Retour en France - 26ème jour

Dimanche 10 Octobre 2004 - Jour n° 26

J'ai pris une grande décision hier soir en préparant mon itinéraire.
Comme le temps n'est pas terrible, je ne vais pas continuer sur la côte. Et pour plusieurs raisons.


D'une part parce qu'il n'y a pas de route qui suit le littoral entre Sant Feliu et la France, il faut faire de très nombrexu détours et poursuivre vers des cul-de-sacs.
Et d'autre part parce que je connais bien la magnifique corniche du Cap Cerbère qui remonte vers Port-Vendres.

Et enfin parce que j'ai une envie de montagne, de changement radical. Je ressens profondément la fin du voyage.
Comme je dois couper en diagonale vers la côte vendéenne, autant couper de suite.

C'est comme une évidence. Je quitte la côte immédiatement, et je prends Toulouse en point de mire. Et on verra.

Lorsque je quitte le camping ce matin, il est à peine 8 heures et demi.
Le temps est au beau fixe, ce que je n'aurais jamais imaginé hier.
Bien mieux, le ciel est d'une très grande pureté , ce que je n'ai vraiment pas vu depuis longtemps!
Je quitte Sant Feliu de Guixols par le Nord-Ouest, la route C65, direction Girona.
La route est belle et très agréable, et je suis seul. C'est normal, vous savez, le dimanche matin, en Espagne...

Une quinzaine de km après Gerona (ville que j'ai contournée, évidemment), je vois ce château dans le lointain.
C'est tout près de Ravós del Terri.

Besalu. Magnifique apparition dans mon champ visuel. Un pont fortifié d'origine romaine et reconstruit au Moyen-Age.
Un monastère bénédictin fondé en 977, une église romano-gothique du XIIIè.

Exceptionnel.

La route passe sur un pont parallèle. Voici le pont fortifié vu de l'autre côté, dans le bon sens pour le soleil et la lumière
Vraiment, ça change de la mer. C'est beaucoup plus reposant. Je suis admiratif! La restauration est superbe.

 

Je roule désormais sur la C66, dans la direction d'Andorre.
La montagne est de plus en plus haute. J'arrive dans les Pyrénées, et très vite. Je n'en reviens pas du changement.
Ici, photo prise entre La Canya et Capsec, au point 42,209 N - 2,481 E

 

Un peu plus loin, je traverse un long tunnel à la sortie duquel je change complètement de direction.
Si je prends à gauche, je vais à Bourg-Madame, puis le col de Puymorens près d'Andorre, et Ax-Les-Thermes: le NO
Si je prends à droite, je vais à Prats-de-Mollo, Amélie-les-Bains puis Perpignan: le NE

La logique serait de prendre vers le Nord-Ouest. Mais je connais déjà.
Donc je prends à droite, vers le Nord-Est, vers une région que je ne connais pas.

Un peu plus tard, entre Sant Pau de Seguries et La Ral, sur la route de Camprodon. C'est superbe.

 

Le paysage est de plus en plus beau, de plus en plus montagneux; ça grimpe pas mal, c'est du bonheur.
J'arrive à Mollo, dernière ville espagnole avant la frontière avec la France.

 

Mollo.
Mollo: l'église Santa Caecilia, du XIIème siècle, restaurée en 1952.
Vue aérienne sur Mollo. Dommage, ce gros cable électrique ci-dessous.

 

Et ça grimpe encore; encore une vue sur Mollo. Quel plaisir, cette ballade en montagne, je suis heureux de mon choix.
C'est magnifique. Et Mollo qui est toujours visible.

 

Vue générale sur la chaine des Pyrénées.
Superbe petit nuage blanc qui passe dans ce beau ciel bleu. Superbe pylone électrique dans ce merveilleux paysage...
Vue de la route vers l'arrière.
Dernières photos d'Espagne.
Le dernier chardon espagnol.

Col d'Arès, altitude 1513 mètres, frontière franco-espagnole.
Et on voit encore Mollo dans le lointain, au zoom maxi ci-dessous.
Vue sur la D115 qui descend vers Pratz-de-Mollo.

 

 

J'arrive donc en France, ce qui marque le début de la fin de ce merveilleux voyage en Espagne et au Portugal...
Les couleurs de l'automne, les arbres se teindent de roux.
J'allume mon téléphone portable et j'appelle longuement toute la famille. C'est le côté positif en rentrant au pays.
De gros nuages s'accumulent à l'horizon. Mauvais signe?
Le scooter saute de joie à l'idée d'entamer une très longue descente vers Amélie-les-Bains.
Dans les lacets, juste sous le col d'Arès.

Vue sur Pratz-de-Mollo, ma première ville française. Et son château - au zoom du même endroit.
L'église de Pratz-de-Mollo.
La montagne est fascinante pour son calme et ses aspects en changement perpétuel.
La route pendant la descente. Difficile à photographier à cause des arbres et de l'ombre qu'ils forment.
Pratz-de-Mollo. Il y a sûrement de belles choses à voir, mais je ne fais que passer. Mine de rien, il est déjà midi...

Je viens de traverser Amélie-les-Bains. Coup d'oeil plongeant sur l'arrière.
Vue générale sur Amélie-les-Bains. Je suis installé sur le bord de la route et savoure un énorme sandwich de gros pain blanc et frais plein de beurre et de jambon. Hum! C'est délicieux. Il y avait bien longtemps!

C'est de ce point que je photographie Amélie-les-Bains, et que je m'installe pour manger.

C'est à Amélie-les-Bains que je change complètement de direction générale; en effet, si je continue sur cette voie, je vais me retrouver rapidement à Perpignan, ce qui n'est pas vraiment ma route...
Je tourne donc sur ma gauche pour prendre la D618, petite départementale filant globalement au NO.
Cette route est une merveille pour un scooter. Elle est cependant très lente, car les virages, très serrés, se suivent pratiquement sans discontinuer; par conséquent, c'est quand même une route difficile, sur laquelle les chronos sont totalement proscrits, et de toute façon hors de portée.

C'est le village de Saint-Marsal, que j'aperçois d'assez loin, perché sur la muraille.
Saint-Marsal. Vue vers les forêts que je viens de gravir.
Traversée de Saint-Marsal.
Dernier coup d'oeil sur Saint-Marsal; la route continue de s'élever vers le col.

Peu après Saint-Marsal, j'arrive au col Xatard à 752 m d'altitude. Là, je prends cette fois la D13, route minuscule...
La route passe au large de La Bastide; je suis presque sur un plateau. C'est encore une fois magnifique.
La Bastide. Il est bien évident que tous ces villages mériteraient une visite... Un jour peut-être, j'espère.

 

Un peu plus loin, avant Valmanya. Le ciel est de plus en plus chargé. J'adore ces nuages blanc-gris.
Le Piaggio, de son côté, ne perd pas une miette du spectacle vers l'arrière...

 

Toujours entre La Bastide et Valmanya.

 

J'entame la descente vers Valmanya. La végétation est luxuriante.

Baillestavy, quelques km plus loin. Encore un village qu'il faudrait arpenter à pied.
On dirait que le Piaggio se met à faire du tout terrain... C'était pour prendre la photo du dessus.

 

La route suit cette jolie vallée, entre Baillestavy et Finestret.
Et un zoom sur le torrent, un! Qu'est-ce-que j'aimerais passer une journée à longer ce torrent.
La descente est vraiment longue et sinueuse à souhait. Un plaisir de conduite.

Entre Prades et Catllar, entre deux virages à angle droit, cette chapelle.

 

Vraiment pas facile de stationner: la route est très étroite, et il n'y a pas de parking!
Les deux photos suivantes ont été prises lors de cet arrêt.
Tout près de Molitg-les-Bains. C'est absolument magnifique. Les vallées sont extrêmement encaissées.
Se promener dans ces montagnes, sur les sentiers cachés, doit être génial. Encore manque de temps...

Mosset. Les nuages, de gris blanc, sont en train de virer carrément au gris...

 

Trouée lors de la montée au col de Jau.
La route peu avant le col. Les feuilles mortes jonchent le bas-côté, les arbres sont rouges: c'est l'automne.
Hier, sur la côte espagnole, les gens se baignaient... Quel changement! En si peu de temps.
Col de Jau. 1506 m quand même. Il marque la frontière avec l'Aude. Le nuage, lui, passe tranquillement au-dessus.

 

Après une descente de 19 km, arrivée sur la D118, un peu avant Axat, sur les bords de l'Aude.
L'Aude a creusé son chemin dans le roc. C'est tout simplement superbe, comme toutes les gorges.
L'aspect général est complètement différent, juste en changeant le sens de l'appareil photo.
Pour faire la route, il a sûrement fallu faire sauter des mines! Le passage est tout de même très étroit.
Les premiers hommes qui sont passés ici ont du nécéssairement mettre les pieds dans l'eau!
L'eau et le temps ont eu raison de quelques morceaux de minéral, mais vraiment très peu...
Et pour ce très peu, combien de millions de mètres cubes d'eau, combien de millions d'années?

 

Il est maintenant 17 heures. Je sors de la montagne, mais il faut quand même que je trouve un camping ce soir aussi.
Or, je ne suis plus sur la Costa méditerranéenne espagnole, et les campings, ici, sont désormais fermés!

Je décide de suivre la route jusqu'à ce que j'en trouve un, ou alors je prendrai l'hôtel, je l'ai bien mérité.
Mais je préfèrerais un camping, car le Piaggio aime bien que je couche auprès de lui... Il l'a bien mérité aussi.

Il a avalé tous ces cols sans aucun problème, "les doigts dans l'nez...".
Mais ça, je le savais déjà, il a déjà fait tous les cols pyrénéens l'an dernier, je vous raconterai bientôt, si vous êtes sages

Après Axat, j'arrive sur les grands axes. Je prends la N117 direction Foix. A Quillan, je prends la N20 vers Toulouse.
Et juste après Campagne-sur-Aude, je vois un panneau "camping" un peu tard. Je fais demi-tour. C'est le bon.

En fait, il s'agit d'une aire naturelle que je croyais fermée. Je m'approche, et je "tombe" sur le propriétaire.
Et devinez quoi. C'est la première personne avec qui je parle depuis que je suis en France.
Or, cette personne parle très très mal le Français; c'est un Allemand, et c'est en Allemand, dans mon pays, que je vais prendre possession de mon emplacement! Incroyable!
Et le camping est occupé par des Anglais, des Allemands, un Hollandais, un Belge, et... un Français ce soir!

 

Je suis très bien installé. Les sanitaires sont par contre un peu "limite", mais bon, c'est quand même super.

 

Alors que je suis couché sur mon matelas, sous la toile, en train de regarder mes photos du jour, j'entends un bruit sur la toile, qui devient de plus en plus régulier: il pleut. Je suis bien. Mais je commence à penser à la suite du voyage.

 

En fait, j'avais l'intention de me "faire" les Gorges du Tarn avnat de rentrer. Je vais changer tous mes plans ce soir.
J'ai été verni par le beau temps pendant ce voyage, un super bol. La pluie arrive. C'est l'automne.

Je prends la décision de rentrer à la maison. Mon voyage a été merveilleux et s'est déroulé sans encombre.
Ce fut splendide, j'ai la tête pleine de souvenirs. C'est certainement un de mes plus beaux voyages.

Et je pense que le fait d'avoir atteint mon but n'est pas pour rien dans ce sentiment de plénitude.

Donc c'est décidé. Demain, direction la Vendée.

 

Les chiffres du jour: 301 km de montagnes, au moins 200 de virages... et 128 photos.

 

Une journée splendide, dont je me souviendrai assurément pendant très longtemps.

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