92ème jour

Lundi 14 juillet 2008.

Le soleil devrait être revenu, mais ce n'est pas le cas. Néanmoins, ce n'est plus complètement bouché. Je veux vraiment voir cette zone géothermique importante de cettet péninsule de Reykjanes avant de partir vers le Nord. Alors pluie ou pas, je vais y aller aujourd'hui, car j'ai envie de bouger. Deux jours que je glande dans ce camping, la bougeotte revient!

A 9 heures, je roule déjà. Akitsu piaffe de joie, depuis le temps qu'elle ne fait rien du tout! Direction Hveragerdi, là où j'ai vu cette rivière d'eau chaude que je n'oublierai jamais! Mon intention est d'essayer la route qui va vers le Sud-Ouest, longeant plus ou moins la côte.

Quelques km après Selfoss, des croix blanches sont plantées dans le sol au pied d'un petit mont. Je fais une halte photo. Il y a des cyclistes. Ce sont des Suisses, les parents et leur fils, en vélo. On discute un peu. Ils vont vers Landmannalaugar, ils sont juste arrivés. Je leur demande s'ils ont roulé sur la route que je veux emprunter. Oui. Je m'en doutais, tous les cyclistes passent par là, ou presque. Plusieurs m'en ont parlé, me disant qu'elle est difficile. Ils me confirment! Une partie vient d'être remise à neuf... Je sais ce que ça veut dire avec les Islandais. 20 à 30 cm de nouveaux cailloux, pas tassés ou à peine, les voitures et camions étant chargés de faire ce boulot.. Du coup, pour les deux-roues, c'est très astreignant. On ne maîtrise pas! Ils ont beaucoup souffert.

Pour le coup, je décide de contourner l'obstacle, et de passer par Reykjavik. Alors que je repars, tous les véhicules me croisant me font des appels de phare. Bon, je connais la chanson. J'ai éteint l'interrupteur par mégarde. Je vérifie: non, il est en bonne position. Alors là, c'est plus grave. Vraiment, Honda, ce sont quand même des pingres! Un témoin lumineux des phares sur le tableau de bord ne serait quand même pas du luxe! Obligé de s'arrêter pour vérifier! OK. Mon ampoule code-phare est grillée. Du moins, j'ai les phares, pas les codes! Je vais rouler en plein-phare, au moins serais-je bien visible. Pour le coup, j'ai une chance incroyable, car ceci arrive le jour où je vais à Reykjavik. Et moi qui ne voulais pas entrer dans la capitale, je vais bien y être obligé!

La pluie arrive, soudaine et violente. Avec un vent très fort, m'empêchant de dépasser 70 km/h, et encore... Les rafales sont puissantes. La grande montée après Hveragerdi, magnifique par beau temps, est terrible, car je suis balloté. Heureusement que j'ai mis l'équipement de pluie, car ça cingle très fort.

Une dizaine de km plus loin, la route traverse une nouvelle zone géothermique. Les nuages de vapeur sortant du sol sont vraiment importants. Je fais un détour sur une route secondaire, malgré la pluie, pour m'en approcher. Mais les accès sont barrés, et la zone est sous contrôle de grosses sociétés exploitant les sites. En fait, je suis ici dans le coin où a eu lieu le tremblement de terre. Je vous recopie ici une information recueillie sur le site france-islande. Je cite:

" A la suite du tremblement de terre du 29 mai, une crevasse de 5 km de long s'est formée à Hveragerði. Elle commence dans les collines de Reykjafjall au dessus de la ville, traverse l'agglomération et la route n° 1 et finit au Sud près de la ferme de Vellir. Elle est peu visible en ville, mais dans le terrain de golf elle atteint un mètre de large !

Paralèlement, une nouvelle et importante source chaude est apparue, toujours à Hveragerði, juste au dessus de l'école nationale d'horticulture qui est en haut du village. Elle crache en permanence une boue grise en ébullition.
On cherche un nom à donner à cette nouvelle source. Gudrídur Helgadóttir, la directrice de l'école d'horticulture, promet un beau bouquet de fleurs à celui ou celle qui proposera le meilleur nom. Alors ... à vos imaginations ! "

Un peu plus loin. Quel dommage de voir ça sous la pluie. C'est absolument grandiose!

L'origine volcanique de ces montagnes ne peut être niée!

Plus loin sur ma gauche, je vois des montagnes volcaniques, c'est la région que je voulais visiter! Mais il faut d'abord soigner les yeux d'Akitsu. La capitale apparaît assez vite dans le lointain. Le paysage devient monotone, car plat... Néanmoins, je traverse des champs de lave, ce que je ne vois pas trop par chez moi.... Vent et pluie restent violents, mais finissent par s'atténuer alors que j'arrive dans la banlieue. Sur ma gauche, une énorme zone industrielle, avec les grandes marques de voitures... Renault. Tiens, je vais aller leur demander s'ils savent où je peux trouver Honda. Un commercial -complet-cravatte, ça me fait tout drôle de voir des gens habillés de cette façon!- très sympa cherche sur Internet, et me fait un plan avec force explications. Qui s'avèrent absolument parfaites, puisque moins d'un quart-d'heure plus tard, Akitsu est devant la concession Honda de Reykjavik! Ouf, c'est bien ici, ils font voiture ET moto! Après une quinzaine de minutes d'attente, un mécano vient m'ouvrir la grande porte pour mettre Akitsu sur la table d'opérations. Très compétent. Il me change l'ampoule, me resserre une bougie -qui a eu une fuite, mais il me dit que ce n'est rien, vérifie ma chaîne. Voilà. Je dois payer avant de repartir.

Instant toujours difficle. L'attente de la facture... Combien? Aucun devis n'avait été fait. L'angoisse du montant. Je me prépare à sortir un billet de 5.000 euros, après tout ce que j'ai entendu sur les tarifs Islandais.

Pardon? Puis-je voir? Je ne suis pas sûr d'avoir bien compris, il me semble ne pas avoir entendu le chiffre des "milliers"...

Ah ok. Voilà.... Merci beaucoup.

690 couronnes.... 5,60 euros! A mon avis, il me font cadeau de l'ampoule, qui n'est pas mentionnée. Voilà, les amis. Vous dire que je suis heureux est un faible mot. J'aurais payé bien plus cher en France. Du coup, il peut pleuvoir, je m'en moque. Je repars en sifflant, Akitsu tressaute de choix car elle y voit bien clair maintenant. Nous sommes comme deux jeunes fous en liberté.

Et aujourd'hui, c'est le 14 Juillet. La fête'nat. Oui, pour moi, c'est la fête aussi!

Direction Keflavik, l'aéroport. C'est plus facile à suivre pour les panneaux. La route 41 est parfaite. Le temps est horrible. La pluie cingle très fort, presque de la grêle. Si je remonte ma visière, les gouttes qui me frappent sont douloureuses tant elles sont piquantes. Je referme le heaume et roule dans le brouillard. Et le ciel a disparu. Aïe, ça va être dur pour les photos...

Puis direction Hafnir sur la route 44. Un village perdu au bout du monde. Je continue sur la route 425. Toujours goudronnée, c'est déjà ça. L'impression de bout du monde s'amplifie.

Je roule maintenant plein Sud, toujours sous la pluie.

Accalmie. Sur ma gauche, un champ de laves, des rochés éventrés par des fissures, un sol de lave noire. Sur ma droite, la même chose. dans le brouillard, au loin, la mer blanche d'écume. Terrible et magnifique.

Je pose Akitsu. Je dois marcher sur cette terre qui m'attire. Il n'y a pas de chemin. Mais j'y vais quand même.

Fantastique. L'impression de marcher sur la lune est totale. Je suis en scaphandre. Casque, blouson, la totale. Mes pieds s'enfoncent de la hauteuir de mes semelles. Je dirais deux-trois centimètres. Dans ce sable de lave qui recouvre tout à perte de vue.

C'est fantasmagorique! Surtout aujourd'hui, sans aucun ciel visible. Je m'arrête et j'écoute. Le vent. Quelques bourrasques de pluie. C'est irréel. Je viens d'atterrir -pardon, d'alunir. Je suis seul au monde. Emerveillé, et en même temps presque angoissé.

Mais Dieu que c'est beau! J'en ai la chair de poule. Cet instant à lui seul vaut le déplacement. Terrible!

Il y en a partout! Des tas de petits monticules de roches basaltiques (?) éventrés, comme si un gars était venu les sabrer les uns après les autres! Inimaginable. Indescriptible. Insensé.

 

Depuis le sommet. Quelques mètres de hauteur au grand maximum.

On distingue l'horizon lunaire.

Mais la végétation est là elle aussi, qui s'accroche à la vie, qui apporte la vie. C'est si incongru, en un tel lieu.

Pourquoi? Parce que suis une nouvelle fois sur la zone de la grande faille Europe-Amérique qui traverse l'Islande. Souvenez-vous de Pingvellir. C'est la même, plus au Sud. La terre bouge, ici, elle vit, elle aussi. Nous avons tetndance à oublier que nous sommes sur une planète vivante, pas terminée, encore chaude!

Extraordinaire... Qu'en pensez-vous? Et à perte de vue!

Pour ne pas trop fouler ce sol, et ne pas laisser de traces de mon passage, je marche, tant que faire se peut, sur les pierres innombrables. C'est fabuleux, car elles s'enfoncent de plusieurs centimètres sous mon poids. Imaginez cette sensation incroyable de marcher sur des cailloux qui s'enfoncent. Irréel. Je vous le disais bien!

Superbe. Je suis enchanté. Retour vers Akitsu.

Comment voulez-vous que je vous fasse de belles photos avec un temps pareil?

Cette masse grisâtre, dans le lointain, c'est... la mer!

L'eau est pratiquement de la même couleur que la lave, tout simplement parce que le ciel est aussi de cette couleur aujourd'hui!
Le vert de l'herbe fait presque grise mine!

Il y a sur cette péninsule des tas de phénomènes géologiques à visiter. Vous comprendrez que je ne le peux pas par ce temps. Mais je vois ce que je suis venu voir.
Je suis à peu près au centre du bout de la péninsule. J'aperçois une faille plus importante, recouverte de lave fine.

Chouette, le ciel s'éclaircit. Admirez le ruban d'asphalte traversant ces terres désolées.
A gauche, un parking pour aller voir la grande faille.

Et un chemin goudronné -ben oui... les chemins, pas les routes (je suis méchant) pour aller sur le pont.

Posé sur la faille, et, il faut bien l'avouer, du plus mauvais effet! Totalement incongru dans un tel paysage, dénaturant le site au possible. Une horreur!
Le pire, c'est que j'ai lu sur des prospectus que vous pouvez aller chercher un certificat -vous avez bien lu- prouvant votre passage sur ce pont.
Une fois de plus, les idées germant dans le cerveau de certains fonctionnaires dépassent l'imagination. Le pire, c'est qu'ils parviennent à faire dépenser de l'argent pour ce genre d'initiatives. Insensé!

On distingue la faille.

Et les traces de pas des visiteurs. Car en plus, le pont ne sert à rien, il est très facile de descendre en bas pour traverser!
Certains touristes ont signé avec des pierres. On peut ici lire "maxi".

On distingue la route au loin, vers le Sud, dans la grisaille.

Au milieu du pont. Pont entre deux continents. Sur les traces des dieux.
Et, à gauche "welcome to North America". A droite, "welcome to Europe".

Le fond et les bords de la faille sont estompés et adoucis par l'apport de millions de grains de sable de lave.
Sur les parties inviolées par les pas de l'homme, c'est superbe.

Les plaques s'écartent ici même à la vitesse de 2 cm par an, un côté s'écartant d'un centimètre chaque année vers le Nord-Ouest, pendant que l'autre bord s'écarte à la même vitesse d'un cm par an vers le Sud-Est. C'est vraiment énorme.

La pluie revient!
Un kilomètre plus loin, toujours dans la Sandvikur, nom donné à la baie formée sur la côte.
Je m'arrête près des deux cratères de Stampar, preuve de la dernière éruption ayant eu lieu ici au 13ème siècle.
Depuis, il y a eu plusieurs tremblements de terre, jusque récemment. D'autres éruptions se produiront, forcément.

En montant sur le cratère. Je vous rassure, la hauteur est très faible, et à ma portée!

Depuis le sommet, le trait de bitume dans le champ de laves.

Distinguer des couleurs dans ce monde uniformément gris est un plaisir pour les yeux.

L'autre cratère, que l'on ne peut escalader, pour préserver ces formations géologiques intéressantes et tellement fragiles.
Tant mieux!

Non, ce n'est pas de l'eau qui se trouve à l'intérieur de la bulle éclatée, mais ce sable de lave qui s'est insinué partout, remplissant le moindre intetrstice.

Lave solidifiée. Depuis le temps... heureusement!

Là ou l'homme n'est pas passé, la surface sableuse est immaculée et magnifique.

Il y a ici, sous mes yeux, de quoi faire des centaines de photos splendides. Il suffit pour cela de s'armer d'un excellent pied pour stabiliser l'appareil, d'un sens critique pour choisir les sujets, et d'un certain côté artistique pour les cadrages.

Mais la diversité est là.

La lave a ici fabriqué une maison, du moins un très bel abri!

Me voici maintenant arrivé au point le plus au Sud de la péninsule. La route tourne à 90 degrés vers l'Est.
Une grosse usine géothermique est installée ici. Une route conduit vers les phares. Je n'y vais pas.

 

Voilà où je suis, pour vous situer! Vous savez tout maintenant.

 

Je traverse de nouveaux champs de lave. L'aspect de la lave est ici différent. Elle est bien plus acérée, pointue, griffante. Pour l'avoir touchée, je vous garantis que c'est très dangereux, et que je ne voudrais pas tomber de tout mon poids sur un tel terrain, car il y a de fortes chances de se relever en sang, sauf protection totale dans un scaphandre!

Arrivée à Grindavik.

Au loin, de nouvelles fumées. Encore une zone géothermique.
Je vous l'ai dit, cette péninsule est active, très active, et vaut le détour!

Enfin, je vois la mer d'un peu plus près. Je la longe depuis longtemps, comme vous pouvez le voir sur la carte.

Et à nouveau ces fissures qui attirent mon regard.

Le sol est soulevé, comme si un énorme monstre tapi dans les profondeurs essayait de sortir à l'air libre.
Et en fait, c'est exactement ça!

Je suis vraiment très impressionné par ce phénomène naturel!

Grindavik.

Ici, des plaques de lave se sont cassées, formant un tombeau ouvert dont l'occupant se serait sauvé.

Grindavik est évidemment construit sur la lave.... Elle est au bord des maisons. Difficile de faire un jardin sur un tel terrain...

Le fameux Blue Lagoon est à 5 km seulement. C'est là qu'ils sont tous...
Evidemment, je n'y vais pas, il faut bien que quelqu'un fasse bande à part, non?

Le ciel se couvre à nouveau en quelques minutes. Les changements sont aussi rapides que violents, averses de grêle, rares moments de soleil, frotes rafales de vent.
Tout passe si vite. Centre-ville de Grindavik... Magnifiques jeux de lumière.

L'église. Dommage, j'ai un peu penché mon appareil. Une rafale de vent, sans doute... Non? Alors c'est moi!

Les maisons semblent montées sur pilotis (?). Normes anti-sysmiques, peut-être?

Le temps étant tout de même meilleur que ce matin, je prends la route 427, vers l'Est, pour retourner chez moi.
Au loin, la masse de nouveaux volcans se profile, bien plus élevés.

En bordure de mer, vers Isolfsskali.

Au loin, la chaîne volcanique longeant le littoral. Au premier plan, un nouveau champ de laves.

Ce panneau, je l'ai vu plusieurs fois depuis. Il nous avertit que l'on va traverser une zone dangereuse....
Attaque d'oiseaux possible! Oui oui. Et ce n'est pas à prendre à la légère, car les sternes qui nidifient en bord de route n'acceptent pas facilement la traversée de leur territoire. Par conséquent, elles attaquent en plongeant en piqué sur le passant, tout en lâchant leurs bombes... Eh oui, elles vous font caca dessus, et si vous vous prenez ça dans les yeux... De plus, elles vous piquent avec le bec, et ce n'est pas du cinéma. La peau du crâne est fine, et vous pouvez en ressortir ensanglanté, sans aucun jeu de mots! Pour ma part, je suis protégé par mon casque, mon blouson et mes gants.

Les moutons en mer témoignent du vent qui souffle aujourd'hui.

La route contourne ce volcan pour revenirt ensuite vers le bord de mer.

Les vagues s'écrasent sur les falaises noires.

Je suis heureux de retrouver des montagnes.

Passage du col. J'aperçois la mer au loin.

Le monde minéral dans lequel seules les mousses et quelques rares plantes parviennent à élire domicile.

Contre-jour sur l'océan.

Derniers mètres sur de l'asphalte. Je viens de voir l'horrible pancarte indiquant la fin du bitume!

Et voilà...

La lave sur les sommets.

La lave à perte de vue jusqu'à la mer.

La route longe la chaîne volcanique.

Les formes e la lave sont très diverses, mais toujours aussi fantastiques.

Il y a de quoi regarder absolument partout. Et il y a des leiux remarquables à visiter également un peu partout. Des routes secondaires partent sur la droite, pour voir des grottes de lave sur le rivage, des vestiges de lieux autrefois habités, des paysages remarquables. Plusieurs jours dans la région seraient nécessaires pour tout voir, et encore.

Pour ma part, je n'ai pas assez de mes deux yeux, j'en mets aussi sur la carte mémoire. Et j'aimerais rester là plus longtemps. Les voitures sont extrêmement rares, et c'est tant mieux. Et toujours ce silence.

Je garde un merveilleux souvenir de cette région incroyable!

Akitsu est évidemment bien plus à l'aise que son patron. Il est évident que cette moto est une véritable merveille dans ce terrain, et qu'avec un bon pilote, je suis certain que toutes les routes Islandaises, y compris les pistes de l'intérieur, sont absolument à sa portée.

Pour ce qui est de la beauté des lieux, je vous laisse seuls juges. Pour ma part, je n'ai jamais vu ça ailleurs. C'est magique, féérique.

Je vous le disais, le végétal parvient à s'installer. L'épaisseur de la mousse est énorme, et il serait criminel de l'écraser. Je comprends que les Islandais commencent à s'éveiller sur ce point, et interdisent de plus en plus systématiquement le hors-piste, y compris à pied!

Il y a des chemins, comme ici, vers Selatangar, à gauche. Il s'agit pour moi d'une vue vers l'arrière.

De toute façon, traverser à pied ce champ de laves en dehors des chemins tracés s'avèrerait très vite un calvaire!

On distingue au loin la route serpentant entre les divers volcans.

Gros plan sur le champ de lave, et la mousse qui la recouvre en partie!

Un autre monde? Non, ce n'est pas la Lune. Mais ce pourrait bien être sur Mars, non?

Les formes sont toutes différentes les unes des autres. mais il y a deux constantes. La beauté et la magie des lieux.

Coup d'oeil en arrière -on s'en serait douté, vu la position d'Akitsu- au niveau de la route 428 ici à droite que je ne prends pas. Je suis encore à 9 km de Krisuvik.

La route s'éloigne maintenant du littoral.

Le pneu arrière d'Akitsu accroche assez bien, je n'ai pas de raison de me plaindre.

Par contre, ça secoue un peu, et je pense à l'ordinateur dans le top-case. Il se prend de quoi, le pauvre, par moments.

Arrivée à Borgaholl. Au sommet d'une butte, des tas de gens ont marqué leur passage en créant des petits monticules de pierres.

Ici, je rencontre un couple de Français. Ils ne sont ici que pour une semaine, et en plus ils randonnent. Ils ne vont donc faire qu'un petit tour.

Il fait froid sur ce sommet. Enfin, pas pour moi. Mais tous les gens qui arrivent sortent en vitesse de leur voiture, prennent deux-trois photos, et repartent en vitesse en serrant leurs manteaux autour d'eaux. C'est vrai que ça souffle, et que j'ai la chance d'être équipé au départ, ce qui aide!

Vue vers le Nord-Est, depuis Borgaholl. Au premier plan, les monticules dont je vous parlais. Ils se voeint curieusement de très loin, comme des petites pointes sur la montagne.

Contre-jour sur Borgaholl. La mer tout au fond.

La route, un peu cassante. Tac-tac-tac-tac..... A prononcer plus ou moins vite, selon la vitesse à laquelle vous roulez.

Tiens, des moutons. J'aime bien voir les moutons, c'est une présence rassurante dans ce monde plutôt minéral.

Et on peut dire qu'ils sont là en totale liberté! Je me demande bien comment ils font pour les récupérer.

Au loin, les montagnes changent de couleurs. Ah ah, je sais pourquoi. J'arrive à Krysuvik, la zone géothermique qui est justement le but de ma balade du jour. La montagne est brûlée par la chaleur provenant de ses propres entrailles!

Krysuvikurkirkja.

Je viens de retrouver l'asphalte. Comme c'est bon!

Et le temps est devenu correct.

Ah.... Je crois bien qu'il ne faut pas le dire trop vite, finalement. J'aurais mieux fait de me taire.

Ce petit lac rond comme un cercle est d'une superbe couleur bleue. Comme je pense revenir par cette route, je ne vais pas jusqu'au petit parking.
J'ai eu tord, car je ne suis finalement pas repassé ici... Conclusion: fais de suite ce que tu as à faire, ce sera toujours ça de fait!

C'est pourtant un superbe cratère. Je regrette de ne pas être allé l'admirer!

Krysuvik. La montagne brûlée. Je m'approche...

Le ton est donné dès le bord de la route.

Deux petits cratères, de quelques mètres de diamètre, en train de bouillir...

Fulipollur, c'est leur nom. Ils sont en face du site de Krysuvik, ou plutôt de Seltun, pusique c'est le nom figurant sur les dépliants, et sur le site. En fait, Krysuvik est une zone plus large.

Alors, vous trouvez ça comment?

Et en plus, ça sent assez fort. C'est vraiment incroyable. Et dire que ce n'est qu'une manifestation infinitésimale de ce qui se passe au fond. Si on savait sur quoi on marche...

Ce sera mon feu d'artifice du 14 juillet!

Akitsu sur le petit parking près du premier cratère. L'autre le touche.
Il y a vraiment de sombres idiots parmi les hommes. J'ai vu une bouteille et un gros morceau de bois dedans. Quel besoin d'aller balancer ça sur un tel site, si rare. Quand je pense qu'on fait des milliers de kilomètres pour voir ces manifestations de la nature, et que des gens se permettent de telles âneries!

La pluie revient, doucement mais sûrement. C'est très ennuyeux pour les photos, objectif mouillé, etc... Pénible!

Je suis sur la route. Derrière moi, de l'autre côté, les deux petits cratères.
Là-bas où sont tous les camping-cars, c'est le site principal. Allons-y donc!

Un sentier a été aménagé. Très bien fait, suffisamment pour tout bien voir, y compris pour faire des photos. Un belvédère en surplomb permet de photographier les endroits les plus jolis. Bref, c'est parfait. Un panneau demande aux visiteurs de respecter le site, et de rester sur le sentier.

Mais pensez-vous! Des traces de pas partout dénaturent le site. Certains se sont enfoncés assez profondément. Des imbéciles sont même allés sur des zones franchement hostiles. Bien sûr, des tas d'objets ont été jetés. Ben voyons, quand on ne peut pas piétiner, on balance quelque chose dessus.

Un groupe de Franaçs en camping-car. Non, je n'ai absolument rien contre les camping-caristes! Ici, ce sont manifestement des amis qui sont ensemble. Ils vont piétiner une partie de la zone, je les aurais giflés. A cause de gens comme ça, il y aura un jour des barrières bien plus épaisses, des péages, etc.

Les couleurs sont extraordinaires.

J'entends des bruits spéciaux par endroits. Ce sont en fait des trous plus profonds, dont une grosses bulle éclate de temps en temps, émettant des borborygmes plus ou moins graves.

Je vous laisse faire la visite avec moi.

En silence, de façon à vous laisser profiter de ces bouillonnements intempestifs.

Là-bas, il y a un trou d'où sortent des sons d'outre-tombe, et c'est bien le cas de le dire! J'imagine une immense caverne derrière cette paroi de terre qui me semble bien frêle, et un trou aux profondeurs insondables. Je ne voudrais pas marcher là-bas. Pourvu d'un imbécile n'aille pas jeter une bouteille vers ce trou!

Ici, un gamin est descendu et marchait en tapant un jouet sur le sol. Sa mère est venue tranquillement, en rigolant, sans rien lui dire. Ils ont marché ensemble sur le site. Le père est venu les prendre en photo. L'éducation moderne... Ils le paieront cher, un prix qu'ils ne peuvent même pas imaginer!

Je poursuis vers le lac Kleifarvatn, que je ne voudrais pas manquer, avant de faire demi-tour pour continuer sur la 427. C'est en principe sur cette portion que je trouverai les tas de gravillons dont me parlaient les Suisses ce matin.

En attendant, j'assiste au superbe spectacle de ce troupeau de chevaux Islandais descendant vers le lac.

Le cardre est d'une immense beauté. Un peu comme les grandes steppes d'Asie. Bon, je sais, je n'y suis pas allé. Je parle d'après les bouquins lus, les photos vues!

J'aperçois le lac, mais j'ai envie d'aller voir de plus près.

Une très longue descente. Le goudron est parti, comme vous pouvez le constater.
Mais comment ne pas en avoir le souffle coupé? Comment résister à une telle route?

Non, je ne peux pas m'empêcher d'aller voir plus loin. Je suis attiré comme l'aiguille aimantée l'est par le Nord magnétique. Le ciel est pourtant menaçant, mais qu'importe!

Ah oui, de menaçant, il est passé à actif, et tout ça en 5 minutes. Les montagnes disparaissent à vue d'oeil, comme avalées par le monstre qui s'abat sur nous.

Une ferme se trouve au-dessus du lac au loin, de l'autre côté de la vallée.

le nuage passe sur moi, accompagné de ses trombes d'eau et de ses bourrasques de vent.

Je laisse passer.... stoïque? En fait, Akitsu est bien plus stoïque que moi!

Et voila le travail. Il est passé, en tout cas en partie. Pour ma part, je suis descendu.

Quel fantastique souvenir que ce passage, encore!

Arrivé sur les bords du lac. J'ai voulu béquiller sur le bord de la route.... Comme dans du beurre, la béquille s'enfonçait comme dans du beurre. Un coup de rein en dernière extrémité! Ouf, rattrapée, la miss Akitsu, de justesse! C'est sublime. Tout simplement. Avec le vent violent, le ciel menaçant, tout est réuni pour une ambiance inoubliable!

On aperçoit le tracé de la route.

La route est tracée dans les scories de lave, avec les matériaux qui sont sur place, lui donnant cet aspect tellemnt naturel.
Akitsu ressort bien dans ce paysage. Une vraie petite beauté, et un peu de bleu dans ce monde gris-noir!

On distingue à peine la route du reste. J'adore.

De la lave dans tous ses états.

Superbe lac, qui baisse de niveau depuis le tremblement de terre de 2001, qui, à ce que disent les spécialistes, aurait créé des fissures par lesquelles l'eau partirait lentement!

J'ai eu du mal à la poser ici! Quand c'est comme ça, que le sol menace de s'effriter sous la béquille, je descends en sautant sur ma jambe gauche, pour ne pas générer d'appui sur la moto elle-même! je ne vous dis pas comment je remonte!

Les descentes me font toujours peur, car je ne veux pas avoir à freiner. Par conséquent, quand la pente est forte, comme c'est le cas ici, c'est en seconde, voire en première, que les choses se passent. Au ralenti, quoi!

Bon sang de bon sang, comme c'est beau! Et lugubre à la fois! L'un et l'autre se marient terriblement bien. Du moins pour la météo et un paysage... Je ne parle pas d'autre chose!

Encore une palge de rêve, déserte, sans aucun baigneur. Le pied, quoi. On aperçoit la route au fond à gauche.

Vers l'arrière, je suis ébloui par les couleurs. je n'ai pas réussi à vous les transmettre, les instants comme celui-ci sont toujours très fugitifs, et passent...

Plongeon vers le lac.

Whoahhh. cette fois, je l'ai.

Ils sont vraiment malades avec les couches qu'ils rajoutent... Je n'aime pas ce genre de passage, mais pas du tout. Sur l'asphalte, par contre, ce serait du pur bonheur!

Sur la rive du Kleifarvatn.

Sur ma gauche, des formations fantastiques! Des couleurs fantastiques! Dans un pays fantastique!

Le vent forme des vaguelettes sur la surface du lac. Au bout de la plage, un camping-car d'Allemands qui vont très certainement passer la nuit ici.

Du coup, ma décision est prise. Je ne vais pas rentrer par la route 427 comme je le pensais. Il est près de 18h30, et je ne me sens pas en forme pour tenter une trentaine de km dans 20 cm de gravillons. De telles distances, si faciles sur le goudron, peuvent prendre une heure dans de telles conditions. Par conséquent, je vais passer le col et rentrer par la grande route, ce qui m'oblige à faire le détour par Reykjavik. Mais au moins, ça va tracer. Et puis.... je peux bien laisser un cadeau à Akitsu, non?

Je croise ici deux cycliste très lourdement chargés, avec sacoches devant et derrière... Les pauvres! Mais en fait, pourquoi dis-je ça? Ils sont dans leur trip, et ils le réalisent. C'est donc super. Et ils oublieront les moments difficiles pour ne se souvenir que des merveilleux passages. On se fait un grand bonjour.

En haut du col. Triste, tellement triste. Et sauvage. Et tellement beau en même temps. Une nature brute de forme.

Et le végétal s'incruste vraiment partout. Comme la laine sur un mouton!

Un dernier regard en arrière vers ces montagnes qui m'ont tellement plu!

Le retour a été dur et long. Dur, parce que je me suis trompé à Reykjavik, et que je me suis retrouvé à la concession Honda... Presqu'en ville! Je suis rentré dans un magasin de location de vidéo. Les jeunes à qui je demande mon chemin sont super sympas, ressortent pour m'expliquer. Ce sera bon!

Mais la pluie et le vent me rattrapent, et j'ai froid maintenant.

Hveragerdi, la ville du dernier tremblement de terre. Je suis au sommet du col. Quel dommage pour la vue, éblouissante par beau temps. Selfoss est à 12 km.

Arrivée un peu après 20 heures. fatigué, mais heureux. Heureux de cette fantastique journée Islandaise, heureux d'avoir pris cette décision d'y aller.
Je vous conseille de programmer un passage dans ce coin lors de votre prochain périple en Islande, car ça vaut le détour!

 

813 photos. 280 km

Depuis le départ, 12.461 km
Depuis le départ, 30.332 photos
Compteur Akitsu, 26.472 km

Moyenne quotidienne depuis le départ - 135 km
Moyenne quotidienne depuis le départ - 330 photos

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