Tout au Sud - 16ème jour

Jeudi 30 Septembre 2004 - Jour n° 16
La réception. Je suis en avance, il est 9h45 à ma montre, 8h45 au Portugal, et ça n'ouvre qu'à 9 heures (10h)...
L'entrée, ou plutôt la sortie du camping. C'est joli. J'adore le "adeus" portugais, c'est joli et chantant.

 

Je suis en pleine forme; le temps est absolument splendide, comme d'habitude. De ce côté aussi, je suis verni.
Je roule depuis 10 km, et j'ai déjà envie de voir la mer. Comme souvent, il n'y a pas de route côtière, et je suis donc à nouveau contraint de faire des allers-retours (eh oui) vers l'océan si je veux le voir. Et je suis venu pour le voir, alors!
Luz, jolie petite ville balnéaire, qui "sent bon" l'atmosphère d'un matin de vacances. Les restaurants s'éveillent, des employés sont en train de balayer et de préparer pour le midi, les touristes "lève-tôt" sont avec un journal à la main, ou avec un chien en laisse sur la plage, les volets comment à s'ouvrir. J'aime beaucoup cette ambiance du matin.

Et de plus, j'aime beaucoup y assister en "passant", en "itinérant": je ne suis pas sédentaire, je voyage, je ne fais que passer. J'assiste à des instants de vie, et c'est ce qui me plait. Par contre, les touristes que je vois sont dans la très grande majorité des étrangers, et particulièrement des anglais et des allemands. Ce sont également le plus souvent des retraités. On sent très bien qu'ils ont de l'argent; de plus, ils ne sont pas très souriants, bien au contraire, à la limite de la politesse. C'est une petite déception, mais en réfléchissant bien, ça ne m'étonne pas trop!

 

Assez philosophé. Retour vers la route principale - en retrait de la côte... - en direction de Lagos. Un peu avant d'y arriver, je bifurque plein sud pour aller à la pointe de la petite péninsule escarpée protégeant la baie de Lagos. C'est la "Ponta da Piedade", promontoire de rochers de teinte orangée, roche friable continuellement "rabotée" par la fureur de l'océan, et formant des grottes, des mini-fjords, des mini-labyrinthes, des ponts naturels, des arches. La nature sait aussi être architecte... Des barques sont là, prêtes à vous emmener faire le tour de ces curiosités géologiques. Je me contente de faire un tour à pied, avec l'appareil photo: de cette façon, vous n'aurez pas tout perdu. J'ai du mal à rendre en photo la beauté particulière de ce site, mais c'est vraiment très joli!

Le phare de la Ponta da Piedade. Complètement fermé et donc d'accès interdit, je me contente de la contourner.
Le royaume des oiseaux: vous les voyez, partout, sur ce gros rocher, utilisant chaque anfractuosité de la roche.
Ils sont aussi autour du bâteau, comme vous pouvez le constater.
L'érosion est considérable. Quelques belles photos sont à voir ici.
Les autochtones se font un peu d'argent en promenant les touristes dans le dédale des formations rocheuses.
La ville que vous voyez en face, près de la falaise, c'est Luz, ou j'étais tout-à-l'heure.
Le phare, vu depuis la côte. Belles photos ici aussi.

Je file vers Lagos, et je tombe sur encore sur une nouvelle plage de rêve. Quelle merveille! Regardez...
Eaux transparentes, voiliers au large, beau sable, superbes rochers aux formes tourmentées... La praia de Dona Ana.
En face, de l'autre côté de cette immense baie, Portimao.
Ne pas se laisser coincer ici à marée haute, parce que pour en sortir...?
Pas facile en contre-jour... Admirez la transparence de l'eau, et la beauté du site!
Egypte? Eh bien non, c'est toujours le Portugal!
C'est toujours Lagos. Là, c'est la baie et son immense plage.
Je ne voudrais pas circuler ici en voiture! Avec le scooter, c'est "cool"... - Encore penchée....
Je contourne la ville; voici le port de plaisance. En fait, je ne fais que passer, mais le peu que je vois est très agréable.

Voilà, j'ai fait le tour. Je suis sur la grande plage. Au fond, la pointe déchiquetée de la Piedade, ci-dessous au zoom.
Préparation pour quelques heures de bronzage.
Son nom: Meia praia
Les amoureux de la baignade et des heures allongé au soleil, venez à Lagos...
Partout, des passages sont aménagés pour ne pas piétiner les plantes, et peut-être aussi pour faciliter la marche...
Voilà. Au revoir, Lagos. Anecdote: cette ville a eu le "privilège" de créer le premier marché d'esclaves d'Europe!

La rivière "Arade" près de son embouchure à Portimao, que l'on voit au fond, et que je contourne par la N125.

Je continue sur la N125, mais je commence à avoir faim et à avoir envie de revoir la mer. J'ai envie de manger un bon sandwich avec une bonne boisson rafraichissante assis face au spectacle toujours vivant de la mer.
C'est comme ça que j'arrive dans cette splendide crique de Carvoeiro. C'est merveilleux, et je reste ici sur cette terrasse naturelle à admirer le paysage.
Vieilles photos de 1969 de Carvoeiro.
Vue vers l'Ouest, la côte de ce matin; je vous rappelle que je roule maintenant vers l'Est.

 

C'était délicieux. Je me suis bien rassasié. Allez, une petite dernière, et je fonce vers l'Est.

J'essaye de longer la côte, une route a l'air de le faire. En fait, cette route me conduit dans un village complètement privé, et il ne me reste plus qu'à faire demi-tour!

 

Et il est 13h20, et je n'ai parcouru que 65 km depuis ce matin... Une misère, et le scooter réclame sa dose de route, comme tous les jours. Impossible de lui céder sur ce point, il s'emballe, il accélère quand je ne veux pas, il est de plus en plus nerveux, il faut que je le nourrisse en le faisant rouler, c'est la seule solution. Je déploie ma carte pas très précise, et je constate que l'autoroute longe la côte en retrait de la N125, un peu plus au Nord. Mais sans rallonge par rapport à ma direction initiale. Donc c'est décidé, je prends l'autoroute et je vais ainsi dépasser la grande ville de Faro, la plus au Sud du Portugal. Je quitte l'autoroute à hauteur du "Parque Natural da Ria Formosa", immense zone humide de lagunes, de rias, de sables; dommage, je prends une sortie trop tard, ce qui m'oblique à retourner sur mes pas pour rejoindre la N125. Il est 14h50, j'ai fait 100 bornes, c'est génial. Et le Piaggio est heureux.

V.R.S.to signifie Villa Real de San ... - vraie ville de Saint ... -. Ces maisons sont typiques, mais ça penche encore...
Je suis sur la N125, quelques km avant d'arriver à Fuzeta, le royaume de l'eau, dans le parc naturel de Formosa.
Fuzeta. Une immense bande de sable séparent les canaux, la ria, les plages, avant le large!
Etrange bâtiment: ponton d'accostage pour les bâteaux, ponton de pêche? En tout cas, ça ne gêne pas pour bronzer!
Bâteau de promenade dans les estuaires. Faute de temps, je ne peux pas, mais la prochaine fois, c'est sûr!
Au Portugal, il y a toujours un pêcheur au bord de l'eau, et un parasol, et une chaise-longue...

Santa Luzia, quelques km plus loin. Toujours de grandes zones de marais avant l'océan, que je ne vois même pas!
En plein travail... Mais c'est vrai qu'il y a du boulot...

Tavira, sur le Rio Gilão. Quai magnifique, avec de vieilles maisons colorées. J'aime beaucoup.

Cabanas de Tavira, peu après Tavira. Je la trouve superbe: coup de frein, clic-clac, dans la boîte! Super.
Cabanas-ville est sur la N125. Je quitte la nationale pour aller jusque sur la côte, à Cabanas-praias.
Je croyais voir l'océan, mais non. En fait, je suis toujours dans le parc naturel de la Ria Formosa, donc dans la lagune!

 

Cacela Velha. J'y arrive par hasard. Je cherchais la mer, comme souvent. Et soudain, la voici, belle, immense.
Là, je vois enfin cette bande de sable qui sépare l'océan de la lagune de Formosa. Il y a là une brèche.
Ce minuscule village, entre Cabanas de Tavira et Vila Nova de Cacela, est un vieux village de pêcheurs.
Perché sur une falaise rocheuse, il possède une église avec une fine porte datant de la Renaissance, ainsi qu'un vieux fort datant de 1143. C'est un des villages les mieux préservés de l'Algarve, éclatant de blancheur et... de calme.

Il n'y a pas un chat. Je suis seul. Le silence, une fois le scooter éteint, est énorme. C'est un lieu de méditation. Chuuuut.

Il y a tellement de lumière, et c'est tellement blanc... Eclatant.

 

Manta Rota. A partir de maintenant, il n'y a plus de lagune, et jusqu'à Villa Real de Santo Antonio, ce n'est qu'une immense plage de sable. Malheureusement, les constructions arrivent, les immeubles pour touristes sortent de terre -oh pardon, du sable!- et le charme naturel est rompu. J'ai bien peur que d'ici 10 ans, ce littoral ne subisse un assaut totalement incontrôlé d'une urbanisation sans borne. Rien que sur Internet, tapez ces deux mots, et vous verrez la multitude de sites allemands prêts à tout pour vous extorquer une à plusieurs semaines de location! Affreux.

 

La même plage, un peu plus loin. Ce n'est pas encore le tourisme industriel, mais il arrive, juste derrière moi...
Voilà. Toutes les maisons sont pareilles. Ce sera comme cela sur des km et des km dans les années à venir...

 

Une antiquité. Tout ça est en train de disparaître. Il y a encore des terrains vagues, mais plus pour longtemps!
Voilà les terrains vagues. Moi, ça me plait beaucoup. Mais les bulldozers vont bientôt venir, très bientôt. Dommage!

 

Et j'arrive à Vila Real de Santo Antonio.
Je tourne en rond dans la ville, essayant de me repérer; il y règne une activité intense. Mais je ne vous ai pas dit pourquoi. Eh bien, tout simplement parce que cette ville, bâtie sur le Rio Guardiana, est une ville frontière!
Le Rio sert de frontière entre le Portugal et l'Espagne.

 

J'en ai donc déjà terminé avec le Portugal. Merveilleux pays, que je viens de découvrir. Je reviendrai, c'est sûr.

En attendant, je cherche le terrain de camping. Il y en a un, et je tiens à camper au Portugal une dernière fois.
Demain, je rentre en Espagne.

Enfin le voilà. Ce n'est pas un terrain de camping, c'est carrément une ville dans la ville. Il est énorme. Et plein.
Il y a là une énorme activité. Ce n'est pas terrible, les emplacements ne sont quasiment pas délimités, c'est du sable très sale, plein de poussière! Je ne sais pas comment je fais tenir mes piquets là-dedans. Et c'est la même chose pour la béquille centrale du Piaggio, j'ai du mal à la caler, et j'aime bien être juste à côté de lui; j'y tiens, moi, à ce scooter!

Mais ce camping a un avantage: il est ouvert toute l'année.

 

19 heures. Tout baigne, je suis bien installé. Quelle belle journée encore aujourd'hui.
Décidément, ce voyage est merveilleux.

 

Bilan quotidien: 223 km, 162 photos. 100 km d'autoroute ont fait baisser ma moyenne photographique, c'est normal.

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