88ème jour

Jeudi 10 juillet 2008.

Trois semaines que je suis en Islande! Comme le temps passe vite. Il ne faut pas que je traine trop, car je n'ai visité qu'un tiers du pays. En plus, je ne fais pas l'intérieur! Bref, tout ça pour vous donner une idée très précise de l'aspect "budget" du voyage! Certains me l'ont demandé, d'autres s'en moquent éperdument. En tout cas, pour ma part, le total de mes dépenses en essence (environ 1.700 km parcourus en Islande), nourriture et logement s'élève exactement à 400 euros. Qui dit mieux? Je suis extrêmement satisfait de ce résultat, comme vous pouvez vous en douter. Sachez que je ne me prive en rien, si ce n'est en bières, parfois, mais ce sont juste des pensées du style "Ah, une bonne bière..." qui ne durent que quelques secondes... Certains dépensent ce montant en moins de deux jours (location du 4x4, restau et hôtel)! Chacun ses vacances. Pour ma part, et compte-tenu de mon cahier des charges -liberté absolue grâce à mon propre véhicule, aucune contrainte en matière de déplacement (excepté les pistes et trop mauvaises routes, mais ceci est dû au pays)-, je pense qu'il serait très difficile de faire mieux, sauf à dormir dans la nature -avec tous les inconvénients que cela comporte (hygiène, sécurité) et à mendier pour manger (pas forcément efficace, et on ne visite pas pendant ce temps)! Maintenant, avec sa propre voiture, bien préparée, on peut, je crois, parvenir au même résultat! Il faut savoir que le prix du logement choisi -camping- est primordial dans ce résultat, et tout simplement hallucinant -un des meilleurs rapports qualité-prix d'Europe!

Chapître clos.

9 heures! Je suis réveillé par la chaleur, alors que j'ai eu froid plusieurs fois cette nuit. je pense qu'il a du faire froid cette nuit, compte tenu du ciel clair. mais ce matin, le cial est encore clair, et monsieur le soleil envoie ses rayons sur ma toile de tente. Et j'ai vraiment trop chaud!

J'ai eu du mal à me réhabituer à des températures de printemps, et voilà qu'au moment où j'y étais parfaitement accoutumé...

J'essaye Internet depuis la tente, et ça marche! Enfin... Je reçois les mails, je ne peux en envoyer! Comme cela arrive parfois, il faudrait que je change mon adresse pop/mail et que je mette la leur. J'irai dans un cyber café, j'en ai vu un hier en passant.

Maisons à Selfoss

Je me fais une lessive, vu ce temps radieux! Enfin, pas exactement. Vu le prix, je mets dans la machine, pour la première fois depuis mon départ (300 ISK la tournée). Le gars me dit que ça prendra une heure. Ce n'est pas grave, je vais au cyber-café.

En fait, c'est un café-librairie. Le jeune qui la tient me dit que je suis dans la seule qui existe en Islande. Après un temps d'arrêt, il rajoute: "enfin, je pense!"... En tout cas, accueil sympa, je suis sur un divan, je reste le temps que je veux, il suffit de boire un truc. Je me mets à jour de mes mails, et vous envoie une journée de plus, bande de veinards!

Sur le chemin du retour vers le camping, je vois un scooter Piaggio x9. Trois choses invisibles en Islande! Le x9 est un 250 cm3. Le papa vint finalement me parler. Je lui explique les périples faits avec le mien. Il l'a fait venir de Belgique. Il est très heureux de ce que je lui dis, et me remercie vivement.

Quand je reviens, je fais connaissance avec mes voisins de tente. je les avais vus hier soir dans la salle commune, qui était remplie de Français en écrasante majorité, de deux Allemands, et de deux Polonais. En fait, ils parlent parfaitement bien le Français, mais ce sont des Suisses. Cédric et Anaïs. Extrêmement gentils. Ils se sont un tour d'Islande en stop. Enorme sac à dos, chaque jour est une aventure, et je les admire. Voyager en stop est vraiment un mode de transport très particulier, et ceux qui le font sont très courageux, un peu comme les cyclistes. En tout cas, nous nous entendons très bien, et discutons un bon bout de temps, ce qui les retarde un peu. j'ai l'honneur de mettre un mot sur le joli carnet de voyages d'Anaïs, avec ce mot papier très particulier qui, souvent, caractérise ce genre de document. Elle a raison de faire ça, ce sera un merveilleux souvenir. Mérité, car il faut le porter! Comme moi, et d'autres Français que je rencontre ce soir -aussi des auto-stoppeurs-, nous trouvons tous ce camping extra. Et il l'est. En plus, le respondable est vraiment parfait!

Les voilà, prêts à reprendre la route. Bon voyage à vous deux, et racontez-moi la suite, surtout!

De mon côté, je vais récupérer ma lessive, qui doit être terminée depuis un bout de temps! En fait, oui. Le suivant l'a mise dans un bac. Je n'ai plus qu'à épingler tout ça sur ma tente pour le séchage. En plus, ça me servira de pare-soleil, car ça cogne là-dessous! Comme hier, je suis obligé de manger torse nu tellement j'ai chaud.

Finalement, il est plus de 14h30 lorsque je pars. Heureusement, mon but n'est pas bien éloigné!

Hveragedi, à 10 km à l'Ouest de Selfoss, sur la route de la capitale.

La belle église de Kotströnd, le long de la route. Beaucoup de circulation, ici. Il est vrai que Reykjavik est à environ 50 km .

A Hveragerdi, je vais à l'Office de Tourisme. La fille n'est pas très sympa, mais répond à ma question -quand même! Elle me conseille de sui vre la vallée de Reykjadalur, qui fait 3 km, et qu'au bout, il y a une mare d'eau chaude dans laquelle je pourrai me baigner. Mes infos me conseillaient la Gufudalur, mais je vais suivre son conseil. Et j'ai bien fait!

Tout ça se trouve juste au Nord de la petite ville, on y est en 5 minutes -enfin, ça dépend du mode de locomotion, car à pied, il faut bien plus longtemps... Ici, ce sont les fumerolles de la Gufudalur, qui se trouve près du terrain de golf. Il faut savoir qu'il y a plein de sentiers de randonnées dans cette montagne, et que vous pouvez y rester une semaine si vous voulez!

Justement, le terrain de golf est ici. Ma vallée est plus sur la gauche.

Toujours le terrain de golf.

La montagne un peu plus loin. Volcanique, c'est le moins qu'on puisse en dire, car ça fume encore!

Voilà le chemin que je vous conseille. Alors que je commence la marche, une fille arrive de là-haut avec ses bâtons de marche -la chance! Je lui dis bonjour en souriant, elle aussi, et je lui demande si ça vaut le coup. Elle me répond "Fantastique! Vous pourrez même vous baigner. mais attention, l'eau est à 45 degrés, c'est limite-limite". Mais je n'ai rien emporté pour me baigner... "Ce n'est pas grave, baignez-vous tout nu...". Elle est rigolote! J'ai manqué de vivacité, j'aurais quand même dû lui demander si elle s'était baignée toute nue! Trop tard!

Je regrette de ne pouvoir vous transmettre les odeurs! Mais il vous suffit de penser aux oeufs pourris.

De la lave descend de partout.

Et ça bouillonne dès le début!

Un écriteau vous avertit que vous êtes dans une zone dangereuse, 100 degrés! Ensuite, plus rien. A vous de faire attention.

Et il le faut vraiment. Par exemple, ici, le sol s'ouvre sous mes pas! Heureusement que j'ai sauté.

Non, je rigole... Cependant, les bords me semblent quand même peu solides.

Et c'est ce qui fait le charme de cette promenade -entre autres. car c'est un peu l'aventure, il y a du danger, je m'approche, je peux toucher, mais il faut vraiment faire gaffe! La profondeur est insondable pour moi, mais il est clair que ça provient des entrailles de notre bonne vieille terre.

Mon chemin... Il fait un temps splendide, mais il y a beaucoup de vent. A tel point qu'il va me rendre la montée difficle, je n'exagère pas, car je l'ai en pleine face.

En regardant vers le haut. Il y a ici un raccourci, car je vois des jeunes descender près de ce trou. Je préfère suivre le chemin, je ne voudrais pas que la terre se dérobe sous mes pas.

Au loin, le sandur -pas très large- puis la mer.

Une belle muraille de lave en demi-cercle. je suppose que je suis dans un ancien cratère à moitié effondré!

Regard vers l'arrière. Au fond, c'est Hveragerdi. Près du terrain de golf où je suis passé, il y a aussi un geyser, le Gryla, qui explose plusieurs fois par jour, mais de façon irrégulière. je ne l'ai pas vu. Il fait 12 mètres quand même.

On distingue la trace de mon chemin là-bas. Il n'est pas difficle. Toujours en montée, mais correcte.

Regard au-dessus de ma tête. Quelle magnifique muraille.

Et regard vers le chemin déjà parcouru.

Toujours vers l'arrière. On aperçoit la route n° 1 au loin, qui file vers la capitale de l'Islande.

Vous ne la voyez pas, c'est le trait bleu. C'est bien l'Océan.

Vers l'avant cette fois. le chemin file à flanc de montagne.

Voilà, je suis arrivé sur la partie de la photo précédente. Vue plongeante vers le fond, où coule une petite rivière.

Mon chemin dans les pierres.

Le faux pas est déconseillé, mais on a le droit de le faire. J'aime bien cette liberté!

Et j'adore ce type de montagne, de couleur bien noire, avec des traces de rouille. C'est splendide, lugubre, sauvage. Une atmosphère de commencement du monde!

L'eau creuse sa vallée dans cette roche noire et descend en cascade. Des sentiers permettent d'y aller, je n'en ai pas eu le temps. Mais j'aurais vraiment aimé.

je me sens un peu explorateur, d'autant plus que je ne vois presque personne.

A droite, mon chemin prend des allures d'autoroute. C'est une très belle deux fois deux voies.

Coup d'oeil arrière vers les roches noires.

Au fond coule la rivière. En fait, elles ne coulent jamais en l'air...

Le chemin de crête que je viens de parcourir.

Soudain, au bout de la grande avenue -au premier plan- se dévoile cette vallée!

La vallée des merveilles.

Au loin, sur ma gauche, dans le fond de vallée noire, ça bouillonne dur!

Ma petite rivière en plein milieu.

La voici. Un véritable bijou.

Vous savez pourquoi?

Parce que l'eau qui coule dans cette rivière est de l'eau chaude! C'est tout simplement inimaginable, mais c'est vrai.

Je trempe ma main, doucement. pas de doute. je dirais... 25-30 degrés. Quelle merveille!

Dommage qu'elle soit sale. En fait, il y a un bon courant, et la rivière est assez profonde, en tout cas, plsu qu'on ne l'imagine. Ce qui est sale, ce sont les algues vertes que le courant détache des roches et entraine avec lui.

Mais de l'eau chaude, vosu rendez-vous compte? Je suis complètement ébahi!

Je n'en crois pas mes yeux. Mais mes mains, si!

Au loin, sur le flanc de la montagne, encore des colonnes de basalte (?).

Le lieu est tout simplement paradisiaque. Je suis en extase devant ce phénomène, mais aussi devant le cadre dans lequel évolue ce joyaux. Féérique.

Là-bas, de l'autre côté de la rivière, au pied de cette montagne noire, il y a plein de trous d'eau bouillonnants!

Coup d'oeil en arrière. Je suis en train de suivre des Suédois, un homme et une femme. Ils vont assez vite. C'est elle qui mène la danse, et je sais ce u'elle veut, j'en mettrais ma main au feu. Elle veut se baigner. Elle cherche donc le lieu.

Lui, il aimerait bien rester ici, il le lui fait savoir, mais elle insiste et continue. Alors il reprend la marche. Et moi aussi!

Plus on avance, plus la température augmente. je ne m'en étais pas rendu compte. maintetnant, je vois nettement de la fumée s'élever au-dessus de la rivière... C'est incroyable. Je suis encore en extase devant ce qu'il m'est offert de voir de mes propres yeux. Oui, ça existe, une rivière peut transporter de l'eau chaude, très chaude, brûlante!

On aperçoit la fumée juste au-dessus de l'eau. Et on arrive à la baignoire. Elle est déjà à moitié déshabillée. Chouette! Puis elle ressort. J'arrive. Elle me dit qu'elle est trop chaude, que la dernière fois, c'était bien. Je trempe ma main. Ouah, c'est chaud, mais ça va. 45 degrés, très certainement. Ainsi, vous pouvez vous arrêter là où la température ous convient, puisque l'eau perd des degr'és en descendant. De mieux en mieux. La Suédoise retourne plus bas! Le Suédois la suit!

On les distingue là-bas. Pour ma part, j'ai envie d'y aller. Au moins les jambes. J'enlève une chaussure et une chaussette -du même pied. Pas trop encore complètement sénile, le vieux... Et je le mets dans l'eau. Et je le retire instantanément. Non, ce doit être plus de 45 degrés. Je ne peux pas laisser mon pied. Je me rechausse. Un ruisseau arrive dans la rivière. Eau froide. Il doit contribuer à l'abaissement de la température.

Deux hommes arrivent du chemin de l'autre rive, qui passe au pied de la montagne noire et des fumerolles. Je leur demande s'il va au parking. Le jeune parle Anglais. Oui. A son tour, il me pose une question. Où se trouve la piscine d'eau chaude? Je lui montre. Il est très déçu, mais il vient quand même. Pour ma part, je décide de redescendre par l'autre bord.

Par ce bord, à droite.

La montagne est comme coupée en deux, d'un grand coup de machette!

Au-dessus de la rivière, la cuisine est en train de se faire.

Il y a plusieurs plaques de cuisson.

Il n'est plus question de mettre les mains dans l'eau maintenant. Brûlures possibles:

Je suis obligé de faire un beau détour pour passer de l'autre côté.

Les deux hommes -des Islandais- viennent quand même à la baignoire, qui n'est autre qu'un emplacement un peu plus profond. Je les vois se mettre en slip et s'allonger dans l'eau. Conclusion? Très simple. Celà montre que les Islandais sont sauvages, comme leur nature! Ils ont la peau dure!

Me voici maintenant sur l'autre rive, dans les pierriers du volcan. Je ne veux faire aucun bruit, j'ai peur qu'un bloc ne se détache!
Ce que vous voyez là, c'est le mur qui se trouve à ma droite, en levant la tête... Les boules!

Ouf, sauvé pour cette fois. Les fumerolles sont là:

La vallée s'élargit!

Des marmites, des ventres ouverts, profonds, bruyants...

Beaucoup de fumée au-dessus des bassins, et les vapeurs volent au-dessus à cause de leur température.

Et quand ça déborde, ça dscend vers la rivière.

Une autre fissure. la rivière est derrière en bas.

Voilà une autre pancarte, bien plus jolie.

Encore un pierrier sur la montagne noire.

Je retrouve la rivière, que je réussis à passer avec mes chaussures, sans me mouiller, sur des pierres!

Du coup, j'ai bien mérité d'une bonne pause. Avec mes petits petons dans l'eau chaude, quel bonheur! Je reste comme ça une vingtaine de minutes à savourer ce lieu, à le respirer, à m'en imprégner. C'est fait, et plutôt bien. Je vois les Suédois passer à leur tour. Nous discutons cinq minutes.

Curieux et jolis, ces petits nuages. Comme les anges-gardiens dans les BD, non?

 

Ce sera ma dernière photo. Je redescends ensuite vers la moto en moins de 20 minutes. pas mal au genou. Ma trempette m'aurait-elle fait tant de bien? Les Suédois disent que cette eau est très bénéfique pour la santé...

J'ai un doute. Mais peu importe, c'était fantastique. Islande, c'est bien toi la meilleure! En tout cas, cette terre vient de me confirmer un point. Même si je ne vais pas à l'intéroieur du pays, je ne vais pas être déçu, et je vais quand même approcher des paysages semblables. Bien sûr, j'aurais bien aimé, mais la sécurité avant tout. Je resterai, autant que faire se peut, sur le goudron.

Il est minuit et demie déjà.... Mais j'ai discuté pendant plus d'une demi-heure avec les deux auto-stoppeurs Français nouvellement arrivés. Quatre jeunes filles Françaises sont également ici. Un autre couple Français également. J'ai vu passer deux couples d'Allemands. J'adore cette ambiance internationale!

Mais mes yeux se ferment bien malgré moi. Ma tête va tomber sur le clavier. Il est temps de vous quitter. Mes sauvegardes, et mon lit!

En tout cas, l'Islande tient vraiment bien toutes ses promesses...

 

Samedi midi.
Il pleut à verse, alors j'en profite pour bosser un peu.
Voici donc quelques panoramas à vous mettre sous la dent!

Alors, elle n'est pas belle, l'Islande? Qui a dit ça? Non mais!

 

302 photos. 39 km

Depuis le départ, 12.059 km
Depuis le départ, 29.159 photos
Compteur Akitsu, 26.070 km

Moyenne quotidienne depuis le départ - 137 km
Moyenne quotidienne depuis le départ - 331 photos

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