57ème jour

Lundi 9 juin 2008.

Grasse matinée, qu'il disait, le gars, hier soir?

Premier essai... 6h45. Ben dis donc. Et en plus, je ne suis même pas fatigué! Trop tôt, beaucoup beaucoup trop tôt. Pourtant, hier soir, je me suis couché ce matin, vers 1h30. Quoi, j'ai bien le droit, je suis en vacances! En fait, il y avait bien longtemps que je n'avais pas eu l'électricité dans la tente, et j'ai eu envie d'écouter ma musique préférée, casque sur l'oreille -il vaut mieux... Et j'ai entendu pleurer la guitare de Mark Knoffler, et j'ai entendu hurler les saxophones... Que c'était beau.

Et c'est peut-être pour ça que je ne suis pas fatigué. En fait, ça m'a sans doute reposé l'esprit.

Deuxième essai... 8h30. Pas terrible, tout ça, c'est encore tôt. Mais la lumière est tellement forte! Et pourtant, le ciel est sombre, mais c'est comme ça, en Ecosse, la lumière est là, et bien là.

Bon, OK, j'abandonne, je me lève. Après tout, je n'ai plus envie de dormir.

Je suis tellement lent qu'il est plus de dix heures lorsque je me dirige vers la bibliothèque d'Aberfeldy, dans laquelle Internet est gratuit. Mais pas de chance. Elle est fermée le lundi. Je trouve une petite boutique de graphiques qui offre la connexion par WiFi, c'est parfait. Enfin, qui offre... C'est l'Ecosse, ici. Donc... 1,50 livre le quart d'heure, et 3 livres la demi-heure! Normal, on multiplie par deux. Chez nous, il y aurait eu un petit rabais, du genre 2,50 la demi-heure, mais pas ici! Bon, la dame me dit que la connexion est rapide, alors allons-y. Et ça commence très bien, mais ça s'arrête au bout de 3 fichiers! Alors, qu'est-ce qui cloche? Sa connexion? J'ai tout, le navigateur, les mails, Skype... Seuls mes transferts FTP sont bloqués! Mon hébergeur? Tout est possible. Je cherche des solutions, mais rien n'y fait. J'abandonne. Elle est gentille, car je suis bien resté 40 minutes, ça passe vite quand ça ne marche pas, mais elle ne me fait payer que 1,50 livre, et me donne un super tuyau: il y a un café à Kenmore qui a Internet par Wi-Fi gratuitement, il suffit de boire! Eh bien, merci madame, pour cette gentillesse. Le tuyau à lui seul valait le prix payé.

Je vais au supermarché qui jouxte la boutique, afin de refaire un petit plein de provisions. J'ai terminé hier le paquet de café que j'avais emmené de chez moi. 8 semaines... Tiens, d'ailleurs, hier était le 56ème jour de ce voyage. Et mon dernier trip, en Norvège, avec le x9 125 cm3, avait duré 56 jours... J'avais parcouru plus de 16.000 km, soit presque le double de ce que j'ai fait cette fois. Je roule moins, c'est donc que je vieillis, ou que je deviens fainéant! En fait, je crois sincèrement que je fatigue plus vite, malheureusement! Il se peut aussi, et je n'en serais pas surpris du tout, que la moto fatigue bien davantage que le scooter!

Bon, comme j'habite ici, je retourne manger chez moi au lieu de manger sur le bord de la route. Ce qui me permet de terminer avec un bon café. Puis je rallume mon PC -ben oui, c'est cool, quand on a le courant... En fait, pour tout dire, je n'ai pas vraiment envie de sortir! Allez, il faut mettre à jour le site, et régler ce problème FTP qui m'inquiète un peu, car j'ai bidouillé les configurations, et vous savez tous qu'il ne faut jamais changer quoi que ce soit!

Et puis, il faut que je prenne l'air. Le ciel est noir, il y a beaucoup de vent, mais il fait lourd, très lourd. le thermomètre d'Akitsu affiche 23 degrés, et ce sans soleil! Je me suis préparé un petit circuit sympa, pour revenir de Kenmore.

Mon Loch Tay, à Kenmore, photographié hier soir en contre-jour, à ce même endroit. Regardez les vagues!

La rivière Tay, qui entre dans le loch.

Autre vue sur le Loch Tay, dont j'ai longé la rive droite hier en fin de soirée. Vous savez, celui qui était si bleu! La preuve que c'est l'état du ciel qui donne la couleur de l'eau! Aujourd'hui, les eaux du lac sont d'un beau gris-noir, tout comme les nuages. Ainsi va la vie!

La petite île, juste devant Kenmore.

L'église de Kenmore, que je n'avais pas vue hier soir.

Une maison à Kenmore.

Bon, je trouve mon bistrot, je commande une bière, je me connecte, je lance mes transferts et... ça marche!
Alors, ce matin, était-ce la connexion de la dame, ou était-ce mon hébergeur? Allez savoir! Toujours est-il que je suis très heureux de pouvoir tout mettre en place, répondre à mes mails, surfer un peu aussi... Bref, lorsque je repars du bar, il est plus de 16 heures.

Je commence par me tromper, du moins, par ne pas trouver la petite route que je cherche, comme vous le voyez sur la carte entre 2 et 3... Bon, je fais demi-tour, et la trouve enfin.

A mon avis, impossible en camping-car, ou alors seulement avec un petit. Elle est terrible, et d'entrée de jeu, dès les premiers mètres. très étroite, elle attaque par deux épingles à cheveux qui m'ont impressionné. Mais c'est toujours comme ça, avec moi. Je n'aime pas les épingles à cheveux, et surtout pas sur une route aussi étroite, car la pente dans l'épingle est énorme -à mon avis pas loin de 50%- dans l'angle intérieur. heureusement, personne n'est venu dans l'autre sens, j'aurais été au tapis, forcément.

Bref, en deux temps trois mouvements, on domine déjà toute la vallée de la Tay, la vallée qui conduit à la maison, à Aberfeldy. On aperçoit le château de Kenmore. Non? Vous ne le voyez pas?

Gogo gadget à zoom.... Le voilà, le château de Tay. Style Ecossais. Pas mon style. Imitation de château-fort à une époque révolue, ils aiment beaucoup ça, pas moi. Le parc est digne des grandes propriétés Ecossaises, à savoir somptueux. L'entrée du château, à Kenmore, je vous l'ai photographiée hier soir, regardez dans les dernières photos de la journée.

La grimpette n'est pas terminée, loin s'en faut.

Après les difficiles virages du départ, la route grimpe droite comme un "i" sur le plateau. Je ne voudrais absolument pas la faire en vélo. Je sais, je vous le dis à chaque fois, mais que voulez-vous, j'y pense à chaque fois. Et Akitsu s'en acquitte avec une aisance toujours aussi étonnante pour moi!

Voilà le plateau. le vent souffle très très fort. La température, pourtant toujours très lourde, est tout-de-même descendue à 16 degrés, mais j'ai chaud quand même!

Au loin, les hautes montagnes qui entourent le long loch tay, qui se trouve dans le creux.

Les hurlements du vent dans mon casque sont lugubres, mais en même temps, j'adore les entendre dans ces circonstances. Je vois les nuages défiler à toute vitesse, la bruyère est ballotée, couchée par les rafales, et je me plais à imaginer -très très aisément- les conditions épouvantables qui peuvent régner ici aux mois de Janvier-Février, au plus fort de l'hiver. Pour le coup, traverser ce plateau doit relever de l'exploit, et s'avérer même risqué! Je ne parle même pas avec un véhicule, un panneau en rouge avertit le conducteur que cette route n'est pas entretenue pour l'hiver, et que l'automobiliste qui l'emprunte le fait à ses risques et périls! A bon entendeur...

Au loin, de l'autre côté du loch tay, il reste des pans de neige, que j'aperçois vaguement lorsqu'une couche nuageuse plus claire remplace la couche sombre qui la précédait trente secondes plus tôt.

C'est magnifique! Encore un grand spectacle entièrement gratuit, ou presque -il faut bien mettre de l'essence dans le réservoir d'Akitsu, et un peu de nourriture dans le mien, non? Mais de toute façon, ce n'est pas plus cher qu'en vélo ou à pied! Pourquoi?

C'est simple, et je me demande si je ne vous ai pas déjà donné cette explication! En vélo, je mettrais à mon avis trois jours pour faire une journée d'Akitsu. Si si. Et je vais vous dire pourquoi! Tout simplement parce que les cyclistes, lorsqu'ils font plus de 100 bornes dans leur journée, ne prennent pas plus de dix ou vingt photos! Or, lorsqu'on compare, il faut comparer avec équité! Si je fais mon parcours en vélo, je veux aussi avoir toutes mes photos. Et s'arrêter comme je le fais, repartir, et ceci sans cesse, toute la journée, forcément, va diminuer de façon considérable la distance parcourue par le cycliste! Je ne suis même pas certain qu'il y parvienne, car l'effort est bien plus important. Mais avec Akitsu, je le fais. Donc, trois jours au lieu d'un seul. Il faut donc nourrir le bonhomme deux jours de plus -ce qui n'est pas gratuit, d'autant plus que le cycliste a besoin de bien plus de calories que le motard...- et payer deux nuits de camping supplémentaires... Conclusion? Payer l'essence d'Akitsu et son entretien me reviennent moins cher, c'est garanti! Et je ne parle même pas du fait qu'il me faudrait non pas 5 mois de vacances, mais 15... Cinq mois sans salaire, c'est déjà pas mal, 15 mois.... Alors, convaincus?

Mais peu importe, je préfère le faire en moto, point final. même si c'était plus cher. Mais ça ne l'est même pas...

Un petit lac sur le plateau.

Le plateau fait plusieurs kilomètres. Je me laisse porter, enfin non, secouer, par les rafales parfois violentes.

Puis ça commence gentiment à descendre -ici en vue arrière, bien sûr!

 

Une nouvelle fois vers l'arrière.

La descente se fait de plus en plus violente, la pente augmente dangereusement, les arrêts en moto deviennent un peu scabreux!

Au loin apparaît le Loch Freuchie, et la vallée se nomme le Glen Quaich

En contrebas, de vieilles fermes, et des enclos de murets.

La pente est terrible, comme lors du départ de cette route. Et elle se termine là aussi par deux épingles à cheveux fantastiques et très dangereuses. Le regard, bon sang, le regard! Si je n'avais pas cette technique, je crois bien que je me serais planté ici aussi. Comme je vous l'ai dit, c'est surtout à cause de la très faible largeur de la route, qui donne une pente énorme à l'intérieur du virage. On dirait presque un mur quand on est dedans... Ouf, passé.

Un peu plus bas, la route enjambe la rivière par ce petit pont.

Encore un autre pont un peu plus loin. La route suit la rivière Quaich, puisque le "Glen" porte ce nom.

Il m'a vraiment fait rire, celui-là. Il était perdu, et appelait sa maman. Bon, ce n'est pas rigolo, c'est vrai. Mais ce n'est pas ça qui m'a fait rire. En fait, j'avais arrêté Akitsu, et coupé le moteur. Je n'entendais que ce petit appeler sa mère, et les hurlements du vent. Il était sur un chemin à ma gauche. Quand il m'a vu, il m'a regardé, et il est venu en courant vers moi. Il m'avait reconnu, moi, sa maman... Puis il s'est arrêté, et s'est mis à réfléchir, comme savent si bien le faire les moutons... Et il s'est dit que, finalement, je n'étais peut-être pas la maman. Et il a fait demi-tour, et s'est enfui à toutes jambes dans l'autre direction, puisqu'il venait de reconnaître le diable.... Ah ah ah, le diable en rit encore!

Des cochons Ecossais, c'est la première fois que j'en vois. On dirait des sangliers, vous ne trouvez pas?

Les lumières du ciel sont splendides! Tantôt clair, très lumineux, tantôt sombre, noir même, avec toutes les nuances possibles et imaginables, le tout changeant sans cesse.

Coup d'oeil en arrière. Le plateau d'où je viens se situe dans le creux, là-bas, au fond à gauche.

Elle m'a parlé, mais j'avoue ne rien avoir compris. J'ai du mal, avec l'Ecossais...

J'arrive au niveau du Loch Freuchie, mais sans m'en approcher. la route le longe, mais d'assez loin.

Vous l'apercevez, ici, la route, qui part sur la droite.

Encore un coup d'oeil en arrière, avec le zoom.

Une petite île, comme très souvent. En Norvège, c'était pareil, et il y a une explication à ce phénomène, que j'ai oubliée. désolé!

Sur la rive opposée, la chevelure bien coiffée d'une forêt, qui sort de chez le coiffeur! En fait, c'est une propriété qui s'arrête ici, et le propriétaire des lieux a planté des arbres sur son terrain, et pas sur celui du voisin.. Vous savez, comme les murets sont droits. Les arbres suivent les murets!

Ils sont comme éclairés. En fait, le vent fait bruisser leurs feuilles, et les couleurs des feuilles sont différentes selon leur côté. Comme le vent les fait onduler, ils semblent briller et s'allumer puis s'éteindre sans discontinuer. C'est magique! Seule une caméra vidéo pourrait vous rendre en partie le spectacle. la photo est ici impuissante!

Coup d'oeil arrière sur le loch que je viens de dépasser. On l'aperçoit à peine, car le ciel au-dessus s'est brusquement obscurci, assombrissant du même coup la couleur des eaux du loch.

J'arrive maintenant en 5, à Amulree. A gauche, c'est l'église.

Que voici, de plus près.

A ce moment, le vent est à son maximum. Akitsu et moi-même sommes ballotés comme fétus de paille, et la prudence est de rigueur!

Coup d'oeil arrière, la photo étant prise du même endroit! Le loch est à droite, non visible maintenant!

Je viens juste de passer Amulree. Ce nuage noir au-dessus de cette montagne a attiré mon regard, car il donne l'impression d'un panache de fumée s'échappant du sommet!

Ensuite, je prends la A826 qui me ramène au bercail. C'est un grand plateau, dont une partie est couverte de forêts, ce qui est plus joli que la bruyère.

Un petit lac, peu avant Aberfeldy.

Puis c'est une très belle descente vers Aberfeldy, avec de très belles échappées sur la vallée de la Tay que l'on rejoint.

Aberfeldy, nichée dasn la vallée. On reconnait le joli pont au fond.

Entrée dans ma petite ville. Eh oui, je l'aime bien, celle-ci. J'ai vraiment très bien choisi!

Où je retrouve ma petite maison...

Café, douche, une bonne soupe Anglaise -délicieuse, d'ailleurs, puis la réalisation de ce petit reportage.

Je m'en vais lire maintenant!

 

223 photos. 56 km

Depuis le départ, 8.944 km
Depuis le départ, 14.062 photos
Compteur Akitsu, 22.955 km

Moyenne quotidienne depuis le départ - 157 km
Moyenne quotidienne depuis le départ - 247 photos

 

L'image du jour.... allez, je suis généreux ce soir.... les images du jour!

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