37ème jour

Mardi 20 mai 2008.



Peu de routes manquantes. Un bout entre Doogort (camping en 1) et la route principale, que le logiciel a tracé en une ligne droite... Et un morceau en 7a, mais là, c'est normal, je vous raconterai...

Réveil à 8h15. Très beau temps. Vous vous souvenez, hier soir, il pleuvait à torrents. Décidément, je suis chanceux en Irlande, je récupère ce que j'ai payé en Angleterre au début du voyage! Et je ne m'en plaindrai surtout pas. Par contre, il y a un vent puissant, qui soufflera toute la journée. Et malgré une température oscillant entre 15 et 20, ce qui est parfait, eh bien je vais par moments avoir froid -presque...- à cause de ces rafales continuelles, par moments de véritables bourrasques, qui vont faire chanceler Akitsu plus d'une fois!

Je vous avais dit que le camping était minable, je confirme. Que c'est sale! Je tombe sur le patron alors que j'arrive au bâtiment des toilettes, et lui demande comment fonctionne la douche, car ce que j'en ai vu hier soir.... Il change de bâtiment -il y en a deux, aussi "pourraves" l'un que l'autre-, va dans l'unique douche, ouvre le robinet, fait des réglages, se tourne vers moi tout souriant et me dit "lovely water...". OK. Eh bien, je vous confirme, la douche a été un bonheur, ce qui remonte un peu sa note. Mais malgré tout, fuyez ce camping à tout prix, je vous aurai prévenu! Quand je pense aux plaquettes publicitaires, c'est vraiment une honte! Pourt le routard, vu que je ne l'ai pas emmené avec moi, je ne peux pas vous confirmer ce qu'il en disait, vérifiez vous-mêmes.

10h15. Je monte sur la dune juste à côté de ma tente pour prendre ma première photo de la journée. Je suis prêt à partir.

Superbe, ce matin.

Le mont Slievemore, 671 mètres, que je voyais bien de ma tente. Magnifique.

Alors que je redescends de la dune, je croise un jeune homme, je lui dis "hello" ou un truc du genre, avec un petit sourire, pour le saluer, et il me répond "Bonjour. C'est beau, hein?". Et la conversation s'engage. Samule, c'est son prénom, fait lui aussi un tout d'Irlande, mais en vélo! Il est parti depuis deux semaines de Dublin. Il est arrivé hier soir dans ce camping vers 20h30, sous la pluie battante! Le pauvre. Une fois de plus, lorsque j'aurai un problème, je penserai aux cyclistes. Quelle classe! Ce sont bien eux les plus forts. Samuel me dit qu'il m'a déjà vu, au camping de Clifden, vous savez, celui des midges... Le monde est vraiment petit!

Bref, nous allons passer deux heures à discuter, en prenant un café dans la cuisine -dans un état, cette cuisine...!!!

Voici mon ami le cycliste. Félicitations, Samuel.

Et avec ça, toujours souriant, et très modeste. Bravo. Je te souhaite une bonne fin de voyage, et, qui sait, à un de ces quatre, dans un autre camping...???

Je pars finalement à 12h40... Mais ce n'est pas grave, j'ai passé un bon moment avec un être humain super sympa, et ça, ce sont aussi les joies apportées par le voyage. Au premier plan, un lac, et les maisons sur Achill Island.

L'église photographiée hier dans l'autre sens, entre Doogort et Bunacurry.

Achill Sound, la ville se trouvant face au pont reliant l'île à l'Irlande.

Et l'église d'Achille Sound.

Vers Tonregee, entre 2 et 3. On voit très nettement les stigmates de l'exploitation de la tourbe, très active dans ce secteur. En prtenant cette photo, j'ai vraiment failli tomber, à cause d'une rafale plus forte que les autres. Par moments, les bourrasques sont d'une rare violence!

Un peu plus loin, la route se rapproche d'une baie étroite, celle de Mallaranny, mais au Nord de cette ville. En fait, je vais contourner cette baie, et ma route N59 va longer cette montagne que l'on voit en face.

Dans la baie, un vieux bateau amarré est fortement secoué par la houle, qui forme des vagues jusqu'ici, et croyez-moi, ici, c'est protégé!

Voilà, je suis au fond de cette fameuse baie, exactement en 3. C'est d'une beauté renversante! Des canards barbotent dans le goémon au premier plan, on ne les voit pas sur cette photo. Mais si je vous le dis...

En face, le Corraun Hill, à 524 mètres.

Toujours le long de cette baie, en regardant vers l'Ouest, vers Achill Island, qui se trouve derrière cette montagne.

La route est bordée de genêts et de rhododendrons, comme souvent. C'est très très très très beau. Voilà. Vers 3a, à Ballycroy, je vais m'arrêter dans un restau-bar dont le nom était Inn-59, en référence à la route 66 aux US. Ici, c'est la route 59, une des seules de la région, qui contourne une grande partie du Mayo et forme carrément un carré. On va au Nord, puis à l'Est, puis au Sud... Rien ne traverse!

Très sympa, ce pub. Quatre ou cinq retraités étaient en train de siroter leur bière -il était plus de 14 heures, vous savez, compte tenu de mon heure de départ... On a discuté un peu. La moto les impressionnait, surtout l'un d'entre eux! Elle est pourtant bien banale, la petite Akitsu, mais là, elle roulait les mécaniques... Ma bière plus un énorme sandwich et des cheaps, le tout pour 5,40 euros! Et une jolie gentille serveuse, en plus de ça. Je reviendrai.

Ensuite, la route 59. De très grandes lignes droites, dans la forêt -c'était joli, et ça roulait très bien- puis à travers d'immenses étendues plates de tourbe -c'était beaucoup plus moche, mais ça roulait toujours très bien...

Eglise de Bangor en 4. C'est ici que je vire à 90 degrés, pour tracer vers l'Est.

Après Bangor, la N59 suit une rivière qui semble très poissonneuse pendant un long moment. Pourquoi semble-t-elle très poissonneuse. Parce que j'y ai vu des rassemblements de pêcheurs en plusieurs endroits!

Crossmolina, en 5

Ballina, en 6

Un zoom, spécial pour mes petits frères, histoire de les énerver un peu...
Il y en avait partout, les gars, des comme ça.... je vous y aurais bien vu aussi!

L'image globale. Ici, la rivière, elle s'appèle "Moy". Ben oui, c'est comme ça.

Mon but, c'est en 10, un camping situé près de Sligo, la grande ville qui donne son nom au comté dans lequel j'arrive. Mais vous me connaissez, j'ai trouvé une petite route qui me semble très sympa, mais m'oblige à faire un beau détour. Bah, il ne fait pas trop mauvais, à part le vent, il est 15h30, j'y vais!

Là, c'est entre 6 et 7, peu après Bunnyconnellan.

Le Lough Talt. C'est au niveau de ce lac que je quitte la R294 pour prendre mon routin habituel.

Un homme travaillant la tourbe. A cet endroit, c'est un carrefour. Je dois tourner à gauche, d'après ma carte, et c'est donc ce que je fais!

Voilà ce que j'ai dans mon rétro, du même endroit.

Mais au bout de 300-400 mètres, le goudron disparaît, faisant place au gravier. Et il y en a de plus en plus. La couche est si épaisse par moment que le pneu y pénètre... Holà, ça devient dangereux. Que faire? Me serais-je trompé? En effet, sur ma carte, avant le croisement que j'attendais, ma route devait tourner à angle droit sur la droite. S'agissait-il donc de ce virage à angle droit, sur lequel débouchait ce routin se terminant en goudron? Je me le demande. Je décide de continuer encore, car l'autre jour, souvenez-vous, ma route était devenue chemin, beaucoup plus dangereux que celui-ci, et c'était la bonne voie!

Je passe devant de vieilles maisons, voire même très vieilles. Le coin semble totalement inhabité, pas un chat sur mon chemin. Ah si, là-bas, un gars près d'un tracteur.

Je m'arrête près de lui. Aïe... J'ai l'impression que nous ne sommes pas du même monde. Il admire la moto, je comprends "motorbike", il touche le pneu avant... Je viens avec ma carte, mais je me rends vite compte que c'est inutile, il ne sait pas lire une carte, c'est évident. Il a trois dents dans la bouche, mais ce n'est pas le problème. Par contre, son langage est pour moi presque impossible à comprendre. Je saisis un mot tous les 5-6 mots, et encore! Il s'énerve. Bon, ne pas le fâcher. Je recommence plusieurs fois. Je lui donne le nom d'un lac et celui d'une petite ville, c'est oui, c'est la bonne route. Je comprends que je vais arriver à un pont, je tourne à droite, ce pont est bon, pas de problème pour la moto, seulement il n'a pas de rebord, mais c'est bon. Puis, à la maison, il faut tourner à gauche. Bon, il s'énerve, car je commence à tracer la route sur le sol. OK ok. Je comprends aussi que ce n'est pas difficile, je n'ai qu'à suivre la route principale. OK. Merci l'ami.

Voilà le pont. Pas de parapet, c'est exact. Je réalise que c'est le fameux pont dont il me parlait alors que je viens juste de le dépasser. Une route à gauche, une en face, mais plutôt chemin, et une à droite. Bref, un carrefour. Je suis pratiquement arrêté, j'appuie un peu plus fort sur mon frein avant, et, à ma grande surprise, avant que je n'aie eu le temps de dire "ouf", je sais que je vais au tapis, je plonge, je roule, je me retrouve dans l'herbe, là où se trouve le casque, que je n'ai pas touché! la moto est à l'endroit exact de la chute, mais relevée... Pas pensé à la photographier quand elle était par terre, désolé!

Horreur. Akitsu ronronne, couchée sur le côté. Là, il ne faut pas regarder les mouches voler, il faut agir, et vite. Et j'agis vite! D'abord, couper le moteur. Comment on le coupe, le moteur, là-dessus, déjà? Ah oui, la clef. Ouf, ça marche, il s'arrête. Allez, maintenant, lever la moto. Et elle est tombée du côté droit, en plus! Bon, je m'arqueboute de toutes mes forces, mais rien n'y fait, je ne peux pas la soulever. Toutes les affaires de mon sac de réservoir, qui est toujours ouvert, sont éparpillées entre mon casque et Akitsu. Il y a là, pêle-mêle, mon appareil photo, le caméscope, et plein d'affaires en vrac un peu partout. Vite, enlever la sacoche réservoir qui, elle, est toujours bien fixée sur le réservoir. Ensuite, retirer en urgence les deux gros sacs du siège, car c'est sûrement à cause d'eux que je suis incapable de la remonter. C'est comme si quelqu'un était assis sur le siège, et ne voulait pas en descendre! J'y parviens en une vitesses incroyable, je les balance sur la route, j'empoigne le guidon et, miracle, je la lève. Ouf. Maintenant, la béquille est de l'autre côté. Dur dur d'enfourcher la moto de ce bord. Il ne s'agit pas de la faire tomber une autre fois. J'y parviens, je béquille, je respire! Bon, une fuite. De l'essence, ce n'est pas méchant. Le coeur bat fort. Il faut la démarrer pour voir. Impossible! Les clefs se sont emmêlées, et l'une d'entre elles a réussi à se coincer à un endroit incroyable! Je défais les anneaux, et je parviens enfin à les séparer, et à tourner la clef du démarreur. Vroum vroum... Ma bonne petite Akitsu, je t'aime. Ben oui, dans des moments comme ça, tu embrasserais n'importe qui! Heureusement que l'Irlandais de tout-à-l'heure n'est pas là...Alors, maintenant, les dégâts apparents. Rien! Pas même une égratignure, je suis sidéré! Juste la sacoche de droite qui a quelques griffures de plus, mais je m'en moque. Pas de clignotant cassé, pas de carénage cassé, ni même déboité, c'est le principal. Je m'estime vernis... Je refixe mes sacs, vérifie appareil photo et caméscope, tout baigne!

Je continue donc, à droite, puisqu'il l'avait dit, j'avais bien compris, et ça semble bien être le chemin principal, en le comparant aux deux autres. Et ça continue, et ça continue, je ne profite pas du paysage, tout concentré que je suis sur mes graviers... Ah, j'aperçois une maison au bout de cette longue descente. Serait-ce la fameuse maison?

Oui, ce ne peut être que ça. En fait, je comprends mieux maintenant. Les distances, ils s'en moquent complètement. Ils ont des points de repère, et mon Irlandais m'a donné les points de repère importants. Le pont était un des deux points, à un carrefour, et la maison à l'autre. Entre les deux, je suis certain d'avoir roulé au moins 5 kilomètres, et dans ces conditions, ça semble long! Mais c'est l'aventure. Et ça me fait de l'exercice pour l'Islande...

Que c'est bon de rouler sur du goudron à nouveau!

C'est vraiment magnifique.

Seul au monde, pourrais-je presque dire!

Et mes amis les moutons.

Le Lough Easky, que j'avais repéré sur la carte, et que mon Irlandais m'avait confirmé être sur cette route... Il avait raison. Au loin, au zoom maxi, deux cyclistes.

Ce sont des Allemands, un couple de Hambourg. On va discuter dix minutes lorsque je vais les dépasser. On abrège la conversation, car la femme avait froid de ne pas bouger, à cause des fortes rafales de vent, et avait besoin de pédaler pour se réchauffer, ce que je comprends tout-à-fait.

De la tourbe en train de sécher près du lac.

Regardez la route, au loin.

Une vieille maison. Oui, enfin, je ne sais pas pourquoi je vous le dis, vous auriez deviné tous seuls... Et je retrouve la grande route, ma fameuse N59. Et Akitsu se relance à 100 à l'heure, ça nous fait du bien à tous les deux. parfois, de très fortes rafales nous apportent de fameuses sensations...

Eglise St Marys Kilmacshalgan, à la sortie de Dromore West

Eglise de Templeboy entre 8 et 9

Eglise de Skreen

Encore une église peu avant Ballysadare

Eglise de Ballysadare

Encore une, sur la R292 en route vers Strandhill

Un peu plus loin, alors que je longe la baie de Ballysadare, à marée haute cette fois!

L'église de Strandhill. J'arrive au camping. Je demande le prix, et le gars m'annonce sans sourciller "15 euros". Je réponds "Juste pour une petite tente, à cette époque de l'année? Mais c'est horriblement cher. C'est partout entre 9 et 10 euros.". J'ai essayé d'argumenter, mais pas longtemps, car je suis tombé sur une tête de c..., mais vraiment. Vous savez, le genre de personne avec laquelle vous êtes absolument certain que vous n'allez pas vous entendre. J'ai regardé ma carte. Il y a un autre camping de l'autre côté de la baie de Sligo. 15 km. Ce type me déplait vraiment trop, je me casse. De plus, très sincèrement, le camping est assez moche, ils n'ont même pas Internet.

Bon, ça ne sert à rien d'épiloguer, ni de chercher d'autres arguments. Je n'ai pas envie de coucher ici, pas à ce prix!

La colline de Strandhill, en quittant ce camping, que je ne vous conseille pas... Vous vous en doutez bien. Il est trop cher! Et ce ne sont pas des commerçants!

Voilà. Je viens de faire le tour. Le fameux camping que je viens de quitter, on l'aperçoit, on le devine, de l'autre côté de la baie, au-dessus du bateau. me voici à Rosses Point.

Alors, ce camping?

Je rentre avec un large sourire. Le prix? 12 euros? Hum, c'est bien cher, vous savez. Allez, vous pouvez bien me le faire à dix euros, votre camping est loin d'être plein, ce sera toujours ça de pris, non? Toujours avec un grand sourire. D'accord! Voilà un homme intelligent. Nous sympatisons, il se met à parler un peu Français. C'est le fils de la patronne. Il est allé à Lourdes, car il était gravement malade. Il a appris le Français à l'école. Je le félicite. Bref, on est copains.

J'adore ce camping...

Enfin, je suis en plein vent. Des Allemands m'aident à monter ma tente. On discute dix minutes. Ils viennent de Bavière, juste à côté de l'Autriche, là où tout est rangé, classé, bien mis, où chaque route a son nom et sa pancarte... Un autre monde!

Ce sera la dernière photo. Face à la baie.

Je suis heureux. Je crois même que je vais rester deux jours ici, voire trois, histoire de me reposer un peu!

Il est 23 heures, le patron va fermer le local dans lequel je suis. Je vous quitte. Bye bye.

 

186 photos. 205 km

Depuis le départ, 6.372 km
Compteur Akitsu, 20.383 km

Moyenne quotidienne depuis le départ - 172 km

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