De Limoux aux Sables d'Oloenne - 27ème jour

Lundi 11 Octobre 2004 - Jour n° 27
Je pars à 9 heures, direction Limoux sur la D118 -anciennement N118- puis la D623 vers Castelnaudary.

 

Puis je prends l'autoroute A61, sur l'entrée 22, après être allé faire le plein dans un petit village à côté, Bram.

Le temps est plutôt beau, je ne vais pas me plaindre.

Je démarre ma portion autoroute à 10h25, après 55 km de route.

J'arrive à Toulouse-Sud à 11h. 61 km parcourus en 37 minutes, soit 99 km/h de moyenne, avec une pointe à 109 km/h

A noter que ces chiffres sont issus du GPS. Ce sont donc de vraies vitesses, de vrais chronos, très précis, très justes!

Par conséquent, chargé comme un bourricot, avec ses 2 sacoches, je fais quand même du 100 de moyenne!
Et tout ça en consommant moins de 4 litres aux 100 km, avec une autonomie de plus de 300 km.
Chapeau bas, petit scooter. Je suis très fier de toi!

Je m'arrête vers midi vingt, un peu après Agen, faire le plein et manger.
Je viens d'enfiler 125 km en 1h15, soit 99,57 km/h de moyenne, avec une pointe à 114 km/h.
Génial, ce scooter, vraiment génial.

J'avale mon sandwich en 20 minutes. Je suis pressé de repartir, car le temps n'est pas beau.
J'ai déjà essuyé plusieurs averses, et ce sont des trombes d'eau qui s'abattent sur moi alors que je viens juste de démarrer, avec de très fortes rafales qui me secouent dans tous les sens.
Cependant, le vent a un avantage: il me sèche vraiment très vite, surtout qu'avec le scooter, je ne mouille pas très vite...

Ce temps de giboulées va m'accompagner jusqu'à Bordeaux sans arrêt. Pluie, éclaicie, vent, pluie, etc.
Plus que la pluie, c'est vraiment le vent qui me gêne, car les rafales sont très soudaines autant que violentes.
Souvenir: c'est un peu comme à Tarifa, au Sud de l'Espagne, en moins violent, mais vu ma vitesse...

Il est 14 heures, je suis au Nord de la ville de Bordeaux...
Je viens encore de faire 127 bornes en 1h22, moyenne 92 km/h, pointe à 109,5 km/h.
Ma moyenne a un peu chuté à cause du vent, les rafales sont vraiment terribles!

Mais ça trace quand même. Franchement, avec ce scooter, les kilomètres défilent vite.
Et si ce n'était le vent, ce serait vraiment sans aucune fatigue.

Je quitte l'autoroute à Rochefort, vers 15h45.
L'autoroute passe en deux fois deux voies, mais je ne vois pas de différence!
En effet, le vent très violent est un vent d'ouest, et je roule face à lui depuis le péage.
J'ai énormément de mal à rouler à 90 km/h.

Il pleut beaucoup moins souvent.
Je viens de parcourir 147 km en 1h44, soit une moyenne de 84,5 km/h avec une pointe à 113,5 km/h.

Ma moyenne a bien chuté, les fortes rafales d'Ouest lorsque je roulais plein Nord m'obligeaient à ralentir.
En effet, comme à Tarifa, j'ai plusieurs fois eu très peur de tomber.

Je commence à avoir vraiment mal aux bras, à force de maintenir le scoot droit dans les bourrasques!

De Rochefort à La Rochelle, la route est une 2x2 voies. Je double un très gros camion, style américain, avec difficultés, mais je le fais, car il roule pratiquement à ma vitesse et m'envoie des tonnes d'eau. En fait, il va me suivre de près continuellement, et ajouter à mes soucis continuels de gestion du vent. De plus, la pluie revient mettre un peu de gaîté dans tout ça. Charmant! Bref, je vais parcourir ce bout (31 km) à la moyenne de 81 km/h, avec une pointe à 102 km/h seulement. Donc, comme vous pouvez le constater, ma moyenne continue de chuter, le vent devient difficile à gérer, peut-être aussi la fatigue qui s'accumule...

La Rochelle... C'est là que je prends les petites routes, surtout pour "couper" au niveau du kilométrage. Oui, je l'avoue, je suis maintenant très pressé de rentrer. Je franchis ma dernière frontière départementale: je rentre au pays, c'est la Vendée. Mais elle me réserve une grosse surprise! Le ciel s'assombrit de plus en plus, et, de fait, ce sont littéralement des trombes d'eau qui vont se décharger sur mon pauvre X9 et sur son pauvre cavalier. Je roule plein Nord, ce qui fait que je reçois le merveilleux vent d'Ouest, le vent atlantique que j'adore, de plein fouet sur mon flanc gauche. Ah mes amis, je suis servi! C'est dantesque. Les rafales accompagnées de dizaines de seaux d'eau en pleine tronche me poussent sur la droite, vers le fossé! Je manque de tomber à chaque seconde. Je mets toute ma force sur la gauche pour maintenir mon cap droit, mais attention: quand la rafale s'arrête d'un coup, c'est moi-même qui précipite le scooter à gauche, car il n'y a plus de contre-poids! Sans cesse. Je suis littéralement épuisé. J'envisage de m'arrêter et de me coucher dans l'herbe, dans l'eau, je me moque de tout, plus rien ne me touche, la pluie ne me dérange plus, c'est le vent qui me tue! Les haies de tamaris qui longent la route par endroits sont couchées à l'horizontale; une masse d'eau vole de la gauche vers la droite, et je me surprends malgré tout à trouver ça magnifique. C'est la nature, dans toute - non, pas toute, elle est capable de beaucoup plus, elle s'amuse juste un peu aujourd'hui - sa beauté, car il faut bien le reconnaître, c'est beau, c'est splendide, c'est un déchaînement admirable. Oui, je sais, vous allez me trouver dingue, mais j'ai mal et j'admire. Et je me dis que je ne vais pas m'arrêter si près du but! Allez, pèpère, un peu de courage, t'as fait le plus dur, t'es arrivé...

Et je parviens enfin à Luçon; ah oui, c'est sûr, j'ai souffert aujourd'hui dans le marais vendéen, et j'imagine un tout petit peu ce que devaient subir nos ancêtres, à pied ou avec leurs chevaux, et les charettes, sur ces jetées de terre détrempée, dans ces fondrières, toujours à la limite de la noyade, lors des tempêtes atlantiques! Car la mer n'est jamais loin ici, et surtout, elle est pratiquement au même niveau que nous! Alors qu'une petite digue lâche, et c'est la catastrophe assurée... Une fois de plus, pour ma part, je suis fier de mon cheval, qui a traversé cette épreuve sans sourciller, sans gémir, sans grogner, non, en ronronnant seulement, imperturbable, merveilleux. Sur ces 35 derniers km parcourus, ma moyenne est "tombée" à 58 km/h; le X9 m'a quand même fait une pointe à 97 km/h, chapeau bas!

Il est 17 heures. Me voilà à nouveau dans Luçon. Vous vous souvenez, la statue photographiée le jour de mon départ? Quel changement. Je ne pensais pas arriver sous un tel déluge d'eau, c'était alors un déluge de ciel bleu... Pas question de faire le touriste, l'appareil photo restera dans son abri de plastique.
Les conditions météo se poursuivent ainsi jusqu'aux Sables d'Olonne; je termine à la même moyenne, 59 km/h, mais je termine! Et 59 km/h, dans de telles conditions, avec tout mon chargement, je m'estime vraiment heureux.

Je n'ose pas imaginer ce même parcours en vélo, avec juste mes jambes pour avancer, la moyenne aurait été entre 10 et 15 km/h, au grand maximum, et moyennant quelle fatigue! Là, je suis épuisé, c'est vrai, mais ce sont mes bras qui sont "morts": aucun problème pour les jambes.

17h45. Les Sables d'Olonne. 11 octobre 2004. Fin du voyage. Début des souvenirs.

 

Les chiffres du jour.

627 km en 8h47, soit 71,33 km/h de moyenne, avec une vitesse maxi de 114 km/h.

Compte tenu des conditions météorologiques, ceci est bien la preuve, s'il en est encore besoin, que tous les voyages sont à la portée du Piaggio X9 125 cm3. Merci à lui.

 

Merci à tous ceux qui ont lu ce récit jusqu'au bout. Merci à l'avance pour vos commentaires dans le livre d'or.

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