87ème jour

Mercredi 9 juillet 2008.

Hier soir, après avoir tetrminé ma saisie à la cafétéria, je suis allé à l'hôtel pour Internet. La jeune fille au comptoir m'a aimablement passé le cable de connexion en direct, car je n'y parvenais pas en WiFi. Elle s'appèle Michaëlla. C'est une Autrichienne en études de tourisme, et elle est ici pour 3 mois. Elle ne s'y plait pas, ne trouvant pas les Islandais assez "causants", trop froids! Par contre, elle se met à étudier le Suédois, parce qu'elle a rencontré ici un Suédois, et elle est tombée amoureuse de ce pays... Ah, la jeunesse! En tout cas, elle a été très charmante, et nous avons bien papoté une heure...

Réveillé à 6h45, je me lève. Vraiment envie de partir. Le temps est meilleur qu'hier.
Alors que je suis prêt à partir, je me dirige une dernière fois vers cette splendide cascade pour faire encore quelques photos.

Enfin, je suis trop fainéant pour m'en approcher de face, je traverse juste le terrain de camping pour me placer près de la rivière, pensant voir la cascade en entier. Pas de chance.

Mon voisin de tente est là aussi, déjà! Très sympa. C'est un Danois. On discute bien dix minutes. Il a eu une Transalp aussi, et il fait toujours de la moto, mais des trips ne dépassant pas une semaine. Il adorerait faire un voyage comme je le fais.

Finalement, un rayon de soleil, un bout de ciel bleu. C'est la première fois, et juste comme je m'en vais. Trop tard, je suis parti! 8h30, et je roule déjà. C'est génial, j'adore ça. Et ça me fait vraiment plaisir de rouler un peu, d'aller voir d'autres paysages. Je me ramollissais depuis quelque temps!

Une fois sur la route n°1, juste après avoir passé le pont traversant justement la rivière issue de la cascade -la Skoga, bien sûr-, je fais une dernière photo. Vraiment mémorable, je ne suis pas près de l'oublier, celle-là!

Un peu plus tard...

Coup d'oeil arrière vers les contrastes que j'apercevais dans mes rétros.

Les montagnes ont des formes très bizarres, peu après Skogar.

Je croise une famille de cygnes. Quatre enfants, c'est du boulot. Bon courage, mes p'tits loups...

Quelques kilomètres plus loin, je regarde ma carte -sur ma sacoche-réservoir- tout en roulant. La route est bien droite. Soudain, quelque chose attire mon attention. Lorsque je regarde la route, je suis à 50 cm, certainement pas plus, d'un superbe cygne! S'il est là, c'est qu'il est chargé de famille. Je n'ai ni freiné ni fait demi-tour, mais je suis vraiment en colère après moi. Pour une fois, j'en avais un à mes pieds...

Chevaux Islandais, of course!

Regard vers l'arrière. Les montagnes commencent à s'estomper.

Encore une belle falaise.

Et une belle chute d'eau. La Seljalandsfoss.

Puis... plus rien. Quelques champs de lave en face de Vestmannaeyjar, cette île dont la ville principale a fait la une des TV du monde entier en 1976, lorsqu'elle a été pratiquement engloutie sous la lave. On peut visiter. Il y a d'ailleurs des équipes qui sont en train de dégager quelques maisons pour laisser un témoignage, un peu comme à Pompéï, mais sans attendre quelques siècles. Je pourrais y aller, il y a même un avion qui vous y conduit en quelques minutes. Je me contenterai de la voir comme ça, depuis la route n° 1, dans la brume de la distance!

Puis c'est plat, plat, plat... Traversée de Hvolsvöllur, puis de Hella. Aucun intérêt pour moi, le paysage n'est pas joli. D'ailleurs, je ne comprends pas pourquoi les Islandais le gardent, celui-ci. Ils devaient l'extraire de leurs cartes, car ça ne correspond pas du tout à l'image que l'on se fait du pays! Mais ça a un avantage: Akitsu file dans le vent, et ne s'arrête pas, puisque je ne lui dis rien. A un moment, elle se traîne à 70-75 parce qu'elle s'attend à tout moment à devoir freiner. Mais non, vas-y, laisses-toi aller... Direct jusqu'à Selfoss sans marquer un seul arrêt. Du jamais vu!

Il fait entre 13 et 14 degrés tout le long de la route. Il a plu depuis peu, car elle est bien mouillée par endroits.

Du coup, j'arrive à 10h15... Je plante la tente. Le camping est propre. On peut avoir Internet. Et je peux bosser avec le PC dans la salle commune, y compris recharger les batteries... Coooooooool.

Et là, j'assiste à un changement de temps incroyable. La température monte à 25 degrés, j'étouffe de chaleur, je suis obligé de me mettre torse nu sous la tente pendant mon repas. Le ciel s'est complètement dégagé. J'ai rarement vu ça. je me demande même si j'ai déjà vu ça! Et le tout en une demi-heure grand maximum!

Ben oui, je ne vais pas rester à glander par cette chaleur! Ma décision est vite prise. je vais à Geysir et à Gullfoss, deux lieux figurant dans ce que les Islandais appèlent le "cercle d'or"!

Je pars à 12h15! Direction Nord-Nord-Est.

Il y a des travaux de type Islandais -normal... Ce qui signifie que la couche de graviers est énorme, que je dois rester dans le rail sinon... Le tout sur environ une dizaine de kilomètres. Alors que je choisis une route sans gravier, c'est bien ma veine!

Les travaux commencent juste après Kerid, un lac de cratère que je tiens à voir. je m'arrêterai au retour si j'ai le temps. Par contre, je voulais faire une photo vers le Seydisholar, une montagne rouge. Je stoppe, sors l'appareil-photo... Une mouche, dix mouches, cent mouches, des centaines de mouches, assez grosses, m'entourent. Je remets l'appareil-photo en place et je démarre en trombe! Par trois ou quatre fois, ensuite, j'ai à nouveau vécu ce phénomène. Il fait 22-23 degrés. Il n'y a pas de vent. Elles sont partout, par millions. Ce qui me fait penser à Greg et pauline, mes enfants, lorsqu'ils étaient en Australie. Ils en ont eu aussi des millions pendant plusieurs jours... C'est absolument horrible. Si la visite de geysir est comme ça, je ne pourrai pas! Pour la chute, je pense qu'il n'y en aura pas.

Au loin, j'aperçois le terrible Hekla, toujours en activité, et qui devrait, selon les statistiques, exploser prochainement. En effe, ces derniers temps, il explore à un rythme d'une explosion tous les dis ans environ.... Et la dernière fois était, je crois, en 1996.... J'espère qu'il attendra mon départ!

Akitsu, pendant que je photographiais Hekla.

La Bruara, au niveau du carrefour avec la route 31.

Plus très loin de Geysir. Le paysage est peu intéressant. Ce sont de très très petites collines, il y a pas mal d'agriculture, et aussi beaucoup de géothermie dans la région. Par conséquent, les Islandais en profitent pour créer des serres et faire pousser toutes sortes de fruits exotiques, par exemple des bananes... Ils sont le plus grand producteur de bananes en Europe. Quel paradoxe. par contre, j'ai remarqué qu'ils les vendent "vertes" dans les magasin...

Au loin, des montagnes apparaissent. Et j'aperçois du blanc. Serait-ce de la neige. Avec le zoom, je constate que oui, ce sont même des glaciers!
En regardant la carte, je confirme! C'est le Langjökull!

D'après mon compteur, je suis maintenant tout près de Geysir.

Yes! Je vois où c'est! Trop facile...

Arrivée sur les lieux. L'ambiance est là. Du tonnerre. C'est exactement ce que je voulais voir.

Mais je suis quand même extrêmement déçu.... En plus de l'appareil-photo, j'ai un petit caméscope, de qualité très moyenne, mais tout-de-même. Je l'ai acheté exprès pour ce voyage, pour commencer à faire un peu de vidéo sur les parties mobiles, car c'est tout-de-même un peu plus vivant que la photo. J'ai pris une cassette vierge avant de partir du camping, sachant que le caméscope est désormais dans le sac des accessoires informatiques depuis quelques jours. Et ici, j'ouvre ce sac pour prendre la caméra en plus de l'appareil-photo. Damned! Elle n'est pas là.

Horreur! Je l'ai remise à sa place, dans la sacoche de pont. Que je n'ai pas emportée... Non mais, fr'anchement. Il y a deux endroits en Islande où le caméscope est important. C'est Geysir et Gullfoss. Vous avez tout compris!

Bon, il n'y a pas mort d'homme, mais quand-même, je fais encore très fort sur ce coup-là. Et je ne vais pas me retaper 140 bornes pour 5 minutes de vidéo!

Il y a plusieurs mares d'eau bouillante, et le chemin conduisant au geyser Strokkur, qui est celui que nous venons tous voir, car le geyser "Geysir", qui a donné son nom à ce phénomène, n'explose plus que très rarement. Chaque mare a un nom. celle-ci, c'est Litli Geysir. A 100 degrés... D'ailleurs, elles sont toutes aux environs de cent degrés.

le ruisseau que nous longeons est en fait le trop plein qui explose du Strokkur, et qui s'écoule ici.

je ne suis pas allé là-haut, je le regrette un peu, mais comme j'avais la chute d'eau à visiter, je ne voulais pas risquer un changement de temps dans l'autre sens!

C'est ici que Strokkur explose!

C'est très rigolo. Tous les gens attendent la prochaine explosion, appareil-photo en mains. Tout le monde parle, dans toutes les langues. Il arrive. Là. C'est bon... ET on déclenche nos appareils pour rien. Et quand il arrive vraiment, on n'est pas prêt!

C'est terrible. J'en ai loupé deux ou trois fois. Pire, mon appareil-photo s'est planté deux fois au moment où il ne fallait pas!

Voilà ce que je voulais photographier. L'apparition de la bulle avant son explosion. Et très franchement, je croyais que j'y serais parvenu facilement. Eh bien, pas du tout!

Juste après, la bulle crève...

Voilà. Elle arrive...

Et on voit maintenant le bouillonnement en-dessous.

Et ça pète... Génial, non? Plusieurs personnes rencontrées m'ont dit "Oui, bon, c'est bien, mais bon.... ".
Je ne partage pas cette opinion. J'adore ce spectacle, c'est grandiose, comme toujours, et je suis une fois de plus très admiratif.

Une petite dernière pour la route? Allez...

Au premier plan, la grosse rigole pour canaliser les eaux bouillantes qui sortent de l'explosion.

Fantastique!

Petit cadeau.... Quelques dizièmes ou centièmes de secondes avant l'explosion!

Fantastiques formes et couleurs, là où l'eau bouillante s'écoule!

C'est une mare. Eau très bleue, et très transparente. On en sent la chaleur. Cette grotte qui s'ouvre, remplie d'eau brûlante, c'est très impressionnant. Toute l'imagination travaille. Mais en fait, c'est encore pire que ce qu'on peut imaginer là-dessous! Dame nature est d'une puissance insoupçonnée. Je marche ici sur un énorme tas d'explosifs, d'une forme, consistence et mécanisme que nous ne connaissons pas!

La vapeur d'eau redescend doucement. le geyser n'est pas aussi régulier que je le croyais. Il s'écoule assez souvent moins de 10 minutes entre deux explosions. Parfois, il y en a une deuxième, bien plus petite, après la première.

Geysir. C'est lui. Je me suis approché, alors qu'il y a des cordes pour nous en empêcher. mais d'autres gens y étaient, alors, comme un mouton....
Il est beaucoup plus imposant que Strokkur. 100 degrés aussi.

Compte tenu de ce que j'avais lu, je ne me méfiais pas du tout. Environ 20 minutes plus tard, alors que j'étais retourné à Strokkur, il a explosé! Incroyable. Je n'ai pas de photo. Mais je vous garantis que c'est vrai. Alors je suis content de ne pas avoir été à côté, car l'explosion m'a semblé puissante. mais tout est allé tellement vite!

Donc... Méfiez-vous! Ils ont mis des cordes, ce n'est pas pour rien...

En contre-jour, depuis Geysir.

Alors que je regagne le parking pour aller à Gullfoss.

Je l'ai vu par hasard. Pour ma fille, qui adore les trolls.

Et encore un petit...

Gullfoss n'est qu'à dix kilomètres de geysir. Autant vous dire que j'y suis très vite arrivé. En posant Akitsu, je vois les deux Transalp de mes voisins du camping de Skogar, Lutz et Regina. Ils sont là eux aussi, mais je ne les verrai pas. Et ils n'étaient plus là lorsque je suis reparti. Dommage.

Ce qui frappe au premier abord, c'est la puissance qu'elle dégage.

Elle est énorme, sur plusieurs étages. En fait, elle se décompose en plein de cascades, car elle doit descendre plusieurs niveaux de rochers.

Moi qui aime les arcs-en-ciel, je suis servi. malheureusement, je trouve qu'il gâche la photo. Les arcs-en-ciel sont omni-présents dans cette chute, et très changeants. En effet, des tas de vapeurs d'eau montent dans tous le sens, et comme les rayons du soleil les traversent... ils décomposent la lumière.

Il y a plusieurs niveaux de chemins, tout est très bien conçu, et on peut admirer les chutes sous différents angles.

C'est vraiment énorme.

Colossal...

Ce qui est très impressionnant, c'est qu'il y en a partout. Quel que soit le point où je pose mon regard, je trouve une autre chute.

Et les "torrents" changent continuellement leur route. C'est en évolution constante.

C'est fabuleux.

On dirait des serpents, des monstres qui sortent la tête et la replongent aussitôt.

L'arrosage est ici obligatoire. L'eau est bien froide. Pourtant, il fait 22 degrés, mais je ne la trouve pas agréable car trop froide.

On voit des roches basaltiques au premier plan.

J'ai tout-de-même une chance inouïe d'avoir cette météo.

Regardez-moi cette puissance!

Vous voyez, elle tourne. Elle tombe en premier lieu sur la droite, puis revient à gauche -ici au tout premier plan- pour repartir à droite et suivre le canyon qu'elle creuse!

Avec les gens sur le rocher, vous avez une échelle, et pouvez voir toute la puissance de cette chute.

Je n'en reviesn jamais, de voir toutes ces eaux qui coulent sans cesse depuis des dizaines, centaines ou milliers d'années!

Au premier plan, le chemin où l'on est arrosés!

L'arc-en-ciel se déplace au gré des vapeurs d'eau.

Regardez la personne à gauche!

Vue générale de la rivière avant la chute;

La suite du canyon. On ne voit même pas la rivière!

Voilà. J'ai vu ce que je voulais. Je suis resté au moins une demi-heure à regarder les eaux s'engouffer, alors que j'étais au plus près. C'était magique. J'ai eu du mal à repartir.

Retour par la même route. Il y avait une alternative, mais je l'avais tout simplement oubliée!

Arrivée à Geysir. je reste sur la route, attendant une explosion.

Akitsu devant le panneau de Geysir.

Ensuite, je ne m'arrête plus. Sauf au moment des travaux, toujours très délicats à passer...

Et c'est Kerid. Je m'arrête. Il n'y a plus de mouches. mais je m'en doutais, car un grand vent s'est levé, ayant complètement dégagé le ciel. Les seuls nuages visibles sont sur les sommets des montagnes! Et à Geysir, où il n'y avait pas encore de vent -je parle du début d'après-midi-, il n'y avait pas de mouches, juste deux ou trois, mais rien de gênant!

Splendide cratère.

La lave est partout.

Ouahhh... Je ne voudrais pas plonger. Pour les jeux olympiques, ce serait bien... NON?

Pourtant, quand même!

D'autres cratères sont par là. Je vais voir. Je suis en pleine forme.

Au loin, je cratère de Seydisholar. Et la route en travaux.

La lave.

Et d'autres cratères plus au Nord.

Le temps de ma visite, deux cars de touristes se sont déversés. J'ai vu une fille grimper jusqu'ici en courant, et repartir de la même façon. En effet, elle avait raison, ils repartent aussitôt.
Ce n'est quand même pas terrible, comme mode de tourisme! Enfin, quand on ne peut pas faire autrement. Je préfère me débrouiller seul, et tant pis si je loupe un truc. J'en vois plein qu'ils ne voient pas, et, surtout, je ne suis pas obligé de courrir!

Voilà. Je reprends Akitsu.

Ingolfsfjall. Point de vue sur la région, quelques kilomètres avant d'arriver à Selfoss.

Le super-marché ferme sous mon nez. Je décide d'aller m'acheter un sandwich pour changer.

Et voilà. Quelle journée! Je n'ai pas arrêté une minute. Ah si, ce midi sous la tente, et à la cascade. Je mange tranquillement, avant de rejoindre la salle commune pour mon petit journal.

Il y a eu du monde jusqu'à une heure du matin. Je suis maintenant seul. Il est 1h30, temps d'aller dormir, non?

 

807 photos. 250 km

Depuis le départ, 12.020 km
Depuis le départ, 28.857 photos
Compteur Akitsu, 26.031 km

Moyenne quotidienne depuis le départ - 138 km
Moyenne quotidienne depuis le départ - 332 photos

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