Les Asturies - 6ème jour

Mardi 21 Septembre 2004 - Jour n° 07

 

Je quitte le camping vers 9h45. J'ai perdu pas mal de temps à attendre le patron, que la gardienne ne tenait pas trop à réveiller. Cependant, il fallait bien me faire payer, et tout le monde m'avait oublié! Il arrivera finalement, visiblement très fatigué (la dame me disait pendant que je l'attendais: "vous savez, il est jeune, il faut bien s'amuser..."). Je lui pardonne, car il est vraiment très sympa. En plus, il me fait payer 20 euros les 2 nuits, ce qui est vraiment très bon marché!
Quelques minutes plus tard, je retrouve la N634 laissée avant-hier soir. Le temps est très humide, le plafond nuageux très bas, et la visibilité pas très bonne sur la côte formée de hautes falaises. Peu après avoir pris cette photo, je passe à côté d'un barrage policier impressionnant: plusieurs voitures, des hommes armés et habillés de gilets pare-balles, des voitures stationnées sur le bord de la route, coffre ouvert. Ils arrêtent tout le monde, sauf moi. Ouf, car je n'avais vraiment pas envie de déballer toutes mes affaires sur l'herbe trempée!

La route s'écarte ensuite du bord de mer. La voici vers 10h15, près d'Andrin, longeant les Picos de Europa. Malgré ce temps mi-figue mi-raisin, je ne suis pas du tout inquiet; je suis persuadé qu'il va faire beau. En tout cas, j'adore rouler ici, devant ce paysage grandiose. C'est au même endroit que je photographie la belle borne ci-dessous.
C'est une borne indiquant que je suis bien sur un des chemins conduisant à Saint-Jacques de Compostelle. Le symbole est bien entendu la coquille Saint Jacques.

Je quitte ensuite la N634 pour aller vers la côte. J'arrive à Llanes vers 10h30. Je suis de suite conquis par les maisons multicolores que je découvre sur le port, avec leurs balcons de bois. Ce sera ainsi sur toute la façade atlantique; je ne comprends pas pourquoi, dans notre pays, on nous bride à ce point sur nos permis de construire. En effet, lorsque toutes les maisons sont semblables, c'est triste!
On aperçoit les pics d'Europe dans les nuages; dommage pour le spectacle perdu. La plage de Llanes ci-dessous.
Ma carte n'est vraiment pas détaillée, et il y a plusieurs petits villages même pas inscrits. Je passe par Poo (joli nom, mais pas très espagnol, me semble-t-il), puis Celorio, et je me retrouve sur une route minuscule, sans plus aucune indication. C'est ainsi que j'arrive vraiment par hasard à Barro.

 

Superbe petite plage de Barro. Il n'y a pas un chat, mais il y a une femme.
Je trouve que cette plage a un charme fou; derrière moi, directement sur le sable, se trouve l'hôtel. C'est bizarre, mais j'ai comme l'impression de me trouver au début du siècle dernier, et ce n'est pas une remarque péjorative, bien au contraire. Il n'y a pas d'immeuble, pas de grand complexe touristique. A mon avis, ça va changer bientôt!
Je reprends la direction de l'Est, ce qui me conduit directement dans les bras du village de Niembro.

Eglise et cimetière de Niembro, un des plus beaux des Asturies. La plage La Entrada commence aussitôt à droite, (voyez la photo) ci-dessous avec le village de Niembro.
Mettez les 2 photos ci-dessus mentalement l'une à côté de l'autre, c'est ce que je vois! Superbe, non?
Le rio Calabres se jette un peu plus loin en mer dans la ria de Barro.
Je viens de contourner le fameux cimetière, et de passer la petite colline. Passer n'est pas le bon terme: en fait, les rues du village sont en pente énorme, et très étroites, et même avec le scooter, c'était "chaud"... Une grosse grimpette.
La vue vers l'Est (d'où je viens) porte loin. La première pointe, c'est la Punta Boriza. On voit nettement les avancées des falaises, correspondant aux villages: Niembro, Barro, Celorio, Poo puis Llanes. Sur la droite, vous voyez la chaîne des Picos de Europa.
Ci-dessus, la même photo, mais zoomée sur une portion du village de Niembro.
Et cette fois, vers l'Ouest, là ou je vais. Superbe plage "nudiste" de Torimbia. Les plages espagnoles que je découvre tout le long de cette côte sont toutes plus belles les unes que les autres.

Après cette petite pause, je reprends la route, via Niembro, pour contourner la falaise suivante. Et je tombe devant les ruines du monastère de San Antolin de Belon.
Couvent bénédictin du XIème siècle (ici et ). Le temps me manque pour y pénétrer, certainement pas l'envie! Tout a l'air en ruines. Admirez encore une forêt d'eucalyptus à l'arrière. Le couvent est construit le long du rio Bedon, qui forme un bel estuaire et deux splendides plages en se jetant dans la mer juste derrière cette colline. Jugez plutôt!
La punta de la Dehesa; au premier plan, le rio Bedon et les sables formant son embouchure. Derrière, vous reconnaissez peut-être la fameuse forêt d'eucalyptus dont je vous ai parlé: remarquez qu'il n'y a pas d'arbre côté océan. Je pense que ça doit vraiment brasser beaucoup ici, par gros temps. Au fond, la punta Pistaña, au bout d'une plage magnifique. Ce que vous voyez là, c'est la vue vers l'Ouest. Ci-dessous, vers l'Est, où je poursuis ma route.
La plage de San Antolin. Vous voyez l'arche naturelle, sous la pointe qui tombe en mer. Je l'ai vue se remplir entièrement en une énorme gerbe d'éclaboussures; il y a même un autre trou à peine visible au-dessus de cette caverne, par où les vagues ressortent également en bouillonnant. Très beau spectacle en ce jour peu venteux: ce doit être époustouflant sous la tempête. Les 2 photos montrent la même plage, de chaque côté de l'estuaire du Bedon.
Mon superbe trotteur, sans lequel tout ceci n'eût point été possible. Il pose juste à côté de la plage de San Antolin.

 

Aucune route ne longe la côte, beaucoup trop escarpée. Par conséquent, pour voir les plages, je dois à chaque fois quitter la N634 (qui porte d'ailleurs plusieurs noms, selon l'endroit où je me trouve!) et remonter vers le Nord et l'Océan Atlantique. Je peux alors voir une plage, rarement deux, puis il me faut faire demi-tour.

A ce moment, j'ai deux choix: soit je "redescends" vers la N634, soit je prends une toute petite route avant, non répertoriée sur ma carte, et je roule au jugé vers ce que je pense être la plage suivante... Autant dire que ce n'est pas très productif en terme de progression générale vers l'Ouest, mais bon, ça met un peu de hasard et d'aventure au voyage. De plus, vu que ce n'est pas moi qui pédale, je ne vois pas pourquoi je me priverais!

 

En tout cas, vous l'aurez compris, cette partie de la côte est une succession de superbes petites criques sableuses et solitaires, accessibles par les petits villages disséminés le long de la mer. Il faudrait rester ici une semaine pour tout voir.

 

N634-Nueva. Jolie montagne, hein? Je voulais vous montrer l'aspect du paysage que j'ai en roulant.


Une fois encore, je vais obliquer à droite vers la mer, pour aller voir la plage des Cuevas del Mar (grottes de la mer).

Les vagues s'engouffrant entre les deux falaises sont énormes. Là encore, par gros temps, ce doit être terrible!
Toujours la plage "Las Cuevas del Mar". Les deux falaises sont criblées de grottes accessibles à marée basse, dont vous voyez ici un exemplaire. Allez voir le lien précédent: les grottes sont impressionnantes à marée basse, et je regrette de ne pas les avoir vues ainsi! Mais regardez aussi ces gens en tenue spéciale. Je pense qu'il s'agit d'une équipe de nettoyage des restes de cette immonde saloperie de "marée noire" du Prestige.

 

Ce qui me complique encore un peu plus l'itinéraire est la présence de l'autoroute A8 qui longe lui aussi l'arrière de la façade atlantique, près de la N634. La voici justement, près de Nueva.

Une dizaine de km plus loin, j'arrive dans la splendide petite ville de Ribadesella. Je vais faire quelques courses dans une petite épicerie sur le port, puis je vais manger mes tranches de jambon, mes chips et mes yaourts sur la splendide plage de Santa Marina, face au monte Corvero et à la chapelle de la Virgen de la Guia.

 

Ribadesella se trouve à l'embouchure de la rivière Sella, qui forme ici un magnifique estuaire. D'un côté de la baie, une falaise surmontée d'une chapelle et le port, et la station balnéaire de l'autre côté. L'occupation humaine est ici très ancienne: on a découvert en 1968 une grotte contenant des peintures préhistoriques vieilles de 20.000 ans...

 

Allez. J'ai bien mangé, j'ai bien bu... C'est parti pour la deuxième moitié de cette septième journée de voyage. Je continue donc à longer le littoral au plus près. Mais la N632 s'en éloigne quelque peu. Comme le scooter a du mal en hors piste (c'est un gros lourdaud), je reste sur le macadam. La région est plutôt montagneuse, et le parcours vers Villaviciosa et Gijon est ma foi sinueux et fort pittoresque. Un seul point noir: il va se mettre à pleuvoir assez fortement juste au moment où je m'éloigne de mon itinéraire initial pour aller sur un belvédère admirer un superbe paysage!

 

Belle église de Berbès. - position GPS 43,47 N - 5,15 W -

 

C'est en faisant un petit crochet pour aller glaner une photo que je vois ce superbe araucaria! Avec en toile de fond les forêts d'eucalyptus. Cette photo a été prise vers Pumarin, position GPS 43,466N et 5,185W.

 

Voici un Horreo. Ce sont des greniers à grains (maïs entre autres) construits sur piliers afin de les protéger des rats. Très nombreux, leurs formes, tailles, matériaux de construction, ainsi que leur degré de conservation sont multiples. J'en ai vu des dizaines, voire des centaines, tous plus beaux les uns que les autres, dans les Asturies et en Galice.
Certains sont de véritables chefs-d'oeuvre, et très franchement, je regrette de ne pas en avoir photographié davantage. Celui-ci, je l'ai photographié dans la cordillera del Fito, sur l'AS260 en direction d'Arriondas.

 

La pluie m'a malheureusement rattrapé dans la montagne, et j'ai du faire demi-tour, espérant trouver le soleil en retournant sur la côte.

Près du Mirador del Fito (belvédère), juste avant de redescendre vers la N632. La petite ville est La Isla avec son îlot (qui lui a donné son nom) et la playa de Espasa. Au premier plan, la playa de Caravia.

 

Me voici revenu sur la N632, à hauteur de Lastres, ville bâtie en corniche juste après l'estuaire du Libardon, que l'on devine ici derrière ce bosquet d'eucalyptus.

 

Il est tout brillant après ces petites averses essuyées dans la cordillera del Fito.

Point de vue de rêve, sur cette corniche de Lastres.
Au premier plan, la playa de la Griega o de Colunga et l'estuaire du Libardon.

Au fond, la playa de Espasa à La Isla, que je vous ai fait voir du belvédère del Fito.
La petite montagne derrière, c'est justement la cordillera del Fito. Au fond, dans les nuages, los Picos de Europa.

 

Lastres et la côte des Asturies vers l'Est

Je viens de traverser Villaviciosa, que vous voyez ci-dessus, derrière moi en fait. Et ci-dessous, une belle maison photographiée du même endroit, mais vers l'Ouest, dans ma direction.

Gijon

C'est la seule photo. Je vous l'ai dit, je ne rentre pas dans les villes, et si j'y rentre, j'en ressors le plus vite possible.
La vue est très brouillée dans le lointain. Vous voyez tous ces immeubles à l'horizon? Quand j'ai vu ça dans le zoom de mon appareil photo, je me suis dit: mon p'tit gars, il faut dégager de là le plus vite possible!
En descendant, je ressens une chaleur orageuse, et j'ai l'impression que j'en ai fini avec le mauvais temps.

 

Le littoral très découpé forme une large pointe vers le Nord qui se termine par le Cabo de Peñas. La route qui y conduit est très étroite et vraiment magnifique. Et en plus, le beau temps revient.
J'ai eu un peu de mal à quitter la grande ville, mais maintenant, c'est à nouveau le bonheur.
Candas. C'est superbe. Et vous voyez ce que je pressentais? Le SOLEIL revient. Au premier plan un "horreo".
Candas encore. La plage. Au premier plan, on peut voir encore le bord d'un horreo (grenier à grains sur pilotis)

Arrivée à Luanco. Le ciel est de plus en plus bleu!
Comme c'est beau, hein?

 

Le centre de la vieille ville, sur le port. C'est, une fois encore, vraiment superbe!
Beaucoup de goëmon sur la plage, à marée basse. Beaucoup d'odeurs, donc, d'iode. Qu'il est agréable de sentir tout ça en roulant. L'odorat est, dans un voyage en deux-roues, très sollicité, et l'on n'a pas ça en voiture!

 

Luanco: détails supplémentaires.

 

La route serpente par moments assez loin de la côte, et, comme d'habitude, pour voir le littoral, il faut aller le chercher. Pour tout visiter, il faudrait rester beaucoup plus longtemps!
Je décide de faire un crochet vers la Punta de la Vaca.

Un crochet, vous savez ce que ça veut dire: un aller-retour. Cette façon de voyager est très dévoreuse de temps, mais c'est tout de même le seul moyen de voir un maximum d'endroits. Et je dois vous faire un aveu: à chaque fois, et je pèse mes mots, que j'ai pris la décision de faire un crochet -plus ou moins grand, peu importe- je n'ai JAMAIS été déçu. Et je peux aussi vous certifier que, faute de temps, il y a des dizaines et des dizaines de "crochets" que je n'ai pas faits! Par conséquent, ne vous privez pas, allez-y aussi, et découvrez.

En attendant, visitez avec moi, à défaut d'autre chose...

Punta de la Vaca - La pointe de la vache - Superbe et en même temps très sauvage. Et recouverte de bruyères.

Los Cabos de Peñas, tout en haut. Vue vers le Sud-Est: la côte déchirée, d'où je viens (Punta de la vaca...)
Los Cabos de Peñas. Le choc a du être d'une rare violence pour en arriver là. La roche a basculé!
C'est le point le plus septentrional des Asturies; il s'enfonce de plus de 5 km dans la mer Cantabrique.
Attention. Il vaut mieux ne pas trop se pencher, sinon c'est la fin assurée!
Un car de tourisme a déposé sa clientèle sur le point de ralliement. Et ça parle, et ça discute, et ça palabre...
Le bar porte le joli nom de bar "quatro vientes" - quatre vents - ce qui veut dire, je pense, que les vents soufflent ici de toutes les directions, et je le crois sur parole!

 

Vue vers le Sud-Ouest, là où je vais. Le rivage est toujours extrêmement découpé! Et le ciel menaçant, aussi!

Aviles. J'y arrive par le complexe industriel d'Ensidesa. Autant dire que c'est le genre d'arrivée qui me pousse à la fuite. J'y suis entré, mais j'ai eu du mal à en sortir.
Je me suis même trompé de chemin à un point tel que, sorti de la ville, j'y suis revenu!

 

La photo est prise de l'autre côté de la plage. Je reconnais qu'Aviles, de ce bord, est nettement plus agréable.
Cette une grande ville, et elle est bâtie de chaque côté et au fond d'une profonde ria.
Les industries sont d'un bord, la ville est ses plages de l'autre. Je suis arrivé du mauvais côté...

 

C'est le "Cabos de Peñas" qui se trouve à l'horizon, avec son îlot rocheux terminal, à exactement 14 km à vol d'oiseau!

GPS 43,577 N et 5,983 W. Près de "Piedras Blancas", sur la côte à l'Est d'Aviles, tout près de l'aéroport.

L'étape se fera finalement à Santa Maria del Mar, près de Naveces.
Cette photo a été prise "demain matin", au départ. Comme vous pouvez le voir, ce n'est pas terrible.


En fait, le terrain de camping était fermé, et il a fallu que j'argumente pas mal - en espagnol... - avec le gars qui s'occupe de tout ici; finalement, il a accepté que je rentre, et en plus avec le scooter, ce qui n'a pas été simple non plus, car les véhicules ne doivent pas circuler...
Bref, j'ai réussi à entrer, et je suis bien content, car il est déjà tard.
De plus, au niveau des sanitaires, c'était royal. Des dizaines de lavabos et de douches pour moi tout seul. En effet, le terrain de camping est rempli, mais en fait ce sont presque des constructions "à demeure", on va dire des résidences secondaires. Les espagnols viennent le week-end et pendant les vacances, ce qui fait qu'il n'y a presque personne.
La seule chose qui était "ennuyeuse", c'est que l'immeuble que vous voyez avait plusieurs étages, et des balcons, qui étaient habités. Et il y avait des jeunes, avec de la musique forte, qui étaient juste au-dessus de moi, et qui me regardaient -du dessus- pendant que je m'installais. Et je déteste ça. Mais finalement, ça s'est bien passé, et ils ne m'ont pas dérangé. Le responsable du camping m'a expliqué que c'étaient des travailleurs portuguais, qui venaient gagner de l'argent en Espagne pour l'envoyer dans leurs familles au Portugal... Toujours la même histoire triste!

 

240 kilomètres quand même, et 128 photos (ce qui est relativement peu...)

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