24ème jour

Mercredi 7 mai 2008.

Plusieurs portions de l'itinéraire n'étaient pas sur Autoroute Express! Il s'agit du morceau que j'ai peint en vert en-dessous du 8, et de la portion
appelée 8aaa, aussi peinte en vert, portion de route qui longe au plus près le bras de mer créant l'île de Cobh. Route minuscule, mais un grand
moment de la journée!

Alors, je reviens une fois de plus sur cette fameuse horloge biologique! En effet, je me suis réveillé ce matin
à 7h45, remettant la moyenne à 8h15, telle qu'elle était! Fantastique, non?

Bref, réveillé, je me lève. Il fait bon, 14 degrés exactement. Le ciel est comme hier, avec quelques
nuages moutonneux blancs, rien de bien grave. Par contre, toujours cette brume au loin, qui va
me retirer une grande partie de la beauté des paysages... Malgré tout, c'est mieux que la pluie!

A 9 heures, je suis de retour à l'hôtel pour rendre les clefs et récupérer ma caution. La dame qui
est là n'est pas la même que celle d'hier. Mais elle a envie de discuter, et me pose des questions
sur mon voyage, auxquelles je réponds de bonne grâce. Quand elle apprend que je prévois
l'Islande, qui est son rêve, elle me demande comment je fais pour avoir autant de vacances. Et
me dit qu'elle aimerait bien faire ce que je fais, car sa vie à l'hôtel, ce n'est pas bien rigolo. Je lui
réponds qu'on a la vie que l'on veut bien avoir, et que si elle prend la décision de partir, elle en trouvera bien
les moyens. Elle m'a remercié pour ça, et m'a dit qu'elle allait y réfléchir très sérieusement, car ça
lui paraissait être de très bon sens! Ben, il n'y a pas de quoi.
Si je vous raconte ça, c'est tout simplement pour vous transmettre à vous tous, amis lecteurs et lectrices,
cette petite réflexion, car elle n'est pas anodine! Souvent, on fait des choix comme ça, sans vraiment réfléchir aux
énormes conséquences qu'ils vont avoir... Je crois de plus en plus qu'il faut profiter à fond de sa vie,
car on n'en a qu'une -enfin, c'est ce que je crois en tout cas-, et c'est vraiment tellement dommage de
la gaspiller. Il ne faut choisir, tant que faire se peut, que des choses agréables, que des choses que l'on aime,
et éviter, repousser, contourner, refuser tout ce qui est contraignant! La contrepartie, je vais vous le dire.
En fait, moins on travaille, moins on a d'argent, mais moins on dépense, plus on s'habitue à vivre avec peu,
et plus on a de.... de quoi???? du temps libre! Et ça, c'est la vie. S'allonger au soleil une après-midi entière
dans un pré, ou sur une plage, à ne rien faire, à ne penser à rien, croyez-moi, c'est un truc qui ne coûte
absolument rien, et qui apporte tellement!

Bon, revenons à nos moutons!

Coucher de soleil photographié hier soir, alors que je quittais l'hôtel pour aller dans ma tente.
J'ai lu sans pile, dans la tente, jusqu'à 21h30, heure anglaise, ce qui correspond à 22h30 pour vous!
C'est donc quand même impressionnant, et j'ai largement gagné une heure depuis mon départ.
En Islande, je n'aurai plus besoin de la pile...

Ce matin, la baie, alors que je quitte l'hôtel Au fond, Dungarvan.
Au premier plan, le goémon, l'eau transparente. C'est beau!

Alors, vu la brume, je ne vais pas aller voir l'autre côté de la baie
de Dungarvan, qui ne m'apportera rien de plus! Je ne vais même pas
descendre à Ardmore comme je l'avais prévu. Non, je vais prendre
la N25 qui conduit à Cork et filer jusqu'à Castlemartyr, pour aller
faire un petit tour sur la côte.

Et comme ça, Akitsu va pouvoir se dérouiller les jambes. 100-110,
route très propre, sans aucun danger, nous nous défoulons, ma bécane et
moi. Et ça fait du bien de temps en temps. Je suis heureux de ne pas être
allé sur les côtes, quand je vois ces brumes lointaines.

Ici, la N25 contourne la vaste embouchure de la Blackwater River, à
Youghal, et vous apercevez donc la Youghal Bay.

Hôtel sur le front de mer de Garryvoe, que vous pouvez voir
entre 4 et 5. C'est vraiment un style bien Irlandais. C'est ce genre
d'architecture qui plait aux riches, leurs villas sont très souvent dans
ce style aussi. Y compris dans la campagne, les maisons des gros
propriétaires terriens sont également avec une architecture comparable.

La plage de Garryvoe.

Akitsu devant la plage, qu'elle ne regarde même pas...

Un peu plus loin, juste au carrefour de la route menant à Ballycotton.

Au fait, de nombreuses villes commencent aussi par "Bally", et je me
demandais bien ce que cela signifiait. Or, c'est traduit en Irlandais par
"Baile" ou "Bayle", et je pense que ça signifie "baie". Mais ce n'est qu'une
supposition...

Le petit port de Ballycotton. On devine au loin la côte, de l'autre côté
de la Ballycotton Bay.

La maison en jaune, c'est le garage pour le bateau de sauvetage en mer.

Akitsu m'attend sagement pendant que je fais mes photos.

Un bateau, toujours sur le petit port de Ballycotton.

Eglise de Ballycotton.

Cloyne (en 6). Ici, je me fais faire un énorme sandwich, avec plusieurs
saucisses et plusieurs morceaux de viande, pour 3,95 euros.

A Cloyne. L'oiseau n'est pas une statue...

Quelques maisons à Whitegate.

Toujours Whitegate, en 7. Malheureusement, une raffinerie gâche
tout le front de mer. De plus, le ciel devient blanc-gris, et la rive
en face est tout juste visible, comme dans le brouillard.

Je suis ici dans le Cork Harbour. C'est un immense dédale de
passages d'eau de mer, un peu comme le golfe du Morbihan à Vannes.
Alors pour le coup, en voilier ici, ce doit vraiment être le pied!

Et toujours la miss qui m'attend patiemment. A ce moment, une autre
miss, bien en chair, celle-ci, qui était en train de manger un sandwich
dans sa voiture et m'observait en même temps, vient me voir avec un
immense sourire. "Alors, pas terrible, hein?". J'acquiesce, lui confirmant
ma déception. Et elle me dit: "Continuez cette route, tournez à droite
un peu plus loin, et vous verrez, rien à voir...", et elle se sauve vers le pub!
Très gentil de sa part. De toute façon, j'avais décidé d'y aller, car c'était
indiqué sur ma carte, avec le dessin d'un panorama.

Oui, c'est beau, mais ce brouillard.... En face, l'autre bord de ce golfe.

Et la pointe, qui porte le nom de Roche's Point. C'est magnifique.

Avec de vieilles ruines sur les hauteurs.

Et une rangée de superbes maisons Irlandaises, de toutes les couleurs,
comme je les aime.

Le manque de soleil est compensé par ces couleurs chatoyantes.

C'est tellement bien que je m'y installe pour dévorer mon énorme
sandwich, que je vais avoir du mal à terminer.

Il est venu me tenir compagnie, et attendait un morceau, qu'il a eu,
car il était vraiment très gentil. Un Irlandais de passage est venu faire
un brin de causette, et m'a appris qu'un Français de Toulouse avait
loué une des maisons pour quelques jours, mais qu'il était parti
se promener. Tout se sait, dans ces petits hameaux...

En retournant vers Whitegate -par la même route, forcément-, je découvre
cette magnifique crique que je n'avais pas remarquée à l'aller.

Et en me retournant, je perçois une présence dans le pré.
Une de mes copines est là, en train d'admirer le paysage.

Et me voici au point 8aaa, dont je parlais au départ. Cette route
est minuscule, et vous voyez, elle n'était pas sur mon logiciel d'iti-
néraires! Heureusement que je l'avais remarquée sur l'atlas routier!

Une merveille, avec toute une vie d'estuaire. La vase découverte
par la marée, les oiseaux de toute sorte en train de manger.

Ici, donc, la mer est partie. Mais les profondeurs ne sont pas
partout les mêmes.

De l'autre côté de cette avancée de terre, le goulet de mer est beaucoup
plus profond.

J'en connais quelques-uns qui aimeraient poser l'ancre de leur bateau ici
pour y passer une nuit ou deux. Je pense à Patrick et Sylvie, mes
amis de Saint Nazaire, et aussi à Erhard et Angela, mes amis Allemands
d'Oldenbourg, qui m'ont vendu Akitsu, d'ailleurs!

Ensuite, il n'y a plus rien à voir, du moins pour moi. En effet, j'entre
dans la banlieue de Cork, et je vois beaucoup de villes sur ma carte.
Pas question d'aller perdre mon temps dans les pots d'échappement,
surtout que les différentes parties du golfe ne peuvent avoir que le
même paysage. Je décide donc -enfin, j'avais décidé ce matin- de
rejoindre mon camping, à Blarney, au Nord-Ouest de Cork, et de
programmer d'ici la révision de la Transalp, qui vient de passer les
18.000 km. J'ai envoyé un mail à la concession Honda de Cork -une
des plus grosses d'Irlande-, mais je n'ai pas eu de réponse.

Le Blarney Caravan & Camping Park

Le camping est extra, l'accueil des plus agréables, par une charmante
jeune femme, qui s'occupe, pendant que je vais monter la tente:
- de me préparer un plan pour aller au garage
- de me trouver leur numéro de téléphone
- de m'aider pour les appeler!

Et c'est OK. Le gars accepte de faire la révision demain matin à 9 heures!
Il est 14h30, je décide de faire la promenade prévue initialement, autour
de la Lee Valley, et les lacs réservoirs créés à partir de la Sullane River.

On aperçoit les lacs au fond, mais c'est toujours très très brouillé!
Ici, c'est un peu avant 10

Compte tenu de ça, je décide de prendre de toutes petites routes,
j'aurai au moins ce plaisir, puisque le paysage est mangé par la brume.

La route en 11.

Par moments, le soleil perce un peu. Dommage que ce soit rare, car c'est très joli.

Le pont, juste avant 12

Entre 12 et 13

En 17. Je n'avais pas prévu de passer ici. mais en roulant, j'ai aperçu
les ruines d'une abbaye. Et je la vois bien sur la carte, mais je n'arrive pas à la
situer correctement. Evidemment, ce qui devait arriver arriva. Je me
suis retrouvé sur les toutes petites routes, avec de fortes pentes et impossibilité
de faire un demi-tour avant plusieurs kilomètres... On aperçoit ici les
lacs dans la purée de pois lointaine!

Superbe route quand même, et la joie de rouler au hazard.

Enfin je la trouve. Je suis têtu, et je voulais terminer par ça, car
je suis sur le chemin du camping, et je sais qu'il y a rien d'autre après!

Et je ne regrette pas du tout ces moments de calme, bien au contraire.

Akitsu, même derrière la grille, elle attend.

Je surprends ce rouge-gorge sur un territoire sans doute devenu
le sien, maintenant que les hommes semblent l'avoir abandonné!

Toujours, la nature revient. Et c'est bien ainsi!

La rivière, quant à elle, est occupée à manger cette voiture.
Elle finira bien par l'avoir, elle aussi! Ce n'est qu'une question de temps.
Et justement, du temps, elle en a!

Un dernier regard. Il est temps de rentrer, j'ai envie de me reposer.

Une dernière image, à quelques centaines de mètres de l'abbaye.
A la mémoire de Hugh Maguire, chef de Fermanagh, tué par les
forces anglaises dans ce coin le 11 mars 1600. Le plus brave et
le meilleur des cavaliers.

Voilà. C'est là-dessus que se termine ma journée de voyage.
Je suis bien installé dans la salle TV, dans un fauteuil bien rembourré,
le PC portable sur les genoux. Vraiment, pour saisir mon journal,
je ne pouvais pas rêver mieux. En effet, je puis vous assurer que
je suis mieux que chez moi, et faire de l'informatique dans un fauteuil,
je n'y avais jamais songé, mais c'est vraiment excellent!

237 photos. 215 km

Depuis le départ, 4.291 km

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