77ème jour

Dimanche 29 juin 2008.

Réveillé à 6h45, estimé que c'était trop tôt! Entendu des voix, sûrement mes voisins Allemands. Il est 8 heures. La belle heure.
Temps radieux. Pas un souffle de vent. Peu de nuages.

Petit déj', toilette, petite discussion avec les voisins, et c'est parti.


Il me faut de l'essence. Et c'est fermé! Aïe, les boules, car la prochaine station, c'est Höfn, où je vais. 102 km... Hum, ça peut aller, mais ce sera juste, et je n'aime pas ça, car ça m'enlève de la liberté, si jamais j'avais envie de voir autre chose le long de la route! Une voiture arrive. Des Allemands en voiture de location, mais la fille parle Français, plutôt bien, et a envie de me le montrer. Pas de problème. Et elle me montre aussi que la station prend les cartes! Je suis vraiment un nul, je n'avais même pas vu... Il faut, en plus des codes et du n° de pompe, taper le montant désiré. Je l'avais lu sur Internet. Je tape 1.200, j'envoie la sauce... Réservoir rempli au plus haut, pile! Je n'aurais jamais fait aussi bien, je m'impressionne moi-même, et je me félicite abondamment -ben oui, vu que personne ne le fait...

L'église de Djupivogur, juste devant la station.

Aussitôt repris la route n°1, et on aperçoit déjà le Hamarsfjördur, et les montagnes de sa rive Sud.

Tiens, un petit coin avec des arbres, on se croirait presque dans les Alpes...

Pas longtemps, avec ces pyramides! D'ailleurs, j'ai une petite théorie à soumettre. Et si les Egyptiens s'étaient inspirés des pyramides d'Islande pour bâtir les leurs?

Non? Nul, comme théorie? Ah bon, je suis déçu...

En pleine réflexion, comme d'habitude. Et ça peut prendre un moment!

Encore cette roche rouge, si souvent visible en Islande!

Je pénètre vers le fond du fjord. Pas trop le choix, la moto n'étant pas amphibie...

Toujours ces murailles en gradins qui m'émerveillent!

Ah ah.... Une partie en gravillons, ça me manquait. Sur la carte, je n'ai pas fait de trait vert sur les portions non goudronnées. Celle-ci est la plus proche de Djunivogur, bien sûr, puisque je viens juste de partir. Au fait, il faisait 17 degrés au camping -je crevais de chaud....-, mais il fait maintenant 12 degrés, et la température va osciller entre 10 et 12 toute la journée! Et hier, à Djupivogur, j'ai eu la même température!

Détail sur les cailloux rouges.

Vue générale de la route de pierres. Mais pourquoi ne mettent-ils pas une couche de goudron dessus? Je ne comprends pas!

Eh eh, ça tourne, et il vaut mieux suivre!

Ah, ces descentes glissantes, que je déteste! Par contre, c'est vraiment superbe!

Akitsu les fait s'enfuir à chaque fois!

Il y a des fermes au fond du fjord.

Quelques petites pyramides pointues sur l'autre rive. Elles sont de la deuxième époque des rois Islandais, celle dont on ne connaît pas grand chose, d'ailleurs! Leurs tombeaux sont restés inviolés à ce jour, trop profondément sertis dans la roche!

Coup d'oeil arrière vers Djupivogur. Au fond, ce sont les montagnes que je voyais depuis le camping! Djupivogur a d'ailleurs une particularité, c'est d'être absolument invisible, que ce soit en venat du Sud comme du Nord. Ce petit village est caché par un rebond rocheux, et c'est vraiment incroyable que des pirates arabes soient venus ici enlever des gens au milieu du XVIè siècle -c'est absolument vrai! Je viens de parcourir la rive Sud du Hamarsfjördur, qui est très courte, et la route tourne pour passer au fjord suivant.

Toujours en arrière, un peu plus loin. Les montagnes du fond sont celles du Berufjördur, la pyramide est celle que je vous ai mise hier si souvent, et on aperçoit le petit replat au bout duquel Djupivogur est posé!

En approche du prochain fjord.

Que voici. Le Alftafjördur. Presque fermé par de longues bandes de sable.

C'est une région où les fermes abondent, au fond de ces fjords qui sont plutôt des golfes se terminant presque en lagunes!
Je suis déjà au fond du Alftafjördur.

Plusieurs rivières déboulent dans le fjord. La masse d'alluvions qu'elles apportent est phénoménale! Les fermes sont sur les pourtours.

Je ressors rapidement de ce fjord et, en abordant la sortie, je regarde vers le Nord. Djupivogur est toujours là -je ne vois pas pourquoi il s'en irait, d'ailleurs!- et, en arrière, on reconnait parfaitement -du moins, je reconnais parfaitement, parce que vous.... je ne sais pas, et c'est bien pour ça que je vous le dis, car j'ai soudain un doute!- les montagnes qui faisaient face à ma tente hier soir!

La zone en sortie de fjord près de la mer est marécageuse. On peut y voir les moutons.

Qui me regardent...

En descendant vers le Sud, la route passe près de curieuses formations rocheuses, certainement des parties de roches très dures qui n'ont pas suivi le même rythme d'érosion que celles qui les entouraient.

C'est de toute beauté, comme toujours en Islande!

Plus au Sud, la même chose, mais dans une dimension nettement plus importante. ce sont deux monstres qui s'effritent sur toute leur masse, à part leurs cornes -je dis ça, car les parties plus dures ressemblent très étrangement à des cornes de rhinocéros!

Ces deux monts qui se suivent ne sont pourtant qu'à 483 m et 717 m... Mais je vous l'ai déjà dit, l'altitude ne fait pas la majesté d'une montagne!

Les dents du Maelifell

En arrière, une autre pyramide, le Ljösardalstindur, 724 mètres. Quelle majesté!

Soudain, la route perd son goudron... C'était prévu, c'est sur la carte. Je l'avais vu, et j'avais pensé qu'aujourd'hui dimanche, de ce côté-là, je ne serai dérangé ni par les travaux ni par la grosse circulation. Pour le deuxième point, j'avais raison. Pour les travaux, je repasserai! Ils sont bien là, les gros camions-bennes, déchargeant des tonnes de nouveau gravier sur cette portion qui en est pourtant remplie! Ce sont des malades. D'ailleurs, pourquoi laisser -depuis des années, si j'ai bien compris- cette petite portion en gravier au lieu de la goudronner? Ce sont des choses que je ne comprends pas, et j'espère qu'il me manque une information valable sur ce point...

Bref, Akitsu n'est pas à la noce, et moi non plus. C'est horrible. J'aperçois des paysages de folie, j'aperçois.... Impossible de m'arrêter, ma roue avant s'en va à gauche, à droite; il y a des endroits où, je pense, la couche de gravier mou atteint bien les 30 cm. Non, je suis sérieux, ne rigolez pas!

J'aperçois au loin deux cyclistes, en train de pousser leurs vélos dans la côte... Les pauvres! Et pour moi, c'est une descente hortrible qui s'engage. Ils me font des signes de bonjour, il me semble entendre parler Français, je réussis à m'arrêter, je réussis à béquiller -pas facile dans ce gravier. Et je ne regrette pas, car je rencontre deux fantastiques globe-trotteurs, super gentils. Rémy et Nathalie sont de la Charente-Maritime, autant dire des voisins! Ils font le tout du monde depuis 2 ans et demi, pas seulement en vélo, ils essayent tous les types de locomotion. Ils ont fait Asie, Amérique... Première fois en Islande, histoire de se dégourdir les jambes! Ils ne sont pas déçus! Rémy me dit que, de tous les pays qu'ils ont vu, c'est celui qui offre le plus de diversité grandiose sur un si petit espace. Bonne pioche, donc, que ce choix de l'Islande! Rémy a fêté hier ses 64 ans -impressionnant de vitalité, comme quoi, les voyages ne font pas que former la jeunesse, ils l'entretiennent aussi! Ils vont essayer d'atteindre Djunivogur ce soir, il leur reste exactement 46 km. Ils sont partis à 7h30 ce matin de Höfn! Quelle courage!

Avant de reprendre la moto, je dois photographier ce que, sans eux, je n'aurais probablement pas vu! On aperçoit de petits points blancs sur le sable noir, en contrebas de la corniche.

Je zoome. Mais... on dirait des oeufs!

Au zoom... C'est une vision fabuleuse, de début du monde... Tous ces animaux, dans leur habitat naturel, non dérangés par l'homme -enfin....

La corniche en question. Les plages de sable noir sont tout en bas, la route passe en surplomb, et pas question de dévaler cette pente, croyez-moi sur parole!

Vous voyez bien pourquoi il n'est pas question de dévaler la pente! Je souffre, mais la couche de graviers est ici moindre, car les camions n'ont encore pas déversé leurs tonnes supplémentaires! Ouf!

Les sommets qui me renversent!

Je ne sais pas si j'en suis capable, mais j'ai de plus en plus envie de me documenter sur les sentiers de randonnée. Il doit bien y en avoir pour aller sur ces sommets, qui ne me semblent pas inaccessibles, aussi bizarre que cela semble. J'aimerais marcher sur une telle crête avant de repartir d'Islande!

En jetant un nouveau regard vers le Nord, j'ai la surprise de voir encore, à l'horizon, les montagnes au Nord de Djupivogur!

Un dinosaure, c'est exactement le terme qui convient à cette montagne. Je me demande même... Non, ça se saurait!

Ma jolie route non goudronnée à flanc de côteau... En bas, les plages de sable gris-noir -en fait, il est bien noir quand il est mouillé, sinon, c'est gris...

Celle-ci donne une très bonne idée de l'ensemble. Fantasmagorique!

J'adore ces montagnes. Et ces plages de sable noir.

Et cette belle route goudronnée... Eh oui, c'est fini. Ouf, quel soulagement! En fait, le tout faisait entre 3 et 4 km, mais vraiment pénible, pour ne pas dire autre chose!

Cette zone a vraiment un aspect lunaire, un aspect de commencement du monde.

Je suis en admiration continuelle. Il me faudrait mille yeux au lieu de deux. Où que je pose mon regard, c'est grandiose!

Sur ma droite, peu avant la pointe, une vallée de bout du monde, elle aussi.
La Hvaldalur, pour ceux qui connaissent. Et aussi pour ceux qui ne connaissent pas!

La Hvaldalsa. Au même endroit. Je reste un petit moment à regarder ce paysage sauvage. J'aimerais avoir le temps de partir avec sac à dos dans cette vallée...

Ah, ces montagnes...

Et c'est l'arrivée au Lonsfjördur. Là, je dois dire que je m'arrête pour prendre ma respiration, coupée par tant de beauté. C'est inouï. Je n'ai pas réussi, et je le regrette, à le retranscrire en photo. Trop immense. Il y en a de tous les côtés. C'est beau, partout. Et en plus, c'est différent, partout. D'un côté, la lagune, à perte de vue, coupée par une immense bande de sable que j'aimerais, là encore, avoir le temps de parcourir. Rien que pour ça, il faudrait une demi-journée, voire une journée! Au-delà de la lagune, c'est la mer, évidemment. Et la route épouse les contours des montagnes sur la droite. Et quelles montagnes! Celle qui est là, tout contre moi, est ce monstre que je contourne... Whahhh! Même pas possible de le prendre en photo tellement il est énorme.

Je pense que je vais longer cette autre masse de toutes les couleurs. Mais il y a plein de petits points blancs sur l'eau. Seraient-ce...???

Yes! Des cygnes de mer. Alors là, oui, ces oiseaux-là me plaisent. Ils sont quelques dizaines. Il y a des bagarres, ou des ébats amoureux, je ne suis pas spécialiste...? Mais ce que je suis, c'est, une fois de plus, admiratif! Mais vous voyez bien qu'il est impossible de calculer une vitesse moyenne de déplacement dans ce pays! Je suis continuellement à l'arrêt, et je me raisonne sans cesse! Non, ne t'arrête pas ici, tu viens juste de redémarrer, voyons! Mais je m'arrête quand même. Et en plus, à chaque endroit où je stoppe, je devrais y rester dix minutes, car là où je m'arrête, c'est là où c'est -peut-être- plus beau qu'ailleurs. Quoique ce soit très subjectif. Parfois, je ne peux tout simplement pas m'arrêter à cause de la route, d'un virage, d'une dénivellation trop importante du bitume sur le bord, de voitures qui me suivent -rare encore à cette saison, mais qui m'inquiète pour les semaines à venir, d'une épaisse couche de gravier...

Des trolls montent la garde sur les crêtes! Ici, une belle représentation d'une tête de diable. Un peu comme les gargouilles des cathédrales!

A l'autre bout du Lonsvik -immense baie pratiquement enfermée et protégée de la haute mer par deux longues bandes de sable noir (des Fjörur)- se trouve cette masse énorme. Le trait noir, c'est justement le Fjörur.

Je me retourne pour vous montrer ce bloc énorme que je viens de contourner, et qui marque l'entrée -ou la sortie- du Lonsfjördur.

L'ensemble.

Un peu plus loin se trouve un très grand parking, avec des photos explicatives sur la vie des fermiers au début du XXè siècle. Des Hollandais sont ici en train de manger sur les tables de pique-nique, près de leur camping-car. Ils parlent très bien le Français, surtout la dame. On a discuté un quart d'heure, échange de renseignements. Le tout en Français. Très intéressante rencontre.

Certains fermiers ont eu l'intelligence de planter des arbres, comme ici. On dirait une oasis dans ce monde minéral. C'est magnifique. En plus, ils ont semé des lupins tout autour, sur plusieurs centaines de mètres. Je pense aux fermiers Ecossais en voyant ça. Eux, ils plantent des rhododendrons sur cent ou deux-cent mètres autour de leur fermes! Et ça change tout! C'est d'ailleurs une chose que je ne comprends pas de la part des fermiers de ce pays. Ils pourraient le faire partout! Qu'on ne me fasse pas croire que les arbres ne poussent pas en Islande, j'en ai vu pousser dans des lieux pour le moins aussi hostiles! Enfin, c'est leur pays, ils en font ce qu'ils veulent.

Au sommet de cette montagne, les ruines d'un château Cathare...

Lon, c'est le nom de cette immense lagune. Je crois d'ailleurs que ce mot signifie lagune. Au loin, la montagne fermant le Lonsvik, et encerclant en même temps le petit Papafjördur.

Beaucoup de fermes au fond de la lagune, sur les premiers contreforts des montagnes l'encerclant. Ici, je crois qu'il s'agit de Stafafell, ou une juste à côté. Il y a ici des possibilités de camping, hotellerie. Mais j'ai prévu d'aller jusqu'à Höfn, et j'ai le temps! Je continue donc!

Sur ma droite s'ouvre une vallée importante, au fond de la quelle les montagnes sont typiques de l'Islande intérieure. En effet, j'ai souvent vu ces couleurs sur les photos des personnes ayant traversé le pays par les pistes, et c'était très ressemblant. C'est complètement irréel. J'adore ces teintes "pastel".

Le grand pont permettant de franchir la Jökulsa i Lon. Sa taille donne une idée des flots impétueux capables de dévaller des montagnes environnantes!

Quand on découvre l'ampleur du bassin recevant les eaux, on peut imaginer sans peine les débits et les tonnes d'alluvions se déposant ici!

C'est tout simplement hors de proportion avec l'échelle humaine. Nous sommes ici un peu comme des fourmis face à ruisseau.

Et toujours, cette énorme dent fermant le Lonsvik. Vous ne pouvez pas la louper. D'ailleurs, ces montagnes en Islande sont de fabuleux points de repère, parfois visibles à plusieurs dizaines de kilomètres de distance!

C'est grandiose, je n'arrête pas de vous le dire, mais c'est vrai. Le temps est de plus en plus gris, sale, triste, et ajoute une densité supplémentaire à une atmosphère qui l'est déjà naturellement! Le moins que je puisse dire, c'est que je me sens ici bien minuscule. Je parlais de la fourmi, et très franchement, pour être tout-à-fait honnête, je dirais que je me sens encore un nouveau en-dessous.

Je m'approche lentement mais sûrement du bout du Lon. La route n° 1 va bifurquer sur la droite et attaquer ces montagnes par un col au lieu de les contourner comme elle le fait habituellement. Je suis ici pratiquement au niveau du petit Papafjördur.

Coup d'oeil arrière. La montée a commencé. Le Lon se trouve en arrière. Dommage, une énorme ligne électrique gâche un peu le paysage, mais il faut bien qu'ils transportent leur électricité, comme tout le monde!

Au même endroit, en regardant vers une vallée que l'on traverse. Lugubre? Vous avez dit lugubre?

Pourtant, en regardant vers le Nord, tout à l'autre bout du Lonsvik, le temps semblerait presque beau. Je reconnais parfaitement la barre montagneuse fermant le Lonsfjördur. Et sur cette photo, on aperçoit bien le Fjörur, la bande de sable noir enfermant presque totalement la lagune.

Un peu plus haut, deux possibilités se présentent à Akitsu. A gauche, le tunnel, Almannaskardsgöng, long de 1.300 mètres, construit en 2005, ou la route qui franchit le col, à droite. Une voiture vient de s'y engager, le nuage de poussière en témoigne. Beaucoup de graviers. Une descente que je sais être à fort pourcentage de l'autre côté. Je ne m'y risque pas. De toute façon, avant que je ne prenne ma décision, Akitsu avait accéléré, m'empêchant totalement de choisir les graviers! Elle m'a bien eu sur ce coup-là!

A la sortie du tunnel, c'est le choc! Un contraste considérable avec les paysages que je viens de laisser derrière moi! C'est la seule photo d'ensemble à ma disposition.
Comment vous expliquer? Je débouche en fait au pied de la partie Est de l'immense Vatnajökull, le plus grand glacier d'Europe, de la taille de la Corse. Et cet immense glacier descend vers la mer. Je pourrais dire qu'il "dégueule"! C'est le mot qui convient. Par tous les orifices à sa disposition. C'est très simple. Imaginez une cuvette pleine, à raz-bord, que l'on continue à remplir. Imaginez maintenant que les bords de cette cuvette soient un peu déformés. De l'eau va s'écouler à chacune de ces déformations, pour peu qu'elles se trouvent à une hauteur inférieure. C'est ici ce que j'ai sous les yeux. Trois ouvertures des bords de l'immense bassine. Le glacier s'écoule par ces langues. A droite, le Flaajoküll, plus à gauche, à peine visible, le Heinabergsjoküll, et en face, le Skalafellsjökull. Vous l'avez compris, "jökull" signifie "glacier". Et à gauche, il y en a d'autres...

C'est invraisemblable! J'essaye de m'imaginer en rêve la taille du monstre qui se trouve tout en haut! Par endroits, l'épaisseur de la glace serait de plus de 500 mètres... Le guide Lonely parle de un kilomètre! Inconcevable pour moi.

Et je ne vous ai pas tout dit. Pour ceux qui ne le savent pas. Sous ce glacier se cache un autre monstre, très chaud celui-ci. C'est un volcan! En activité. Son dernier sursaut a eu lieu en 1996, justement ici, dans cette région! Je vous raconterai un jour, si vous êtes sages....

Le Flaajoküll.
Au zoom maxi, on voit un dessin sur les séracs que l'on devine. C'est l'endroit où la masse se brise dans une pente sans doute plus forte!

Le Skalafellsjökull. Il est loin. Et la lumière est loin d'être bonne! Enfin, je vous la mets quand même. Le terme "langue" lui convient à la perfection, n'est-ce-pas? Au premier plan, ce sont de minuscules îlots dans la lagune de Höfn.

Tout à ma gauche, immensément loin, j'aperçois dans la lumière ce que je crois être les Breidamerkurjökull et Öraefajökull, les deux monstres, le dernier étant celui du point culminant de l'Islande, le Hvannadalshnjukur, à 2.110 mètres. Vous voyez, à peine au-dessus de 2.000 mètres! Et pourtant!

Encore le Flaajoküll. Cette cassure est très impressionnante! Et le dessin qu'elle forme aussi.

Je reprends doucement mes esprits. Et j'entame la descente, très courte.

Ensuite, c'est presque plat. Coup d'oeil arrière, où l'on aperçoit les deux routes. La une, à droite, qui vient du tunnel, et la petite à gauche, qui descend du col.

La même au zoom. La masse montagneuse que je longe est encore un exemple typique des montagnes de cette région, avec leurs immenses pentes de cailloux complètement érodés!

Tout au fond, droit devant Akitsu, on aperçoit un des glaciers.

Encore un regard vers l'arrière.

Voilà, au zoom maxi, une photo qui vous montre parfaitement bien la différence entre les deux routes. je ne regrette pas la décision d'Akitsu en voyant cette descente. Sur du goudron, c'est la route que j'aurais choisie, plutôt mille fois qu'une. mais sur du gravier, j'aurais serré les fesses jusqu'en bas!

En fait, il se trouve que des habitants de la planète Zworght de la galaxie de Fruyztyu avaient un besoin absolu de ce minerai, d'aucune utilité pour nous Terriens, mais introuvable ailleurs. Ils sont venus racler cette région avec leurs énormes machines, jusqu'au bord. Ils ont pratiquement tout pris. C'était il y a environ 1.750.000 ans. C'est un vieil Islandais rencontré à Djupivogur qui me l'a appris, et je n'ai trouvé cette information dans aucun guide touristique!

Beaucoup de fermes dans cette région, qui donnent lieu à des visions fabuleuses, qui me font penser à ces vieilles estampes du XVIIIè dépeignant les Alpes et la région de Chamonix. On peut y voir souvent des villages ou des fermes avec un glacier en arrière-plan. Eh bien voilà. Ici, il y a plein de glaciers en arrière-plan!

Magique. les photos ne rendent pas vraiment hommage au paysage, loin s'en faut. Je les ai prises trop vite, dans de mauvaises conditions de lumière, sans pied, sans bien les travailler!

Encore un fabuleux monceau de minerai... dédaigné par les Zworghtiens, qui n'en avaient pas l'utilité. On les comprend!

16 heures, et la tente est montée sur le camping de Höfn. Je m'offre un délicieux café avant de partir "en ville". Je vais prendre des renseignements à l'office de tourisme, puis je vais faire quelques courses, car je n'ai plus grand chose à manger. Bien que ce soit aujourd'hui dimanche, le super-marché est ouvert, et bien achalandé. je vais bien manger ce soir.

En sortant du magasin, il pleut à verse. ce n'est pas vraiment agréable, mais le seul fait de savoir ma tente montée me fait tellement plaisir. Je n'ai qu'une envie maintenant, c'est de rentrer à la maison!

Un dernier coup d'oeil sur le Flaajoküll, tel qu'on le voit à la sortie du magasin... Très très impressionnant!

Ce sera ma dernière photo. Au menu de ce soir, grand repas, lecture, repos, détente, rêves...
Tout simplement parfait!

Juste un bémol, c'est la météo. A l'office de tourisme, ils m'ont montré les prévisions pour la semaine. Elles ne sont pas bonnes.
J'entends la pluie tomber sur la toile, et je me dis que peut-être, s'il pleut toute la nuit, il fera beau demain? Pour l'instant, c'est plutôt agréable. Et cette berceuse ne tarde pas à fermer mes paupières bien malgré moi!

923 photos. 107 km

Depuis le départ, 11.208 km
Depuis le départ, 23.688 photos
Compteur Akitsu, 25.219 km

Moyenne quotidienne depuis le départ - 146 km
Moyenne quotidienne depuis le départ - 308 photos

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