28ème jour

Dimanche 11 mai 2008.

6h45... C'est l'heure à laquelle je me réveille, avec l'envie de me lever! Bon, alors je me lève.
C'est dimanche aujourd'hui, vous êtes tous en train de dortmir, bande de veinards... Quand je pense qu'il y en a qui voudraient être à ma place, ils riraient moins en ce moment! Le ciel est couvert, très couvert. Il fait lourd, 17 degrés déjà. C'est à la limite de la pluie, mais bizarrement, je ne la sens pas. En tout cas, la catastrophe, c'est tout simplement que la brume est revenue. Par conséquent, les montagnes, les sommets même proches, ne seront pas visibles, ou en tout cas pas nets!

Mais je n'ai pas le choix, ce n'est pas moi qui commande la brume. Sinon, un bon coup de vent pour balayer tout ça, ce serait vite fait. Mais il n'y a pas un souffle d'air. Je pars avant 8h30, et presque en nage tellement j'ai chaud!

Un peu après mon départ. La N71 contourne les échancrures faites par la Baie de Bantry sur la côte. La route est complètement défoncée. Je suis balancé dans tous les sens, des bosses, des pentes, des trous, c'est absolument infernal. Elle est limitée à 100 km/h -c'est très curtieux, en Irlande, car les nationales sont limitées à 80, mais souvent un panneau autorise à rouler à 100-, mais là, très sincèrement, rouler à 100 équivaudrait à participer à un concours de rodéo chez les cow-boys. C'est une catastrophe pour mon dos, mes vertèbres, qui vont finir par se disloquer... Encore heureux que je sois avec Akitsu, car avec Pégase, je me serais cassé les reins!

Un peu plus loin, alors que la route prend un peu de hauteur, on peut apercevoir au loin les montagnes de la péninsule que je vais visiter aujourd'hui, noyées dans les brouillards d'orage. Sur la route, il n'y a pas un chat. Les Irlandais font la grasse matinée eux aussi, et c'est tant mieux!

Arrivée à Glengarrif. Bel hôtel, et toujours cette architecture particulière, triangulaire, dirais-je.

Entre Glengarrif (13 sur la carte, parce que je vais y revenir dans la journée) et Adrigole (2)

La R572, très secouante elle aussi, suit plus ou moins le rivage.

Ici, la baie d'Adrigole.

C'est une église, entre Adrigole et Castletownberen.

Il y a pas mal de moutons sur cette péninsule.

Castletownberen. Et toujours ces maisons peintes de magnifiques couleurs. En fait, j'adore vraiment les couleurs choisies par les Irlandais pour leurs maisons. je trouve qu'elles se marient parfaitement bien dans le paysage, et elles ont de plus l'énorme avantage de me plaire. Ni trop pâles, ni trop vives, pile ce qu'il faut.

Sur la route de Cahermore entre 3 et 4

La route devient nettement plus accidentée, ce qui n'est pas fait pour me déplaire, vous pensez bien!

Peu après Cahermore, j'aperçois au loin la Crow Head.

Détail sur les falaises. Il faudrait prendre le temps d'aller marcher là-bas... Pour ma part, je ne fais que passer, comme toujours! Il y a une île, la Dursey Island, au bout de cette péninsule, mais je décide de ne pas y aller, compte tenu de la brume. Je préfère poursuivre vers Allihies, en 5

Voilà, ça y est, me voici sur l'autre côté de la péninsule. ici la Garnish Bay. C'est splendide.
Ballydonegan.

Et derrière Ballydonegan, Allihies et sa superbe plage.

La plage d'Allihies.

L'église d'Allihies. Ce petit village est superbe.

Les noms O'... Irlandais fleurissent partout.

La R575 entre Allihies et le point 6 de ma carte est sublime. Elle me rappèle énormément une route sur les îles Lofoten en Norvège. Bien sûr, les montagnes sont plus petites, bien sûr, il n'y a pas de poisson à sécher. Par contre, les maisons sont plus jolies, et la route est ici beaucoup plus accidentée. Je ne sais vraiment pas comment s'y prennent les Irlandais -et accessoirement aussi les Anglais, qui me l'ont bien prouvé dans le Pays de Galles- pour faire des routes aussi incroyables avec des montagnes de si faible altitude. C'est vraiment un point qui me sidère. Mais comment seraient leurs routes s'ils avaient les Alpes ou les Pyrénées à gérer?

Regardez bien les routes. Pour des motards, ce sont des routes de rêves! J'ai ADORE.

Pas besoin de commentaires... Le bonheur total.

Croisé deux cyclistes. Les malheureux! Admiration... La route derrière eux était trempée... de sueur!

Puis c'est une très longue descente vers Eyeries. Je n'y vais pas. En effet, deux routes traversent la péninsule. Comme je préfère la montagne à la côte, et ce petit bout de route que je viens de parcourir me prouve que j'ai bien raison, j'ai décidé de parcourir ces deux routes, m'obligeant pour le coup à refaire le chemin Adrigole-Castletownbere, dans l'autre sens.

Ici un peu avant 7, sur la route qui traverse donc les Miskish Mountains. C'est moyen.... mais je suis difficile, surtout en sortant de la précédente...

Et me revoici à castletownbere, et ses jolies couleurs. Ces bleus sont une merveille!

Les Caha Mountains, que l'on voit en approchant d'Adrigole.

Les premières maisons d'Adrigole. La baie est à droite.

A Adrigole, je prends la R574 qui traverse cette fois les Caha Mountains. Le ciel est bien noir, il va sûrement pleuvoir, mais ce sera toujours mieux que de longer une côte sans visibilté sur le rivage, ou si peu... D'entrée de jeu, je suis heureux de mon choix. La montagne, la route sinueuse, tout est là, tout de suite...

Un type était arrêté juste avant la moto, ses portières ouvertes, il prenait toute la route... En fait, il faisait des photos, comme moi. En repartant, il s'est arrêté à ma hauteur. "Alors, première fois?". Ce à quoi je réponds "Première fois à quoi?". Et il me dit "Sur cette route, bien sûr". "Oui". "Alors, vous allez voir. ce n'est rien, ça. Vous allez vous arrêter tous les 100 mètres.... Moi, c'est la troisième fois que je la fais, elle est incroyable, inimaginable, c'est une merveille, ah là là.... enjoy, enjoy....".

Bon, me voilà conforté dans ma première impression.

Je ne vais pas m'arrêter tous les 100 mètres, comme il disait, mais plusieurs fois tout de même. En fait, cette route a été construite en 1847 pendant la grande famine. Le col qu'elle franchit se nomme le Healy Pass. Au fait, cette fameuse péninsule sur laquelle je roule depuis ce matin porte le doux nom de Beara.

Juste avant le col. Un cycliste, doublé pendant la montée, me redouble ici pendant que je prends mes photos. C'était un athlète, vélo de course, et puissance impressionnante. Rien à voir avec les deux autres cyclistes croisés auparavant qui, pour le coup, étaient des globe-trotteurs, avec toutes les sacoches et le chargement qui allait avec!

Vue arrière sur la route montant au col.

Et juste après le col. Vous savez tous que le passage d'un col est comme un changement de pays. C'est incroyable la différence entre les deux côtés. Le col sert aussi de frontière entre deux comtés, celui de Cork -où j'étais jusqu'à présent- et celui du Kerry, qui commence ici. Le Kerry, une des provinces les plus réputées et visitées d'Irlande. Nous y voici... Au fond, dans la brume, l'immense baie que l'on aperçoit se nomme la Kenmare River. Alors, pourquoi "river"???

Je décide de faire ma pause repas ici.

On aperçoit un lac, le Glanmore Lake. C'est superbe. Je grimpe sur les rochers à ma gauche, et m'y allonge. Le silence y est absolument total.

Zoom sur le Glanmore Lake

De mon perchoir, j'aperçois Akitsu.

Instant magique... Sous mes yeux émerveillés, le spectacle du Kerry et du lac!

Puis une longue descente, assez vertigineuse, car sans protections coté précipice, ou si peu, et c'est le côté où l'on doit rouler....

Le lac, très sombre, limite lugubre....

Photos prises entre 8 et 9. On voit bien le lac sur la carte.

Ensuite, au lieu de passer par Bunaw en longeant la baie, j'ai préféré passer par la montagne. Ben oui, vous devriez me connaître. Ensuite, la route longe à nouveau la baie, mais on n'en voit rien du tout. Non pas à cause de la brume, cette fois, mais à cause d'un rideau d'arbres empêchant absolument toute vision de l'eau, à peine une demi-seconde entre deux branches, et encore. Et comme il n'y a aucune possibilité de s'arrêter... ben, j'ai accéléré un peu l'allure.

Puis, une trouée dans les arbres, au niveau de la Dinish Island. C'est magique!

Au niveau du point 10, environ.

Ensuite, plus rien du tout. Je reprends la N71 pourrie -vous savez, la route-rodéo. Aucun paysage sur une grande partie. Je retourne à Glengarriff, car je veux aller à Killarney par une petite route de montagne que j'ai repérée sur ma carte.

Sur la N71, vers 12

Entre 12 et 13, c'est à nouveau intéressant, car on retrouve des paysages montagneux.

On découvre l'immense baie de Bantry.

Après avoir traversé Glengarriff pour la deuxième fois de la journée, mais dans l'autre sens, il me faut trouver ma petite route. Et ça, c'est vraiment du boulot. Enfin, je la tiens, j'ai failli la reperdre lors d'un carrefour très litigieux, mais une pancarte m'a sauvé de l'erreur. Après un début assez moyen, la route prend de la hauteur, et le paysage avec, et le motard avec, et la bécane avec.

Quel choix merveilleux, une fois de plus.

Je vous laisse admirer, pas besoin de commentaires, vous comprendrez ce que je peux ressentir. Quand je coupe le moteur, ce silence, dans un tel paysage, grandiose, immense. Sur ma gauche, en fait, se trouve une énorme dépression, au fond de laquelle se trouvent quelques fermes et des moutons. La route longe et remonte cette dépression jusqu'à un col.

Coup d'oeil arrière.

Zoom vers le fond de la dépression.

Je viens juste de passer le col. Bien sûr, l'autre côté est complètement différent, beaucoup plus aride, tout aussi intéressant pour moi.

On aperçoit une petite cascade au loin.

Vous remarquerez l'étroitesse de la voie. Même pour une moto, les croisements sont parfois difficiles, et je m'arrête assez souvent pour laisser passer le véhicule, permettant ainsi un croisement sans risque.

Et c'est l'arrivée à Kilgarvan, après une très longue descente, moins intéressante.

Ici, je prends la N569 qui rejoint la N22 à Clonkeen, entre 17 et 18, puis c'est la descente vers Killarney. Toute cette partie, un peu plus de 30 kilomètres, je vais la faire entre 80 et 100 km/h, c'est-à-dire à une vitesse folle.... A cette vitesse, les kilomètres défilent vite. je vois "camping" 4 kilomètres avant d'arriver en ville, et je décide de le prendre. C'est bon pour aujourd'hui.

C'est le camping Fleming's White Bridge Caravan & Camping Park à Killarney.

Je m'installe sur une petite hauteur, dominant tout un espace. C'est génial.

En plus, en essayant, dans la salle TV, de réceptionner Internet, j'accroche le réseau du boss, qui m'avait dit que ce serait peut-être possible.

Que demande le peuple, hein?

 

339 photos. 233 km

Depuis le départ, 4.831 km

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