Andalousie - 17ème jour

Vendredi 1er Octobre 2004 - Jour n° 17
9h15, je suis déjà sur la route. En pleine forme, comme tous les jours. Pour aller en Espagne, j'ai 2 solutions: le passage par le bac, plus exotique, et le passage par le grand pont quelques km plus au Nord, sur l'autoroute. Pour un autre pont, il faut rouler vraiment très loin vers le Nord. Comme je ne connais pas du tout les horaires pour le bac, et que je ne sais pas vraiment où il se trouve, et que je n'ai aucune envie de tourner en rond dans la ville pendant une heure (j'ai déjà donné hier soir pour trouver le camping), je prends l'option "autoroute".

Pour cela, je dois traverser la réserve naturelle de Castro Marim, superbe région de marais. Au fond, le château fort.
Vous vous en doutez bien, il faudrait passer ici une demi-journée pour découvrir ce site. C'est superbe.

La journée commence bien: je suis parti depuis 5 minutes seulement, et déjà je m'arrête...

 

Vous savez dans quelle province je me trouve? Un nom mythique, connu par tous: l'Andalousie.

La traversée du pont, qui correspond au passage de la frontière, se fait dans l'indiférence totale.
Rien n'indique que l'on change de nation, si ce n'est les indications routières, et le changement du bitume.
La route est belle, large, propre, et invite au voyage. Un coup d'oeil sur la carte me confirme ce que j'avais vu hier soir sous ma tente: il y a sur la côte une grande étendue marécageuse qui correspond à un cul-de-sac. Si je m'engouffre maintenant dans ce territoire, ce sera un aller-retour obligatoire, et j'en ressortirai vers midi... Ce doit être superbe, mais il y a d'autres régions du même type un peu plus loin. Je décide donc de porusuivre sur l'autoroute, de contourner cette zone et de me diriger vers la suivante, c'est plus rationnel..

 

C'est ainsi que j'arrive aux "Marismas del Rio Piedras y Rompido", les marais du Rio Piedras y Rompido.
C'est un peu comme hier dans le parc de la ria de Formosa. Une très longue bande de sable sépare la lagune de la mer. Elle se nomme ici "Flecha de El Rompido". Puis la route suit le bord de mer jusqu'à la Punta Umbria.

 

Les photos suivantes représentent donc cette suite ininterrompue de plages de sable fin, sur une distance d'au moins 15 km, et qui se terminent par le grand estuaire de Huelva. Arrivé à la Punta Umbria, le seul choix qui me reste est de contourner l'embouchure d'Huelva.
Evidemment, de telles bandes de sable fin attirent irrémédiablement les promoteurs immobiliers.
Et à leur suite, le tourisme de masse.
Constructions à outrance, villages de maisons toutes identiques, développement exponentiel de villages privés, etc. Bref, tout ce que je n'aime pas.

 

 

Voici la situation, car rien ne vaut une carte pour bien se faire comprendre. Je suis actuellement au point n° 5.
Je n'ai pas le choix, je dois contourner Huelva car aucune route ne traverse l'estuaire, et heureusement!
Ensuite, vous voyez le parc national de Doñana. Il n'y a pas de routes non plus, c'est l'embouchure du Guadalquivir et ses immenses marais: il faudra que je les contourne, et pour celà, je dois traverser Séville. Et ça, c'est une très grande ville. Alors que vais-je faire? Si je descends vers le parc de Doñana, je sais que j'en aurai pour la journée; or, je devrai ensuite trouver un terrain de camping autour de Séville... Et nous sommes aujourd'hui le 1er octobre, ce qui signifie que nombre de campings ont fermé leurs portes (la saison se termine pour la plupart le 30 septembre).

Alors je prends la décision, pour une fois, de rentrer dans une grande ville, la capitale de l'Andalousie.
Je vais manger à Séville, et je redescendrai ensuite sur la côte après avoir contourné l'immense zone marécageuse du Guadalquivir (j'adore ce nom)!

Explications d'un ami scooteriste du Nord de la France, du 02/11/2005 -merci à lui- :

Puisque tu l'adores, juste un mot sur l'origine de ce nom, que tu
connais peut-être. Après 8 siècles en Espagne, l'empreinte arabe est
très forte et Guadalquivir n'est rien d'autre que la transcription en
Castillan du terme arabe "Oued el Kibir", qui veut dire le grand fleuve.

 

Séville. Il est 12h15. J'ai bien roulé, le Piaggio s'en est donné à coeur joie. Je relève sur la trace GPS une pointe à 114 km/h, vitesse réelle. Avec mon chargement, ça prouve une fois de plus que le Piaggio est une vraie merveille, et qu'il aime autant la ville que la campagne que les grands espaces, et que même l'autoroute ne le dérange pas! Génial.
La plaza de toros, sur les bords du Guadalquivir. Je ne suis pas entré. Dommage... On ne peut pas tout voir...
J'ai laissé le scooter sur une place, et je descends sur les quais pour prendre quelques photos. Je m'aperçois que j'ai tout laissé sur le scoot, le casque non attaché, et les clés sur le contact... Heureusement que personne ne l'a pris, vous imaginez ma tronche? Mais non, les gens se promènent et n'y prêtent aucune attention. C'est très bien comme ça.
Le quartier de la cathédrale. C'est tout près que je me suis installé à la terrasse d'un petit établissement de rastauration rapide. Il fait 35 degrés. Je respire les odeurs d'une grande ville - pollution - mais je suis heureux d'être ici. C'est une ville magnifique, aérée, historique, qui mériterait une pause de deux jours. Mais une heure ici au bistrot, j'adore!
On dirait une personnage vivant, c'est criant de vérité! Attention, le pigeon, lui, est bien vivant.
Des heures, il faudrait passer des heures ici pour tout voir! Et ce n'est "que" l'extérieur. Je ne suis pas entré.
Pourquoi ne sommes-nous pas capables de réaliser de telles merveilles de nos jours? C'est ENORME.
J'admire et je respecte énormément le travail réalisé par ces ouvriers de la pierre. Je ne regrette qu'une chose, c'est que ce sont restés des anonymes, et c'est bien dommage! Leurs noms mériteraient d'être sur la sculpture!
Il y a un monde fou.
Vu de ma terrasse de café. Oui, même en mangeant, je continue à faire des photos...C'est une maladie, sans traitement.

Je quitte Séville vers 14h30; je prends l'autoroute pour sortir de la ville, et je le quitte une bonne dizaine de km plus loin
L'entrée d'une superbe hacienda, loin derrière le portail. La terre est déssèchée, mais de l'autre côté de la grille, des palmiers, des arbustes en fleurs...

Los Palacios y Villafranca. On pourrait aussi bien se croire en Afrique du Nord. La campagne est brûlée de soleil.

 

Mais c'est du coton! C'est la première fois que j'en vois sur pied. Je me mets aussitôt à penser aux esclaves travaillant dans de tels champs, couverts de sueur, sans avenir, sans salaire, sans rien. Horrible. Je vois une grosse limousine passer, et je me mets à penser, je ne sais pas pourquoi, à la mafia. Je ressens aussitôt une impression de malaise.

Je me dis que je n'aime pas ce pays, plat et brûlant, où il n'y a rien. J'ai soudain hâte d'arriver à la mer.
Quel contraste avec Séville, si belle, si vivante, tout cela en quelques minutes...
Là, subitement, c'est la ville qui m'attire. Que m'arrive-t-il?

 

Las Cabezas de San Juan. Le ciel ets presque aussi blanc que les bâtiments.

Trebujena. Toujours aussi grillé. Je vous rappelle que c'est aujourd'hui le premier octobre, et non le premier août!

Cette ville et la précédente sont proches du Guadalquivir. Et je regrette franchement de ne pas avoir du tout pensé à aller faire un tour au bord de ce fleuve. Tétrospectivement, je ne comprends pas comment j'ai pu passer à côté de cette opportunité. J'étais sans doute trop obsédé par mon idée fixe de foncer vers l'océan.

Quelques km plus loin. Je suis ici à environ 18 km à vol d'oiseau de la mer, et à quelques 10 km de l'embouchure du Guadalquivir. On dirait des marais asséchés. Mais beaucoup plus joli que les champs de coton.
La vue porte très loin. On voit les "haciendas" de loin en loin. Au fond, de la verdure: quelles cultures, avec quelle eau?
Un peu de relief.
Et voici ma route. Il fait 37 à 38 degrés sur le scooter - l'air est brûlant.
J'ai l'impression d'être au plus fort de l'été 2003, mais non, c'est l'automne 2004. Pas besoin d'aller en Afrique...
Mesdames, pour vous faire bronzer, choisissez l'Andalousie en octobre, c'est moins cher, mais aussi brûlant!

Chipiona, l'antique Turris Coepionis. Il doit y avoir de l'eau quelque part. Ce sont des champs d'orangers.
Je suis arrivé sur le littotal. Chipiona est la première station balnéaire après l'estuaire du Guadalquivir.
Les oranges sont bien là, bien vertes aussi, et donc inmangeables... Dommage, car je boirais bien du jus d'orange!
Regardez ce beau phare, et le toît de l'église. Ils sont plus loin en détail. Le contre-jour tue les couleurs!
Toujours à Chipiola. C'est tout simplement superbe. Les couleurs, les plamiers. Regardez ci-dessous.
Après les champs de coton, je ne m'attendais pas du tout à trouver de telles merveilles.
Au même endroit. On voit ici les contreforts des murs de l'église. Admirez ces fleurs partout. C'est merveilleux.
Je suis sous le charme de ce centre-ville.
Et voilà le phare à la Punta del Perro. Il est impressionnant aussi. De plus, il est comme neuf, c'est superbe.
Chipiona toujours. Le phare est juste derrière moi. Et juste devant, le scooter, tout étonné de se retrouver ici.

 

Le front de mer après le phare de Chipiona - La superbe playa de Regla de Chipiona.
Depuis le Sud du Portugal, je roulais globalement en direction de l'Est. Désormais, je file Sud-Est, direction l'Afrique.
Et le monastère de Nuestra Señora de Regla, de missionnaires franciscains, de style gothique, en bordure de plage.

Je trouve plus loin un terrain de camping, mais il est fermé. Je continue vers Rota, et je trouve enfin un terrain de camping ouvert. Inutile de vous dire que je ne fais pas le difficile! Je prends de suite, et m'installe malgré l'heure précoce. Il est à peine 17h30 et je suis déjà prêt à me coucher!

Je fais pour la première fois connaissance avec les protections contre le soleil. Comme il n'y a que peu d'arbres, et qu'il est impossible de laisser les campeurs -tente ou caravane- sous le soleil andalou, les espagnols mettent de grandes bâches au-dessus de tous les emplacements. De cette façon, on est toujours à l'ombre! Autre avantage: s'il devait pleuvoir, on serait aussi à l'abri. Inutile de vous dire que je n'ai pas vu la pluie... Ce n'est peut-être pas très esthétique, mais c'est pour le moins efficace.

Autre découverte: c'est la première fois que j'ai du mal à planter les piquets! Pourquoi? Parce que la terre est aussi dure que de la roche! Je n'arrive pas à la percer, et quand j'y arrive, un gros morceau se brise... C'est trop sec!

 

Bon, mon scooter est tout léger, il est encore tôt, j'ai vraiment envie d'aller faire un tour. Je vais visiter Rota.
C'est hyper cool, ce soir, car mon gite est assuré, mon lit est déjà fait, c'est royal!
En allant vers Rota. En fait, la ville est très étendue car elle a petit à petit colonisé le front de mer, mais le centre historique se trouve à la pointe, à l'horizon. Vue vers le Sud.

 

Et vue vers le Nord, donc vers le terrain de camping.

 

Au second plan, le phare de Rota. En mer, à l'horizon, on distingue des bâtiments: c'est Cadiz, à plus de 10 km.

 

Le port de Rota. La circulation dans cette ville est terriblement difficile, alors que je circule en scooter. En plus de l'étroitesse des rues, en plus des pavés, il y a des sens uniques qui sont énormes: si vous ratez la sortie, vous êtes obligés de refaire un tour complet, et croyez-moi, ce n'est pas une plaisanterie;
Par conséquent, en voiture et en été, je pense que ça relève tout simplement de la corvée.
Rota toujours. De l'autre côté du port. Et les belles couleurs du soleil couchant qui s'annonce.

 

Et re-voici mon terrain de camping. Vous savez quoi? J'ai eu beaucoup de mal à le retrouver. J'ai bien fait 10 km en trop, en voulant contourner toute une zone urbaine... Et pas moyen de demander mon chemin, car comme un idiot, je n'avais pas noté son nom... Enfin, ce qui compte, c'est que je sois revenu. La plage est juste derrière moi.

Par conséquent, avant de rentrer, je grimpe sur la dune pour faire un ou deux derniers clichés.

Vers le Nord, donc vers Chipiona. J'aime beaucoup ces teintes de soleil couchant.
Encore des pêcheurs, comme au Portugal.

 

Cette fois, il est 19h30, donc aussi tard que d'habitude. Il est temps d'aller à la maison.

 

De ma journée, rétrospectivement, j'aurai quand même un regret, c'es de ne pas être allé voir de plus près le Parque Nacional de Doñana, dans l'immense embouchure du Guadalquivir. Une autre fois, certainement.
Mais j'ai vu un peu la belle Séville, pour une fois que je vois une ville. Très belle. Juste effleurée. A compléter!

 

Finalement, 335 km quand même, pour seulement 134 photos. Normal, il y avait encore de l'autoroute.

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