Delta de l'Ebre - 24ème jour

Vendredi 8 Octobre 2004 - Jour n° 24
Il n'est même pas 9 heures quand je démarre ce matin.
J'avais payé hier soir afin de ne pas être tributaire de l'ouverture des bureaux.
Je retrouve la N340 très facilement; en fait, hier soir, si j'avais suivi la nationale au lieu de me diriger sur le bord de mer, j'aurais trouvé les campings beaucoup plus facilement.

La nationale N340 passe bien au large de la côte, et je n'ai pas vraiment le choix. En effet, comme d'habitude, aucune route ne longe le littoral. Je décide donc de filer directement sur Peñiscola, en passant par la case départ évidemment, mais sans toucher les 20.000 - et ça, ce n'est pas moi qui l'ai décidé, mais ils ne m'ont rien donné au camping...
La route contourne Torreblanca. Mais cette photo n'est pas pour ça, elle est pour mes amis "Rossi", vu l'annonce...

Et voilà Peñiscola et sa plage côté port, et donc côté Sud
Et Peñiscola côté Nord, la fantastique et magnifique plage avec son remblai de 7 km jusqu'à Benicarlo.

Le château de Peñiscola. Le port est juste derrière.
Le château du pape Lune, Benoît XIII, a été construit à la fin du XIIIè sur une vieille citadelle arabe.

Le château en fait est au bout de l'immense plage.

Voilà le front de mer. J'adore. C'est exactement comme je vous le disais il y a quelques jours. Dans l'ordre, la plage, un grand espace pour les piétons et cyclistes, une grande avenue, et à ce moment seulement, les immeubles, pas avant.

De cette façon, c'est acceptable. Tout le monde, même les plus pauvres, peuvent se promener le long de la mer, et la plage n'est pas la propriété de quelques riches parvenus!

Bon, j'arrête de radoter. J'ai trouve ce front de mer splendide.

La plage a été ratissée, ce qui ne fait pas le bonheur de tout le monde...
Le château vu d'un peu plus loin. Dommage que la luminosité ne soit pas bonne.
Je suis là beaucoup plus loin sur l'esplanade du front de mer. Vous avez ainsi une idée de l'immensité de cette plage.
Au fond, on voit beaucoup mieux la situation du château, sur son rocher. C'est donc une vue vers le Sud.
Vous voyez dans le sable les traces du Piaggio, qui s'amuse comme un fou.
Mais non, j'rigole... Le Piaggio, il ne sait pas rouler dans le sable! Pas encore!
Du même endroit bien sûr, vue vers le Nord, vers Benicarlo.
Donc, se "faire" la plage de Peñiscola le matin en se levant, avouez que ce n'est pas qu'une petite ballade...

 

Juste un peu d'orage, il n'est que 10 heures...
Du même endroit: le rocher de Peñiscola. Vous vous rendez compte de la taille de ce front de mer!

 

Juste après Benicarlo, la plage change radicalement.
Elle se transforme rapidement en cailloux, puis disparaît au profit de la falaise!
J'arrive maintenant dans la province espagnole de Catalogne, qui va jusqu'aux Pyrénées, et donc jusqu'à la France.
Sa capitale est Barcelone.

Vers Viñaros, vers le Nord.
Et ce ne sont pas de petits cailloux...
Une villa pratiquement sur la plage - enfin, plutôt sur les cailloux.
La route est complètement défoncée, le coin n'est pas terrible, loin s'en faut. A ma droite, le canal visible ci-dessous.
Une poule d'eau traverse le petit canal.
Quesl processus ont pu former ces trous et ces marques dans les galets, et au bout de combien d'années? Admirable.

San Carlos de la Rápita. Des grottes creusées par l'eau tout près de la côte, en face du port.

Ci-contre une vue satellite du delta de l'Ebre. Le tracé rouge correspond à mon trajet. De cette façon, vous pourrez situer de façon précise les endroits où les photos ont été prises.

Cliquez sur les chiffres pour aller sur les photos correspondantes.

Le point 10 correspond à San Carlos de La Rapita - photo ci-dessus.

Pour les autres points, je vous citerai les numéros dans les textes de description des photos.

 

San Carlos de La Rapita marque le début, au Sud, du Parc Natural del Delta de l'Ebre.
J'ai décidé d'y consacrer une partie de ma journée.
En effet, j'aime beaucoup les lagunes, salines, marais salants, estuaires, embouchures, deltas...
Et celui-, il est immense.
L'homme gagne du terrain sur la nature; en creusant des canaux, il assèche l'immense zone marécageuse!
Voici l'exemple type d'une route dans le delta. De chaque côté, quelques maisons, d'immenses champs, avec de l'eau jamais loin, des canaux, et partout, partout, partout, des centaines de hérons, d'oiseaux, toujours farouches et loin.

 

Tout ce groupe de photos correspond aux points 11, 12, 13 et 14 de la carte du delta.

 

Canal traversant perpendiculairement le delta; pour ma part, je roule plein Est, vers l'Océan et vers l'embouchure.
Toutes ces terres sont dues aux dépôts laissés par le fleuve depuis des siècles.
En fait, je longe ici une zone humide appelée l'Encanyissada.
Les gens ont planté des arbres autour de leurs maisons, et c'est tout de suite beaucoup plus beau.
Tout a l'air de pousser ici. Vous voyez, il y a même des bananiers!
Toujours au même endroit, je suis en fait sur le pont qui enjambe ce canal; ci-dessus la route que je viens de parcourir.

 

Il y a des centaines d'aigrettes, mais toujours hors de portée de mon zoom; là encore, mon télé-objectif me manque!
Un canard (?) traverse la route.
Toujours en route vers l'Est, sur la route située à l'extrême Sud du delta.
L'allée conduisant à une maison a été plantée de superbes fleurs. C'est magnifique.
Ici, il n'y a pas de lotissements!
Les maisons sont distantes de plusieurs dizaines de mètres les unes des autres, voire plus
Je longe maintenant une deuxième zone humide nommée "La Tancada". Elle n'est pas visible de la route.
Ce groupe de photos a été pris aux points 15 et 16 de la carte du delta.
Les routes sont tracées au cordeau, et à angle droit; l'habitat est très dispersé, comme je vous le disais plus haut.

Arrivée sur "l'Aluet". C'est le point 17 de la carte du delta. Je suis "bluffé" par cette immensité.

Le sable, très fin, est légèrement humide; de plus, il a l'air assez dur pour que je puisse rouler dessus. Je tente?

C'est le bout de la route. Tout droit, la mer. Au Nord-Est, la plage des Eucalyptus.
Au Sud-Ouest, l'isthme de Trabucador - très longue et très étroite bande de sable conduisant à la Punta de la Banya.

Je vais vers le Nord-Est, car je ne vois pas de possibilité d'aller au Sud-Ouest.
Ceci est la "route" qui mène du point 17 au point 18
Très jolie "cabane" qui me rappelle les "bourrines" dans le marais vendéen. Elle se trouve tout près du point 19.

Ces photos et les suivantes sont prises du point 19 de la carte du delta, qui est un observatoire pour les oiseaux.
Cette étendue d'eau est la fameuse "Tancada".
C'est génial de rouler là-dessus!
C'est le côté droit de la route. Donc, à gauche La Tancada, à droite la Méditerranée. Voyez la carte, point 19.

 

La platya dels Eucalyptus, immense, du sable à perte de vue, des voitures dans le lointain, des traces de roues.
Mais je peux y aller moi aussi. Qu'en penses-tu, petit scooter, on y va? Allez! C'est parti!
Rouler ici, dans cette espace de "no man's land", est un véritable plaisir; j'ai un peu peur de m'enfoncer, mais...

Je suis très surpris par ce bord de mer; j'ai laissé le scoot un peu en retrait, car le sable devenait de plus en plus mou.
Des pêcheurs au lancer; beaucoup de vent, mais que je ne ressens, très curieusement, que sur le rivage
Le rivage, vers le Nord. De nombreux déchets se trouvent sur l'estran: on voit bien que le nettoyage est rare ici.

Et vers le Sud. Deux violoncellistes traversent la plage et retournent vers le marais.
C'est vraiment très surprenant si l'on n'est pas au courant; heureusement, je l'avais lu sur les guides!
J'ai quand même la chance de "tomber" juste sur eux, le vrai "coup de bol".
En fait, ce sont deux employés communaux payés pour jouer sur la grève, au bout de l'estuaire.
En effet, on a remarqué que le poisson vient par bancs entiers écouter le violoncelle, et mord beaucoup plus facilement à l'hameçon qu'il est shooté aux notes de cet instrument.

 

...

Mais non, je rigole! Ce sont des pêcheurs qui retournent à leur voiture.

C'est une fois arrivé là que j'ai stoppé le scoot; en vérité, je n'ai pas trop le courage de devoir pousser s'il s'enfonce.

 

Impossible de remonter plus au Nord. Il faut faire un grand détour pour contourner cette zone et aller de l'autre côté.
Je longe un canal et j'arrive à Sant Jaume d'Enveja. Un restaurant sur le bord de la route attire mon attention: ça sent bon le restau de routiers, des camions sont arrêtés, des ouvriers du coin. C'est génial. Je ne me suis pas trompé.
C'est délicieux, ce n'est pas cher, et en plus c'est "à la bonne franquette". J'ai vraiment adoré.

Le canal de "la Dreta de l'Ebre". C'est le point 23 de la carte, petit cliché vers l'arrière. Je trace vers le point 24.

C'est le point 24. A l'horizon, vous pouvez voir la mer.
Je suis dans un mirador d'observation, devant le canal de Migiorn.
En face, c'est une île: l'Illa de Buna.
Au premier plan, la petite route qui se termine sur la plage. Au fond, la mer Méditerranée.
Sous moi, une mer de roseaux qui oscillent au vent.
Je ne voudrais pas m'aventurer là-dedans; je suppose qu'il y a de l'eau dessous; ils sont plus haut que moi.
Encore une immense belle plage vide, j'ai un peu l'impression de retrouver l'océan atlantique.
J'aimerais aller me ballader avec mon télé-objectif plus à l'intérieur du marais, pour mieux voir les oiseaux.
Mais comme d'habitude, c'est une question de temps...
Là, on ne pénètre pas à pied, et en bateau non plus, les roseaux sont trop épais. C'est le domaine privé de la nature!
Bien qu'en contre-jour, je voulais vous donner une idée de cette mer de roseaux; c'est magnifique.
Les hommes ne sont pas loin, avec leurs engins motorisés... Je pense que dans 20 ans, il n'y aura plus beaucoup de roseaux par ici; vous voyez la route par laquelle je suis venu; c'est un régal de la parcourir avec le Piaggio.
Et voici le point 25: je suis maintenant arrivé sur la plage. Ici, une maison abandonnée.
Partout des déchets rejetés par la mer, et non enlevés par les hommes. La plage est presque déserte.
Le mirador du point 24 en haut duquel je me trouvais tout-à-l'heure.

Je retourne maintenant vers Sant Jaume d'Enveja.
Toutes les photos qui suivent ont été prises entre les points 25 et 28, le lon du canal de Migiorn.
La population en hérons de différentes espèces est énorme; en effet, je débusque sans cesse des hérons qui s'envolent à l'approche du piaggio. Le temps que je m'arrête et que je prenne l'appareil photo, ils sont déjà loin!
Monsieur va se mettre à distance respectable de l'homme. En fait, ça m'énerve, mais j'admets qu'il a raison
Et c'est l'atterrissage.
J'avais peur qu'il se retourne et me tire la langue. Mais non, il est resté très digne, beau, simplement naturel.

Et encore un autre un peu plus loin; ce n'est pas la même espèce. Il est blanc et noir, c'est magnifique.
C'est admirable, alors j'admire. Admirez aussi! Et dire que toutes ces terres sont dues aux alluvions déposés par l'Ebre.
Et voila le canal de Migiorn.

Et voici l'Ebre, telle qu'il est au point 28 de la photo-satellite. Majestueux, immense.
De l'autre côté, rive gauche donc, les roseaux vont jusqu'à la berge et forment comme un mur.
C'est là que je pose le scooter pour aller voir le grand fleuve.
Près du scooter de l'Ebre, une jolie libellule; il y en a partout. Qui a dit que l'endroit n'était pas trop sec???

C'est le point 29. Un ferry - un bac - effectue la traversée continuellement. Sinon, le détour fait environ 25 km.
Le voilà qui arrive.
La traversée se passe entre Sant jaume et Deltebre.
Je suis sur le bac maintenant, et je regarde la rive s'éloigner.

Je traverse ensuite le nord du delta de l'Ebre et je roule vers l'Ampolla.
L'Ampolla, et la Punta del Cap-roig.
La platja de l'Ampolla. C'est une énorme déception. La plage est pleine de cailloux. Et de détritus.
Et je vois des gens qui fouillent parmi les déchets échoués sur la plage.

 

Je viens de faire une trentaine de km depuis l'Ampolla, sur la N340.
L'Hospitalet de l'Infant, qui doit son nom à un ancien hôpital de pèlerins fondé en 1314. Ci-dessus la rivière...
C'est ce qui a attiré mon regard en passant. Encore une fois, où est passée l'eau???

 

Cambrils. Je suis allé dans un cyber-espace prendre des nouvelles et envoyer tous mes mails aux amis et à la famille.
Cambrils toujours.
Le Piaggio dans les rues de Cambrils. Regardez ce magnifique pin parasol. Une merveille.
Et encore un splendide pin parasol. J'adore ces arbres majestueux.
Un camping-car de toute beauté. J'ai discuté un moment avec son propriétaire; il a tout fait lui-même, et il s'est fait rentrer dedans en Espagne! Il en était malade. C'est un superbe travail.
La platja de Salou. Mon scooter est fatigué ce soir. Il a envie d'aller se coucher. A moins que ce ne soit son proprio..?

Après avoir été éconduit d'un terrain de camping pour cause de "complet" - eh oui, c'est impressionnant l'Espagne, un terrain de camping complet le 8 octobre, rempli pratiquement que d'Anglais, c'est ce que m'a dit la réceptionniste, en me disant qu'ils réservaient d'une année sur l'autre et restaient plusieurs mois sur place, comme à Mar Menor avec mes Allemands...- vous pensez bien que j'accepte immédiatement dans le suivant, ne voulant pas courir de risque.

Il est 19 heures, la douche est prise, j'ai mangé, impeccable. Je n'ai plus qu'à m'occuper de mon petit train-train quotidien: transfert des photos, transfert de la trace GPS, retrouver les lieux de prises de vues, tracer l'itinéraire exact effectué, et préparer l'itinéraire de demain. J'adore faire tout ça, surtout la découverte des photos et la préparation de la journée du lendemain.

 

Il y a plusieurs caravanes de Belges et de Français sur ce terrain; et il y a notamment un Français d'un sans-gêne incroyable. Il doit être installé ici pour et depuis plusieurs semaines, on sent l'habitué, voire limite le proprio. Il a un genre de mobil-homme qui fait une grande superficie, avec jardinet, et barrières d'entrée dans le jardinet! Ses fenêtres sont grande ouvertes sur la "rue", et la télé est allumée, dirigée vers les "autres", de façon à ce que nous ne manquions rien, et le son est fort, voire même très fort! Je déteste ces gens-là. Pauvre type! Incapable de vivre seul, il force les autres à partager sa vie avec lui. On n'a rien demandé, nous. C'est comme ceux qui roulent en voiture fenêtre ouverte avec la musique à fond pour que tout le monde entende... On s'en f... de votre musique, de votre télé, ....

Pourquoi est-ce un Français? Parce que le match de foot qu'il regarde se déroule en France, commenté en Français.
La parabole est sur le toît...

Bon, je m'énerve. Allez, je rentre sous ma tente. Bonne nuit!

 

Les chiffres du jour: 241 km, 199 photos.

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