Entrée au Portugal - 11ème jour

Samedi 25 Septembre 2004 - Jour n° 11
Déjà samedi! Aujourd'hui est un grand jour: je vais pénétrer pour la première fois dans un pays que je ne connais que par les livres et les films: le Portugal. Bon, c'est vrai que ce n'est pas un grand événement, il n'y a même plus de billets à changer... Mais la langue est différente, et je ne la connais pas du tout, alors que j'arrive à baragouiner en espagnol.
Cangas de Onis. Le soleil est levé depuis peu. Il est 9h20, et j'ai déjà parcouru 7 km, je suis en forme ce matin...
Je viens de traverser la petite péninsule séparant la Ria de Pontevedra de celle de Vigo, la grande ville que vous apercevez en face, dans la brume. En fait, l'autre côté de l'estuaire n'est qu'une suite ininterrompue d'habitations; c'est la grande ville, qui a recouvert, je dirais même englouti, les collines et le paysage...
Cangas de Onis, à taille beaucoup plus humaine, est la grande ville de ce côté de la Ria.
Juste posé sur la petite béquille, le temps de prendre quelques photos. Je suis devant la plage de Cangas.
Je n'aime pas trop le laisser dans cette position, car il est trop chargé pour une seule béquille, et je ne suis pas tranquille; il suffit de le taper un peu fort et, c'est certain, il tombera. C'est pourquoi je fais presque toujours l'effort de le mettre sur la béquille centrale, malgré la difficulté pour le redescendre sur ses deux roues!
De la même plage de Cangas, vue sur la grande Vigo.
293.000 habitants en 2003 pour la ville seule, et environ 420.000 avec l'agglomération.
Vous commencez à me connaître; je vais sûrement traverser cette ville le plus rapidement possible...

En attendant, voici Moaña. Les couleurs du soleil matinal sont resplendissantes. Je continue à longer la Ria de Vigo.

 

Vous la voyez, la grande Vigo, de l'autre côté de sa Ria. Je dois y passer, mais je n'en ai aucune envie...

Le pont de Rande à Vigo (détails) permet la traversée de la Ria, qui est ici naturellement étroite.
En effet, l'estuaire se rétrécie ici un peu à la manière des longs ballons que l'on serre en leur milieu.
Je prends cette photo alors que je viens de traverser le pont.
Si je n'étais pas en scooter, je n'aurais jamais pu faire ce cliché, car il n'y a aucune possibilité de stationner ici.

Ce pont évite un détour de 25 km. En fait, il serait intéressant de le parcourir, ce détour, mais j'ai décidé de fuir Vigo.
En regardant attentivement la carte, je constate que longer la Ria de ce côté de Vigo équivaut à rouler en ville pendant une quinzaine de km. Je ne m'en sens pas le courage. Or, je vois une autoroute qui contourne toute la ville et rejoint la ville de Baiona, tout au bout de l'estuaire, face à l'Océan Atlantique.

La ria de Vigo. Vue cette fois vers la rive que je viens de longer. Au premier plan, installations portuaires de Vigo.
L'autoroute s'élève dans la montagne. La vue est dégagée. Je suis très heureux de mon choix de l'autoroute.

 

 

Voilà. Je viens de parcourir une trentaine de km en un clin d'oeil. Le scooter était franchement très content lui aussi que je lui permette de se dégourdir un peu les jambes, car il roule au ralenti depuis quelque temps, et ça le fatigue...

Les derniers villages avant Baiona.

 

Je quitte l'autoroute pour Baiona. Cette ville est splendide, et se trouve à un bout d'une baie extraordinaire.

Baiona au premier plan. La splendide baie est sur la droite, cachée par les bois; en face, la pointe et la colline terminant la baie. Au loin, très loin, dans la brume, c'est la rive droite de la Ria de Vigo, d'où je suis parti ce matin.
Au fond, les magnifiques iles Cies.

 

 

Je termine de longer la Ria de Vigo vers le large (donc rive gauche), plein Ouest.
Une fois au bout de la Ria, je suis aussi au bout de toutes les Rias de la Galice. C'était la dernière.

Maintenant, je tourne à gauche, donc PLEIN SUD. Le changement de paysage est instantané, époustouflant!
D'un seul coup, fini les rivages calmes des Rias, si ressemblants aux rivages d'Ecosse, si ressemblants à des lacs.

Je suis sur la façade Atlantique, je sens le large, je sens l'iode, je sens l'espace, bref, je sens l'Océan avec un grand O.

Et désormais, je vais rouler plein Sud pendant près de 600 km, le long de la côte.

 

Regard vers le Sud, où je vais.
La montagne tombe dans la mer, le rivage est déchiqueté, l'espace disponible pour les hommes est étroit. C'est beau.
Regard vers le Nord, d'où je viens.
Et qui c'est qui porte toujours tout sur son dos? Hein? Toujours le même! Et même pas fatigué...
Et encore une jolie vue vers le phare de Silleiro; tout au fond, dans la brume, les îles Cies.

Oia - Arrabal, les deux noms sont sur les cartes. D'ailleurs, c'est assez difficile en Espagne concernant les noms des villages et des villes. J'ai souvent vu, sur des cartes à la même échelle, des noms de ville totalement différents pour le même endroit! Je n'ai pas d'explication pour ce phénomène! Regardez ici un exemple!

 

Le paysage juste derrière la mer. En fait, la "bande passante" est vraiment très étroite!
Un vieux scooter... J'aimerais essayer. Un jour, peut-être!
De très anciens murs de pierre séparent les petites propriétés jusque sur le littoral.

Le bord de mer s'élargit de plus en plus.
C'est l'arrivée à A Guarda, ville frontière avec l'Espagne, située à l'embouchure du rio Miño, qui sert de frontière entre les deux pays sur les 75 derniers km de son cours.
Je file directement vers le point de passage entre Espagne et Portugal. Il y a un ferry qui fait la navette plusieurs fois par jour entre les deux pays. J'ai du mal à trouver l'embarquement. Finalement, je constate que j'ai du temps devant moi. Je décide alors d'aller visiter le mont de Santa Tecla, à 341 m d'altitude.

 

La frontière Espagne-Portugal est matérialisée par le fleuve Miño. Le Portugal est à droite, sur la rive gauche.
Je suis au sommet du Monte Tegra-Tecla. Voilà mon ferry qui revient du Portugal. Je le prendrai tout-à-l'heure.
Le ferry vers le Portugal, et la ville de Caminha.

 

 

Tout en haut du mont, ce sont des vestiges religieux et la dévotion à Santa Tecla.

 

Mélange de croix: les anciennes et les modernes... Quelles sont les plus jolies? Quelles sont les plus utiles?
La ville frontière espagnole A Guardia, et la côte visitée ce matin. Au premier plan, le Monte Santa Tecla.
Il est midi. J'ai faim. Je mange. Je sais, ça n'a rien à voir avec les photos...

 

Encore un merveilleux endroit, peut-être un peu trop touristique, mais vu la beauté des lieux...
Je sais, les voitures, la pancarte, c'est laid... Je vous ai déjà expliqué: ces objets sont là, je les laisse en témoignage...

L'embouchure du Rio Minho (portugais) ou Miño (espagnol). En face, le Portugal. Grandes plages de sable fin, alors que derrière moi, c'est une côte rocheuse escarpée (vous avez vu ce matin)! Bizarre.

 

La descente est vraiment impressionnante. Les épingles à cheveux sont très dangereuses!

 

Tout droit, c'est le plongeon!

Alors ici, sur ma gauche, se trouve El Castro de Santa Tecla.

Découverts par hasard en 1913, ce sont des vestiges de peuplades celtes.
C'est une reconstitution.

 

En descendant vers l'embarcadère, où il y avait une émission TV locale pour ces groupes.

 

Sur le ferry, en route pour le Portugal, vers de nouvelles aventures! Il s'est mis devant, impatient d'y aller...
J'étais là-haut tout-à-l'heure.

 

Caminha, ma première ville espagnole. Photo prise du ferry.
La traversée elle-même dure 8 minutes, à environ 15 km/h de moyenne.
La rive gauche du Minho et ses beaux villages portugais.
Là, c'est l'Espagne. Et c'est le mont Santa Tegra, où j'étais ce midi...
Langue de sable près de l'embouchure du Minho. J'arrive à nouveau sur l'Océan Atlantique. Corniche de Caminha.

Je fais mes courses à Vila Praia de Ancora. J'ai besoin de laisser mon sac avec appareil photo à la consigne, mais je ne connais pas la langue. Or, certainement à mon accent, la jeune femme qui me le prend me répond dans un français parfait. A mes félicitations, elle me répond qu'elle a fait toutes ses études commerciales en France et qu'elle est gérante de ce magasin (une enseigne française bien connue). En fait, pendant tout mon voyage au Portugal, j'ai souvent été surpris par le nombre de personnes parlant le français!

Après avoir fait le plein de nourriture, j'ai cherché la mer; je suis arrivé sur l'Avenida Dr Ramos Pereira. Photo.

Viana do Castelo. El Rio Lima.
La banlieue de Viana do Castelo. Les marais du fleuve Lima.
Je retrouve ici une côte très ressemblante à celle des Landes, excepté pour la forêt. C'est une immense plage de sable. Aucune route ne longe vraiment le littoral. Comme dans les Landes, on roule dans l'arrière-pays, et l'on rejoint la côte de temps en temps. Compte tenu de ces éléments, je décide de prendre l'autoroute et de foncer plus au Sud, vers la ville d'Esposente. Là, je cherche et trouve un point Internet, et je vais passer plein d'e-mails à la famille et aux amis. Ceci fait, je retourne à mon occupation principale: prendre des photos.

Esposente. Vue vers le Nord. Je me trouve au Nord du Rio Cavado. Ci-dessus au zoom, ci-dessous non zoomée.
La plage d'Esposente.
L'embouchure du Rio Cavado. Elle est large, et il n'y a pas de pont. Je dois retourner le long de la rive pour trouver un pont plus à l'intérieur de la ville.
Le Rio Cavado, vu sitôt passé le pont. Ce fleuve est orienté NO-SO. Au fond, Esposente.
Et vue de l'autre côté du pont, vers le SO

Povoa de Varzim. La plage.
Il est 17h30 et il y a encore du monde sur la plage; et moi qui suis là avec ma grosse veste, en train de photographier...
Voilà le "remblai". La route longe la plage, les immeubles de l'autre bord. J'aime bien quand la configuration est comme ça, car tout le monde peut bénéficier er du paysage et de la plage et de la mer, alors que lorsque les immeubles sont côté plage, c'est minable. Bon, cela dit, les immeubles ne sont pas jolis jolis...
Là, il faut vraiment se méfier de la piste cyclable. J'ai du mal à m'y habituer.

 

La ville est très grande en superficie, et il y a des travaux partout. Des déviations sont en place, j'ai voulu passer outre, mais j'ai finalement été obligé d'y passer. Puis, bien sûr, plus de panneaux, comme je m'y attendais. Au Portugal, c'est comme en France... Donc je me suis perdu. Vu l'heure avancée, je me suis mis à râler, à pester, à ... Heureusement, je suis seul sur le scooter, donc ça ne dérange personne. Et bien sûr, devinez ce que je pense à cet instant précis: raz-le-bol des villes, que fais-tu dans une ville, casse-toi vite fait de la ville.... Ben oui, on ne se refait pas, hein! Remarquez, avouez que j'ai raison, dès qu'il y a des hommes (et des femmes), il y a des problèmes!

Et soudain, alors que je suis complètement paumé, voilà! Quelle merveille. Un viaduc romain, vieux de ... ans!
Je ne me plains plus, le hasard fait parfois bien les choses.
Désolé encore pour le panneau en plein milieu! Mais il était là lui aussi...
Dans un endroit pareil, ce panneau devrait être en pierres afin de ne pas jurer.
Cette photo aura le mérite de montrer aux générations futures le peu de goût de la nôtre.

Les villes anciennes, les vieux bâtiments, pourquoi est-ce que je les accepte mille fois mieux? Et pourquoi sommes-nous des millions à les préférer aussi? Alors, puisque c'est si bien, pourquoi ne construisons-nous pas encore avec des pierres et du bois, ça semble beaucoup plus solide que nos constructions? No comprendo, dirait un espagnol!

 

Je réussis finalement à m'extraire de la ville, mais pas forcément par la route que j'espérais. Au lieu de longer la côte, je me retrouve sur une très grande nationale en retrait de 3 km du littoral. De toute façon, comme je vous ai dit, pour tout voir de la côte, il faut aller exprès sur chaque plage, puis en repartir, reprendre la direction du Sud, et ainsi de suite. Et il est tard. Et ce qui me tracasse bien davantage, c'est la proximité de Porto! Comment trouver un terrain de camping dans une ville immense? Je voulais me balader un peu dans Porto, mais vu l'heure, c'est râpé! En plus, la circulation est dense, très dense même, jusqu'à l'arrêt total pour les voitures! Pas pour moi, j'arrive toujours à me faufiler, mais c'est très dangereux. Allez, une fois de plus, il faut prendre des décisions. Pas question de rentrer en ville maintenant, c'est trop tard. Tant pis, mon voyage n'est pas fait pour les villes, du moins pas cette fois. C'est vrai qu'aller au Portugal sans faire Porto, c'est comme... c'est comme quoi, d'ailleurs? C'est comme on veut, tout simplement! Et il se trouve justement que je ne veux pas, donc je n'y vais pas. Priorité absolue: chercher un endroit pour faire dodo, et pour le reste, on avisera demain. Je sais pertinemment que je ne reviendrai pas sur Porto, de toute façon...

Donc, je traverse Porto à "donf", sans même pouvoir m'arrêter sur l'immense pont (Ponte da Arrabida) qui traverse le Douro, sans même pouvoir prendre une photo. Je passe le pont vers 18h15. Ensuite, il y a bien des terrains de campings indiqués sur ma carte, mais elle n'est pas très précise. Et à ce moment, je ne sais pas qu'il y a une route qui longe le littoral! Dommage. Je fonce donc sur cette autoroute IC-1 qui bifurque vers l'océan en direction d'Espinho. Emporté par les autres files de véhicules, je me retrouve à suivre le flot, sans trop réfléchir, à tracer la route. Je passe au large d'Espinho sans m'arrêter, fidèle à mon principe d'éviter les grandes agglomérations.

Puis j'arrive à Esmoriz. Le nom est joli, la route mène à la plage. Je quitte l'autoroute et je me retrouve assez vite dans un paysage très ressemblant à celui des Landes en France: la forêt de sapins, et l'immense plage de sable fin. Les avenues sont grandes, très grandes, et coupées au cordeau; c'est ainsi qu'il est très facile de s'y perdre, car rien ne ressemble plus à une allée rectiligne dans une forêt de pins qu'une autre allée rectiligne dans la même forêt de pins. Je tombe enfin sur un camping; le gars parle super bien le français; il me demande de laisser mon scooter à l'extérieur! Je lui dis que c'est impossible, et je suis obligé de partir. Heureusement, très gentiment, il m'indique une terrain de camping qui acceptera. Et qui n'est pas loin.

 

Immense terrain de camping. Extrêmement bien organisé. Une véritable petite ville. Le gars qui place les gens est en scooter dans le camp, tellement c'est grand. On me donne un plan, c'est nécessaire! Je me retrouve au fin fond du terrain, sous les sapins, dans le sable. Il y a beaucoup beaucoup de monde, on se croirait en plein été sur la côte vendéenne. Mais c'est samedi soir, et les portugais, c'est comme les espagnols, c'est bruyant.

 

J'ai beaucoup de mal à caler le scoot, car la béquille dans le sable, si vous voyez ce que je veux dire... Je finis par trouver une cale pour l'installer juste à côté de moi. Sinon, il braille; monsieur veut être tout près, et s'il pouvait rentrer sous la tente, il le ferait!!! Mais il ne peut pas. Dommage, je l'y mettrais! En effet, j'aurais aimé avoir une tente plus grande avec un auvent plus haut: ainsi, j'aurais pu mettre le scooter dessous, toujours à l'abri, plus difficile à voler, et de plus, j'aurais pu y laisser beaucoup d'affaires, au lieu de le vider entièrement sous l'auvent!

 

Encore une journée qui s'achève. Des motards sont arrivés à la nuit, des français. Leurs motos ont fait un peu de bruit, mais je ne dormais pas, je regardais mes photos.

 

Bilan de la journée: 291 km et 147 photos.
Encore plein de souvenirs. Mémorables: la côte espagnole de Baiona à La Guarda, le sanctuaire de Santa Negra, le ferry et l'embouchure du Minho, l'arrivée au Portugal et ses immenses plages. Enorme une fois de plus!

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