15ème jour

Lundi 28 avril 2008.

Eh bien ma foi, si j'ai eu une soirée relativement ensoleillée, il n'en est pas allé de même pendant la nuit.
Il a plu sans arrêt, avec de fortes rafales ayant bien secoué la tente. Dans mon demi-sommeil matinal,
je m'étais préparé psychologiquement au pliage sous une forte pluie.

Et... elle s'arrête alors que je m'apprête à me lever. je ne m'en suis pas aperçu tout de suite. C'est en m'habillant
que j'ai réalisé qu'il n'y avait pas de "tam-tam" sur la toile. Mais, il ne pleut pas! Incroyable!

Mais vrai. En fait, une bruine va réapparaître alors que la tente, qui était presque sèche, était pratiquement
vide et en passe d'être pliée! Une fois de plus, elle a donc été pliée à l'état semi-humide...

Je vais ensuite dire au revoir au patron, et le féliciter pour son camping. Non, sans rire, quand c'est parfait à
ce point, il faut le dire. C'est le Blackthorn Farm campsite. Pour Pirmil, le site internet est: www.blackthornfarm.co.uk.
Pour la petite histoire, je vais vous raconter comment s'est passé mon premier contact avec ce camping.
J'ai envoyé un mail donnant les détails sur mon passage, et demandant les tarifs pour un seul gars, une petite tente
et une moto. Une réponse rapide m'est parvenue -ce qui est déjà bien, car certains ne m'ont pas encore répondu au mail
envoyé voici deux-trois mois maintenant...- avec le tarif de 18 £... Bon, là, c'est vraiment cher, surtout pour un
camping à la ferme. Ce à quoi je lui ai répondu qu'il était plus cher que l'Islande, réputée pour être un des pays
touristiques les plus chers au monde! Je lui ai dit que je ne paierai pas ce prix, que les campings ne manquaient pas
sur Anglesey -ce qui est vrai-, et que je l'avais choisi pour sa situation proche du ferry, mais que je n'étais pas à
50 km près pour me rendre au départ du bateau. Enfin, je lui faisais part de mes sentiments personnels vis-à-vis
de son tarif, à savoir que je comprenais très bien s'il ne pouvait changer son prix, mais que s'il considérait qu'il
gagnait quand même un peu d'argent en me faisant un tarif spécial, ce serait très bien aussi. Bref, j'ai été correct, courtois,
poli. Je m'en souviens très bien, c'était un soir, vers 21 heures, c'est vous dire.
Et si je m'en souviens, c'est parce que j'ai reçu une réponse dans les cinq minutes suivantes. Je vous la livre telle
quelle " Good evening again, ok I will do it for £10 as a special deal for you!! Regards Richard".
Voilà, donc en plus, c'est un gars très intelligent! Evidemment, il se souvenait parfaitement de notre échange, et se rappelait
très bien du prix consenti. Il m'a accueilli comme un ami, nous avons discuté un bon moment ensemble, nous sentant
bien mutuellement, presque comme deux amis. Il aime beaucoup la France, très particulièrement la Bretagne, et il a acheté
cette ferme il y a deux ans. Il travaillait dans une très grande ville, Manchester, et en a eu assez du stress... Je lui souhaite
très sincèrement de réussir dans son business, en tout cas, il fait ce qu'il faut pour, et si vous aimez les petits campings,
alors ne loupez pas celui-ci, il est incontournable.

Bon, je m'égare, je m'égare, et pendant ce temps, l'heure avance, et je vais rater mon ferry...

En quittant le camping. Oui, c'est comme la Bretagne. Donc sans intérêt. Je me sauve.

NON, pas taper, SVP, j'arrête....

C'est superbe, ça manque juste d'un petit rayon de soleil...

Et 10 minutes plus tard, même pas, je m'insère dans la file des véhicules
en attente du bateau! Je ne suis pas le premier, et c'est bien normal,
puisqu'il est 10h30.

Mon départ est à midi. J'ai choisi celui-ci, bien que plus cher, parce qu'il
est plus rapide, et aussi parce qu'il me fait arriver en tout début d'après-midi,
ce qui me permet de faire un petit tour dans Dublin avant d'aller me coucher.
Le passage me coûte 49 euros.

Sympa, des panneaux affichent la météo prévue pour la traversée.
Vents variables, pluie au départ, tournant au sec (j'aime bien cette expression!),
mers modérées, température 9 degrés.

Donc, finalement, excellente météo, selon les critères locaux.
La bruine s'intensifie par moments, et je rigole intérieurement. Parce qu'il pleut,
que je suis dehors, et que les automobilistes sont calfeutrés dans leurs véhicules,
alors que je suis bien, à respirer l'air marin qui me parvient par petites bouffées,
à descendre ou remonter la bulle du casque selon l'intensité du crachin, à déambuler
le long des véhicules, regardant les gens en souriant. Heureux, je le suis, à cet instant,
vraiment complètement.

En plus, un nouveau pays se présente à moi. Je ne suis jamais allé en Irlande, et passer une frontière,
surtout si elle n'a jamais été franchie, est toujours un événement, une aventure. Enfin,
c'est ce que personnellement je ressens à chaque fois.

Finalement, on nous appèle. Je n'avais aucun document, ayant réservé par Internet. Je donne le numéro
de la réservation, et la jeune fille, charmante au demeurant, me donne le ticket à mettre sur mon pare-brise,
et mon billet de passage. Cette fois, je suis le premier de la file. Privilège des motos, qiui rentrent toujours en premier.
Je suis un peu surpris, car les douaniers arrêtent beaucoup de voitures et font ouvrir les coffres. Ils me
laissent passer en me faisant de beaux sourires, c'est cool.

Il y a une bonne distance entre les cabines de délivrance des billets, et le lieu d'embarquement proprement
dit, qui est bien sûr l'endroit où se trouve le bateau. Il est énorme, mais je le vois très mal.

D'autres motos arrivent, peu avant l'embarquement. Que des BMW. Des grosses GS, un couple d'abord,
puis un gars seul, puis une belle BMW RT, autre couple. C'est bon, on y va. Je suis le premier de la file.
J'avoue que j'angoisse un peu, car j'ai toujours peur de cette action qui consiste à amarrer la bécane. Je suis
tellement manuel.... Eh bien, je dois dire que j'angoissais à tord. De vrais pros, les gars de chez Irish Ferries.
Franchement, Akitsu se trouve harnachée en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. J'attache mon casque
à leur sangle, ça m'évitera d'avoir à le porter sur le bateau.

Alors je dois dire que j'ai rarement vu des gens comme le couple qui descend de la
GS juste à côté de ma belle Transalp. Incroyable de voir des crâneurs pareils. Le mec
a détourné la tête pour ne pas avoir à me saluer, sa meuf a toujours regardé ailleurs. Et une
tronche d'enterrement, en plus. Minables. Le deuxième, avec une GS, me fait juste un
petit signe de tête, c'est tout. Mouais... ça roule les mécaniques, chez BeMeVe, et ce n'est
pas la première fois que je remarque ça.

L'autre couple, je ne le vois pas, car je monte avant, et ils arrivaient juste alors que je démarrais
la moto pour monter sur le bateau. Pas grave, si les motards ne veulent pas discuter.

Les quatre motos, parquées dans leur ordre d'arrivée, donc Akitsu la première...

Pour vous montrer l'installation. Vraiment très bien fait, je suis très satisfait.
Un premier bon point pour l'Irlande, et il va y en avoir beaucoup...

Arrivée à l'intérieur. C'est la classe. Un très très beau bateau. Mais je suffoque.
il fait une chaleur insupportable, eu égard à mon équipement... Je me dirige
aussitôt vers la sortie, bien décidé à passer la traversée à l'extérieur, comme
lors du trajet Boulogne-Douvres.

Le ferry démarre, et Holyhead s'éloigne doucement.

Au revoir, l'Angleterre.
En me dirigeant vers l'autre côté du bateau, je passe près du dernier
couple de motards que je n'avais pas encore vus. Grand bonjour, grand
sourire, la conversation démarre. Et tout de suite, nous avons plaisir à
partager cette discussion. John et Annette, deux Irlandais fort chaleureux.
La pluie reprenant de plus belle, nous rentrons ensemble à l'intérieur,
et nous installons sur les généreux fauteuils, après nous être délestés
d'une bonne quantité de vêtements... Nous allons passer la traversée
à discuter, des voyages, puis de nous, puis à refaire le monde ensemble.
Ils étaient partis à une immense foire dédiée à la moto, neuves, occasions,
accessoires de toute sorte, un truc grandiose, qui a lieu tous les ans, et qui
rassemble des milliers de bécanes.
Ils ont 4 enfants, deux garçons déjà dans la vie active, et deux filles
encore jeunes (14 et 15 ans si j'ai bien compris). Nous parlons tant et si bien que non
seulement nous nous quittons après avoir échangé nos adresses e-mail
respectives, mais John m'a fait promettre de venir leur rendre visite. Ils
habitent à 20 minutes de Dublin, et comme je leur avais dit que je devais
normalement repasser à Dublin dans une quinzaine de jours, avant de repartir
vers le Nord, je suis invité chez eux. C'est formidable, non? Le pire, c'est
que nous avons tellement parlé que j'en ai oublié de les prendre en photo.

Voilà. Décidément, l'Irlande, ça promet d'être fameux, et pas seulement pour les
paysages, mais aussi pour les rencontres. J'étais déjà heureux, je suis maintenant aux anges.

Quelques photos de l'intérieur du bateau.

Je dois dire que ce bateau est parfait. Très silencieux, à peine si l'on
ressent les mouvements de la mer. De plus, il va vite, car nous arrivons
à Dublin à 13h50, soit 1h50 pour effectuer une centaine de kilomètres, environ.

Terre à tribord.... Terre d'Irlande.

Pendant ce temps, à l'arrière, on joue à Di Caprio...

Le vent est violent, mais quel bonheur de retourner respirer l'air frais.
J'ai quitté mes nouveaux amis pour aller faire quelques photos sur le pont.

J'en ai profité pour me faire photographier. Admirez le ciel! Une merveille.

L'air, la terre, la mer. Les trois éléments essentiels, encore présents.

Eh bien voilà, je suis dans une grande ville, ce que je déteste au plus
haut point. Et pourtant, le peu que j'en ai vu, je trouve que Dublin
est une belle ville.

A de nombreux endroits, j'ai vu des statues qui m'ont interpellé.
Ce tableau est le seul que j'ai pu photographier. Très certainement,
il évoque l'époque de la grande famine, qui a particulièrement
marqué le peuple Irlandais.

Les immeubles super modernes côtoient d'anciens bâtiments.

Les couleurs sont chatoyantes, et attirantes.

J'ai fait une pause "consommateur" ici. En effet, j'arrive dans un nouveau
pays, je n'ai pas de GPS, que me faut-il? Vous ne trouvez pas?

Une carte routière, bien sûr. C'est indispensable. J'ai adoré le magasin,
des serveuses super sympas, une ambiance bon enfant, de la musique
partout. Cette ville est extrêmement vivante, ça grouille d'activité partout,
il y a des endroits pour manger à toute heure dans chaque rue, je suis, il
faut bien l'avouer, emballé. Mais ça ne m'empêche pas de vouloir malgré tout
déjà sortir. J'ai prévu de longer le littoral Sud, avant de rejoindre mon hôtel,
pardon, mon camping, à l'autre bout de la ville. Ma foi, tant pis, sans plan de Dublin,
et sans GPS, je vais bien y arriver quand même, et je tente le coup.

Mais avant de démarrer, je demande à un monsieur de me situer en gros où
je me trouve en ce moment, et dans quelle direction se trouve le littoral Sud.
C'est avec empressement qu'il me répond, me demande de le suivre à sa camionnette
pour me montrer le plan, bref se met en quatre pour m'expliquer comment y
parvenir au plus simple. J'y vais. Circulation intense, évidemment, je suis en plein centre.
Au bout d'un moment, j'entends un klaxon insistant derrière moi, et je reconnais la camionnette.
Il vient à ma hauteur, et me fait comprendre de le suivre, il va me guider. Et en effet,
il me conduit sur la route de la côte. Décidément, ces Irlandais me plaisent de plus en plus!

Le littoral Sud de Dublin... La mer s'est retirée, décidément, je passe
toujours à marée basse sur la côte.

La plage est immense.

Mais après la cohue du centre, c'est reposant.

Je m'installe ici pour manger un morceau.

Je ne comprends pas tout. En fait, je ne comprends rien, sauf qu'il faut
ramasser ses merdes de chien, sinon ça peut coûter très cher!

Ah, une station d'essence, il est temps de faire le plein. J'avais hésité
à le faire hier en Angleterre, ne sachant pas dans quel pays il serait le moins
cher, et j'avais décidé de faire confiance aux Irlandais. J'ai bien fait.
1,28 euro le litre (eh oui, me revoici en zone euro...), alors qu'il est
à 1,50 en Angleterre. Une sacrée différence, finalement! Pauvres Anglais,
grands producteurs de pétrole.

Et maintenant, il faut que je trouve mon camping.

Et je l'ai trouvé, un sans faute, je suis très satisfait de mes propres services...
C'est un grand camping, avec hôtel de réception, et tout le toutim..
Je le savais par le site Internet, le CAMAC VALLEY CARAVAN PARK,
pour Pirmil, à Dublin. Un mail m'annonçait 15 euros, je trouvais ça cher.

Donc, je décide de discuter un peu, et d'argumenter. Mais non, me dit le
réceptionniste, c'est 10 euros. Je lui dis qu'il me faut l'électricité. Ah, alors
c'est bien ça, c'est 15. Quoi, 5 euros pour utiliser mon portable pendant
deux heures? On coupe la poire en deux? Mais non, il est intraitable.
Mais je ne m'avoue pas vaincu, continue à argumenter, toujours avec le sourire,
et finalement, vous savez quoi? J'obtiens 10 euros, électricité comprise, il m'en fait
cadeau! Herbe parfaite, comme vous pouvez le voir. Et avec Internet en WiFi
par-dessus le marché. Là, c'est trop fort. Bienvenue en Irlande.

Ma joie sera tempérée plus tard, car le réseau fonctionne extrêmement mal,
pour finalement ne plus fonctionner du tout.

Bon, ce n'est pas trop grave. Je vais quand même bien dormir.

Environ 10 minutes après être bien installé dans ma tente,
un orage de grêle s'abat sur le toît, très impressionnant. Et il a bien
duré une dizaine de minutes... Là, pour le coup, j'ai eu de la chance!

 

88 photos. 46 km ! Plus ça va, moins j'en fais.
Tiens, curieusement, exactement la moitié du kilométrage de la veille!

Aujourd'hui, j'ai parcouru plus de km sur mer que sur terre...

 

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