60ème jour

Jeudi 12 juin 2008.

Hier soir, en rentrant de mon bistrot, j'ai trouvé deux jeunes, un gars et une fille, installés dans une tente près de chez moi. Comme ils sont en train de manger dehors -le soleil est revenu, ça change très vite en Ecosse- et qu'ils me font un grand bonjour, je m'approche d'eux pour discuter un peu. On commence en Anglais, mais quand ils me disent être Allemands, eh bien ma foi, je continue en Allemand. Ils ont chacun leur moto, des trails Yamaha, des 350 cm3 je pense, mais je n'en suis pas certain. C'est la première fois qu'ils viennent en Ecosse, on discute un peu, puis je les laisse manger, et je m'attèle moi aussi à mon repas, sauf que je mange à l'intérieur! Beaucoup mangent à l'extérieur, mais quand je pense à leurs petites tentes, avec des absides minuscules, ils peuvent difficilement faire autrement. Finalement, je suis heureux avec ma 3 places, et ma grande abside, car je peux manger aisément dans l'abside, à l'abri des regards, du vent, de la pluie, du soleil.... bref, seul avec moi-même!

Réveil à... 4 heures du matin! Non mais, c'est quoi, ça? Et il fait jour, vraiment bien jour! Malgré tout, je décide de me rendormir. Et pour une fois, j'ai un peu de mal. Mon voisin Allemand ronfle allègrement, mais je n'ai rien à dire, je sais comment je suis... Le deuxième réveil sera le bon. 8h00, c'est correct. Les Allemands sont déjà debout, mais c'est normal, ce sont des bosseurs... Je plie assez vite. Ma voisine n'en revient pas, et me fait la remarque de la vitesse à laquelle je ramasse. Je lui réponds que lorsqu'il y a des midges, je vais deux fois plus vite... Ils me questionnent tous les deux à ce sujet, et je leur dis ce que j'en sais, et leur fais voir mon filet anti-midges, et la lotion que j'ai achetée. Je leur donne aussi l'adresse de mon site Internet pour d'éventuels futurs contacts, et je les quitte. Ils vont vers le Loch Rannoch. Pour ma part, direction Inverness, dans les Highlands, par la route la plus longue, mais elle a un énorme avantage: je ne la connais pas. Il est 9h30. Le temps est comme ces jours derniers, peut-être un peu plus frais.

La première partie -enfin non, les 20 premiers kilomètres seulement- je les ai déjà parcourus dans l'autre sens, dimanche matin, lorsque j'ai quitté le camping du château. Cette vallée de la Tay est vraiment très sympa. Puis la route part de suite dans les montagnes, avec la traversée d'un magnifique petit village, qui s'appèle "Moulin", et que je n'ai pas photographié parce qu'il n'y avait pas moyen de stationner, et que j'ai été surpris à retard par la beauté des bâtiments -église, maisons-. Un peu plus haut, je peux stopper et photographier le village de loin. On aperçoit l'église dans les arbres.

Du même endroit, coup d'oeil arrière.

Puis je me retrouve très vite sur un plateau, mais peu étendu.

Peu après, je longe les montagnes -Monts Grampians- pas très élevés à cet endroit.

Lorsqu'ils mettent un peu de couleurs sur leurs maisons, les Ecossais ont une préférence pour le bleu, et pas n'importe lequel. C'est souvent ce bleu là. Ici vers Straloch.

Le paysage est assez joli, mais je trace. D'ailleurs, j'ai du mal à calmer Akitsu, elle est comme une folle. En fait, je suis bien content, et ça me fait énormément plaisir de rouler sans prendre de photos.

Après Kirkmichael, je coupe plein Est pour rejoindre la A93, qui est nettement plus jolie.

Sur la A93, la route suit la Glen Shee. Elle est très très viroleuse, et de très nombreuses pancartes "spéciales motards" sont posées régulièrement, nous avertissant des nombreux virages. Je pense que certains ont dû y laisser leur peau, ou un peu de peau, sans aucun doute!

Spittal of Glenshee. C'est en fait une station de ski. Par contre, le paysage est un paysage de Préalpes, très agréable.

Ce qui l'est beaucoup moins, c'est la température. Elle chute fortement, et il fait maintenant entre 11 et 12... Gla gla, car je ne suis plus habitué du tout!

C'est superbe, et c'est le genre de paysage que je n'ai pas vu depuis longtemps, ce qui me plait beaucoup!

La rivière, dans la vallée.

Akitsu attend patiemment que je prenne mes photos. Ben oui, dès que ça devient plus joli, le rythme ralentit! Ici, je suis monté sur une petite hauteur, ce qui me permet de dominer la vallée dans les deux sens. L'escalade de ces montagnes s'avère être extrêmement facile -sur 30 mètres-, et je me vois déjà grimpant au sommet.... Prétentieux!

Je sais déjà que je me dirige vers un col.

Regardez comme les montagnes sont bariolées. On dirait qu'elles ont été passées à la peinture, mais un peu n'importe comment!

Je suis au col, le Devil's Elbow -le coude du diable-, 665 mètres. Utiliser le diable pour une si faible altitude, me direz-vous, semble bien exagéré! Eh bien, je vais vous dire "non". Parce que dans ce col, il règne un froid glacial. les vents s'y engouffrent avec une violence peu commune, et je vous avoue être gelé. Pourant, le thermomètre affiche 10. Mais je le sais plutôt généreux -de un ou deux degrés. Cependant, avec ce fort vent, le ressenti doit correspondre à mon humble avis à du 4-5 degrés, pas plus.

Les montagnes autour ne sont pas très hautes non plus. Le Glas Maol à 1.068 mètres, et le Beinn a'Ghlo à 1.120 mètres.

Puis c'est une longue descente vesr Braemar.

Le thermomètre ne varie pas d'un pouve, alors que je descends depuis un moment!

L'église de Braemar. Penchée? Vous croyez? Redressez votre PC, voyons...

L'hôtel de Braemar. C'est une jolie ville, du moins pour ce que j'en ai vu. C'est, je pense, un important centre pour les randonneurs et montagnards de tout poil. J'en croise d'ailleurs quelques uns, avec leurs sacs et bâtons.

Je longe ensuite la rivière Dee, qui me fait penser à "Crocodile Dundee", le fameux chasseur de crocodiles Australien. Comme il y a une ville un peu plus au Sud qui s'appèle Dundee, et une autre qui s'appèle Perth, je pense que ce sont des Ecossais originaires de cette partie de l'Ecosse qui ont fondé les dites villes homonymes Australiennes. Du moins, c'est une théorie que je viens d'élaborer, fondée uniquement sur mes réflexions personnelles...

Un peu plus loin, près de Crathie, je décide de couper plein Nord par une petite route, la B976. C'est une "Single Road Track". Et j'ai bien fait. Elle grimpe sur un haut plateau dénudé, glacial, sauvage. Brrrr....

Au loin, les montagnes tatouées dont je vous ai déjà parlé.

On dirait des peintures préhistoriques. Je les avais déjà vues lorsque la neige fond, en Mai. On a les mêmes dessins, mais en noir et blanc. C'est très curieux, et je pense que c'est dû aux différentes textures de la roche et des végétaux qui la recouvrent.

Je croise sur cette route, à mon grand étonnement, pas mal de motards. A un moment, deux Autrichiens, dont l'un était en Africa Twin. Mais si je reçois -à peine- un petit bonjour, c'est que ce sont des motards "roulants", ceux qui tracent, qui font du kilomètre, qui ne s'arrêtent pas. Souvent, ils sont au moins deux. Les BM'istes sont en groupes plus nombreux, en général 4 ou 5. Ils ne savent pas sortir seuls, c'est une race qui sort en "troupeau". Je peux le dire, car depuis plus de 8 semaines que j'en croise, je peux édicter les règles, je commense à bien les connaître. Et plus le groupe est BMW, moins ça dit bonjour, moins ça vous regarde. J'en ai vu tourner le regard pour ne pas avoir à dire bonjour, lorsqu'ils sont arrêtés à côté de moi! Je vous garantis que je n'affabule pas du tout, ce sont de pauvres c... C'est du moins mon avis! Quand nous sommes en rando avec les copains scooteristes, nous sommes pourtant en groupe, souvent bien plus nombreux, mais nous sommes toujours tout contents de dire bonjour aux motards que nous croisons. Nous sommes heureux, et nous avons envie de partager notre joie de rouler ensemble. Je préfère de très loin notre convivialité. D'ailleurs, je ne comprends même pas cette imbécilité. Ils devraient être heureux de vivre, ils sont avec des amis, en train de partager leur passion de rouler en bécane, en voyage, à l'étranger même -ce sont souvent des Allemands, mais les Anglais en BM de type GS sont les mêmes, exactement. A croire que "mêmes bécanes, mêmes symptômes". Donc, normalement, on est heureux, on a de la joie, c'est le bonheur, donc on est souriant, content, on dit bonjour à tout le monde, on partage sa joie. Non, pas ceux-là. Ils sont tristes, sérieux, un peu comme s'ils avaient un bâton dans le cul.... Je les plains! Si j'y pense, cet hiver, j'essaierai d'aller lire des comptes-rendus de leurs voyages, en général, il y en a bien un qui s'y colle. Je risque de bien me marrer!

C'est vraiment énorme, n'est-ce-pas?

Les parties les plus grises sont en fait des pierriers...! Curieux, non?

Ici, je vais rejoindre la A939. Fin de la "single road track"

Je fais une pause ici pour mettre ma tenue anti-pluie, ce qui m'oblige à ouvrir un de mes sacs. Mais quel bonheur. Le bien que ça me fait, vous ne pouvez pas savoir! Enfin, si, ceux qui roulent en deux-roues le savent!

Pour aller jusqu'à 3 - Colnabaichin - la A939 poursuit à travers les Monts Cairngorm.

Les moutons, au mileiu d'une forêt -enfin, des restes d'une ancienne forêt.

Je ne sais pas pourquoi, mais je n'aime pas du tout voir ces souches mortes!

Un mouton noir. rare de les approcher. Il m'a malheureusement toujours tourné le dos!

Cette curieuse maison blanche, toute seule dans la montagne! Un original a dû la faire construire!

Après Cock Bridge. la route accuse une grimpette et une descente de 20% et passe un col.

Coup d'oeil arrière. On aperçoit la fameuse maison blanche, en bas.

Akitsu, pour ceux qui ne connaissent pas.

Voilà le col, qui est en même temps une station de ski -Lecht Ski Centre.

Ici, mon thermomètre est au plus bas de la journée. 9 degrés. Heureusement que j'ai mis mes protections anti-pluie, qui en fait me servent de protection anti-vent et anti-froid! Et malgré ça, j'ai quand même un peu froid, mais ce n'est pas comparable.

Tout de même, ça me "titille", et ce n'est que ce soir, en m'installant dans ma tente, que je comprends vraiment pourquoi! Je n'avais pas mon sous-vêtement "Odlo". Depuis plusieurs semaines, je ne le mets plus pour la route, compte tenu des températures devenues estivales. Maéis si je l'avais mise, je n'aurais absolument pas eu froid, j'en suis bien certain, puisque j'avais aujourd'hui des températures équivalentes à celles du début du voyage, et je n'avais alors pas froid, car je la mettais...

Puis c'est la grande descente.

J'essuie quelques averses, mais je m'en tire, de ce point-de-vue là, à très bon compte. Souvent, la route est trempée, mais je suis passé à côté. La pluie tompbe, mais très souvent avant mon passage. Sympa, j'apprécie.

Tomintoul, entre 3 et 4

Tomintoul

Encore une nouvelle grimpette à 20%. C'est du moins ce qu'annonce le panneau, car je ne m'en suis pas rendu compte. Sincèrement. Mais parfois, c'est curieux, les côtes...

Derniers soubresauts de ce massif particulier.

Je pense dans la province des Highlands. Le paysage est banal, et j'en profite pour augmenter l'allure, surtout que je rejoins la A95 peu après Grantown on Spey, que je ne traverse d'ailleurs pas.

Ici vers 5. C'est une grande plaine.

Là-bas, ce sont à nouveau les Monts Cairngorm qui apparaissent, mais côté Ouest.

Carrbridge. Je faisnun crochet par cette ville pour prendre de l'essence, car je ne suis pas certain d'arriver à Inverness.

Magnifique ancien pont à Carrbridge, juste à côté de la station.

Toujours à Carrbridge.

Ensuite, c'est la A 9, le plus souvent en 2x2 voies. Je pousse Akitsu à 140 à un certain moment.... Mince, je dépasse les limites. Pas bien. Mais c'était juste dans une action de très long dépassement, en suivant un groupe de grosses voitures. Je constate quand même que ma petite moto pète la santé, et son conducteur avec, car cettte route aujourd'hui est un vrai plaisir. Finalement, je suis persuadé que mes arrêts incessants pour les photos sont terriblement plus fatiguant que de rouler sans s'arrêter. Et je le constate pleinement aujourd'hui.

J'arrive donc très vite à Inverness, et je vais directement au terrain de camping que j'ai trouvé, et qui se situe à un kilomètre du garage Honda seulement, à la sortie d'Inverness. Je passe donc comme par magie devant le garage Honda. J'arrête bien sûr, et demande à parler à Kevin, qui est celui qui répondait à mes mails. Il est ici. OK, Jef, pas de problème. Viens avec ta moto demain matin à 9 heures. Ton camping est là-bas, derrière les arbres, regardes...

Eh bien, dis donc, voilà une affaire rondement menée!

Le camping est parfait. Il est situé dans un petit village du nom de Bunchrew, sur la A862, à environ 6 kilomètres d'Inverness. 7,50 £ la nuit, plus 2,50 pour l'électricité. Je décide de passer 3 nuits ici. La moto est au garage demain, et je préfère être là samedi, au cas où j'aurais un problème suite à leur intervention. Et pour samedi soir, connaissant les Ecossais le week-end, pas question de chercher un camping un samedi. La région est pleine de coins sympas, donc pas de souci. Alors, je demande au gars de me faire un prix pour l'électricité. Et il me dit "OK. Vous ne payez qu'une nuit d'électricité, et vous l'avez pour les 3 nuits. est-ce que ça vous convient?". Voilà un gars intelligent, qui sait ce qu'est le vrai business. Evidemment que c'est OK. En plus, ils sont super gentils, et je suis sesible à la gentillesse, moi, c'est comme ça!

Vue vers Inverness, depuis le camping, qui se trouve au bord du Beauly Firth, bras de mer entrant dans les terres.

Le pont d'Inverness vers Black Isle.

Bon, eh bien, je suis installé. Je me mets à manger à 16 heures... Ben oui, je n'ai pas mangé depuis le petit déjeûner! Café, céréales, diverses bricoles. Il est 17h30, et j'ai envie de sortir, d'aller faire un tour, de me dégourdir les jambes, de prendre des photos. J'étudie ma carte, et je trouve une petite route pas loin d'ici qui va dans la montagne, et rejoint le Loch Ness, avec retour par Inverness. vendu!

Sur les petites routes, entre 5 et 6

Descente vers le Loch Ness, entre 6 et 7

Non, ce n'est pas le Loch Ness, mais un tout petit Loch sur le plateau.

Des pêcheurs à la mouche, au bord de ce lac. Je vous verrais bien ici, mes chers frangins!

Qu'est-ce que t'as, toi, hein? Tu ne m'as jamais vu?

Ben non, je ne t'ai jamais vu. Magnifiques, ils sont magnifiques, tous les deux, tous seuls dans un petit pré.

J'aperçois le Loch Ness, là-bas. Pas vous?

Et comme ça?

Le voilà. C'est lui, ce fameux loch, qui a si souvent défrayé la chronique avec son monstre Nessie.

Je le oonge entre 7 et 8, jusqu'à son terme. Qui s'appèle Lochend. Je vous l'ai dit, en matière de terminologie, les Anglais font plutôt dans le simple, voire très simple. Fin du lac. Pas mal, il suffisait d'y penser!

En face de Lochend, justement, un beau château. Moderne.

Et demi-tour. Ben voyons, quand on aime...

Pancarte se trouvant sur ce parking.

Un escalier permet de descendre sur le rivage.

Puis je reprends la petite route par laquelle je suis arrivé sur le bord du lac, pour revenir vers Inverness par cette single road track, solitaire, sans circulation.

Et je suis comblé.

J'ai bien rigolé avec eux. Deux adultes et 4 petits. Ils me regardaient, les petits regardaient les parents, ils se regardaient, mais n'osaient pas faire un moiuvement, de peur que je ne les mange. Alors ils réfléchissaient. Quelle conduite devons-nous adopter avec ce gars-là? Passer doucement devant lui? Ne pas bouger? Fuir? C'est finalement la solution qui fut choisie...

Décidément, je ne comprendrai jamais la tactique "mouton". Elle est toujours imprévisible!

Ma petite route serpentant dans la montagne.

Puis la traversée d'une grande et splendide forêt.

Sortie de forêt.

Arrivée à Inverness. Le canal qui va du Loch Ness à la mer.

Bateau pour les promenades sur le Loch Ness.

J'en profite pour faire mes courses dans un grand magasin, refaire le plein.

Je longe le Beauly Firth pour rentrer au camping. Il se trouve à la pointe que l'on voit sur cette photo.

Au loin, les montagnes dans le soleil couchant.

Et Akitsu près de la tente. Si elle pouvait rentrer, je suis sûr qu'elle le ferait! On aperçoit au fond l'eau du Beauly Firth.

Eh bien, encore une bonne journée de passée. Et une journée de moins à vivre. Mon Dieu, comme ça passe vite...

 

433 photos. 287 km

Depuis le départ, 9.476 km
Depuis le départ, 14.955 photos
Compteur Akitsu, 23.487 km

Moyenne quotidienne depuis le départ - 158 km
Moyenne quotidienne depuis le départ - 249 photos

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