La Galice - 9ème jour

Jeudi 23 Septembre 2004 - Jour n° 09
Ce matin, je démarre à 9h, ce qui est très correct pour un gars qui n'a aucun mal à se lever, mais qui est d'une lenteur extrême pour tout ce qui touche au rangement! C'est ma bête noire; ça ne me dérange pas du tout de me lever à 7h du matin pendant un tel voyage, quand bien même me serais-je couché à minuit la veille. Mais je suis capable de perdre la totalité du bénéfice de l'heure de lever matinale uniquement à cause du temps passé à remettre mes affaires en place.

Je dois me motiver très fortement pour "rentrer dedans". Souvent, c'est le scooter qui m'y pousse.
Viveiro, donc, je vais te quitter sans voir grand chose. Bah, tant pis, une autre fois, car la nature m'appelle...
Viveiros, plage de Covas. Elle doit son nom aux curieuses formations rocheuses ci-dessous.
Elle est située juste à côté du camping.
L'esplanade est impressionnante, et m'a immédiatement fait penser aux villes de villégiature des pays communistes.
L'immeuble ci-dessous est juste devant l'esplanade, je l'ai phtographié du même endroit.

 

Je suis à peine parti que je m'arrête déjà. C'est normal, il y a là un petit point de vue, avec une table d'orientation.
Mais c'est très simple. Vue vers l'arrière, donc vers l'Est. La deuxième échancrure, c'est la ria de Viveiro, qui se trouve donc cachée derrière cette montagne au premier plan. Ce doit être génial de randonner ici...
Du même endroit; à droite se trouve le point de vue. Voici la route, dans la forêt d'eucalyptus. Hum, ça sent bon!

La côte est tellement profondément découpée que la mer entre largement entre deux bandes rocheuses, à tel point que l'on ne voit parfois plus la pleine mer: ce sont les rias en espagnol, que l'on peut traduire par estuaires. Il y en a de toutes tailles, larges, étroits, longs, courts, rocheux, sableux, escarpés, plats, etc. C'est ce qui fait la beauté de la Galice. Mais ce qui m'a vraiment frappé, c'est une certaine similitude avec les paysages écossais, où la mer pénètre également dans les terres. Vous verrez sur les photos d'Ecosse, c'est très ressemblant! Quoi qu'il en soit, je voulais juste dire que par moments, on dirait vraiment que ce sont des lacs, alors qu'il s'agit toujours d'eau de mer, donc salée!
El puerto de O Barqueiro et l'embouchure du rio Sor. Il manque un peu de soleil ce matin, c'est dommage.
Celui sans lequel tout ceci n'eut point été possible... au milieu des eucalyptus.
Ci-dessous, zoom sur la plage que vous voyez ci-dessus. Elle est géniale, cette petite plage, hein?
Et je peux vous assurer que cette route, en scooter, humm, un vrai régal. Rien que de la voir...
Et me voici de l'autre côté de la ria do Barqueiro. Génial, non?
En Ecosse, c'est pareil! Sauf qu'il n'y a pas d'eucalyptus.

 

Ladrido. A droite de la route commence la ria de Santa Marta de Ortigueira. Une perle, que je n'ai presque pas vue!
Quand je vois cette ria, je me dis que cet estuaire méritait à lui seul une journée de vagabondage. Regardez bien au sommet de la montagne sur la droite: un champ d'éoliennes. Il y en a beaucoup en Espagne, mais surtout dans l'extrême Sud, en Andalousie, vous verrez. Cette ria est une merveille, mais je n'ai presque rien vu, tout simplement parce que les paysages me sont restés cachés par la végétation le long de la route. Une photo ci-dessous.
J'arrive au fond de la ria de Ortigueira. Je viens d'en face. Je prends alors la décision de traverser la serra Capelada et de filer en direction de Cedeira. La route est magnifique. De plus, le soleil finit par percer la couche nuageuse, ce qui achève de donner à cette nouvelle journée une forte connotation estivale. Je suis une fois de plus comblé. Regardez, admirez. Nul besoin de parler, c'est beau, c'est tout.
La route traverse des forêts d'eucalyptus bercés par un vent violent qui les fait onduler comme des vagues.
L'habitat est dispersé, et fort joli; les coloris des maisons sont reposants et se noient dans le paysage.

 

Et soudain, au détour du chemin, une vision de Caraïbes. Ai-je tant roulé, ai-je volé sur le scooter? Bouche bée!
C'est Cedeira et sa ria. Un joyau.

 

Je décide, avant de continuer, de faire un saut jusqu'à la Punta Candieira, au bout de laquelle se trouve un phare.
La route qui y conduit, très sinueuse et fort étroite, ménage quelques rares mais splendides "échappées" à travers la forêt.d'eucalyptus. Il se dégage une étrange atmosphère de bout du monde, et presque de malaise, qui va en s'accentuant au fur et à mesure de la progression.
Le phare est là, tout en bas. Les lacets sont terribles, et fort dangereux. La falaise tombe à pic sur les rochers.
J'ai presque envie de dire: "le phare du bout du monde". Il est habité. Le portail est cadenassé, et des molosses hurlent derrière les grilles! Mon angoisse grandit, comme c'est bizarre! Le scooter est sur sa béquille centrale, dans une très forte pente descendante, et j'ai vraiment toutes les peines du monde à faire demi-tour. En effet, il s'agit d'un cul-de-sac, et je dois retourner à Cedeira par le même chemin. Je suis soudain pressé de partir, j'ai envie de courrir. Je ne pars pas, je m'enfuis littéralement. Heureusement que mon scooter comprend ce qui se passe; il arrive à s'élancer malgré la superbe grimpette qui l'attend! Je ne m'arrête que bien plus loin... Trouillard!

 

Je me calme doucement pendant la descente.
Vous voyez la pente; et toujours le bruissement intense du vent dans les eucalyptus.

Re-bonjour, et au-revoir Cedeira. Encore une photo penchée, car prise en arrière avec le casque.
Peut-être prendrais-je un jour le temps de la redresser?

Le Canada? non, c'est l'autre côté de la ria de Cedeira. Je sais, elle penche...
Franchement, j'adore ces zones d'estuaires. La ria Cedeira s'ouvre sur la mer.
Il faudrait y aller en kayak de mer, ce serait super! La forêt d'eucalyptus en face.
Vous voyez monter le flot: c'est la marée qui arrive dans la ria! Une journée, c'est le temps qu'il faudrait rester ici!

 

Cedeira, dans le fond de sa ria, que nous venons de contournet complètement!

 

Première crique après la ria Cedeira, toujours plus vers l'Ouest.
Il est déjà midi passé! Le temps passe à une de ces vitesses quand on bosse, je n'en reviens pas!
Et j'ai parcouru combien de km? A peine 70 km, je comprends pourquoi le scoot n'est pas fatigué, maintenant!

Plage de Frouxeira. Sur la pointe opposée, le phare. Superbe plage de sable fin de 3 km de long.
On voit mieux sur celle-ci (zoom de la précédente) l'entrée de la lagune que je vais longer tout-à-l'heure. J'y ai vu des hérons, et j'ai réussi à stopper en catastrophe et à faire un petit cliché!
Regardez ces bâtiments au premier plan! C'est d'abord affreux, il faut bien le reconnaître, mais en plus, ils sont construits sur des pilotis, ce qui donne une idée de l'aspect sécurité! Dans un décor naturel d'une telle beauté, je trouve honteux de construire de telles inepties! Toujours l'argent...

 

Bon, voilà que j'ai faim maintenant. Remarquez, le cadre est idyllique, alors la décision est vite prise: sur la plage!
Les abords sont très bien aménagés. Je suis ici à la Punta Faluchos, devant la Isla Percebeleira.
La vie de retraité est belle, n'est-ce-pas? Regardez-moi cette organisation! Ils ont bien raison.
Pour dire qu'il n'y a pas que des retraités. Mais en fait, qui sait ? En tout cas, c'est parti pour une bonne bronzette.
La plage vers l'Ouest. On distingue l'embouchure du rio.

 

J'ai bien mangé, j'ai bien bu. Vous connaissez la suite. Moi, je reprends la route, direction la lagune.
L'entrée de la lagune. Ci-dessous, le rio entre les dunes. Les couleurs sont écrasées par le soleil, pas terrible...
En roulant le long de la lagune; et en plus, il y a de la végétation qui gêne. Evidemment, ce n'est pas en scooter qu'il faut passer ici, c'est une aberration. Il faut prendre l'appareil photo et le sac en bandouillère, et partir une demi-journée, à pied, silencieusement... Et là, mes amis, les rencontres, les paysages! Je ne prends pas le temps.
Cette zone est en tout cas un petit paradis pour les oiseaux de toutes sortes. PS: je sais, elle penche...

 

Vu l'heure qui passe, je décide de faire l'impasse sur la visite de cette portion de côte. Je passe donc Ferrol et sa ria. Mais je le fais sans regret, car je vois un gros complexe industriel qui me fait fuir au plus vite... Je déteste.
Pontedeume. Juste un petit clic en passant. J'aimerais bien y descendre, mais je suis très en retard...
Vue sur la route. Sympa, très sympa avec le Piaggio. C'est cool, parce que lorsque je suis pressé, ce n'est pas un problème, car j'ai alors le plaisir simple de rouler. Je sais, ce n'est pas très écologique, ce que je dis...

 

Je reprends ma carte pour revoir l'organisation de cet après-midi. En effet, j'aimerais beaucoup "faire" la côte entre La Corogne et le Cap Finisterre. Donc, je dois passer La Corogne. Compte tenu de ce que j'ai lu dans mes guides, ce serait bien de longer les plages de cette belle ville. Alors, c'est décidé, devant l'ampleur d'un tel programme, je prends l'autoroute.

Eh bien oui, le Piaggio n'est absolument pas ridicule sur l'autoroute. Bien sûr, les voitures le dépassent; bien sûr, les camions le gênent un peu, puisqu'il "tourne" à peu près à leur vitesse. Mais en tout cas, il peut aller jusqu'à 115 km/h, et il n'a aucun risque de se faire "flasher" par un radar embusqué; c'est donc la route sans son stress, l'air qui rentre dans la veste, les odeurs qui parfument le nez, les insectes qui s'écrasent sur le casque. SUPER.

Je constaterai sur la trace GPS que j'ai fait une "pointe" à 112,5 km/h. Bon, ça peut paraître ridicule, mais il s'agit là de vitesse réelle (GPS oblige), et je trouve que ce n'est pas si mal. J'arrive à La Coroña à 14h30. Je me perds dans les embranchements d'autoroute, les indications sont mauvaises; en fait, je ne veux pas prendre le risque de me tromper de direction dans la cité, car j'ai vraiment très peur de perdre une heure à tourner en rond dans la circulation et les gaz d'échappement, surtout par cette chaleur! Du haut d'un pont sur l'autoroute, je vois donc une très grande ville d'aspect fort industriel. Ma décision tombe comme un couperet: je laisse tomber la côte, et je fonce sur Santiago de Compostella (Saint Jacques de Compostelle), de renommée mondiale, que j'avais évidemment rajouté à mon voyage, seule dérogation par rapport à mon but initial, qui est de faire le tour du pays par le littoral - puis je rejoindrai la côte après, plus au sud. Retour donc d'où je viens, je remonte en selle, autoroute vers l'Est, puis Sud-Ouest.

Je m'endors un petit peu, car il fait chaud; le vent est violent, et brûlant. Mais ça roule vite, et c'est un avant 16 heures que je déambule dans les vieilles rues historiques de Santiago. Béni soit le .... scooter, qui m'a conduit en plein centre, là où AUCUNE voiture ne pourrait rester même 2 minutes, tant les patrouilles de contrôle sont omniprésentes! Je le laisse là, à l'ombre des monuments pluri-centenaires, sur les pavés. J'y laisse toutes mes affaires, y compris ma veste et mon grand sac. Il fait trop chaud pour se ballader autrement qu'en tee-shirt. Je retrouverai tout à sa place, malgré le monde qui passe à côté. Mais les gens ici ont d'autres préoccupations que le vol, nombreux sont les pèlerins qui arrivent ici dans la joie et les larmes de bonheur de la réussite de leur périple.

 

Fini les parlottes. Place aux photos.
Pas un papier ne traine dans les rues, tout est nickel-chrome.
Oui, je sais, il y a un panneau de circulation. Eh bien, ce n'est pas moi qui l'ai mis ici, si vous voulez tout savoir.
Si vous désirez porter plainte, prenez-vous en à la mairie de Santiago de Compostella. Enfin quand même!
Les touristes, devant le Convento San Francisco. Pour ceux qui connaissent, le scoot est là, à 2 pas...
La tour de la cathédrale baroque.
Ils sont là, les pèlerins, sur la plaza de Obradoiro, le coeur historique de Santiago. Leur bonheur se lit sur leurs visages. Je ne voulais pas les photographier trop ostensiblement, ce ne sont pas non plus des animaux de cirque! Un peu de respect, quand même. En dehors de l'aspect religieux, je suis personnellement admiratif devant tous ces gens qui font des centaines ou des milliers de km à pied, en vélo, avec un âne, pour effectuer ce pèlerinage. Ils ont raison de le prendre le temps de le faire, c'est une aventure sûrement formidable, et bien fait pour les critiqueurs de tout poil.

La façade de la cathédrale.
L'entrée est payante. Mais ce n'est pas vraiment le problème. C'est simplement que je voulais voir ce lieu, mais je n'ai pas planifié d'y demeurer. Pour visiter une ville tellement chargée d'histoire, il faudrait bien 48 heures!
Je suis impressionné par cette surcharge de sculptures.
C'est grandiose, comme toujours, de telles merveilles d'architecture et de travail laissées par nos ancêtres.
Que du bonheur. Franchement, ça fait chaud au coeur, vous ne trouvez pas?
Fatigués, mais heureux.
C'est rare que je le fasse, mais pour la circonstance, j'ai sorti le "grand angle". Si je ne m'en sers pas ici...
Portail grille d'accès à la cathédrale.
Détail, avec l'escalier au-dessus. Aïe, je suis fait comme un rat: cette jeune fille m'a vu et téléphone déjà...
Et au-dessus de la grille. On voit encore la jeune fille au téléphone, elle vous servira de point de repère.

Détail de la grille. Vous avez vu les retours en tire-bouchon? En fait, c'était pour aider les pèlerins à déboucher leurs bouteilles: ils les mettaient à l'horizontale, bouchon vers tire-bouchon, bien-entendu, et ils tournaient, et ils tournaient...


Et aucune goutte de vin ne devait tomber sur le sol!

 

Vous savez quoi? J'ai tout inventé, c'était pour voir si vous suiviez....

Bon, en tout cas, c'est splendide, et ces artisans-là étaient des maîtres!

Vous voyez ici un groupe de trois pèlerins cyclistes.
Mes trois cyclistes se dirigent vers le centre de la place; les sacoches sont pleines.
Quelques clichés pris en retournant vers le scooter.
Les lumières sont horribles; j'étais en contre-jour total. Je vous la mets quand-même, comptant sur votre indulgence!

 

Allez, ouste, c'est reparti. Je ne suis pas touriste, et je n'ai pas que ça à faire, à déambuler dans les rues, une glace à la main et l'appareil photo dans l'autre. Ce que je regrette, c'est qu'il n'y avait aucun bistrot autour de la cathédrale, ou du moins je n'en ai pas vu. Et rétrospectivement, je trouve ça vraiment étonnant! Surtout compte tenu du nombre de personnes qui arrivent ici complètement "crevées", et surtout sous un tel soleil. Bizarre, nos amis espagnols, bizarre!

 

En fait, j'ai vérifié sur les heures des photos et sur les traces GPS, je suis resté à peine 30 minutes à Santiago.
Il s'agit là presque d'un exploit, absolument irréalisable en voiture. Merci petit scooter.
Je suis très satisfait de cette courte visite, et je regrette vraiment une chose, c'est de ne pas avoir pu siroter une bonne grosse bière à une terrasse de café face à la cathédrale, à admirer les mouvements continuels des passants, touristes, pèlerins, colporteurs, vendeurs à la sauvette... bref, les humains, mes frères et soeurs. Sinon, pour le reste, parfait.

17h, je suis déjà à plus de 30 km à l'Est de Santiago de Compostelle; la route serpente dans de magnifiques forêts d'eucalyptus, dans une région légèrement montagneuse (entre 200 et 450 mètres d'altitude). Là, je descends depuis un moment, car je m'approche évidemment de l'Océan Atlantique, qui se trouve à l'altitude ZERO, comme vous savez!
Une carte était nécessaire pour vous donner quelques explications. Donc vous voyez Saint Jacques à droite. Or, je veux absolument voir la mer, et notamment le Cap Finisterre, tout à l'Est. Et je déteste par-dessus tout faire deux fois la même route. Par conséquent, je n'ai pas d'autre choix que de reprendre un route intérieure pour rejoindre le Cap, et de revenir à Noia (ou Noya, au fond de la magnifique Ria de Muros e Noia) par la côte. Voilà le programme; vous comprendrez pourquoi je ne voulais pas traîner à Santiago!
La ria de Muros e Noia, après la station balnéaire de Noya, que je viens de traverser. Encore un superbe estuaire..

Paysage au Nord d'Outes. Remarquez les éoliennes (zoom ci-dessous). Dans cette région, c'est la campagne profonde et merveilleuse, comme je l'aime. J'ai croisé à un moment une charrette chargée de foin, et conduit par un homme devançant deux boeufs, et un petit garçon juché sur la paille.

En un instant, j'ai pensé à une histoire que mon père m'a racontée, lorsqu'il était gamin, et qu'il "conduisait" un tel attelage. Il aimait lire, et il avançait tout en lisait, et, arrivé à la ferme, il s'est fait copieusement "incendier" d'injures par son père: il était seul, les boeufs s'étaient arrêtés pour brouter, loin derrière lui... Cela se passait pendant la seconde guerre mondiale, vers 1940-1942...

Alors voir ça maintenant, quel bonheur! Cette vie simple et tranquille, loin du stress moderne qui nous tuera tous.
Moins d'argent, c'est sûr. Mais plus de relations humaines, et plus de symbiose avec la nature, c'est sûr aussi.

Coordonnées GPS pour ceux qui ont des cartes: 42,8754 Nord et 8,93229 Ouest

 

 

Un horreo, le fameux grenier à grains. Je vous en ai déjà parlé en traversant les Asturies, vous vous souvenez?
Celui-ci est splendide, entièrement en pierres, et surmonté d'une croix. Le toit se dégrade malheureusement.
L'horreo et le héros. Ouah, pas mal, je la garde, celle-là. Coordonnées GPS: 42,9647 N et 9,0209 W
Sans le savoir à ce moment, je suis en fait sur le chemin de Compostelle appelé "el camino francès", le chemin français, qui se poursuit après Santiago jusqu'au Cap Finisterre. D'ailleurs, à l'endroit où j'ai pris cette photo, il y avait deux jeunes dont l'équipement ne faisait aucun doute sur leur appartenance aux pèlerins. J'avais une grande envie de les photographier, mais je n'ai pas osé... Je le regrette maintenant.

 

Après Olveiroa, la route grimpe jusqu'à un col, vers 375 mètres d'altitude. Ce curieux paysage a attiré mon attention. En fait, soit la forêt a été détruite pour faire place aux cultures, on ils replantent la forêt. A vous de choisir.
Oh, ça sent à nouveau l'industrie humaine, les fumées comme la pancarte... Je deviens instantanément triste. Décidément, je déteste au plus haut point ces manifestations humaines. GPS: 42,9767 N et 9,05617 W
Là-bas, c'est le littoral, avec, sur ses sommets, les forêts d'éoliennes, poussées par les vents atlantiques.

 

Corcubion, très jolie ville sur la Costa da Morte, la Côte de la Mort, qui va de la ria de Muros jusqu'à La Corogne.. Pourquoi ce nom terrible? Tout simplement parce que cette côte, extrêmement découpée, a été le témoin d'innombrables naufrages, et la mémoire collective en a conservé le souvenir.
Mais il n'est point besoin de remonter si loin: le naufrage récent (19/11/2002) du pétrolier Prestige a lui aussi eu lieu au large de la Costa da Morte!

Mais sous cette appellation tragique se cache un trésor, une merveille naturelle: le superbe littoral galicien.

Soleil couchant sur le port de Corcubion.
En face, c'est Cee. Oui, je sais, mais je ne le fais pas exprès! J'arrive donc de là-bas; en fait, la route que nous avons parcourue ensemble se situe de l'autre côté de cette montagne! Je fonce maintenant vers le Cap Finisterre, mais vous avez remarqué comme moi le soleil couchant... Il est déjà tard (18h30). Je pense bien trouver un camping là-bas.

 

 

10 minutes plus tard, j'ai traversé la petite péninsule et je cherche le terrain de camping qui, selon mes guides, devrait se trouver par ici. Oui, il est bien là, mais il est fermé! Barrière, cadenas, impossible de rentrer! Je demande autour de moi aux quelques rares passants: tous me disent qu'ils sont tous fermés.
Et un gars me dit: je ne vous conseille pas d'aller dormir dans la nature à cause des nombreux "banditos" qui sont dans la région! Et comme je suis déjà assez poltron, il a achevé de m'inquiéter. Je regarde ma carte et dois bien constater qu'il n'y a pas de villages, ou très peu, et la nuit ne va pas trop tarder.

Une seule solution: demi-tour, direction Noia, d'où je viens. C'est une ville importante, et il y a plusieurs terrains de camping. J'en suis malade, c'est la première fois que je fais l'impasse sur un site naturel de toute beauté, et ce à deux pas du but -ce que je loupe. En effet, je me trouve à environ 10 km de ce cap mythique (donc 20 aller-retour): c'est trop loin, il faut être raisonnable. De plus, pour les photos, ce sera bientôt trop sombre. Allez, Jef, démarre.

Regardez ce que j'abandonne. Le camping était en bas. Ces criques sont superbes, on se croirait dans les mers du Sud

 

Je suis revenu sur la côte et je descends plein Sud vers la ria de Muros. Vous remarquerez que maintenant, je suis à l'extrême Ouest de la péninsule ibérique, et que ma route sera maintenant toujours Sud, vers le Portugal - et la chaleur? Au sommet des montagnes, les éoliennes que je vous ai montrées tout-à-l'heure, vues de l'intérieur.

Le village au fond à gauche, c'est Ezaro, qui possède de merveilleuses cascades, qu'il faut que j'aille voir un jour!

La mer est ridée; en fait, le vent est très violent, et j'avoue que ce soir, je suis un peu fatigué. En plus, je suis un peu stressé à cause de la recherche du terrain de camping, ce qui m'empêche de bien photographier.

 

Je suis de plus en plus fatigué, et je change continuellement de position sur le scooter, ce qui est un signe évident que les muscles sont endoloris! Or il me reste encore pas mal de chemin pour atteindre Noia. Tout à coup, je vois une pancarte m'indiquant un camping, qui m'a l'air du type "haut de gamme". Allez, j'y vais, on verra bien. J'ai surtout peur que ce soit fermé. La route se termine en cul-de-sac sur la mer: c'est sublime. Et c'est ouvert. Génial.
Le vent souffle vraiment très fort, un peu comme un très fort mistral. Je commence à m'installer sur l'emplacement que m'a donné le patron, mais un grand jeune homme blond, le type complètement aryen, me dit en anglais que je ferais mieux d'aller à l'abri des arbustes, car sa tente a été arrachée la nuit précédente. Je vais suivre son conseil.

 

En fait, c'est bien un allemand. De Cologne. Je lui parle en allemand, ce qui me plait bien, ça me permet de pratiquer un peu. Il est étudiant, et il est venu en vélo en pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle! En fait, c'est un très grand sportif. Il pédale pour passer le temps. Il m'a dit avoir fait 100 km aujourd'hui, pour le plaisir! Avec les côtes et le vent qu'il fait, je pense que j'en aurais fait 30-40, et j'aurais été crevé! Il repart en avion dans quelques jours de Santiago, et il se ballade en attendant, car il a fait le trajet en moins de temsp que prévu, ce qui l'oblige à faire du tourisme!

 

Le patron du camping m'indique que je trouverai une épicerie ouverte à 3-4 km, malgré l'heure tardive! J'ai très faim, et j'ai besoin de me mettre sous la dent des gâteaux consistants, ou du bon pain. Je fonce. Cette fois, c'est à nouveau le plaisir; le scooter est vidé de son chargement, et l'esprit est vidé de ses soucis. Et l'épicerie est pleine de bonnes choses qui me permettent de remplir un peu les sacoches vides de toute nourriture!

El Monte Louro et la laguna de Xalfas.
Il est 20h25. Je l'ai prise en allant à l'épicerie, car la nuit tombe et j'ai peur de la rater au retour.
Vue vers le Sud.
Tout ça pour vous faire plaisir. Un peu plus, et je me trouvais devant une porte fermée au magasin.

On dirait un paysage du Chili ou de Bolivie. Soleil couchant et lune montante!

Et la plage du camping, vue vers le Nord.
C'est la praia de Lariño. En Galice, plage se dit "praia".

 

A l'abri des arbustes. Et d'un petit muret de pierres. Je vais dormir comme un bébé cette nuit, malgré le bruit du vent!

 

Encore une merveilleuse journée qui s'achève. Et un bilan encore fort positif.

Comme je vous ai dit, je n'ai qu'un regret, je n'ai presque rien vu de la Costa da Morte, mais on ne peut pas non plus tout avoir, quoi que...

187 photos, 360 km. Très longue étape quand même, c'est normal que je sois un peu fatigué.
Mais je vous avoue que ma fatigue est partie sitôt ma toile installée, comme quoi...


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