67ème jour

Jeudi 19 juin 2008.

Je me réveille plusieurs fois dans la matinée, mais à chaque fois que je regarde l'heure, je me dis que je peux rester encore. Il y a plus de roulis qu'hier, et j'en conclus qu'il y a plus de mer...

Bingo! En effet, il fait nettement moins beau qu'hier. je me lève à 10 heures! je suis très heureux, car j'ai vraiment bien récupéré de la nuit précédente!

Ici, c'est sur la partie la plus haute du bateau à laquelle nous avons accès. Il y fait un vent énorme.

On ne se rend compte de rien sur les photos, comme de bien entendu!

L'horizon bouge pas mal. D'ailleurs, la cycliste Allemande, en route pour six mois de vélo, est bien malade ce matin! Heureusement, en remontant au niveau 5 -les cabines sont au niveau 2, où l'air est tout-de-même plus confiné, et où nous nous trouvons sous le niveau de la mer- elle va un peu mieux, mais c'est loin d'être ça! Pour ma part, et j'en suis bien surpris, le fait de coucher sous l'eau ne m'a même pas dérangé. Et le roulis m'a bercé, je me sentais bien!

Nous retournons en haut avec Gérard et Johan, qui me prend ici en photo. On estime que le vent soufflait ici au moins à 80 km/h. Il fallait être très prudent pour descendre les escaliers, et se tenir fortement aux rampes. Presque intenable face au vent!

Ici à l'arrière, beaucoup plus abrité.

Puis soudain... Terre! L'Islande, objet de tous nos rêves, à laquelle nous pensons tous depuis des mois, est là sous nos yeux!

Et, au même moment, la pluie arrive...

De plus en plus violente. Et il fait froid, très froid. Nous voyons de la neige jusque très bas...

Et c'est l'arrivée, catastrophique. La pire des arrivées, celle que nous ne voulions pas vivre. eh bien, nous l'avons eue. Terrible! Des trombes d'eau. Nous mettons tous nos équipements de pluie. Et nous devons attendre dehors sous la pluie battante. heureusement, des responsables font passer les deux roues sur le côté. Ce temps épouvantable aura au moins un avantage! Nous ne serons pas ennuyés par des fouilles ou contrôles, les responsables Islandais ayant dû décider de laisser les gens passer!

Une officielle colle des vignettes sur les véhicules. En fait, elle demande à chaque personne combien de semaines elle reste. Lorsque je lui dis "huit", elle se retourne vers son collègue pour lui poser une question, puis me demande ma date excate d'embarquement. Comme je n'en suis pas certain -je sais que c'est fin Août-, elle me colle un ticket m'autorisant à rester jusqu'au 31 Août sur le territoire Islandais.

Tout celà sous la pluie toujours battante.

Trouver le camping. Je vois la banque pour le change -je n'ai pas d'argent Islandais, comme nous tous, car c'est une monnaie que vous ne pouvez avoir que sur place!-, je vois la station d'essence. Je me trompe de route, je demande dans un magasin, j'y arrive. Les cyclistes sont arrivés avant moi... Personne à l'accueil. Les emplacements sont sous l'eau. Je vois des places pour camping-cars, avec électricité, sur les gravillons. L'eau ruisselle partout. Je pose Akitsu, elle s'enfonce comme dans du beurre. C'est dantesque! Je me mets là quand même. Les piquets de la tente s'enfoncent à la main, la toile de protection que je mets en premier est une marre avant que je ne mette la tente dessus, mes pieds sont dans des flaques d'eau -mes bottes sont trouées de partout- bref, la plus extraordinaires installation depuis le début. Absolument mémorable. Bienvenue en Islande. J'ai vu un thermomètre sur le quai indiquant "1 °C"...

Et il est environ 14 heures, heure d'Islande. 16 heures pour vous. Il fait presque nuit, en tout cas très sombre, un comble ici!

Vers 15h30, ça commence à se calmer!

Vue depuis le camping, l'église, et, au loin, le Norrönia. Oui, oui, le bateau est tellement immense. Je regrette d'ailleurs de ne pas avoir fait des photos sensationnelles avec cet immense bateau dans ce quai. Mais ce n'était pas possible de sortir l'appareil-photo lors du débarquement. Non, vraiment, ce n'était même pas la peine, il aurait été trempé avant d'arriver à mon oeil!

Ma tente sur les graviers! Une partie de mes piquets se trouve sur l'emplacement du voisin...

Je décide d'aller à la banque, puis à l'Office de Tourisme, et de faire quelques photos, quand même!

Regardez la route... Pire, ce n'est pas du goudron, ce sont des gravillons, ce qui est encore plus impressionnant! Eh bien, cette côte de goudon qui mène au camping ressemble presque à un torrent, ici, alors que la pluie a presque cessé!

Le fond du fjord, et le Norrönia au loin, sur lequel nous étions tous tout-à-l'heure. Je passe à côté du super-marché, où plein de camping-caristes sont en train de faire leurs courses. C'est qu'ils ne traînent pas, ceux-là. tant mieux, qu'ils partent sur les routes maintenant, ils ne nous gêneront pas!

A la banque, une excellente nouvelle m'attend. C'est celle du cours du change. Pour un euro, je vais recevoir 125 ISK -Couronnes Islandaises. En début d'année, j'en aurais eu environ 90... Le change, grâce à un euro fort, nous est extrêmement favorable, et mes vacances en Islande vont me coûter bien moins cher que si j'y étais allé l'an dernier, et c'est tant mieux!

Par ailleurs, pour information, l'ami Berndt a changé sa monnaie sur le bateau, et il a eu 102 ISK pour un euro! Rendez-vous compte des marges qu'ils prennent. Alors un conseil, ne changez pas votre argent sur ce bateau. D'ailleurs, ne mangez pas et ne buvez pas sur ce bateau! Les prix y sont incroyablement élevés, tous indiqués en Couronnes Danoises -la Smyril-Line est une compagnie danoise-, et il faut à chaque fois demander la correspondance en Euros. Mes amis cyclistes Suisses, qui boivent toujours des bières sur les bateaux, m'ont dit y avoir renoncé, car elles étaient à 8 euros... Pour ma part, je n'y ai pas dépensé un seul cent, j'avais pas mal de barres de céréales prévues à cet effet dans ma sacoche-réservoir, qui ont suffi à m'alimenter très correctement -il y avait aussi des barres de chocolat, caramel....

Le ciel s'éclaircit pendant que je suis à l'Office de Tourisme. Ils ont des tables et des chaises, Internet accessible par WiFi, possibilité de se brancher sur le courant, et tout ceci gratuitement! Fantastique.

J'y reste jusqu'à 17 heures, heure de la fermeture...

Il fait nettement meilleur. Le thermomètre d'Akitsu indique maintenant 6 degrés -quand même pas chaud!

Retour au camping. je retrouve certains de mes nouveaux amis, nous passons de longs moments à discuter au chaud dans la salle réservée aux campeurs. Il y fait chaud, nous mettons nos chaussettes sur les radiateurs. Le moral est déjà revenu!

La montagne depuis le camping.

Je branche mon PC, et prépare toutes les photos prises ces deux jours. Pour le texte, je n'en ai pas le courage... Je suis trop fatigué!
J'ai encore du sommeil en retard! Au dodo!

 

86 photos. 3 km

Depuis le départ, 10.322 km
Depuis le départ, 17.055 photos
Compteur Akitsu, 24.333 km

Moyenne quotidienne depuis le départ - 154 km
Moyenne quotidienne depuis le départ - 255 photos


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