22ème jour

Lundi 5 mai 2008.

8h05. C'est vraiment impressionnant, mais il semble bien que 8 heures soient devenues
l'heure de mon réveil et en même temps celui de mon lever. Ce n'est même pas moi qui
choisis, du coup, mais mon horloge biologique. Allez comprendre quelque chose, vous!

Un épais brouillard recouvre la baie. Du coup, la tente est trempée, Akitsu aussi. Il n'y
a pas un souffle d'air. La température est de 12 degrés, mais le ressenti est une température
supérieure, car je m'attendais à lire 17 degrés.

Alors que je suis prêt à partir, un des motards aperçus hier soir s'approche de moi pour
discuter. Ce sont deux gars qui ont chacun une Deauville -comme la tienne, Jean-Claude.
Ils m'ont vu hier soir, mais ne sont pas venus discuter malgré mon petit bonjour. J'en avais
conclu que les propriétaires de Deauville étaient des crâneurs...A ce propos, je dois rectifier
un point évoqué dans mes rapports, à savoir le côté plutôt fier des possesseurs de BMW.
Je dois dire qu'en fait, ce sont surtout les possesseurs de BMW de type GS -celle qui
m'a tant fait rêver- qui vous prennent vraiment de haut. En général, bien sûr. Car
comme dans toute communauté, il y a toujours des gens extras, c'est évident... Finalement,
je pars à 10h45, car nous avons parlé pendant plus d'une demi-heure. Ils sont venus aider
un copain à récupérer un bateau, si j'ai bien compris. Mais après coup, je ne suis pas certain
de savoir si ce sont des Anglais ou des Irlandais! En tout cas, seul un des deux gars est venu
me parler, l'autre n'a pas daigné venir.

Le brouillard s'est bien levé, mais a fait place à un triste ciel gris noir.

En fait, c'est une énorme masse de brume qui s'accroche à la terre,
ou du moins qui n'arrive pas à la quitter. Le genre de brume qui, parfois, n'arrive jamais
à se lever, et qui, d'autres fois, fait place à un magnifique ciel bleu et à la chaleur. C'est du
quitte ou double, je crois qu'aucun centre météorologique de bord de mer n'arrive à savoir
si la brume va ou non se lever. Je pense qu'elle va se lever!

La route est plutôt banale, entre 1 et 3. Et je réussis à me tromper, alors que c'est relativement
bien indiqué pour une fois. Mais je sais pourquoi, car ce n'est pas la première fois que je fais
cette erreur. En fait, nous sommes habitués à la signalétique routière de notre pays. Or, tout
le monde ne raisonne pas comme nous. Exemple, une ville importante, dans notre signalétique,
va être notée en gros caractères, ou du moins être bien visible, et inscrite en premier. Elle nous
indique la direction générale. Lorsque nous regardons notre carte, nous savons que nous allons
en direction de X, même si nous n'allons pas au bout. Ici, la mentalité est complètement différente.
La ville importante, c'est la petite ville qui est tout près. La grande ville qui est plus loin peut
soit être indiquée en tout petits caractères, soit ne même pas être mentionnée. Or, je savais que je devais
bifurquer. J'attendais le nom d'une ville précise, et c'est comme ça que j'ai loupé la route...
Mais grâce à ma super-carte, j'ai rapidement trouvé le moyen de rejoindre la bonne.

J'avais prévu d'aller à Rosslaire, un des trois ports importants de débarquement en Irlande. Mais je décide
de laisser tomber, vu mon retard, et vu ce que je voyais de la côte depuis le camping. Une côte
plate, très plate, trop plate pour moi. Je fais donc l'impasse.

Et je descend plein Sud sur Kilmore Quay, que voici.
De très belles maisons recouvertes de chaume. Il y en a aussi en Vendée!

Le port de Kilmore Quay.

Je longe ensuite la côte. Enfin, vous savez, dans les pays Anglo-Saxons,
on ne longe que très rarement une côte... La route longe bien le
littoral, mais quelques kilomètres en arrière, comme souvent. Quel dommage!

C'est une zone très plate. J'aperçois un cordon dunaire à l'horizon.

Voici la route qui conduit à Duncormick (en 5). Entre 5 et 6, mon
itinéraire m'éloigne encore davantage de la mer.

Je la retrouve en arrivant à Wellington Bridge (en 6)

C'est une fois de plus la marée basse. En fait, ce n'est pas la mer,
mais une immense baie, la Bannow Bay, qui se vide presque
entièrement lorsque la mer se retire.

Au fond de la baie, encore une abbaye bien délabrée.

C'est l'abbaye de Clonmines, ici vue sous un autre angle, à la sortie
de Wellingtonbridge. En fait, il y en a quelques unes dans les environs.

Après une longue ligne droite pour contourner cette baie, je redescends
plein Sud vers Hook Head, qui ressemble à la pointe d'une botte effilée.
Je m'arrête ici à Fethard -On-the-Sea, peut-on lire sur les pancartes, et
c'est bien une appellation qui a été rajoutée récemment, (un peu comme certaines
villes françaises du littoral, qui rajoutent "sur-mer"), car le "on-the-sea" n'est pas indiqué sur la carte!
Bref, je m'y arrête pour y faire quelques courses -sandwich entre autres. Il s'agit
d'un petit magasin d'alimentation, et il y a un rayon dans lequel les filles
vous préparent votre sandwich avec les ingrédients que vous chosissez.
Je trouve ça vraiment génial, car je peux varier mon alimentation sans
me casser la tête, sans aucun travail -c'est primordial-, et à un coût très
modique -c'est également très important.

A la sortie de Fefhard-on-the-sea, je me trompe de route...

Et me dirige vers la mer (oui, elle est bien là, quand même...) au lieu
de descendre vers la pointe Hook Head.

Et j'arrive dans ce port minuscule (en 8), et complètement à sec. La mer
sort par le trou que vous voyez, mais seuls de petits bateaux peuvent
venir s'y réfugier.

Finalement, je profite de cette erreur pour manger un premier sandwich ici,
à marcher autour du petit port, en mangeant et en rêvassant.

La marée est toujours basse -normal, elle ne monte pas en une heure!

Gros plan sur l'entrée du petit port. Il y a une plaque sur le mur, à la
mémoire de 5 marins qui ont laissé leur vie au cours d'une tragédie
en pêche le dimanche 28 juillet 2002. Dans tous les pays du monde,
les marins payent leur métier au prix le plus cher!

Le brouillard tombe à nouveau, et j'hésite à descendre jusqu'au bout
de la route... Finalement, j'y vais. Après tout, c'est Akitsu qui bosse...

Voilà, le phare de Hook Head ( 9)

Il y a énormément de monde, y compris des enfants. J'ai l'impression
que c'est aujourd'hui dimanche, et je vérifie sur ma montre. mais non,
c'est bien lundi. Mais c'est bizarre tout-de-même. A moins que de nombreux
Irlandais prennent leurs vacances à cette saison.

La vieille église de Hook.

Puis celle de Churchtown.

Dans le brouillard, j'aperçois l'immense baie appelée Waterford Harbour.

Waterford est une très grande ville dans laquelle se trouve un garage
Honda pour motos. Et il n'y en a pas beaucoup en Irlande. Aussi, je suis
à moitié décidé à y aller dans l'après-midi, après m'être installé dans le camping.
En effet, il est temps de faire ma vidange. De plus, je n'ai plus de phare
allumé à l'avant depuis deux jours. Un gars m'a fait un appel de phare,
et j'ai aussi remarqué que les voitures font moins attention à moi, ce
qui m'avait mis la puce à l'oreille, car c'est un point très important. En
fait, je peux faire des appels de phare, donc je pense qu'il s'agit d'un fusible,
mais je n'en ai pas emporté!

Or, en remontant sur Akitsu après avoir pris
cette photo, je remarque, sur ma poignée gauche, une sorte de curseur
avec le dessin d'un phare et celui d'une ampoule... Je pousse le dit curseur, et
je me rends compte qu'il s'agit de la commande d'éclairage... Voilà, c'est
bien moi, ça. Je viens encore de frapper très fort. Je ne roule pas en code
depuis deux jours, parce que j'ai malencontreusement touché à ce curseur...
Trop trop fort. Mais je suis heureux comme tout. Et je prends la décision
immédiate de ne pas aller à Waterford, et de faire faire ma vidange à Cork.
Il y a là-bas une autre concession Honda, dans laquelle se trouve un mécano
parlant français. Eh oui, je ne connais peut-être rien à la mécanique, mais
je prends certains renseignements quand même, que d'autres n'auraient pas eu...
Chacun ses qualités, chacun ses défauts, et personne n'est parfait.

Et c'est tant mieux!

Bon, maintenant que j'ai réparé mes phares, poursuivons notre route!

Peu avant Duncannon (13). je distingue à peine l'autre côté de la baie,
qui se trouve ici à environ 3,5 kilomètres.

Petite baie peu avant Duncannon. J'ai pris cette route parce qu'elle indiquait
une baie à 500 mètres, mais ne mentionnait pas "cul-de-sac", comme je le vois
systématiquement tous les jours! J'ai eu du mal à faire mon demi-tour!
On aperçoit le bout de la route, qui finit dans le sable!

La plage de Duncannon (13)

Et, sur ma gauche, la baie devant laquelle j'ai fait demi-tour précédemment!

Sur la plage de Duncannon, dans le brouillard. Tout au fond, c'est
l'autre rive de la baie. Entre les deux, la mer barre le passage!

La plage que je viens de photographier est derrière cette butte. Les automobilistes
ne peuvent pas faire ces photos. Akitsu me le permet, en se rangeant bien au bord.

Les voitures sont sur la plage de Duncannon! Et il y a du monde.
Et ce n'est toujours pas dimanche... Mais que se passe-t-il?

Le fort de Duncannon. Il me fait penser à une certaine citadelle visitée
avec tous les amis randonneurs à la fin du mois de mars... Mais il
est immensément plus petit!

A la sortie de Duncannon

Curieuse maison d'un original... toujours à la sortie de Duncannon.

La route arrive ici au bord de la baie, à un kilomètres de Ballyhack,
là où je dois prendre mon ferry.

Passage East, de l'autre côté de la baie. le brouillard se lève à nouveau.

J'aperçois le ferry qui part sur l'autre rive. Tiens, une BMW 1200 GS, avec
ses valises en métal, me double alors que je vais pour démarrer. La
passagère me fait un beau sourire, et un petit hochement de tête, pour
démentir ce que je disais plus haut...

Le brouillard se lève à une vitesse incroyable. En 5 minutes, des nuages
blancs et du ciel bleu font leur apparition, et la température remonte très
vite. C'est très surprenant.

Regardez, sur cette photo que je prends en attendant le ferry, comme
la brume est en train de s'élever et de quitter l'eau. C'est superbe.

La maison devant l'embarquement du ferry. Le couple en BMW GS est
juste devant moi, bien sûr, car ils prennent eux aussi le ferry. Le gars
me fait un signe de tête, rien de plus. Je fais un beau sourire, rien de plus.

Tiens, voilà le ferry qui revient, avec sa cargaison de voitures.

Débarquement. Tout ça va très vite. je dirais que je n'ai pas attendu
un quart d'heure. Il n'y a pas d'horaires, les passages se font sans
interruption. Le prix est de 3 euros -du moins pour moi tout seul et la moto.

Alors que je prends Akitsu en photo, la fille de la BMW se cache
le visage pour ne pas être photographiée, mais je lui fais voir que je
ne prends que ma moto. Alors, le gars me dit qu'elle va me photographier.
Elle descend, se défait de tous ses connecteurs (casque radio), me
prend mon appareil photo, et... voilà le travail.

Super sympas, ces BMistes...

Et entretemps, le soleil est revenu.

Passage East, en 15

Toujours ces pubs avec toutes ces belles couleurs vives. J'aime beaucoup,
toutes ces couleurs. Et toute cette diversité. Et j'en veux énormément à tous ces fonctionnaires,
dans toutes nos villes, qui décident des tons de nos lotissements, empêchant
la diversité, tuant l'individualisme, créant la monotonie, tout ça sous prétexte
de respecter un ensemble... Bande de... A tout vouloir régenter...

C'est dit, c'est dit, depuis le temps que je voulais la placer, celle-là!

En hauit de la côte, toujours à Passage East. Curieux, ce nom de village, d'ailleurs!

Je repars vers le Sud, de l'autre côté de la baie que je viens de contourner.
La route, entre 15 et 16.

Une très belle plage, vers 16. La fumée que vous voyez sur la
photo, c'est de la brume qui monte et se déplace très vite au-dessus de la mer.

L'autre côté de la même plage est couvert d'arbres splendides qui
viennent jusqu'au rivage.

Arrivée à Dunmore East (18)

Là encore, plein de monde. Je suis persuadé que cette journée est
une journée de type "fête nationale" ou quelque chose du genre.

La plage de Dunmore East. Il y avait des enfants en train de se
baigner.... mais avec des combinaisons de plongée!

La voilà, donc, la solution! On peut se baigner sur les plages du Nord.
Il suffit de s'acheter la combinaison qui va avec...

Akitsu m'attend sagement, comme toujours, pendant que je vaque
à mes occupations. Elle ne veut juste qu'une petite photo de temps en temps.

Toujours Dunmore East. Une petite ville de vacances, avec ses hôtels.

Et à nouveau le brouillard. Décidément, il n'arrive pas à partir vraiment.

Beau panorama, à Ballymacaw, juste avant 22.

Une belle descente, avec des virages qui semblent très anodins.
Mais méfiez-vous, croyez-moi! L'un d'entre eux était tel qu'il m'a
fait rétrograder en première, vous vous rendez compte!? C'est limité
à 80, et les panneaux le rappèlent souvent. Alors, on se dit "mais je
me traîne à 50-60 alors que je peux rouler à 80"... Restez à 50-60,
vous pouvez me faire confiance. A moins que vous n'ayiez un tempérament
suicidaire ou que vous soyiez un jeune fou qui prend la route pour une
piste... Mais ici, ce pourrait bien être votre dernière piste, car les
routes Irlandaises sont très très piégeuses!
Je ne parle même pas de l'état des routes. Bosses, trous, pentes
énormes vers la gauche -dur dur en moto-, goudron formé de graviloons
de gros calibre, dont certains endroits ont perdu une partie des dits
gravillons... D'ailleurs, soi-dit en passant, ce genre d'asphalte est extrêmement
abrasif pour les pneus, et je sens qu'ils vont peut-être bien laéisser leur
peau en Irlande... Bon, je tempère en disant que sur les routes de Vendée,
ce n'est souvent pas mieux, loin s'en faut -je parle du goudron et de l'état
de la route en général.... Voilà, ça aussi, je voulais le dire, c'est fait!

Entre 22 et 23, la mer a formé un gros cordon littoral, formant par
la même occasion un immense lac naturel d'eau de mer.

Et c'est l'arrivée à Tramore, grande ville touristique, circulation énorme.
Heureusement, mon camping est très bien fléché, et me fait éviter le centre!

C'est un 4 étoiles, et j'avais peur pour le prix. Eh bien non, pour un
motard avec sa tente, c'est 8 euros. Et le gars est tellement gentil
qu'il me fait cadeau de l'électricité. J'ai une clé pour aller dans les toilettes!
C'est absolument nickel! Par contre, un euro la douche chaude de 5 minutes.

Il fait chaud maintetnant, un grand ciel bleu. C'est incroyable. Je mets toutes
mes affaires lavées l'autre jour à sécher sur le toît de la tente. Et je pars faire
un petit tour avec Akitsu, histoire de se dégourdir les pattes à vide. J'ai vu
qu'il y a un panorama pas très loin, en fait à un kilomètre environ.

Voilà.

Et il y en a qui plongent, en maillot de bains...

La ville de Tramore. On aperçoit une grande roue sur le rivage.
Mon camping est au Sud. C'est le Newtown Cove Caravan & Camping Park

En face, les phares de Brownstown Head, de l'autre côté de cette nouvelle baie.

Et dans le lointain, la masse nuageuse qui se condense...

Voilà, ce sera la dernière photo de cette belle journée.

Au fait, j'ai demandé au patron du camping. Oui, c'est un jour férié en Irlande,
mais je n'ai pas compris pourquoi. Allez, à vos claviers, cherchez un peu...

 

221 photos. 136 km

 

Page précédente: 21ème jour
Page suivante: 23ème jour


Depuis le 06/06/2005 Visites:852107 Aujourd'hui :16 Maintenant:9 (Passage du cap des 50.000 visiteurs le 09/01/2009)