Cadiz, Tarifa - 18ème jour

Samedi 2 Octobre 2004 - Jour n° 18

Pas matinal ce matin. Il est presque 10 heures quand je démarre. J'ai super bien dormi, et je suis en pleine forme.
Aujourd'hui, c'est samedi, et il risque d'y avoir un peu plus de circulation.

Je ne m'arrête pas à Rota, car déjà vue hier soir. Je contourne donc.
Je fais la même chose avec El Puerto de Santa María. Plusieurs rivières se jettent dans le golfe de Cadiz, et je me retrouve encore obligé de contourner une zone lacustre.

C'est la belle savane africaine. Je viens de croiser un groupe de lions. Non, je rigole.

Je me trouve donc à l'arrière de la lagune, entre El Puerto de Santa María et Puerto Real, très industrialisé.
En tout cas, entre les deux villes, c'est superbe et sauvage.
J'espère que ça le restera, car quand je vois comment sont les villes, c'est misérable!

 

Cadiz, une des cités les plus anciennes d'Europe!
Douceur exceptionnelle du climat, 12 en moyenne l'hiver et 30 l'été, 30 jours de pluie par an...
Des dizaines et des dizaines de pêcheurs, c'est très surprenant: toutes ces cannes à pêche qui se suivent sur toute la longueur du pont, et des deux côtés! C'est ce qui m'a vraiment marqué en arrivant ici. Mais impossible de s'arrêter sur le pont: c'est strictement interdit, et il n'y a aucune possibilité même pour le scooter.

 

Cet arbre majestueux et énorme trône au milieu d'un rond-point, face à un château. Je n'ai pas assez de recul pour immortaliser l'ensemble; je choisis donc de prendre la tête.

Cette ville est impressionnante par bien des points. D'abord, par son ancienneté: elle était déjà habitée par les Phéniciens, plus de 1100 ans avant JC. Ensuite par sa situation: elle est bâtie sur une presqu'île en forme de poignard, dont la lame, courte et étroite, est un isthme de sable d'environ 3 km de long sur 500 m de large seulement, et dont le manche (6 km de long et 1 km de large) représente la ville. Le poignard est posé pointe en bas, dans le sens NW-SE, en prolongement de la côte espagnole, et ferme 1/3 de la partie Sud du golfe de Cadiz. Enfin, par son énorme diversité sur une si petite surface! Sa face Ouest, tournée vers le continent, n'est qu'une longue suite de ports très importants - les bâteaux de toutes sorte y sont particulièrement bien protégés de la houle du large - , et sa face Est n'est qu'une immense plage de sable fin, bordée évidemment d'une immense suite d'immeubles, d'hôtels, de restaurants, de commerces axés sur le tourisme. Le haut du manche, rocheux, reçoit phare, château, forteresse, cathédrale, arènes...

Franchement, cette ville mériterait une halte. Je ne fais que passer, fidèle à mon statut d'itinérant...

Ici, c'est le haut du manche du poignard...
Quelques courageux s'aventurent dans les eaux calmes. Elle n'a pas l'air plus chaude que cela...
Dommage, je suis à contre-jour. Vous apercevez ici le début de la longue plage.
Je suis en train de contourner la partie haute du manche. C'est là que se situe la vieille ville.
Des pêcheurs du samedi. Il y a peu de monde, malgré l'heure tardive (déjà 11 h), mais vous le savez, l'espagnol se couche trd, voire très tard, et se lève donc tard. Logique!
Le superbe dôme de la cathédrale. Les couleurs sont horribles à cause du contre-jour, mais c'est ça ou rien...
Les taches dans le ciel sont des taches sur l'objectif! Je ne l'avais pas vu. Il est facile de les enlever, mais faute de temps, je vous livre les photos dans leur état brut. Vous avez là une vue sur cette belle plage, dans l'axe du poignard.
Derrière ces grilles, ouvertes, se poursuivent des recherches archéologiques sur des arènes romaines!
Les Romains, pour que ça dure longtemps, utilisaient de grosses pierres... Ils ne faisaient pas dans la "dentelle", mais ça avait le mérite de "tenir" beaucoup plus longtemps que nos bicoques modernes.
Comme vous le voyez, il n'y a pas grand monde à se baigner, mais beaucoup marchent les pieds dans l'eau, comme sur toutes les plages du monde. En effet, je vois toujours, le long des belles plages de sable, des gens tenant une chaussure dans chaque main, et déambulant, souvent deux par deux, sur la grève.
Un petit coup d'oeil vers l'arrière. Je me trouve presque au niveau de la plage maintenant.
Je vous le disais, souvent deux par deux.
Des petits jardins publics de palmiers de de plantes grasses. Derrière moi, la mer, et devant la mer, les immeubles. Vous me direz, la photo eut été meilleure dans l'autre sens? Non, car c'est le Piaggio que je voulais avoir...

La poubelle aux couleurs espagnoles, on ne peut pas ne pas la voir...
Cette fois, vous voyez Cadiz vers le Nord. On distingue la cathédrale (sous le portique), et au fond à gauche la pointe rocheuse où j'étais tout-à-l'heure, la partie haute du manche du poignard!

C'est bien comme ça, là? Mais oui, c'est bien, t'es mignonne!

 

 

Comme vous pouvez le constater, j'ai quitté Cadiz et je me trouve sur l'isthme de sable, la pointe du poignard.
Vers le Sud. Quelques plus rares promeneurs, ici. La végétation essaye de s'installer sur les petites dunes.
Il va falloir la protéger des touristes s'ils veulent qu'elle survive!

San Fernando. Je quitte la côte, car elle est difficilement accessible, faisant partie du Parque Natural Bahía de Cádiz.
Je suis encore en présence d'une zone humide de marais et lagunes, sur laquelle je fais l'impasse. En fait, il faudrait là aussi rester une petite journée pour explorer les environs!

Bon, avec tout ça, il est déjà... midi. Oui, ça passe tellement vite quand on est en vacances!
Je roule donc plein Sud-Est sur une très jolie route, extrêmement agréable en scooter.

C'est ainsi que j'arrive près d'une ville qui attire mon attention: perchée sur une colline, resplendissante de soleil et de blancheur, je décide de quitter la route principale et d'y aller voir.

Vejer de la Frontera, un des plus jolis villages d'Espagne. La ville était ceinturée de muraille.

 

Finalement, je m'installe à la terrasse d'un restaurant et m'offre un bon petit repas. Un délice. Ce qui est dommage, c'est qu'il y a affluence de touristes, et ça parle anglais et allemand tout autour de moi, mais ça sent quand même bon les vacances. Il y a au moins une dizaine de bus stationnés en bas, sur le parking de l'office de tourisme!
C'est quand même assez aride, dans le coin!
Pour l'anectode, cette ville se trouve à moins de 10 km du Cap Trafalgar, au large duquel eut lieu cette terrible défaite navale franco-espagnole contre la marine anglaise dirigée par l'amiral Nelson, qui y perdra la vie. Bizarrement, je n'avais pas fait attention à ce fait en parcourant mes guides, ce qui fait que je n'y suis pas allé voir!

Vue sur ma route, la N340 ou E5, quelques km plus loin. A cet endroit, je suis à quelques 5-6 km de l'océan seulement, que je longe un peu en retrait, comme souvent pendant ce voyage! La chaleur est terrible, tout est brouillé à l'horizon. Les photos qui suivent ont été prises sur cette route, dans un rayon de 10 km.

 

C'est une zone agricole d'haciendas et d'élevage de "toros".
Quand je vois ces photos, je pense aussitôt à la superbe chanson de Francis Cabrel: "Andalousie".
Quel contraste entre ces éoliennes super modernes, et ce "cow-boy" espagnol au milieu des taureaux.
A l'horizon, au sommet de la sierra, les premières rangées d'éoliennes. Vous verrez plus loin!
Tahivilla, exactement entre Vejer de la frontera et Tarifa. Brûlée par le soleil.

Au fond, la "sierra del Niño" qui culmine à 781 m.

La petite ville que l'on voit ici est Facinas. Vue générale du paysage.
Le symbole de la région, que je verrai régulièrement le long de la route.
Facinas.

 

 

A la hauteur de cette hacienda, je prends une petite route -CA9004- sur ma droite pour rejoindre l'océan.
La mer est à 6 km à vol d'oiseau, derrière cette petite "sierra". La route est très agréable en scooter.
La haie du bord de route est faite de cactus, de figuiers de Barbarie!
Soudain, après quelques km de virages, l'océan apparaît. Splendide vision, on dirait presque un atoll polynésien...
Bologna. Surprenante dune de sable près des rochers!
La superbe plage de Bologna.
Ce qui frappe d'abord, c'est donc cette immense dune au fond; ensuite, c'est le vent. Les rafales sont continues.
 
Regardez-bien cette photo. Très très loin, on distingue une masse montagneuse: Tanger, le Maroc, l'Afrique.
Température relevée sur l'excellent thermomètre du tableau de bord du Piaggio: 42 degrés. OUI, le 2 octobre!
Et là, juste derrière la plage, les vestiges romains de Baleo Claudia! En fait, cette ville a été développée vers 200 avant JC comme lien maritime avec Tanger, puis devint un important centre industriel de salaison de poisson du temps de l'empereur Claude (41-45 après JC). Elle commença à décliner au second siècle, puis fut presque détruite par un tremblement de terre; elle fut abandonnée vers le sixième siècle.
Au fond, la "Sierra de la Plata". Il y a possibilité de visiter le site vraiment grandiose; je n'y vais pas, à cause de la chaleur écrasante, à cause de mes affaires sur le scooter, à cause du manque de temps... Dommage! En effet, je viens juste de me rendre compte de l'importance et de la grandeur du site, en cherchant des liens sur Internet! Allez les voir.
De retour vers la N340. Elle passe au fond, devant la "hacienda" photographiée un peu plus haut, et au zoom ci-dessous. On voit un lac dans le fond, et les troupeaux de taureaux dans la prairie.
La montagne en descendant vers la N340.

 

Je suis revenu sur la N340 et j'approche rapidement de la mer, de Tarifa et de l'extrême Sud de l'Espagne.
Et ce qui me surprend le plus, c'est le vent qui augmente. Les rafales sont de plus en plus fréquentes, et de plus en plus violentes, et je commence à être vigilant sur le scooter, car elles me coucheraient aisément sur le bitume!
La mer est couverte de moutons, les drapeaux sont légèrement pliés, ça souffle terriblement!
C'est le paradis des planches à voile, il y en a des dizaines et des dizaines. La photo est prise au zoom maxi.

Tarifa. Et au fond, avec le gros nuage, c'est la "sierra de Ojen".

 

Quelques km avant l'arrivée à Tarifa.

 

Un vieux pont. Le trait noir, c'est un énorme cable électrique entre moi et le pont... Au loin dans la brumes, l'Afrique.

La grande plage de Tarifa, balayée par le vent, et la "Isla de Terifa o de las Palomas", qui termine Tarifa et l'Europe.
En face commence l'Afrique. Ce bras de mer: le détroit de Gibraltar, qui aurait pu s'appeler le détroit de Tarifa.

Le Maroc est à 17 km de là. Je suis impressionné.

J'ai lu dans différents guides que le vent est du à la rencontre entre l'Océan Atlantique et la Méditerranée.
A partir de maintenant, je quitte l'immense océan pour pénétrer sur les côtes de la Méditerranée.

Vue vers le N-Ouest, vers le Parque Natural de los Alcornocales. La playa Bologna se trouve un peu plus à gauche.
De retour sur la N340, je viens de dépasser le Cap de Tarifa. Petit coup d'oeil sur l'arrière.
Et coup d'oeil vers le Nord. La montagne est couverte d'éoliennes.
Une brume de chaleur est en train de se former sur les hauteurs.
Et vue vers le Sud.
La mer se retrouve rapidement cachée par ce brouillard en formation, qui me cache les montagnes africaines.
C'est très dommage!
J'en suis ici au premier tiers du chemin entre Tarifa et Algesiras, et je suis complètement mort! Le vent est absolument terrible, et j'ai pensé faire demi-tour. Mais je me suis raisonné: faire demi-tour sera aussi dur que de continuer. Je suis balloté sans cesse d'un bord à l'autre de la route, j'ai énormément de mal à maintenir ma monture dans le droit chemin, sur mon côté. J'ai les bras en compote. Pourquoi? Parce que les rafales sont d'une violence extrême, et je suis par moments à la limite de la chute! Je lutte pendant 4, 5, 10 secondes contre une pression énorme qui veut me coucher, et soudain, d'un seul coup, la pression a disparu: c'est là que, de mon côté, je dois également relâcher instantanément me "contre-pression"! C'est la première fois depuis le début de ce voyage que je ressens une telle fatigue, on peut dire que je suis épuisé. Je me suis arrêté pour reprendre un peu de forces; j'ai envie d'attendre une heure ou deux que le vent se calme, mais quelque chose me dit que le vent ne va pas faiblir. Je n'ai pas envie de rouler avec le scooter, c'est incroyable! Je peux vous dire qu'il n'a pas envie non plus de rouler avec moi, je lui fais peur...

 

Première vision du "rocher": le rocher, c'est Gibraltar, sous son nuage. Impressionant, car il fait 426 mètres d'altitude, alors autant dire qu'on le voit de très loin. J'en suis là à 15 km, mine de rien! Au pied du rocher, avant Gibraltar, la ville de La Línea de la Concepción, et juste en bas, au premier plan, de ce côté de la baie, la ville d'Algesiras.
Le vent s'est calmé, du moins il est beaucoup moins fort de ce côté, et je tiens les rafales en respect maintenant!
Algesiras. C'est la grande ville. Ma carte indique un terrain de camping ici, mais il n'y en a pas. Je demande à des jeunes qui m'expliquent plus ou moins là ou je peux en trouver un, à plusieurs km après la ville, dans la montagne!

 

J'aurais bien voulu photographier le rocher, mais en contre-jour, alors qu'il est sous les nuages, ce n'est même pas la peine. Par conséquent, regardez-bien la photo du dessus, car c'est la seule! Pas de bol.

En fait, le terrain de camping se trouvait à 20 km, au Nord de Gibraltar. Ce n'est pas grave. J'ai pris la décision d'aller à Gibraltar demain matin, tranquillement, au lieu d'y aller ce soir à toute vitesse. De plus, vu le temps qui me reste et l'aspect brouillé, ce n'est même pas la peine de penser faire des photos dans ces conditions.

Donc, ce sera au dodo de bonne heure, et c'est très bien, car j'avoue que le vent de Tarifa m'a fatigué!

17h50, tout est prêt. Remarquez encore le camping andalou, double couverture pour ma tente!
Même s'il pleut, pas de problème. Mais il ne pleuvra pas! Tra-lala-lère....

 

Journée mémorable.
Cadiz la magnifique. Vision de l'Afrique. Vision des taureaux et des gauchos. Tarifa mémorable. Gibraltar.

La rencontre entre Atlantique et Méditerranée.

42 degrés au thermomètre. L'air brûlant. L'impression d'être vraiment en Afrique.

Bilan hautement positif, comme d'habitude, et ce malgré les frayeurs de Tarifa et de ses vents.

 

Les chiffres du jour: 215 km et 183 photos. Bonne moyenne!

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