29ème jour

Lundi 12 mai 2008.

Je suis réveillé à 6h45... Toujours des problèmes intestinaux, décidément, je vais peut-être finir par devoir aller chez le toubib... Une expérience qui ne me tente pas du tout! Je me recouche et me rendors, délicieusement bien dans le duvet, pour être finalement réveillé par... le train! A 8h... Allez, fainéant, debout! Je ne me presse pas vraiment, sachant que je n'ai pas de tente à plier, ce qui fait que, finalement, il est plus de 9 heures lorsque je démarre...

Ah oui, le temps, comment est le temps? Fantastique. Bleu. Que du bleu. Pas un nuage. Mais c'est brouillé à l'horizon. En tout cas, il fait déjà 19 degrés quand je pars.

La cathédrale de Killarney. Je suis en contre-jour, j'ai chaud, je viens encore de perdre du temps à trouver mon chemin, donc voilà, ce sera ça, et ce sera tout. Mon Dieu, comme je déteste les villes. J'ai hâte de la quitter, celle-là aussi, et de me retrouver sur la petite route dont je rêve depuis longtemps. En effet, je m'en vais sur la route du Gap of Dunloe. J'ai vu cette route sur un site Internet, et je l'ai immédiatement ajoutée à ma liste d'itinéraires. A tel point que si je ne devais faire qu'une seule route aujourd'hui, ce serait celle-ci, et rien d'autre...

Et pourtant, je m'octroie un petit détour de deux km à peine, pour aller sur les rives de ce fameux lac Leane, le Lough Leane, dont les rives sont si peu accessibles....

Voilà. Je me retrouve sur un cul-de-sac, la route étroite se termine sur le lac. Obligé de faire demi-tour en poussant Akitsu! Et je suis en contre-jour. On distingue à peine les montagnes. J'ai bien peur que ma journée ne soit gâchée à cause de ça! Malgré tout, ces deux photos sont très belles en vraie grandeur, et je suis content d'y être venu.

Maintenant, passons aux choses séreuses. Car le Gap of Dunloe se trouve là, tout près, et j'ai peine à imaginer que ce soit possible de trouver les paysages que j'ai vus sur Internet dans un environnement si peu montagneux. En fait, les montagnes se trouvant là, les Macgillycuddy's Reeks, sont les plus hautes d'Irlande, altitude 1.039 mètres seulement!

Aussitôt, j'ai su que je ne serai pas déçu. En quelques minutes à peine, je suis dans le vif du sujet. C'est tout bonnement grandiose. C'est ce que j'attendais.

Il y a tout un groupe à pied, environ une trentaine de personnes, surtout des jeunes. Je pense qu'il s'agit d'écoliers faisant une sortie nature. Ils ont bien choisi leur journée!

On les aperçoit sur la route. Ici, je passe sur un petit pont, sur lequel la moto me permet l'arrêt. Des touristes en voiture s'arrêtent un peu après le pont, forcément, et viennent à pied faire leurs photos. je dois dire qu'Akitsu m'a permis de réaliser bien des photos absolument inédites, grâce à ce privilège, dont j'use, malgré que les Anglo-Saxons, respectueux du code, me le font parfois remarquer par gestes, ou voire même parfois d'un coup de klaxon. mais tant pis, je fais le sourd, je me prends ce droit, je fais toujours extrêment attention de ne pas gêner, et d'être bien visible, alors!

Le paysage s'élève en beauté au même rythme que la route...

Il s'agit d'une sorte de défilé.

Des petits lacs se succèdent.

Même les moutons grimpent sur un rocher pour mieux apprécier le paysage.

Les lacets qui m'attendent, dans l'ombre du défilé. Akitsu se lèche déjà les babines, elle adore...

Les relets sont tels qu'on devine l'eau plus qu'on ne la voit vraiment.

C'est un passage féérique. L'herbe pousse là où l'eau est partie, le ruisseau lui-même fait des méandres à la façon des grands fleuves. Un paysage en miniature.

Les petits, insouciants, sont même couchés sur la route.

Lui, il se met en travers de la route et ne bouge plus, semblant me dire "Je suis ici sur mon territoire, casses-toi d'ici, étranger!". Oui, mais ce qu'il ne savait pas, c'est qu'Akitsu n'est pas patiente, et c'est là son moindre défaut! Et vous savez ce qu'elle a fait, Akitsu, elle a émis un grognement. Oh, pas très fort, mais un peu rauque, guttural, le grognement qui semble provenir des entrailles de la terre, vous voyez, ou plutôt, vous l'entendez bien, hein, le genre de grognement? Ben, l'effet est immédiat. Mon mouton, qui, voici deux secondes, était bien décidé à ne pas bouger, fait une espèce de bond et quitte la route sans regarder derrière lui... Non mais des fois, sans blague.

Et voilà Akitsu parvenue en haut du col. Il y avait deux-trois boucles-épingles à cheveux, bien serrées! Les cours du plateau, le lent, me reviennent de suite en tête, et leur application me rend bien service. le regard, le regard, et la moto suit toute seule, c'est magique!

Bon, un petit coup d'oeil sur la carte. je suis ici entre 2 et 3. Des Irlandais viennent s'arrêter pendant que je fais mes photos, et la dame s'approche pour discuter. Elle me dit que c'est bien moi le plus heureux, ici, en moto, ce que j'approuve aussitôt. Ils sont en vacances, c'est leur premier jour, ils sont évidemment aussi enchantés que moi.

On aperçoit deux voitures en train de se croiser avec difficulté. Au loin, le petit espace un peu plus vert, là où était le mouton récalcitrant!

Seul au monde, c'est un peu l'impression que je ressens ici. Et tout ça à un quart d'heure de la ville de Killarney. magique!

Et c'est maintenant la descente, absolument fabuleuse. Un peu plus bas, une route conduit vers des lacs. Je ne l'ai pas prise, car c'est un cul-de-sac, et le programme de la journée est bien rempli. Mais si vous allez par là un jour, sachez que vous aurez de quoi faire!

Parfait, c'était vraiment parfait, vous pouvez me croire sur paroles, enfin, sur photos, ce qui n'est déjà pas si mal.

Voilà les lacs, au loin, vers lesquels je n'irai pas. je vous passe la main, allez-y et ramenez-moi des photos!

Le paysage change vite. La route a rétréci, oui oui, c'est possible, la preuve!

Elle longe une petite rivière pleine d'éboulis, puis traverse un petit bois. De toute façon, peu importe ce qu'elle fait, je puis vous assurer qu'elle le fait bien. Il n'y a pas de déchet, sur cette route, tout est bon, tout est à prendre.

Le paysage commence à prendre ses aises, il s'élargit.

Je vois par-ci par-là de grands carrés creusés dans l'herbe. En fait, ce sont des endroits où les hommes ont prélevé de la tourbe.

Quelques fermes font leur apparition. Je pense personnellement que les fermiers sont les plus heureux au monde!

Une bifurcation arrive au poin 4. La route normale tourne à gauche et rejoins la R568, celle que l'on voit entre 14 et 6. Mais je remarque sur ma carte que la petite en face rejoint aussi le point 6. Voilà telle qu'elle m'apparait. Je n'y résiste pas longtemps...

De l'herbe au centre, de quoi croiser des motos sans problèmes, des voitures plus difficilement, des camping-cars.... n'y pensons même pas!

J'ai l'impression d'être en randonnée, rando piéton, je veux dire. sauf que je suis avec Akitsu, ce qui accessoirement signifie que je roule au pas, assis sur un fauteuil, sans effort aucun.

Et en plus, il monte! Alors là, je ne lui en demandais pas tant, mais je prends, bien entendu, plutôt deux fois qu'une!

Al là là, mes amis, les mots vont commencer à manquer pour décrire ce que je ressens. La perfection, peut-être?

Ce que vous voyez là, c'est un peu plus tard. J'ai posé Akitsu sur sa béquille, et je prends une photo vers l'arrière.

Puis vers l'avant. Hum, comme ça va être bien, je me régale d'avance!

Vue sous un autre angle, de façon à ce que vous puissiez bien apprécier la situation!

Bon, ça va maintenant...

Une vieille bergerie abandonnée. Je vois souvent des maisons dans cet état dans la montagne.

Pendant que je fais mes photos, elle s'est approchée gentiment de moi, son petit ne la quittant pas d'une semelle.

On les distingue tous les deux, grimpés sur un rocher pour approcher l'être humain que je suis.

Je viens de passer un col, et amorce une descente vers un lac, dont je ne soupçonnais même pas l'existence!

Je vous le disais bien, c'est comme une rando, mais en moto.

Un nouvel arrêt pour un nouveau regard vers l'arrière. J'aime bien faire ça, car les impressions sont totalement différentes.

Je vous laisse apprécier, ces photos se passent de commentaires. je pense, amis motards, que vous aimeriez tous faire cette route. Mais je vous garantis aussi, amis cyclistes, amis randonneurs à pied, qu'elle est aussi parfaite pour vous!

Puis le paysage change une nouvelle fois. La route s'élargit, juste un peu, mais elle est plus large, si si.

J'approche maintenant du point 6

J'ai donc roulé quelques centaines de mètres sur la R568, et j'ai à nouveau repris une petite route, parallèle à la précédente, comme vous pouvez le constater sur la carte. je suis donc maintenant en route vers le point 7

C'est chouette. Mon thermomètre affiche 32 degrés. En fait, il oscille entre 25 et 35, au gré des courants d'air et des changements continuels d'altitude. Il est midi passé, je décide de manger ici. Je retire avec un très grand plaisir casque, gants, veste et même gilet...

Assi sur une chaise un peu dure, mais au moins très solide. Les moutons en face de moi. Une mère et son petit viennent me voir, montent sur la route et s'approchent. Alors, je leur parle. C'est ça, quand on est seul, il faut bien parler à quelqu'un. Mais du coup, la maman prend peur, et elle fait carrément demi-tour! La honte pour moi. Et vous savez ce qu'elle fait? Eh bien, elle fait un grand détour, me dépasse de loin, et remonte sur la route une centaine de mètres plus loin... Pas mal, finalement, pour un mouton!

Puis je reprends la route.

De magnifiques lacets me permettent de passer un nouveau col, le Ballaghbeama Gap, ou Bealach Béime, près du Mullaghanattin, qui pointe à 773 mètres...

La descente se perd dans un éboulis. Ici règne totalement le monde minéral. Mia spour une très courte durée.

Peu après, nouveau changement de paysage. C'est passionnant, on ne s'en nuie jamais.

Je suis maintenant entre 7 et 8. La vitesse augmente, car la route s'élargit.

Puis c'est un changement de route, à angle droit, un peu avant 8. Très vite, la route devient droite. ici, je jette un coup d'oeil en aarière, car j'avais aperçu les montagnes dans mon rétroviseur.

Voilà.

Et voilà cette grande ligne droite, immense, longue, à perte de vue. instantanément me vient une image en tête d'un paysage semblable. C'était en Andalousie, avec JJ, le scooter. Sauf que dans la plaine, il y avait des taureaux, alors qu'ici, il y a des moutons.

Instants de bonheur. Akitsu s'en est donné à coeur joie, et moi avec. Nous avons filé comme des flèches sur cette route, les cheveux au vent... Enfin, non, le casque au vent! Moments magiques, grandioses, terriblement! Admirez cet immense paysage.

Bon alors, les grandes steppes d'Asie, c'est fait.

Fabuleux! Insoupçonnable! J'étais bien à cent lieues de penser voir ce genre d'endroit ici.

Inoubliable, après les défilés étroits!

Et c'est l'arrivée sur un nouveau col, le Ballaghasheen, ou Bealach Cisin.

Bien sûr, l'autre vfersant est fort différent. Des forêts, et des forêts coupées. Je dirais même qu'il y a beaucoup plus de forêts coupées...
La route a perdu de son éclat. C'est moins intéressant, voire banal. J'accélère l'allure, nous roulons à 80, et c'est génial.

New Chapel Cross, au point 9.

Et je retrouve l'océan, noyé dans une brume tenace. Arrivée à Waterville, en 10.

Le rivage à Waterville. Vu ce que je devine, je suis persuadé que par beau temps, ce doit être splendide.

Cet hôtel est juste en face de la photo précédente.

Entre 10 et 11. C'est vraiment superbe.

Une église face à la mer. Au niveau de la photo précédente.

De l'autre côté de la baie, j'entrevois les sommets, cachés par ces écrans de brume de chaleur qui ne parviennent pas à se lever.

C'est ici que je rencontre Henry et Maud. Je voulais juste les saluer, comme je le fais systématiquement lorsque je rencontre des cyclistes. Je vous l'ai dit souvent, je les admire, je les respecte, et je dis toujours "chapeau"! Je vous garantis que, lorsque j'ai un passage à vide -ça m'arrive aussi, de temps en temps-, il me suffit de penser à eux, les cyclistes, et je retrouve très vite de l'énergie.
Donc, je voulais juste les saluer, mais j'aperçois un dessin sur un drapeau, on dirait le coeur Vendéen...??? Je regarde mieux l'autre drapeau, et je devine un drapeau Français, en plus du drapeau Irlandais, bien sûr. Alors là, je leur pose la question en Français, et la réponse est bien Française! Oui, ce troisième petit bout de tissu, c'est bien l'emblème Vendéen! Bravo à vous deux, les amis, je suis ébahi par ce que vous réussissez. Les cyclistes ont des moments difficiles, c'est évident, mais il y a une chose qu'ils obtiennent, et que je ne peux pas avoir, c'est la joie d'accomplir un exploit chaque jour. C'est une fierté, et ils s'en souviendront toute leur vie. Je suis heureux de vous avoir rencontrés, les amis, et comme nous l'avons dit, nous irons un jour boire un verre ensemble sur le remblai des Sables d'Olonne, que vous connaissez bien! Hier, ils ont fait 100 km, sur les routes d'Irlande, c'est vraiment énorme!

Des vestiges préhistorique dans la pente, sous nos yeux.

La baie de Caherdaniel, en 11.

Les criques sont vraiment dignes de celles des mers tropicales, dommage pour le brouillard.

Henry m'a pris en photo devant la baie. On distingue les vélos des sportifs en arrière!

Les murets de pierre partout dans la montagne.

Une superbe baie après Caherdaniel.

Et une très jolie plage.

Si une photo devait résumer les côtes du Kerry, c'est celle-ci.

L'autre côté de la Kenmare River, dont je vous ai parlé hier.

A partir d'ici, de 12 à 13, je suis extrêmement déçu. J'ai décidé de prendre la route la plus longue, celle qui longe les côtes, pour vous faire d'autres photos. Eh bien, c'est raté de chez raté, comme on dit. D'abord, la Kenmare River est très souvent invisible, et la route ne la longe que pendant 4-5 kilomètres, un point c'est tout. Sinon, la N70 n'offre aucun paysage digne d'intérêt, et est dans un état absolument épouvantable. ce n'est qu'une succession de bosses de toutes tailles, et je nommerai cette route la Tranpolin Road... C'est vous dire.

Je n'ai pas pu faire une seule photo, aucun intérêt. je regrette mes montagnes, point!

Je les retourve -les montagnes- entre 13 et 14.

C'est superbe. ici, jute après le croisement en 14. Je vais rencontrer deux motos BMW de type GS. Ce sont des Allemands. Ils s'arrêtent sur le parking alors que je vais remonter sur Akitsu. Je m'approche pour discuter un peu. En Allemand, ça me fait plaisir. C'est leur premier jour de vacances, et ils sont venus pour 8 jours seulement, le temps de faire le tour.... Pas causant du tout, il répond à mes questions, point! Normal, des BMW de type GS, déjà bien beau qu'ils aient fait un petit geste de la main...

Je poursuis ma route, et les retoruverai 3-4 fois. La dernière fois, c'est en arrivant à Killarney, alors qu'un gros orage nous tombe dessus. Ils sont arrêtés, en train de mettre leurs combinaisons de pluie.

Et je vais revoir le Lough Leane. Il aura donc commencé et terminé ma journée. Cette fois, je le découvre par le Sud, et il faut bien admettre que c'est superbe!

Un extraordinaire contre-jour que je réussis là, en regardant vers l'arrière. C'est sublime.

Les couleurs sont magiques, et changent de minute en minute, car le ciel devient noir. L'orage va éclater...

Le ciel passe de bleu à noir en quelques minutes!

Voilà. Je terminerai par celle-ci. Je ne refais pas la photo du camping, car ma tente, comme je m'en doutais, n'a pas bougé d'un pouce... Je vais donc dormir excatement au même endroit!

La journée a été magique, par le temps, par la température par les paysages, par les rencontres...

Et, une fois de plus, je confirme que c'est bien la montagne que je préfère....

Le nombre de photos prises aujourd'hui est énorme... Et elles sont belles, voire très belles. Je suis heureux, de bons moments à passer pendant les soirées d'hiver, à revivre ça!

 

437 photos. 188 km

Depuis le départ, 5.049 km

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