78ème jour

Lundi 30 juin 2008.

Pour une fois, ce circuit est un aller-retour... Départ de Höfn, direction Jökulsarlon, puis retour au camping de Höfn.

Décision prise pendant le petit déjeûner. En effet, je suis allé voir au camping quelle était la météo, et pour cette semaine, pas mal de pluie. Juste un peu moins lundi, par conséquent aujourd'hui. Mais je n'ai pas envie de changer de camping sans aller voir avant les deux ou trois qui sont autour du fameux lac Jökulsarlon. Donc, je paye une nouvelle nuit, et on verra ensuite! Ce soir, je reviens dormir ici!

Je me suis réveillé à 8h30. Génial!

Hier soir, je suis allé trier mes photos et faire mes sauvegardes à l'accueil du camping. J'y ai rencontré un cycliste Ecossais, un jeune étudiant qui a terminé sa licence d'histoire, et ne veut pas commencer dans la vie sans avoir fait quelques voyages. Il est déjà allé l'an dernier en Roumanie en vélo, est allé plusieurs fois dans les pays de l'Est, y compris la Russie. Il a des amis en Pologne, qu'il considère comme le centre de l'Europe et donc le meilleur endroit pour servir de base à la visite de l'Europe entière! Il compte bien retourner en Pologne après ce voyage en Islande. Aujourd'hui, il a fait les 140 kilomètres séparant Skaftafell de Höfn, et tout ça avec un mauvais genou! Il fait en bus les parties qui ne l'intéressent pas. Nous avons discuté pendant plus d'une heure. Avec tout ça, mon reportage n'avance pas d'un pouce, mais les rencontres font partie du voyage, et en sont un élément très important.
D'ailleurs, pour vous dire, la conversation est allée un moment sur les rencontres d'autres cyclistes. Et il a rencontré les couples des Allemands et des Anglais avec lesquels j'avais sympathisé sur le bateau. Le monde est petit en Islande, du moins concernant les voyageurs, car il y a des impératifs: soit Reykjavik pour ceux qui viennent en avion, soit Seydisfjördur pour ceux qui viennent en bateau. Et pour le bateau, la vie est rythmée sur le jeudi, jour d'arrivée et de départ du Nörronia. C'est ainsi que le mercredi, on voit arriver le flot de ceux qui vont repartir, et le vendredi, on se fait doubler par le flot deceux qui viennent d'arriver... Je parle pour moi, qui fait partie des "lents"...
En tout cas, ce jeune cycliste est très impressionnant. Je l'ai doublé ce matin à la sortie de Höfn. Il était en plein effort, pédalant comme un forcené contre un vent -contraire, forcément- terrible. Admiration!

Quelques maisons à Höfn, près du centre commercial, où je voulais aller voir un centre Internet. Les prix sont terriblement élevés, entre 500 et 600 ISK de l'heure (entre 4 et 4,80 euros) dans les deux établissements acceptant le WiFi, ce qui n'est pas le cas au camping!

Zoom sur la langue terminale du Flaajoküll, du même endroit, devant la lagune de Höfn. Ce village est situé sur une bande de terre se trouvant en plein centre de la lagune, qui est un fjord, le Skardsfjördur, mais qui, à mon sens, n'a de fjord que le nom... De ce fait, Höfn est situé en retrait de la route n° 1, à environ 3 kilomètres.

Et c'est parti. Sur la route n° 1, on peut voir plein de fermes disséminées sur ou près des petites buttes surplombant la vaste lagune. Ici, près de Nesjahverfi, petit village se développant, et qui, pour sa part, est vraiment situé sur la route. Ce glacier, que l'on ne voit pas autrement -il est petit et bien encastré- est le Vjöbordsjökull.

A nouveau le Flaajoküll.

Les fermes le long de la route. Alors que je viens de prendre cette photo, deux motards arrivent en face. le premier traverse la route et s'arrête près de moi, me demandant si tout va bien! Très sympa de sa part. Il n'avait pas vu l'appareil-photo. Merci, ami motard.

la route longe ensuite un petit lac. Toujours le Flaajoküll en arrière-plan.

Encore une montagne très impressionante que je vais longer entièrement.

La route est extrêmement roulante. Ce sont d'immenses lignes droites, et il m'est difficile d'y rester à 90 km/h, tellement Akitsu se sent pousser des ailes! En fait, elle contourne au large toutes les langues glaciaires qui viennent tomber dans l'immense plaine alluviale!

Ici, la branche Sud du Flaajökull, que l'on ne voit pas depuis Höfn. A moins que ce ne soit le Snivafellsjökull, côté du Hoffellsjökull. Très franchement, je ne suis pas certain, et que ceux qui connaissent veuillent bien corriger mes erreurs. Mais pour vous, lecteurs, peu importe. Tous ces glaciers sont des langues de l'énorme, du considérable, du fantastique, de l'inimaginable Vatnajökull, qui se trouve au-dessus. C'est lui qui se déverse, par tous ces orifices!

Et le Hoffellsjökull? Long et étroit, il prend ses aises dans cette vallée! Une superbe langue!

Bassin déversoir de ces langues que je viens de vous montrer, en regardant vers la barre montagneuse fermant le Hornafjördur.

Le pont permettant de traverser ce petit "sandur". C'est le pont sur la Hornafjardarfljot.

Effrayés par Akitsu, qu'ils voient pour la première fois, les deux petits se précipitent à la mamelle en frétillant de la queue, comme tous les mammifères....

Zoom sur le bas de la langue de ce que je crois être le Skalafellsjökull.

Enorme et sombre barrière que la route n° 1 va contourner. Cette montagne a-t-elle été rapée par un front glaciare dans sa jeunesse?

Au premier plan, l'immense plaine dans laquelle les fermes se sont installées. On aperçoit du bétail.

C'est le fameux dessin formé par la chute des séracs. Par contre, je ne nomme plus les glaciers, n'étant pas certain de leurs noms. la seule chose qui est sûre, c'est qu'il s'agit de ceux qui se trouvent au Nord de Höfn, donc le Flaajökull, le Heinabergsjökull, le Skalafellsjökull, et qu'ils sortent tous du ventre de leur mère commune, le Vatnajökull.

J'aimerais aller au bord, mais... comme toujours, je manque de temps et aussi, il faut bien l'admettre, une bonne route! Et pourtant, pour le facteur "temps", je ne suis pas à plaindre.

La chance! Une famille de cygnes au bord de la route, en train de barboter dans des mares. Les parents ne peuvent pas s'envoler, car ils ne peuvent pas abandonner leurs rejetons! Les pauvres. Voilà ce que c'est, quand on fait des bébés, il faut ensuite assumer.

Et je dois reconnaitre qu'ils assument!

J'aurais aimé les voir s'envoler, car c'est en vol que je les admire le plus!

Dans les prés, les balles blanches dans lequel les agriculteurs ramassent l'herbe, pour le fourrage de l'hiver, je suppose!

Vue globale du paysage. Sur cette portion, la route passe à une distance comprise entre 5 et 8 km des glaciers.

Et les très grandes lignes droites dont je vous parlais.

Arrivée en vue de Skalafell.

Un nouveau pont enjambe la Kolgrima. Ce sont les flots les plus boueux, chargés de limon, et impétueux que je verrai aujourd'hui. Cette rivière sort directement des entrailles des deux glaciers Heinabergsjökull et Skalafellsjökull.

Les fermes de Skalafell. A ne pas confondre avec Skatafell, à plus de 100 km au Sud!

Et vers le Nord, ça donne quoi? C'est simple. Les plaines marécageuses du Hornafjördur, puis Höfn servant de barrière avec le Skardsfjördur, et, à l'horizon, la barre montagneuse enfermant l'ensemble!

Echappée vers ce que je pense être le Vedurardalstindur, fermant un petit, mais tout petit bout morceau du vatnajökull.

Partout des fermes et des groupements de fermes.

 

Ce petit village me fait soudain penser à un village alpestre. Brunnar. Il y a une petit église.

Et voci qu'apparaissent maintenant les gros, les énormes glaciers que sont le Breidamerkurjökull et le Öraefajökull, assurément les princes de la région!

Rien! ma photo ne donne rien. Et pourtant, je ressens une nouvelle fois une vive émotion en les découvrant, un peu comme hier soir en descendant du tunnel et en découvrant les fjords de Höfn.

Je vais bientôt dépasser cette énorme barrière rocheuse me cachant la vue des rois, peu après Gerdi.

Voilà. Et je retombe près d'un grand bassin de dépôt de sédiments. Dans la lumière, à peine visible à cause du contraste, la barrière glaciaire.

Barrière contournée... Quelle beauté, une fois de plus!

Traversée de la Felsa

 

Très loin encore, le Breidamerkurjökull.

Le pont sur la Felsa.

Sur ma droite, en direction des glaciers, il y a des buttes de cailloux, d'alluvions, de plusieurs dizaines de mètres de hauteur, me cachant la vue des séracs, que je soupçonne visibles. Je décide de laisser Akitsu sur le bord de la route, et d'escalader un de ces monticules de galets et de pierres.

Voici ce que je découvre. Effectivement, je vois les séracs descendant de l'immense Breidamerkurjökull.

Je sens que je suis tout prêt du but de ma balade du jour.... Je le sens!

Soudain, quelques centaines de mètres plus loin, que vois-je? Des séracs?

Un coup de zoom. Pas de doute, je suis arrivé. Ce sont les séracs en train de fondre et formant le fameux et très renommé Jökulsarlon!

Vision irréelle, fantasmagorique. Pourquoi? parce que je vois des camping-cars et des bus de touristes parmi les glaçons...
Et j'avoue que... je suis... déçu! A ce niveau de ma découverte du lieu, à cet endroit et à ce moment précis, mes sentiments se bousculent, mais la déception se mêle à l'émotion, pour en prendre le dessus!

Cette fantastique barrière de glace est, me semble-t-il, le Fjallsjökull, une langue du Öraefajökull, qui descend du point culminant d'Islande.

Irréel, non?

Le monde moderne envahissant la nature pure. Affreux mélange, auquel je vais m'agglutiner. Mais ce mélange me permet d'être là, de le voir de près, faute de quoi ce lieu me serait ceratianement inaccessible, car je ne suis pas un bon montagnard, loin s'en faut!

Avant de parvenir sur le lieu de culte, dont je suis encore éloigné de quelques centaines de mètres, je dois traverser un espace occupé par les sternes arctiques, qui ont élu domicile ici, et ont fondé une colonie. Au pied de la route, de chaque côté, sur environ 300-400 mpètres. Elles sont quelques centaines. Agressives, un peu. Mais je ne suis aucunement gêné, et je ne les écarte absolument pas, bien qu'elles tournent autour de moi.

En effet, je suis à l'arrêt, et j'y reste bien environ 10 minutes. mais je suis bien équipé. Mon casque, ma visière, mes gants, je ne risque vraiment rien, si ce n'est quelques déjections... Petit à petit, elles se calment, commencent à s'habituer à ma présence, et se reposent. Mais je ne voudrais pas appartenir à cette espèce. Quelles bagarres, chaque place donne lieu à des combats. Tout le monde hurle, crie, bat des ailes et du bec... Comme les êtres humains! Elles iront loin, les petites!

Non Akitsu, stop, je ne veux pas aller plus loin. T'es malade, ou quoi? Tu sais nager? Tu te sens capable d'escalader des icebergs, toi qui tremble devant quelques gravillons? Soyons sérieux!

Image insolite d'une magnifique moto au pied d'un lac glaciaire.

J'ai quand même beaucoup de chance car, parti sous la pluie, je vois le soleil arriver sur le lac au moment où j'arrive!

le lac Jokulsarlon.

Une mer de glace... immense... Mais, imaginez qu'au-dessus des masses rocheuses qui émergent, là-haut, vous pouvez marcher pendant 95 km sur la neige recouvrant le glacier! C'est tout simplement gigantesque.

Quelques jolis blocs en train de fondre.

Et trois blocs qui ne sont pas près de fondre, mais faisant fondre la monnaie des touristes.

Monstres d'acier qui pénètrent dans le lac.

Les eaux sont sales et grises, parce que le ciel l'est juste au-dessus!

Et une nouvelle cargaison. Je n'ai pas regardé les prix, excusez-moi, mais c'est facile à trouver sur leur site...

Avec, en toile de fond, le Fjallsjökull. Vous est-il possible d'imaginer que les deux masses rocheuses entourant cette langue glaciaire sont, respectivement, à seulement 759 et 942 mètres d'altirude. En voyant cette photo pour la première fois, sans savoir de quelle partie du monde il s'agit, n'importe qui dirait au minimum le double....

Zoom maxi sur le lieu où tombent les séracs, où ils se détachent de l'ensemble auquels ils sont agglutinés depuis un moment... Et, en fondant, ils retournent à l'eau d'où ils viennent!

Entrée dans les eaux du lac.

Deux ou trois zodiacs font des cercles autour des petits icebergs au moment où les gros engins pénètrent ou sortent de l'eau. Pourquoi? Dans quel but? Pour écarter les icebergs en créant un mouvement de l'eau? Pour amuser la galerie?

Parmi les gravillons, les petites fleurs repoussent.

Maintenant que je ne vois plus les voitures, j'admire.

je monte sur une colline de pierres située près du lac, et je m'installe. Il y a du vent, beaucoup de vent, mais peu importe. Dans ma tenue de motard, je n'ai absolument pas froid, je suis juste un peu gêné pour manger mes céréales, dont la moitié ou presque s'envole à chaque cuillérée. ce ne sera pas perdu pour tout le monde!

J'aperçois au zoom le gros engin amphibie naviguant parmi les glaces.

En levant la tête... Très joli vol, à suivre en "live". En effet, la formation a énormément de mal à tenir, et je comprends en sentant les rafales de vent sur moi.

Vers le Nord.

Vers le Breidamerkurjökull.

Soudain, alors que je rêvais devant le spectacle, un mouvement attira mon attention.
Non, je ne rêvais pas du tout! Un phoque fôlatrait dans les eaux saumâtres!

Il a plongé, je l'ai revu deux-trois fois dans l'après-midi, mais jamais assez longtemps pour le photographier. Il plongeait, et restait vraiment longtemps sous l'eau.

Je vous laisse admirer le spectacle en paix. Dommage pour moi, les lumières n'étaient pas bonnes, bien des contre-jour me retirant les teintes.
Mais bon, le spectacle, je m'en suis gavé les yeux et la mémoire.

Et j'ai vraiment été gâté. Tiens, les cables électriques, dans le fond... pas joli!

Vous voyez les vaguelettes? En me retournant sur ma gauche, vers la mer, j'ai tout compris. Car les eaux de fonte de ce glacier se jettent en mer juste derrière la route n° 1, sous forme d'une rivière longue de 300 mètres environ, et représentant la distance entre le lac et la mer. Un pont l'enjambe.

Or, je suis en train d'assister à la marée montante. Et si j'adore assister à une marée montante -je vais souvent la voir sur l'île de Noirmoutier en Vendée, car ce genre de spectacle vivant et naturel m'enchante- jamais je n'en avais vu une comme celle-ci!

Les flots pénètrent avec force et violence dans le Jokulsarlon. Enfin, elles le voudraient bien. Mais... elles sont bloquées par les gros glaçons, et les petits, qui forment barrage. Mais vous le savez bien, c'est le plus fort qui va gagner. Et qui est le plus fort? Le flot entrant? Peut-être. Pas certain. Oui. Non.

Les forces qui s'entrechoquent ici sont gigantesques. Les icebergs sont promenés, s'entrechoquent, on entend des craquements, ils tournent, des tourbillons se forment, l'eau monte, monte, s'insinue, les icebergs grimpent, je vois la différence des niveaux... Puis, sous l'action du poids énorme de l'eau qui est passée en partie, quelques icebergs soudaint s'écroulent, et un flot passe à l'in térieur, aussitôt rebloqué! C'est dantesque. C'est fantastique. je ne m'en lasse pas.

Et au-dessus de tout ça, les sternes s'agitent comme des folles. C'est la curée. Eh oui, j'en vois plonger dans ces eaux plus ou moins boueuses, et ressortir avec de petits poissons dans leurs becs. Les poissons! Qui sont eux-memes pris dans ces tourbillons, et ne doivent pas savoir où donner de la tête... Ce n'est pas perdu pour tout le monde! Je comprends pourquoi une colonie s'est installée ici...

Féérique. Je suis scotché par le spectacle, de l'ensemble, des icebergs pris individuellement, et du combat titanesque qui se joue entre la marée montante et le barrage lui-même formé par cette même marée qui, en montant, le repousse tous à tel point qu'ils finissent par bloquer l'entrée du lac!

Ce qui est intéressant, ce sont les différences de teintes de la galce, de transparente à blanche, en passant par le bleu.

Ainsi que la consistence de la glace elle-même. Il y a des morceaux extrêmement durs, d'autres transparents et mous, d'autres... mais venez voir, ça vaut le coup d'oeil!

Et j'essaye de m'imaginer comment c'est par en-dessous. Car ce que je vois, ce ne sont que les parties émergées. Or, nous savons que 90% de leur volume est immergé!

Il y a du volume à venir par derrière. Et pourtant, en ce moment, le glacier recule! En 1930, il arrivait à la mer...

Les zodiacs sont revenus sur la berge. Les couleurs de cette photo sont totalement mortes, à cause du contre-jour. Dommage.
Les visites avec les engins amphibies sont-elles arrêtées par la marée montantes? Je ne sais pas, je n'ai pas pensé à vérifier, mais c'est bien possible.

J'ai termoiné de manger, et je reviens vers Akitsu en longeant le lac, pour remettre mon sac de nourriture, qui me gêne, dans la sacoche. Une dame m'interpèlle en Anglais d'abord, et me demande si je pars. Un camping-car est derrière, moteur toutnant, en train de m'attendre. Ce sont des Français, il y en a plein, je dirais à vue d'eoil une quinzaine de camping-cars. Je réponds en Français "Non, pas maintenant". Elle me regarde, un peu surprise, et me répond, très ironiquement "Vous comptez partir quand? dans un jour ou deux?". Là, sur le coup, je n'ai pas compris le ton, mais je réponds gentilment que "Je n'en sais absolument rien!". Je la vois parler au conducteur, qui fait demi-tour. Je pars vers le pont enjambant la Jökulsa, puisque tel est le nom de la rivière issue du Jökulsarlon.

Le flot ne s'occupe pas de mes petites histoires, et continue de vouloir pénétrer dans le lac. Merveilleux!

Les aspects des glaçons sont tellement différents. Pire, certains glaçons, qui étaient presque sortis de la rivière, sont ramenés à leur point de départ par le flot montant. la nature a tout son temps, et une année, ce n'est rien pour elle. Petit à petit, les choses arrivent, et passent!

Certains sont pratiquement fondus. Pleins d'eau, seule une petite enveloppe de glace demeure, qui ne tardera pas à disparaître!

Coup d'oeil vers le Öraefajökull.

Les sternes, en plein repas!

Je reviens à ma moto pour partir, et que vois-je? Le fameux camping-car, immatriculé 13 -Bouches-du-Rhône- est stationné contre ma moto, me bloquant la sortie. Je me dis que ce n'est pas possible d'être débile à ce point! Ce type est un fêlé, il n'y a pas d'autre mot. Ce qui est dommage, dans cette histoire, c'est que les cons voyagent aussi. Et c'est particulièrement déprimant de retrouver un con parmi ses propres compatriotes si loin de chez soi. Quelle misère! Ce mec est assis dans son camping-car, obnubilé par ma moto. Il en fait une "affaire". C'est un malade mental. Il est dans un des coins les plus fabuleux au monde, qu'il a pu atteindre avec un camping-car! Au lieu de profiter du spectacle, il est en train de se comporter comme un citadin ayant un problème de parking. Pire, le parking est immense, il était stationné à, mettons, 30 mètres, mais pas à côté du lac. En plus, je ne sias pas, moi, mais quand on arrive sur un parking, on ne cherche pas les places occupées, mais les places libres, ce qui tombe sous le sens! Il estimait que je lui prenais "sa" place. Il me dit que j'ai fait exprès de me mettre en travers -je suis stationné dans le sens de la largeur- pour empêcher un camping-car de s'y mettre. Est-ce que vous vous rendez compte de la situation? C'est du vaudeville, ce genre de truc. Il n'a pas voulu reculer pour que je passe! Heureusement, j'avais assez de place. Evidemment, je n'ai pu m'empêcher, en bon Français, bien fort et bien tourné devant les autres Français qui étaient là, de lui dire ce que je pensais de ce genre de comportement, absolument désolant, et que je n'avais jamais un con de ce niveau depuis fort longtemps -en fait, depuis l'ours des Pyrénées, au cirque de gavarnie, pour ceux qui ont lu ce récit! Dommage, mes deux plus beaux cons sont des Français! mais celui-là atteint des sommets dans la hiérarchie, et en plus d'être con, il est méchant! C'est... Je ne trouve pas de mot, c'est grandiose au même niveau que le paysage!

Juste en passant... Et à cause du comportement de ce genre de personnes, je crois qu'un jour, les Islandais interdiront aux camping-cars de se mettre au premier rang, bloquant définitivement toute vision d'ensemble pour les touristes. En fait, aucun véhicule ne devrait pouvoir stationner devant le spectacle, ce serait bien plus logique! Je trouve les Isalandais très permissifs sur ce point, et c'est un bien. Si les Anglo-Saxons géraient ce site, le parking serait à un kilomètre, il faudrait payer dix euros pour s'y mettre, et ils auraient mis des navettes en place... ce que je ne voudrais pas non plus. Il y a un juste milieu, mais certaines personnes, qui ont déjà tout, veulent encore davantage! Egoïsme!

Je traverse le pont et passe sur le parking de l'autre côté de la Jökulsa, pour apprécier une nouvelle vue du lac.
Mais je suis terriblement déçu par les couleurs de mes photos! Complètement ratées.

Ensuite, je me dirige vers la mer. Tout le côté est remblayé et tatssé, je m'aventure donc avec Akitsu. Sans trop de mal, excepté pour trouver un bon appui pour la béquille.

Et là, je vois au loin, sur la petite plage noire, quelques glaçons en train de finir de fondre. Pour ceux-là, une nouvelle vie commence...

Oh, nature, quelle merveille! le temps ne compte pas. Et j'aimerais vivre 200 ou 300 mille ans. Le temps qui nous est offert est si court. Profitez-en! Ne perdez pas de temps en chamailleries et autres bêtises. Allez voir le monde. Visitez-le. Je pense que ça vaut le coup!

Je continue sur la route n° 1, pour voir si je ne pourrais pas avoir une autre vision de ce splendide lieu. Sur ma droite, de grosses collines de dépôts d'alluvions. Je descends Akitsu en contrebas de la route. Et je pars en escalade, pour voir ce qu'il y a derrière.

Je ne suis pas déçu.

La vue d'ensemble est bien meilleure que sur le parking du Jökulsarlon. Et rien ne la bloque!

Vers le Breidamerkurjökull.

Ils arrivent, là-bas, en rangs serrés...

Au zoom maxi, les touristes stationnés sur le parking du Jökulsarlon, longeant le lac comme je le faisais tout-à-l'heure!

Je reprends Akitsu, cette fois, en direction de Höfn... J'ai vu ce que je voulais voir! Et je n'ai pas été déçu!

Regard arrière vers le pont sur la Jökulsa que je viens de repasser. En arrière-plan, à droite, le L'Öraefajökull, qui fume...

Je retraverse le champ de ... sternes!

Je vois un cycliste avec son chargement sortir du parking du Jökulsarlon, arrêté pour prendre des photos. Il part dans la même direction que moi. Le pauvre, avec ce vent, comme il va souffrir!

J'ai le soleil dans le dos. Les contours des montagnes se détachent avec une netteté parfaite!

Des aiguilles de basalte! Comme c'est beau!

le vent souffle très violemment, avec des directions différentes selon les endroits. Par moment, il n'y a pas un souffle, et par moments, je me retrouve presque à 45 degrés. Je déteste rouler par grand vent, et je suis obligé, en approchant de Höfn, de baisser l'allure, car cette fois, il passe en rafales.

Brunnholl. C'est curieux de trouver une minuscule église dans un minuscule village, composé de quelques fermes seulement!

Je retrouve les langues glaciaires vues ce matin.

Le Vidbordfjall, 538 mètres, peu avant le pont traversaént la Hornafjardarfljot.

Une ancienne coulée de lave solidifiée? On le dirait bien.

Quelle montagne, encore.

L'immense prairie un peu avant le pont.

Dernier virage à angle droit, puis dernière grande ligne droite avant de prendre la direction de la maison...

Que je retrouve comme je l'avais laissée.

Dernière photo, à 20 mètres de ma tente, en direction du Nord.

Quelle journée fabuleuse. Du coup, demain, je vais rester me reposer, à moins que je ne file à Skatafell, qui sera ma prochaine étape. En effet, je n'ai même pas visité les fermes-campings comme j'en avais l'intention, puisque j'ai envie de pousser jusqu'au camping suivant. Il y a environ 130 km, et j'en ai désormais visité les 2/3. Donc, la route sera plus rapide pour Akitsu...

La température a été bonne aujourd'hui. Elle est montée à 15 degrés au Jökulsarlon, où j'avais vraiment chaud. D'ailleurs, le vent qui souffle est un vent chaud, et j'ai plusieurs fois été surpris par la température d'Akitsu, car je m'attendais vraiment à y lire 18 ou 20 degrés! Serais-je en train de m'habituer aux degrés Islandais?

Un camping-car de Français vient s'installer près de moi. Un couple de retraités de Clermont-Ferrand. Ils sont là pour deux mois eux aussi, et vont dans la même direction que moi. Ce sont de grands voyageurs en camping-car, mais en solitaires, loin des autres. Ils ont bien raison. Ils ont pris la place de Danois qui sont partis ce matin. Toutes les nationalités de touristes sont visibles sur les terrains de camping, c'est assez impressionnant! Il y a tout près des Allemands d'Osnabrück, ville que je connais très bien. J'aurais aimé leur parler, mais ils ne cherchent pas le contact. Je comprends d'ailleurs fort bien que certains n'aient pas envie de faire connaissance, chacun son voyage et sa personnalité, c'est bien normal. Je respecte ça sans aucun état d'âme, ayant moi-même des moments pendant lesquels je ne veux surtout pas être dérangé!

Je vais faire mes sauvegardes et choisir mes photos au bureau d'accueil, que je quitte à la fermeture, à 21 heures.

Soirée consacrée à la lecture des informations en ma possession sur ce coin d'Islande. Mais le sommeil finit par m'emporter....

Le Jökulsarlon. Au premier plan, ces glaçons se déplacent lentement vers la mer, situé à gauche, à 300 ou 400 mètres d'ici, de l'autre côté de la route!

 

1407 photos. 165 km

Depuis le départ, 11.373 km
Depuis le départ, 25.094 photos
Compteur Akitsu, 25.384 km

Moyenne quotidienne depuis le départ - 146 km
Moyenne quotidienne depuis le départ - 322 photos

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