76ème jour

Samedi 28 juin 2008.

J'ai donc bouquiné un peu hier soir, ou plutôt ce matin. Jusque vers une heure. Le ciel n'était pas très clair, pas trop sombre non plus. J'ai lu sous la tente sans aucune aide lumineuse autre que celle provenant du ciel. Cependant, c'était presque limite. Je voyais très bien ma page, les phrases -et c'est du petit caractère, vraiment fin-, mais je m'attendais tout-de-même à une luminosité supérieure! La lumière est plus éclatante en Norvège, c'est indéniable. En plus, j'y étais en mai, alors qu'ici, fin Juin, nous sommes au moment des jours les plus longs! Celà dit, j'aimerais bien avoir cette lumière en France...

Je me lève vers 8 heures. Il a fait assez froid cette nuit. En fait, non, pas vraiment froid, mais il y a eu une bonne brise, qui pénétrait par moments dans la tente, par les aérations. Un bon petit déjeuner, et me voilà en pleine forme. Direction, l'hôtel du camping. Mauvaise note! Il faut payer pour Internet, et elle ne m'avait pas dit ça hier soir... Heureusement, la connexion est de très bonne qualité. Il m'en coûtera 200 ISK pour prendre connaissance de mon courrier et y répondre, et mettre à jour le site.

Je reste à bouquiner à l'hôtel, bien enfoncé dans un canapé bien moëlleux dont j'ai un peu de mal à m'extraire. Il y avait sur une table un guide "Lonely P..." de l'Islande, en Italien! C'est ce que je lisais. Adorable, l'Italien. En tant que Français, on arrive à suivre, et c'est parfois très comique. Mais de là à tout comprendre... Pas tout-à-fait quand même! Cependant, le guide est exploitable.

En sortant, je prends la route de l'aéroport -c'est la seule qui se présente- qui se termine en piste de graviers -pour ne pas changer! Je la suis et arrive à un observatoire pour oiseaux, dont la porte est ouvertte. Il y a un livre d'or, pour noter les observations. C'est très propre, très bien fait.

Je ressors et grimpe sur une petite colline d'éboulis pour avoir un panorama. Les monts que vous voyez là, je les reconnais très bien. La route n° 1 passe à leurs pieds. Je suis passé sous celui de gauche, c'est la masse énorme photographiée hier soir, une véritable pyramide!

Et je passerai près de celui de gauche demain. Il est très reconnaissable, car recouvert en partie de ryolite.

Sous mes pieds, et jusqu'à la mer, des lagunes, très humides, des petits lacs. Cette région était encore à la mer il y a deux siècles, d'après ce que j'ai lu sur un panneau, et les buttes étaient de petites îles.

Derrière moi, Djupivogur. Le Berufjördur, invisible, est derrière le village, devant la montagne -dont King-Kong, très reconnaissable, i vous vous souvenez....

En gros plan!

Un des petits lacs. Au premier plan, la formation rocheuse sur laquelle je suis monté.

La fameuse pyramide. La maison blanche, au milieu de la photo, est celle que j'ai photographiée hier soir en prenant la route menant au village.

L'observatoire, et Akitsu. Un lac un peu plus grand de ce côté.

Retour sur le plancher des vaches, heuuuu, des moutons, heuuu, des oiseaux. Ici, c'est bien le domaine des oiseaux. Il y a apparemment beaucoup de chemins de randonnée sur lesquels il est possible d'observer une grande partie des oiseaux d'Islande. Avis aux amateurs!

J'ai vu un très jeune avec une moto de trial poursuivre sur cette route -enfin, je ne sais pas si le mot "route" est approprié- et prendre la piste d'atterrissage. Or, au bout de la piste, j'ai aperçu une plage de sable noir, et j'ai envie d'y aller!

Des oiseaux, il y en a effectivement partout. Mais des jumelles sont nécessaires, ainsi qu'un pied, et de la patience, et un peu de camouflage.

Bref, ce n'est pas pour moi...

Au bout de la piste, je trouve bien ce que je suis venu chercher!

Fantasmagorique. J'adore ce genre de lieu! Au fond, c'est le prochain fjord vers le Sud, le Hamarsfjördur.

Mais devant moi, une terre -une plage- vierge, ridée par le vent.

Comme c'est beau! Je suis en extase. Je ne me lasse pas de regarder. De tous les côtés.

Lunaire? Les traces de pas sont les miennes. Le sable est d'une finesse inimaginable. Je le vois à peine voler lors d'un souffle de vent un peu plus fort, tellement il est fin.

Akitsu, à qui j'ai refusé le droit de rouler sur le sable. Non mais!

La végétation parvient à s'incruster, comme toujours. Pourtant, le milieu est ranchement hostile.

Je vous laisse admirer comme je l'ai fait... Enfin presque, car pour celà, il vous faut venir vous-même!

Tout au fond, c'est la barre de l'Alftasfjördur, encore plus loin!

Non, ce n'est pas du goudron, mais bel et bien du sable. Il est d'une finesse telle qu'il a comblé la moindre anfractusité, à tel point que l'on dirait, de loin, une matière solide!

Je suis émerveillé, encore une fois. C'est vrai, dans ce pays, tu ne peux pas faire un pas sans découvrir des choses! Je suis bien persuadé maintenant qu'une vie ne suffirait pas pour visiter l'Islande!

Même sur un e roche plate, il suffit de quelques millimètres de creux dans la roche pour qu'il s'y installe.

Et je suis persuadé que ça change en fonction de la direction et de la force des vents!

Partout la vie s'insinue.

Ces petites plantes sont recouvertes et découvertes selon les bons vouloirs du sable et surtout du vent!

La belle plage!

Aucun touriste! Ni sur le sable pour une bronzette, ni dans l'eau pour un bain! Mais où sont-ils donc tous?

Je vois de l'autre côté un bloc rocheux en haut duquel j'aurai une vue plus générale du site. J'y vais!
J'y suis.

Akitsu, au bout de la piste d'aterrissage! Derrière, la chaîne montagneuse que je vais longer demain sur la route n° 1, vers le Sud.

Vers le Nord et la pleine mer. Rappelez-vous, cette falaise, au bout de laquelle se trouve le phare

La pyramide... qui signale l'entrée du Berufjördur côté Sud.

La piste d'atterrissage.

On voit mieux comme ça. Je lance Akitsu pour le décollage....
En fait, c'est la première fois de ma vie que je roule sur une piste réservée aux avions! Elle n'est même pas protégée.
Pire, c'est la première fois que je vois une piste aérienne non goudronnée! C'est du gravier. Oui, même pour les avions!

Au loin, le Hamarsfjördur.

La même au zoom.

La montagne de ryolite, vers le Hamarsfjördur.

La pyramide, encore une fois. Si vous en avez marre, ce que je peux comprendre, vous pouvez toujours partir! Rien ne vous oblige à supporter ça! Vraiment, pénible, le gars, avec toutes ces photos... C'est une maladie, et je n'ai pas encore trouvé le bon médecin pour la soigner, désolé!

Vers le Nord-Est, la longue falaise longée hier.

Le mont de ryolite, et la pyramide.

Quoi, encore eux? Raz le bol!

Les fjors vers le Sud. On verra ça demain!

La.... py... ra... mi... de.... en regardant vers le Nord-Ouest, vers le fond du Berufjörden.

King-Kong...

Fjords du Sud...

Pyramide...

Akitsu, perdue dans l'immensité.

Le Lambatugur... derrière le Hamarfjördur. En fait, c'est un zoom sur les montagnes de la photo précédente!

Sur le rocher, une petite colonie de champignons!

Et mon oiseau préféré. Il en a poussé, des cris, pendant que je faisais mes photos, en marchant à distance de moi!

Le rocher sur lequel je suis allé. Certains sont venus en voiture ici, je trouve ça dommage...

Vers le Hamarsfjördur. Vous les reconnaissez?

La montagne de ryolite...

La pyramide...

Non mais, il ne va quand même pas recommencer!

Et si! Il recommence!

Celle-ci, je vous la mets, car je viens de voir deux baleines, au premier plan, en train de prendre leur respiration!

Pour une fois que j'ai le commentaire en Français...

Depuis le Langabud -c'est le bâtiment dont il est question ci-dessus- et qui se trouve près du port, forcément!

Retour au camping vers midi et demi. J'ai une faim de loup. Je crois bien que je n'ai jamais eu si faim depuis le début de ce voyage.
Seraient-ce les quelques centaines de mètres parcourues dans le sable noir? Je n'ose y croire....

Je suis seul sur mon étage -le camping est divisé en trois plate-formes, chacune à son niveau. Sur mon niveau, il y avait à ma gauche un superbe camping-car de Belges -je ne les ai ni vus ni entendus, ils devaient être devant leur TV, car ils avaient une parabole branchée sur le toît- et une grande tente occupée par un couple d'Anglais âgés d'environ 60 ans. Tous partis. A l'étage supérieur, de bien plus grande superficie, il y avait 4 voitures, une petite caravane et 5 camping-cars. Il ne reste que la petite caravane. Parmi les voitures, il y avait un beau 4x4 de location, occupé par quatre jeunes Allemands -3 garçons et une fille- avec lesquels je me suis entretenu un moment hier soir. Ils ont fait une piste avec 14 gués hier. Ils sont enchantés de leur voiture. Je ne me souviens ni de la marque, ni -à fortiori- du modèle, désolé... Et à l'étage inférieur, deux caravanes -juste en-dessous de moi. Des Islandais qui, eux, sont manifestement installés juste pour le week-end. Ce sont des amis, j'ai assisté à l'arrivée de la deuxième famille.

Puis, une fois rassasié, je m'allonge pour une sieste, comme le faisait quotidiennement mon grand-père. Je le revois encore s'asseyant dans son fauteuil, rabattant sa casquette sur ses yeux -ou plutôt sur son oeil, l'autre ayant été arraché avec son nez par une balle Allemande au printemps 1918 alors qu'il se penchait pour dégager son sac accroché dans une branche d'arbre (il me l'a raconté), ce qui lui a d'ailleurs valu deux années supplémentaires de guerre (à l'hôpital, cette fois!). Il s'endormait en deux minutes. Je me suis aussi endormi en deux minutes... J'ai été réveillé deux-trois fois par les Finlandais de l'étage inférieur, très bruyants. Mais bon, ce n'est pas mon camping, et ils ont bien le droit de s'amuser.

Finalement, je me réveille vraiment -et me force à me lever- à 16 heures.... Quand même, il était fatigué, le p'tit gars!

Direction le salon, pour préparer mes photos et mon texte, et filer à l'hôtel tout envoyer dès ce soir, si possible! J'aperçois la petite caravane qui s'en va. Curieux, à cette heure!
Pendant que je saisis, un type veint dans le salon. Enfin, non, plusieurs personnes sont venues, et comme le salon se trouve derrière la cuisine, certains curieux avancent jusqu'ici. La plupart disent "Oh, sorry...", comme s'ils venaient de pénétrer dans un salon privé! Ce à quoi je réponds, en parfait gentleman Anglais "No problem"... Certains me posent des questions du genre "Are you the boss?...." etc. Bref, c'est très rigolo. Mais le dernier, qui me demandait si j'avais Internet, m'a dit "merci" en partant. J'ai aussitôt répondu "de rien"... Il est revenu direct! Ah, génial, on peut parler en Français! Et on a parlé une bonne demi-heure! C'est un navigateur solitaire, sur un bateau de dix mètres. Neuf ans qu'il vit sur les mers du globe! Il vient des Açores, où il a passé l'hiver. Mille euros les six mois, au port, avec Internet en plus! Il a mis 15 jours, et du beau temps, une chance incroyable. Première fois qu'il fait l'Islande. Il a déjà fait la Norvège, l'Ecosse. Il aimerait faire l'Irlande en repartant, car il ne connaît pas. Très intéressante conversation. Mode de vie solitaire, mais en liberté surtout! Mais il est obligé de faire des choix lui aussi, à cause des prix pratiqués dans certains pays, dans certains ports. Intermède passionnant. Vive les voyages!

Ensuite... Soirée libre! Ouahhh, ça va être la fête! Je vais certainement entendre arriver les campeurs de la soirée, il y a déjà 4 caravanes sur le terrain du haut.

 

210 photos. 7 km

Depuis le départ, 11.101 km
Depuis le départ, 22.764 photos
Compteur Akitsu, 25.112 km

Moyenne quotidienne depuis le départ - 146 km
Moyenne quotidienne depuis le départ - 300 photos

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