Esp20170910-11

11/09/2017 : jour n° 7, 183 km.

L'itinéraire.




Le dimanche 10 septembre, je suis donc resté sur le camping. Le vent est fort, mais il balaie les nuages; par contre, il ne fait pas chaud. Je passe une partie de la journée au bar à commencer mes compte-rendus. Ci-dessus une photo du village de Aguero, situé juste au-dessus du camping.

Et lundi 11 septembre, nous reprenons la route. Tiens, le 11 septembre, j'y pense en l'écrivant, mais ça ne m'est pas venu à l'esprit de toute la journée. Départ à 8h30, en mode séparé. En effet, je décide de faire un bout du TET, ou Trans Euro Trail, mis en route cet été. Ma soeur ne peut évidemment pas me suivre en voiture (avec un 4x4, c'était possible), et je lui positionne le point de rencontre de mon chemin et de sa route sur son GPS : 12 km pour moi, et 32 km pour elle... C'est le coeur battant que je m'élance dans cette "mini" aventure (je peux faire demi-tour à la moindre difficulté), car j'y pense depuis quelques semaines, et je me suis lancé dans ce voyage avec Droopie en partie pour ça !

La route commence au camping et se termine très vite en chemin. C'est majestueux : d'abord en raison d'un des monolithes des Mallos d'Agüero qui domine la piste, ensuite en raison du départ du routin, recouvert de petits cailloux ronds, qui plonge profondément. Avec Anoukis, je ne m'y serais jamais risqué. Avec Droopy, j'y vais avec plaisir et sans aucune appréhension. Bien entendu, je ne fais pas mon fou, je roule prudemment, mais complètement détendu. C'est divin !

Le bonheur que j'éprouve est total, avec un paysage hors du commun, une météo parfaite, et une moto merveilleuse qui me comble totalement.

Lentement mais sûrement, la piste devient plus difficile. La pierre se fait plus présente, les descentes plus longues et par endroits creusées de ravines plus ou moins profondes que je devine creusées par l'eau lors des forts orages. J'arrive devant un gué, bien minuscule, mais que je suis quand même fier de franchir avec Droopie.

Non, je ne suis pas passé ici, c'est le ruisseau que je franchis sur un pont (voir plus loin). Par contre, (et je n'ai malheureusement pas de photo à vous montrer car pendant l'action, on ne s'arrête pas), j'ai eu à grimper de nombreuses côtes fort pentues, plus larges que ce ruisseau, mais aux cailloux aussi gros, aux ornières énormes, aux pierres formant parfois un escalier naturel. Et là, ça tirait très dur sur mes bras, car Droopie maintenait son rythme pour, justement, ne surtout pas arrêter pendant l'effort. Bien sûr, tout ceci debout sur les cale-pieds. Alors oui, là, j'ai mouillé la chemise, j'étais trempé de sueur, ce fut très physique, mais en même temps, je ne me suis jamais senti en difficulté avec ma petite moto, ce fut une expérience incroyable, qui m'a rempli de joie et de fierté car jamais, au grand jamais, je ne me serais cru capable de passer de tels endroits avec une moto il y a de cela seulement quelques semaines !

C'est le petit pont dont je vous parlais. C'est une vue arrière vers ce que je viens de passer, et vous voyez la côte qui suivait le pont. Quelques cailloux, mais rien au regard de ce que je vous expliquais plus haut. Cependant, la photo rend bien compte des pentes, et c'est pour ça que ça tirait dans les bras ! Je vous laisse regarder quelques photos choisies un peu vite, et il faudra que je les visionne mieux chez moi pour vérifier si je n'en ai pas une ou deux reflétant les passages les plus difficiles.

Les paysages étaient variés, tantôt en pleine forêt, tantôt en surplomb. Ici, je suis presque arrivé au point de rendez-vous avec ma soeur. Elle m'a fait un bon café, que j'ai énormément apprécié après ces efforts. Je tire de cette expérience beaucoup d'enseignements sur mes voyages futurs. D'abord, je sais que, contrairement à ce que je pensais, je ne suis pas spécialement intéressé par ce genre de piste, pour plusieurs raisons. D'abord, parce qu'il ne me semble pas très sérieurx de s'y lancer seul : une mauvaise chute est toujours possible, et ces chemins sont très peu fréquentés (je n'ai rencontré personne, par exemple !). Ensuite, la moto est soumise à rude épreuve, et il conviendrait de la préparer en conséquence : protections latérales, sous le moteur, etc, faute de quoi les dégâts pourraient être lourds (gros cailloux rebondissant là où il ne faut pas, etc). Ensuite, le problème des crevaisons : j'ai eu la chance de ne pas en avoir, mais j'avoue que je ne saurais pas réparer. Ou alors, là encore, il faut apprendre à le faire, et bien entendu transporter le matériel nécessaire... Tous ces éléments que je viens de vous décrire sont pour moi rédhibitoires : je hais la mécanique, je repousse toujours au maximum les soucis : faire le TET, c'est justement se jeter dedans ! Ensuite (eh non, je n'en ai pas encore fini avec cette analyse fructueuse), je dois admettre que, pris par le pilotage à 100 %, il est difficile d'admirer le paysage, qui passe au second plan. Alors oui, piloter est un plaisir très fort qui apporte énormément de bonheur, sublimé par le fait de réussir les multiples défis qui s'enchaînent, mais je voyage bien plus pour les paysages que pour le pilotage. Enfin, il y a de nouveau le chapître du stress. J'en ai eu sur ce petit parcours, mais du bon stress, j'entends par là que je ne me suis jamais fait peur. Mais je sais bien, pour avoir suivi pendant deux semaines les récits des motards lancés sur différentes parties du TET en Europe, qu'il y a des portions très difficiles, avec un mauvais stress à la clef, du moins pour moi, et je ne veux pas avoir peur de nouveau. Je m'explique : j'ai acheté cette petite moto pour me libérer du stress du pilotage d'une grosse bécane dans les lieux délicats, et c'est une réussite absolument totale, puisque je ne connais plus la peur en moto avec Droopie. Du coup, me lancer dans le TET européen serait me remettre en difficulté. Il serait idiot de tomber de Charybde en Scylla ! Je dis donc à ma frangine que j'ai a-do-ré ce que je viens de faire, mais que je ne veux pas continuer dans ce registre, préférant rouler sur les petites routes, m'y arrêter n'importe où, aller faire un tour sur un chemin pour mieux voir un paysage, et savourer la nature qui m'entoure sans être en partie détourné par le pilotage. Au final, je sais donc que j'ai choisi la bonne moto pour continuer à rouler en deux-roues dans la joie, et que c'était bien ça ou la fin de mes voyages en tant que motard. Fin de l'exposé, désolé d'avoir été si long.

Là-bas, au loin, les "mallos" d'Agüero, d'où je suis parti... Nous reprenons donc notre parcours, au gré des petites routes d'Aragon et de leurs villages aux ruelles étroites et difficilement praticables en voiture. Par contre, avec Droopie, c'est génial ! Dans ces villages, la lumière pénètre bien difficilement dans les rues, et les bars sont toujours dans la pénombre !

Dans ce village, c'est une dame qui nous fait nos "bocadillos" dans un bar où il faisait presque nuit, le rideau formé de lanières de plastique installé dans l'ouverture de la porte (pour contrer les mouches...) empêchant définitivement le peu de lumière de pénétrer dans la pièce !

C'est ici, dans une région dévastée par les feux de forêt, que nous dégustons nos sandwichs. Le soleil brille, et il fait bon dehors. Ma soeur me sort toujours une chaise, et nous mangeons à l'arrière de la voiture, protégés d'un vent qui souffle assez fort.

Puis c'est l'arrivée au très fameux Désert des Bardénas. J'étais déjà venu ici avec une petite 250 cm3, en l'occurence avec Serparti, en 2013. Je vous laisse admirer. J'ai eu la joie de voir ma frangine complètement subjuguée par ces paysages très spéciaux, que j'avoue beaucoup aimer également. La piste est extrêmement facile et peut se faire sans aucun souci avec n'importe quel véhicule.

Le camping du soir avait la particularité d'être habité par des nuées de moustiques, qui ne m'ont pas loupé ! Je n'en garderai donc pas un souvenir admirable, d'autant plus qu'il était assez cher.

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