrique. C'est la campagne, ici.
Vous voyez la forêt d'eucalyptus derrière le champ, et les pics d'Europe derrière.


Ce soir, à Unquera (vous vous souvenez, la ville que j'ai traversée par trois fois), j'ai quitté la province de Cantabrie pour pénétrer dans celle des Asturies, mais pas pour longtemps. En effet, les pics d'Europe se trouvent "à cheval" sur trois provinces (Cantabrie, Asturies et Castille-Leon).

 

Aujourd'hui, j'ai quand même parcouru, mine de rien, 195 km. Il est vrai que je me suis "payé" le luxe d'une belle rallonge d'environ 30 km ce soir. Et le pire, c'est que demain matin, je retourne à Unquera et à Panes, je n'ai pas le choix, et je reviendrai aussi par là; ben oui, je vous ai dit une boucle, non?



Quant aux photos, malgré le temps pourri, j'en ai pris quand même 113.


Depuis le 06/06/2005 Visites:905139 Aujourd'hui :85 Maintenant:9 (Passage du cap des 50.000 visiteurs le 09/01/2009)