70ème jour

Dimanche 22 juin 2008.

Hier soir, vers 22h, tout un groupe est arrivé. Des Français. Retraités. Accompagnés d'un guide Islandais avec un mini-bus 4x4. Genre Play-Boy qui se la joue, avec chapeau de cow-boy... Ils ont pris la cabane à côté de ma tente. Ils ont fait un de ces bruits, passé 23 heures! Vraiment, sans-gêne. Le camping était à eux! En fait, je ne vous ai pas dit, mais il y a un hot-spot dans ce camping. C'est une grande baignoire, de quoi loger une dizaine de personnes, eau entre 35 et 38 degrés, toujours! C'est de l'eau qui vient des entrailles de cette terre d'Islande. D'ailleurs, l'eau de la douche provient du même endroit, et on le reconnait à une légère odeur d'oeufs pourris -très légère, mais bien réelle- qui doit correspondre, si mes souvenirs scolaires sont encore bons, au fameux H2SO4...???

Bref, ils ont fait un gros tapage jusque vers 1 heure du matin. Ils étaient dans le hot-spot, j'ai eu droit aux chansons paillardes Françaises. Pas méchant, ç'aurait été sympa si ce n'avait pas été si tard! Ils m'ont réveillé par deux fois en parlant comme en plein jour, en passant juste à côté de la tente! Et ce matin, j'ai manqué me casser la figure dans le bâtiment des toilettes car ils avaient trempé le sol de façon importante! De plus, je les ai entendus de bonne heure ce matin, car ils parlent toujours tout haut. Du style "Dis, Gérard, est-ce que je peux prendre ton gel-douche?" crié très fort! Il y a des gens, comme ça, qui se croient seuls au monde. L'Islande contient suffisamment d'espaces vierges pour accueillir les fêtards de tout poil, mais si l'on vient dans un lieu public, il y a forcément des règles, justement instituées pour calmer ce genre de personnes... On tourne en rond. Comme je comprends bien leur langue, j'ai compris qu'ils revenaient ce soir ici. Alors, en allant payer mon emplacement -je décide de rester ici deux nuits supplémentaires-, j'en fais part à la patronne et lui demande de leur dire de respecter un peu les horaires pour le bruit. Eh oui, j'ai "cafté"! Je sais, ce n'est pas beau, mais il y a des gens qui m'énervent, et avec lesquels je n'ai aucune envie de parler.

Et figurez-vous que ce soir, ils ont été impeccables! Je suis donc enchanté!

 

Le Lagarfljot en quittant le camping.

Voici le pont traversant le Lagarfljot, qui est issu de la réunion de plusieurs rivières glaciaires, et que les Islandais considèrent comme un lac. Le pont est sur la route n° 1. Ici, la photo est prise depuis Fellabaer, où se trouve mon camping. Il est 10 heures déjà...

Là, je suis sur la route d'Egilsstadir. Le trait blanc laiteux est celui laissé par le Lagarfljot que je viens de traverser. Le camping est sur la partie droite de la photo.

C'est dimanche matin, et il n'y a pas grand monde sur la route. Je suis actuellement sur la 92, qui file vers le Sud. J'aime beaucoup le système de numérotation des routes en Islande, extrêmement simple, et par conséquent extrêmement efficace. Le premier chiffre vous indique la région. Toutes les routes commençant par un 9 sont donc dans ce coin. Ensuite, moins il y a de chiffres, plus la route est importante, et vice-versa. Donc, autour de la 92, vous les 920-1..., puis les 930...., puis les 940... etc. Si tous les pays adoptaient ce principe, ce serait formidable!

Je longe la rivière Eyvindara, que vous voyez ici.

Et ici en détail, en direction du Nord, donc vers l'arrière pour moi.

La route grimpe et se dirige vers la Fagridalur -"dalur" pour "vallée", c'est le "glen" écossais.

Mais je ne vais pas vers cette vallée. Ma route est celle-ci, à gauche. C'est la 953. Trois chiffres, donc une route secondaire, pratiquement jamais asphaltées. Et encore, elle n'est pas précédée de la lettre "F", auquel cas ce serait une route réservée aux 4x4...

La voici, qui suit donc le cours de la Eyvindara.

Gravillonnée, c'est le terme qui convient. Donc, terre, pierres, et gravillons en couche parfois très épaisse. Dangereux... Pour moi, très dangereux, même. L'usage des freins est pratiquement proscrit. Par conséquent, vitesse lente pour être à même de réagir rapidement sans prendre de risques!

Une image plus précise. De plus, la route est en général sur-élevée, un peu comme une digue. Par conséquent, il ne m'est pratiquement pas possible d'aller à gauche ou à droite, régions de la route où la pente est souvent forte, et où la masse de graviers est importante, voire énorme!

Vue d'ensemble de la F953, avec les énotmes masses montagneuses qui l'entourent. Ces montagnes ne sont pas très élevées, environ 1.000 mètres d'altitude, mais ne les sous-estimez pas. Souvent, c'est un fantastique bloc qui monte de zéro à mille mètres d'un seul élan. En un mot, ce sont d'énormes cailloux, au sommet desquels la neige est encore bien présente!

Comme ce n'est pas une route "F", il y a en général des ponts pour traverser les rivières! Heureusement.

C'est magnifique, et si ce n'était la route qui me stresse, je serais en harmonie totale avec ce qui m'entoure.

Quelques moutons un peu partout, mais en faible nombre. Et ce sont les moutons les plus trouillards que je vois depuis le début de mon périple. ceux-là, pas moyen de les approcher, ils partent en courant dès qu'ils entendent Akitsu, même s'ils en sont éloignés de plus de cent mètres!

Un ruisseau qui passe près de la route. Je dirais qu'il fait environ 50-70 cm de profondeur, difficile d'estimer à cause de l'eau. Juste pour vous montrer sa transparence. C'est beau, j'adore ça!

Ma route bifurque nettement vers l'Est, et se dirige vers ce monstre en face, dont je ne connais pas le nom.

En bas de la côte, une ligne parfaitement droite, et qui monte, monte....

Pour bifurquer encore à gauche du monstre, que l'on aperçoit maintenant dans sa longueur. Une table immense. Et je vais suivre cette vallée, la Fjardardalur.

Alors, autre chose que j'aime beaucoup chez les Islandais. Ce sont les panneaux indicateurs. Toutes les rivières sont nommées, les lieux-dits, les villages, même les maisons dans les hameaux. Rien à voir avec l'Irlande, où vous ne savez rien. Ici, on vous dit tout, et j'apprécie beaucoup. C'est fort utile, dans un pays si sauvage, d'avoir des indications régulièrement, vous permettant de bien suivre votre progression -à condition d'avoir une bonne carte, ce qui est nécessaire en Islande.

Maintenant, panneaux et routes non asphaltées, ou pas de panneaux mais goudron, même mauvais... Que choisiriez-vous? Pour ma part, je préfère avoir du goudron et pas de panneaux! C'est une question de sécurité. Sur le goudron, je peux rouler sans tomber -en principe-, mais sur les gravillons....

Je viens donc juste de négocier cette superbe montée. Et je vous avoue que grimper ne me gêne pas.

Par contre, quand je regarde en arrière.... J'avoue que cette descente me fait peur! On verra bien!

Toujours evrs l'arrière. Vous constaterez que, puisque ça descend vers l'arrière, c'est que ça grimpe vers l'avant.

Ben oui! C'est pourtant facile... Faut tout vous dire, c'est parfois pénible, mais bon!

Je vous mets Akitsu, vous serez comme ça à même de savoir dans quel sens je prends la photo, par rapport à mon périple.

Ouahhh, ça va être "chaud" de redescendre tout ça...

Je m'approche du niveau des neiges, lentement mais sûrement!

Terre de désolation! On distingue à peine la route de son environnement.

Le monde minéral!

Vous voyez mieux le bouclier sommital de l'immense pavé dont je vous parlais au début, et dont j'ai remonté la vallée.

Devant moi... C'est... Comment dire? Je suis subjugué! Je suis envahi de toutes sortes de sentiments. L'impression de me trouver loin, loin, très loin des hommes -et des femmes aussi, soit dit en passant, ce qui est quand même un peu moins drôle! C'est minéral. Terre, pierres, eau, glace, neige. Mais c'est absolument grandiose.

Akitsu! Je ne sais vraiment pas à quoi elle pense, mais si elle savait ce qui l'attend, je crois bien qu'elle ferait demi-tour maintenant, là, tout-de-suite.

Car ici, sur ce passage, c'est facile, c'est "cool", comme on dit maintenant!

Et que voit-on là-bas, au fond? Hein? Quoi?

Tout simplement ce que je suis venu chercher, et que j'attendais d'une minute à l'autre, le sentant près à se montrer... C'est le ...

Fjord, bien sûr. Le Mjoifjördur.

C'est magique. Epoustouflant. Sublime.

Un petit coup de zoom.

Aïe... Je vois le fjord, c'est comme si j'étais arrivé. Mais il reste un petit obstacle à régler avant.
Enfin, un obstacle, pas vraiment, puisque je n'ai plus qu'à me laisser glisser...

Quoi, vous avez dit "glisser"?

C'est terrible qu'une partie de mon plaisir soit gâchée à cause de l'énorme stress généré par la route en elle-même! Je ne peux pas garder mes yeux sur ce fantastique environnement, mais plutôt sur celui qui entoure la roue avant de ma petite moto...

Bon, je regarde la route, je vous laisse regarder le paysage, bande de veinards. Quand je pense que, si ça se trouve, certains regardent en sirotant un verre, assis dans un fauteuil... Je n'en dirais pas plus, ça frise l'insolence!

Il se dévoile de mieux en mieux, en fait, à chaque virage, ce qui paraît bien normal, quand on y réfléchit un peu, non? On dirait une maquette faite par des gosses, qui ont laissé entrer un peu d'eau!

Un petit pont, avec le nom de la rivière précisé. Même les noms des cascades sont précisés-les plus grandes seulement, car s'ils devaient nommer toutes leurs cascades, les pauvres...

Scabreux, je vous le disais, ça devient franchement scabreux! 18%, c'est le pourcentage de la pente... Si c'était goudronné, quel bonheur ce serait!

Regardez-bien la forme des pentes des montagnes. Les parties les plus dures restent, l'érosion ayant enlevé les morceaux les plus friables. C'est hallucinant!

Je suis vraiment payé de mes efforts, mais bon sang, qu'est-ce que j'ai chaud, car c'est dur, très dur!

Comment voulez-vous rouler là-dessus en moto? Oui, je sais, ceux qui font du cross doivent rigoler en me lisant. Moi, je serrais les fesses, je laissais Akitsu glisser en première, et malgré ça, elle prenait de la vitesse, beaucoup trop pour négocier le virage suivant. Donc, je devais jouer avec mon pied droit sur le frein arrière, juste un filet de freinage, surtout pas trop, tout en douceur... Oui, je sais, je roule en lopette ici, mais voilà, j'ai les boules, c'est comme ça! Allez-y, et revenez ici en parler! De plus, mon pneu arrière -et ça, c'est bien de ma faute- se rapproche de la version "lisse", et ne m'offre aucune accroche. Pire, le dessous de mes bottes est également entièrement lisse, et il m'est arrivé plusieurs fois d'avoir une bouffée de sueur froide, alors que j'étais en train de prendre la photo, plus en moins en équilibre sur mes pieds et sur les pneus d'Akitsu, au milieu des graviers, quand soudain mon pied, droit ou gauche, dérapait...

Ce mont, là, juste en face de moi, est un monstre immense. C'est l'autre bord de mon fameux bouclier, celui que je longe depuis un bon moment.

La masse des gravillons est par endroits énorme, le pneu s'y enfonce!

Une idée de la pente. Non mais, personne ne me croit jamais, tout le monde pense que j'exagère, que ce n'est pas si méchant que ça, etc...

Le flanc droit, donc Sud, du fjord.

Et son flanc gauche, donc.... Nord. Bravo! Et du détail sur mon chemin... Akitsu ne rigole plus du tout, vous pouvez me faire confiance!

Là-bas, ce sera mieux, je pourrai respirer!

Les cascades, partout! L'eau n'a pas de problème pour descendre. Tout le monde se sépare en gouttes pendant le saut, et se rassemble à la sortie. Maintenant, je ne sais pas si les couples se reforment dans le même ordre qu'avant, je pense que tout le monde se mélange, dans le monde aquatique!

La cascade, vue du dessus... avant le saut!

La rive Sud du Mjoifjördur.

Voilà une idée du fameux monstre minéral dont je vous parle depuis un moment maintenant. Quelle paroi! Certainement pas une partie de plaisir pour un alpinisme. je me demande mêm si c'est faisable, car la pierre me semble bien friable!

Bon, enfin, je suis descendu. Mais regardez-moi la couche de gravillons qu'ils me mettent ici! Pas moyen de se reposer, de se laisser aller. Toujours sur le qui-vive!

Et les 4x4 qui déboulent comme des malades, entraînant derrière eux un énorme nuage de poussière.

Arrivée sur les bords du Mjoifjördur. Je ressens ici la mer. C'est tout proprement merveilleux. L'air du large, les odeurs maritimes, elles sont bien là. Le souffle provenant de la mer est fort, et extrêmement agréable. J'adore! C'est frtais, c'est bon. Il faut dire que je suis vraiment gâté par un très beau temps.

Ces oiseaux au bec rouge, dont j'ai oublié le nom, me font rire. Ils me suivent, ou plutôt me précèdent. Dès que je m'approche du territoire de l'un d'entre eux, et pousse son cri caractéristique -que j'aime beaucoup- et me devance sur la route de gravillons, en zigzaguant de gauche à droite. Super! Ce sont des oiseaux que l'on voit à partir du Nord de l'Ecosse.

La rivière se jetant dans le Mjoifjördur.

Akitsu au fond du Mjoifjördur, qui recommence à sourire!

Un vieille carcasse de bateau, ou de péniche, qui termine de rouiller sur le rivage.

Bon, alors, voyons, que faire?

Le flanc gauche, donc Nord, du Mjoifjördur, avec l'eau de la fonte des neiges du plateau qui dévale les pentes

En longeant le Mjoifjördur, sur sa rive gauche, aucune route ne longeant l'autre côté.

Que l'on aperçoit ici.

Des milliers d'oiseaux, partout, au long du fjord. Souvent, ils s'envolent au bruit fait par la moto, et auquel ils ne sont pas habitués, car les rares voitures que j'ai vues ici ne leur faisaient pas cet effet!

Ce sont de petites oies blanches et noires.

Je vous laisse à nouveau rouler en silence.

Le goémon déposé sur la grève par la marée descendante. Il sera repris au retour!

Je trouve ce trait central curieux. Est-ce que celà correspond à un courant supérieur?

Restes d'une ferme. Son nom était indiqué. Je l'ai sur d'autres photos, si certains veulent absolument savoir!

Tiesn, justement, les voilà, les fameuses oies qui s'envolent sur mon passage!

Et voilà. Rien que pour vous! Alors, c'est comment?

Lors de ma descente, j'avais décidé de ne pas longer le fjord, mais de repartir aussitôt. mais la route est ici très correcte, du moins, je m'y habitue un peu. En fait, c'est quand même beaucoup mieux qu'avant! Et du coup, je me surprends à continuer... Pourtant, j'ai la "dale", il est 13h40...

Les sternes s'envolent par dizaines lorsque j'arrive. Beaucoup sont sur la route. Je pense -car je l'ai lu sur les forums- que certaines nichent sur la route! Enfin, peut-être pas, car il passe tout-de-même beaucoup -enfin, quelques..- 4x4 et autres par jour. En tout cas, ça fait tout drôle d'être entouré par des dizaines d'oiseaux qui hurlent et virevoltent comme des malades! Heureusement, j'ai mon casque, et ça ne me gêne pas du tout, en tout cas mille fois moins que le gravier!

Si je voulais, je pourrais quand même avoir des milliers de photos d'oiseaux, c'est plutôt facile. Ils s'envolent car j'arrive en faisant bien du bruit, mais si je me posais et attendais quelques minutes...

Mytri. Peu avant Brekka -regardez sur la carte-, il y a quelques fermes. A Brekka, ce sont surtout des pêcheurs.

Brekka

L'église de Brekka

Le village de pêcheurs.

Au-dessus de ma tête, quelques maisons. La route y grimpe, mais je n'ai pas envie de me payer une nouvelle descente pour revenir. De plus, j'ai oublié ma carte, et je suis bien persuadé être arrivé au bout de la route! J'avais tord. Au retour, je m'apercevrai qu'il en restait un bon bout. Mais mes voisins Allemands du camping me diront le surlendemain -ils iront demain lundi, suite aux impressions que je leur en donne en fin de journée- avoir abandonné avec leur van, car c'était très mauvais. Je n'ai donc aucun regret, d'autant plus que j'ai vu ce qu'il y avait à voir, et que j'en ai pris pour bien des mois encore aujourd'hui!

Je viens de faire demi-tour. Les pêcheurs ont emmené ce camion de pompiers ici, qui est en train de pourrir, abandonné à l'air marin!

Sur la route du retour.

Où l'on retrouve, forcément, la même petite église...

Détail.

Bon, alors, petit mouton, que décides-tu? Tu ne peux pas rester ici, mon p'tit gars!

Voilà, suis ta maman.

Le fond du fjord. Et il va falloir que je remonde les lacets... Mais ça m'inquiète beaucoup moins. C'est surtout dans la pente descendante que j'ai peur!

La péniche au fond du fjord, vue sous un autre angle.

Je me rapproche de la grande montée. je retrouve les cascades qui déboulent les pentes comme des malades.

Et revoici le monstrueux bouclier. On le voit mieux maintenant, car je ne suis plus en contre-jour. C'est finalement ici que je vais m'installer pour manger. Il y a un promontoire au sommet duquel je domine l'intégralité du fjord. A gauche d'Akitsu.

Là-haut, il y a de la neige fraiche...

Autour de moi, en regardant de plus près, je m'aperçoit que le végétal essaye de s'intégrer dans le minéral. Il arrive à trouver quelques parcelle de terre...

Voilà le spectacle qui s'offre à mes yeux émerveillés en face de la salle-à-manger, juste derrière la baie vitrée, vous savez, celle qui se trouve face à l'Est.

Je laisse traîner mon regard sur les hauteurs qui m'entourent...

Encore une...

Et une autre, au zoom, pour voir les méandres de la petite rivière issue de tous les torrents qui s'y rassemblent.

Zoom maxi vers Brekka. Tout au fond, la pleine mer...

Les pentes montantes.

Et ça se passe beaucoup mieux. Rien à voir avec la descente, comme je vous le disais.

Je retrouve le passage culminant de la 953. Ensuite, ce ne sera qu'une longue descente, mais dans une pente sans commune mesure avec celle descendant vers le fjord!

On aperçoit la 953 longeant la rivière.

Akitsu, réfléchissant avant de repartir. Elle est en sueur, la pauvre chérie...

C'est un paysage dantesque. Mais c'est également un émerveillement pour moi. J'avais vu des photos de ces routes. Je voulais absolument voir ça. J'y suis.

Veni, vidi, vici. Je suis submergé -uen fois de plus- par tant de beauté. Oui, c'est vrai, je dis bien "beauté". Je crois que c'est l'ampleur, l'immensité de ces pentes qui apportent cette notion de beauté. En tout cas, c'est ce que je ressens, entre autres!

Comment ne pas s'émerveiller. Et c'est vrai qu'un panorama de deux photos suffit à rendre un peu de ce que j'ai entrevu ici, pour vous en offrir un morceau.

Et me voici arrivé devant la grande descente, d'un seul tenant, qui m'inquiétait. Elle est raide, c'est vrai, mais elle est "facile", comparée à la descente vers le fjord.

Cependant, il ne faut pas se laisser aller à faire l'idiot dessus! La prudence reste -toujours- de mise sur ce genre de routes!

Ouf, Akitsu respire un bon coup. Le plus dur est fait.

Le fameux bouclier longé pendant toute la partie montante vers le fjord.

J'avais lu que le débit des rivières était bien plus important en fin de journée ensoleillée. A cause de la plus grande quantité de neige fondue issue des hauteurs sous l'influence de la chaleur!

Et c'est vrai, le débit est plus fort qu'il ne l'était ce matin!

Nettement plus fort.

Là-bas, des camions dévalent la pente de la 953, en provenance de la 92, et même d'Egilsstadir! Et pourtant, je vous le rappèle, c'est aujourd'hui dimanche. En fait, je sais où ils vont, et ce qu'ils font, pusique je les ai vus! Ils viennent ici prendre les cailloux charriés par la fonte -une énorme pelleteuse les extrait du lit de la rivière- et les conduisent en ville, où ils servent de fondations pour de nouvelles constructions. Je n'aime pas avoir à les croiser dans cette pente caillouteuse, mais je n'ai pas le choix, tellement leur ballet est incessant! Je m'arrête carrément sur ma droite, là où il y a tout un tas de gravillons mal tassés, pour les laisser passer, et je ferme complètement le casque le temps de traverser leur nuage de poussière!

Arrivée à Egilsstadir. Mon camping est en bas du bouclier montagneux à l'horizon, e l'autre côté de la grande rivière Lagarfljot.

Maisons d'Egilsstadir.

La Lagarfljot. Mon camping en bas, sur l'autre rive.

L'église d'Eglisstadir, que je vois après avoir fait quelques courses -la super-marché est encore ouvert, en ce beau dimanche!. Ensuite, je vais à l'hôtel Edda, sur les conseils de la fille de l'Office de Tourisme, pour essayer d'envoyer des nouvelles à la famille, et mettre à jour le site sur mon arrivée en Islande, ce que je n'ai pas réussi à faire jusqu'ici, les lieux dans lesquels j'étais ne me permettant pas l'envoi de fichiers!

Je leur ai promis une pub sur mon site. En effet, la dame de l'accueil a accepté gratuitement que je me connecte, et que je branche le PC sur leur courant, consfortablement assis dans un des fauteuils du salon. Qu'ils en soient donc remerciés, car j'ai réussi à faire ce que je voulais!

Vue de l'hôtel Edda d'Egilsstadir.

Vue sur les eaux chargées de limon de la Lagafljot, près du pont allant sur Fellabaer.

Le marron-blanc du limon, le bleu du ciel se reflétant dans les eaux...

 

Je discute un peu avec mes voisins Allemands avec le mini-bus. Ils ont fait une route que je voudrais faire, me donnent des tuyaux, bref, on échange nos impressions. Comme je vous l'ai dit, je leur ai parlé avec un tel enthousiasme de ce que j'ai vu aujourd'hui qu'ils y sont allés le lendemain. Et ont adoré!

Et voilà un petit problème qui a commencé à se déclencher alors que j'étais en Irlande, mais qui prend maintenant des proportions très importantes! L'air de mon matelas auto-gonflable s'échappe à l'intérieur, pour aller là où vous voyez! Une horreur! Décidément, le matos acheté à InterSport cette année n'est pas de très bonne qualité. Ce matelas est fabriqué en Irlande, et est garanti à vie... Je vais envoyer la photo au responsable du magasin, je verrai bien ce qu'il va dire. Quoi qu'il en soit, pour que ça devienne utilisable, j'ai gonflé comme un malade, et je me suis appuyé de tout mon poids dessus, afin que l'air décolle la totalité des parois, de façon à avoir un remplissage uniforme. Maintenant, gonflé à bloc, mon matelas ressemble à un ballon dirigeable! Je dois fortement le dégonfler, et je dors sur un lit qui ressemble étrangement à un lit rempli d'eau! Il prend exactement la forme de mon corps, du moins il épouse la forme de mon poids: là où je suis le plus lourd, l'air est chassé vers les endroits moins lourds. Pas terrible, mais mieux que d'avoir cette énorme verrue!

Et voilà. J'ai passé beaucoup de temps à trier les photos et faire les quelques panoramas, ce qui fait que j'écris les textes ce mardi après-midi, depuis le salon d'un autre hôtel, à Reydarfjördur...

J'espère que vous avez aimé cette journée. Pour ma part, elle fera partie des "grandes" journées de ce voyage mémorable! Fantastique, tout simplement!

1034 photos. 110 km

Depuis le départ, 10.514 km
Depuis le départ, 19.213 photos
Compteur Akitsu, 24.525 km

Moyenne quotidienne depuis le départ - 150 km
Moyenne quotidienne depuis le départ - 274 photos

Page précédente: 69ème jour
Page suivante: 71ème jour


Depuis le 06/06/2005 Visites:931201 Aujourd'hui :343 Maintenant:9 (Passage du cap des 50.000 visiteurs le 09/01/2009)