105ème jour

Dimanche 27 juillet 2008.

AH, enfin bien dormi. J'avais mis mon bonnet pour cacher mes yeux, à cause de douleurs vives à mon oeil droit hier soir! Voilà, vous savez tout.
Pourquoi? Aucune idée. De la fatigue, je pense, et peut-être une saleté dans l'oeil sans le savoir, car je roule parfois visière ouverte!
Toujours est-il que j'ai ouvert les yeux à 8h30, et que c'est la chaleur qui m'a réveillé!

Cette nuit, c'est un bébé qui pleurait qui m'a réveillé, tout ce que je déteste. Mais, curieusement, la maman s'est mise à chanter, et ça m'a bercé autant que le bébé, puisque je me suis aussitôt rendormi. Elle avait une belle voix douce et apaisante, et c'était une chanson Islandaise... Les deux bébés se sont donc rendormis, mais la maman ne soupçonne certainement pas l'âge du deuxième bébé, ni ses qualités d'hypnotiseuse à distance...

La chaleur dans la tente est pratiquement insoutenable! Je prends mon petit déjeûner dans l'abside, puis je file faire un tour en ville.

Au loin, la cathédrale.

Les eaux du fjord se terminent ici. Akureyri est construite au fond de la berge Ouest.

C'est la plus grande ville du Nord, la capitale du Nord comme ils disent. C'est aussi, et de loin, la plus grande ville Islandaise après Reykjavik et les villes autour de la capitale. Elle dépasse les 17.000 habitants en 2008.

J'aime bien cette ville. Très aérée. Propre. Vivante.

Le Centre d'Information pour les touristes. Employées pas très accueillantes. Mais c'est aussi un peu l'usine...

Vu devant le Centre.

Un hôtel près du Cnetre d'Information.

La ville est bâtie sur les hauteurs, et longe le fjord. Donc, ça monte et ça descend. Ce n'est pas une ville pour cyclistes.
Les panoramas sont rtès agréables. Dommage que le temps soit si brouillé!

Je vais voir l'autre camping, afin de vérifier si l'information était exacte. Oui, il est bien fermé!

Après avoir mangé, vu ce beau temps, je décide de remonter la péninsule du Latraströnd le plus possible, du moins tant qu'il y aura du goudron, histoire de ne pas mourrir idiot!

Je viens de contourner le fond du Eyjafjördur, et commencer à le remonter sur sa rive Est. Vue vers le Nord, Akureyri en face, sur l'autre rive.

Vue vers le Nord, vers la mer, vers la sortie du Eyjafjördur.

La route n°1 est assez encombrée, surtout par des caravanes. Cela dit, c'est aujourd'hui dimanche, et en plus les Islandais sont en vacances. Mais tout compte fait, je trouve qu'il n'y a pas plus de circulation que ça. C'est la pleine saison touristique maintenant, et je m'attendais à davantage de voitures. Mais où sont donc les touristes?

Une ferme surplombant le joli fjord, abritée par deux-trois arbres -rare! En face, dans la brume -dommage pour les photos!- les montagnes du Tröllaskagi.

Une jolie église coloriant gentiment le paysage environnant!

L'église dans son environnement. Les photos prises exactement du même endroit sont totalement différentes! C'est le plaisir du long zoom. Moins bonne qualité, c'est indéniable, mais tellement plus de possibilités. Et je ne me vois vraiment pas, changeant 5 fois d'objectif à chaque arrêt, pour obtenir les 5 tableaux que je vois forcément, à chaque fois, quand ce n'est pas davantage!

Zoom sur les montagnes du Tröllaskagi, enfin sur la première rangée, celle plongeant vers le fjord. Elles sont bien différentes de celles qui sont derrière, encore chargées de neige, plus pointues, plus "alpines". Mais je fais cette photo justement pour vous montrer cet alignement de montagnes tabulaires. A chaque fois, ces montagnes me touchent beaucoup, allez savoir pourquoi. Pire, j'aimerais connaître leur processus de fabrication! Moule à tarte particulier, ou carrément un énorme moule à gauffres -ici, je pense, car c'est plus rationnel pour faire toute la rangée d'un seul coup!

Les fermes se succèdent également sur cette rive.

De très belles couleurs. La brume donne à cette photo un aspect peinture impressionniste du plus bel effet -encore des fleurs pour lui-même, le gars! Ce pourrait être un tableau Provençal, non?

Les couleurs se mélangent, les frontières entre elles sont mal définies, et, finalement, ce n'est pas si mal!

La côte du Latraströnd se poursuit sur la gauche, vers le Nord-Ouest. la route n°1 va partir vers la droite, vers l'Est. Nous allons donc nous séparer. Je prends la 83 à gauche. Le nombre de véhicules va baisser, je vais pouvoir m'arrêter plus facilement.

Ce que je n'aime absolument pas, sur la 1, c'est le manque de parkings! Il n'y en a pratiquement pas. De plus, la route est presque toujours une digue, surplombant le terrain d'une belle hauteur. Impossible donc d'utiliser la berge pour poser la moto, pourtant pas bien grosse. Non, immédiatement, à droite comme à gauche, c'est la pente à 50% vers le sol en contrebas! Je n'ai pas droit à l'erreur, Attention à ne pas mettre la roue avant trop à droite. En plus, il y a là toujours une grosse couche de gravillons. Bref, la totalité de la route est utilisée par les deux voies, il n'y a pas un mètre de plus, ou à peine, au total, en dehors des bandes latérales! Pourtant, ils ne manquent pas de cailloux ici, ils auraient pu lui donner au moins un mètre supplémentaire de chaque bord! Bon, j'arrête de râler, moi!

La côte n'est finalement pas très accidentée.

Au fond, sur l'autre rive, les montagnes du Tröllaskagi. Là-bas se trouve Dalvik, où j'étais hier après-midi.

Arrivée à Laufas.

Superbe église, suivie juste après d'un petit musée. Ce sont des maisons anciennes Islandaises, au toît d'herbe.

Puis j'arrive sur un pont enjambant cette rivière en provenance de la vallée Dalsmynni. Ici se trouve la route 835, non goudronnée, qui part vers Husavik ou vers Myvatn, vers l'Est.

Je reste sur la 83, et poursuis vers le Nord. La route s'éloigne du fjord, que je retrouverai à Grenivik.
Plus haut vers le Nord, les montagnes sont beaucoup plus intéressantes, parce que plus élevées. Ici, je pense qu'il s'agit du le Kaldbakur, à 1.167 mètres. C'est vraiment dommage de ne pas avoir de route goudronner pour grimper vers le Nord. Il y a la F839 qui me plairait beaucoup.

Mais lentement, l'idée d'un ou de plusieurs treks en Islande commence à germer dans mon cerveau malade!
Quand je lis de tels compte-rendus, je sens des picotements dans mes jambes.... D'un autre côté, Akitsu pourrait bien la faire, cette route, c'est juste son pilote qui est un peu trop trouillard...

Grenivik, fin de la route pour moi!

Une belle église, près d'un petit camping, occupé par des touristes Islandais.

Superbe maison en bordur du fjord. Le village est joli, sympathique, accueillant.

Le petit port.

Pas de petites voitures en Islande...

Encore une magnifique maison. Il y avait une date sur le perron, je crois me souvenir "1930".

Demi-tour! Je suis un peu frustré, mais je le savais avant de venir. Là-bas, les éperons aplanis des montagnes encadrant la Dalsmynni et la route 835 vers Husavik.

Sans le zoom. Ma route 83 longe donc ce massif montagneux à gauche -dans lequel part la fameuse F839- et va tourner à droite là-bas pour repartir vers le fjord. En fait, la route contourne cette vaste baie en suivant les versants montagneux.

Les montagnes vers le Nord du Latraströnd, que j'aurais aimé traverser!

La ferme Rettarholt.

Superbe coupe faite par cette petite rivière à travers ce bloc rocheux. C'est d'ici que part la F839.

Un groupe de cavaliers traverse la route. Je coupe le moteur d'Akitsu pour ne pas les troubler. J'ai le temps. Ils me remercient d'ailleurs d'un geste amical. Sympas!

Et je rejoins la Dalsmynni qui part à gauche là-bas, au pied des montagnes jumelles.

Arrivée au petit pont. Vue vers Grenivik.

Encore, sans le zoom.

Et je reviens vers le fjord que l'on voit au fond. Une jolie ferme, encore, avec des chevaux, comme souvent dans le coin.

Du même endroit! Je suis en fait à nouveau près de l'église de Laufas, et des vieilles maisons au toît végétal.

Malheureusement en contre-jour, et je ne peux pas poser Akitsu sur sa béquille ici. Je prends donc cette photo en équilibre instable!

Et à nouveau l'église.

Réflexion, hésitation, analyse de la situation. Danger? Pas danger? Attendre, voir venir.

Contre-jour sur le fjord. je rigole en revoyant cette photo. savez-vous que ce bateau va m'accompagner jusqu'à Akureyri, où il arrivera vraiment peu de temps après moi. Vous savez pourquoi, n'est-ce-pas? Je suis continuellement arrêté...

Bon alors... Faisons semblant de ne pas le voir, peut-être ne nous voit-il pas?
Pauvres moutons! Rassurez-vous, je vous aime bien quand même.

Et Akitsu qui n'a pas baissé sa bulle pour la photo. Dommage!

Pourrait presque servir de modèle pour faire un nouveau panneau "virages", plus moderne, plus visuel!

J'ai vraiment eu de la chance pour cette photo, rarrissime en Islande. Je me demande même si ce n'est pas une inédite.
En tout cas, mon coeur a tremblé lorsque je l'ai vu. Sans doute un des derniers Crocodylus Islandisis, entre 20 et 30 mètres de long, se nourrissant exclusivement de phoques et... d'Islandais. Il devait être sorti, et le bruit d'Akitsu le fait partir très vite vers le large! Je ne croyais pas qu'il pouvait s'aventurer autant à l'intérieur des fjords! Si ça se trouve, il se nourrit à Akureyri, vu la population. Les Islandais devraient faire une enquête sur les disparitions...

Akureyri, là-bas, au fond du fjord, sur la rive opposée. Dans la brume...

Un peu mieux... L'église photographiée à l'aller (Mogil).

Il y a un parking-panorama situé en face d'Akureyri, à mi-colline, offrand un joili point-de-vue sur le fjord et la ville.
La digue et le pont permettant de traverser le fond du fjord et rejoindre Akureyri.

Le fjord, bien visible cette fois. On distingue le bateau qui arrive aussi. Je l'ai finalement bien doublé, car je ne me suis plus arrêté pendant la dernière partie...

Akureyri en face de moi. Et les "jambes" du soleil à travers les nuages... comme on dit.

Zoom sur Akureyri. On aperçoit un gros bateau dans le port, et aussi la cathédrale, au centre de la photo.

J'arrive en ville, je "monte" au camping, qui se trouve en hauteur, juste derrière la cathédrale.

En redescendant du camping. Au loin, la rive depuis laquelle j'ai pris les photos précécdentes.

La cathédrale d'Akureyri, vue du dessus, du haut de cette magnifique descente, que je ne voudrais pas faire en vélo dans l'autre sens! J'ai vu des tas de cyclistes la monter en... poussant le vélo! Quelques uns la réussir, en pédalant comme des malades sur le grand pignon. J'ai vu un type la descendre en vélo à toute vitesse, un gamin accroché dans un panier sur sa poitrine... Quand on connait les freins d'un vélo... J'ai eu peur pour eux!

Et vue de face. Ben.... Je ne sais pas pour vous, mais je la trouve... moche!
Voilà. C'est dit. désolé, mais c'est mon avis.

J'ai voulu rentrer. Je me suis fait "jeter" assez vertement. Il y avait un concert. Au lieu de rabrouer les gens, ils n'ont qu'à fermer à clef! Attitude décevante, surtout dans un lieu où l'on prêche pour l'Amour entr les Hommes.... Laissez-moi sourire...

Depuis le parvis de la cathédrale.

Et de profil. Bof.

Bref, un tel bâtiment n'arrive pas à la cheville de nos églises gothiques! Difficile de faire mieux, en fait! Pour moi, c'est la même différence qu'entre un tableau de peinture d'art figuratif de la Renaissance et une peinture moderne d'art abstrait. L'un des objets nécessite des dizaines ou centaines d'années -ou d'heures- de travail, l'autre quelques mois -ou minutes- seulement. Et je ne peux laisser pour compte, ne serait-ce que par respect pour leurs auteurs, l'immense travail qu'ils ont mis dans la réalisation de l'oeuvre. Il y a des modes, il y a des goûts, et il y a aussi -surtout en matière d'art- des objets dans lesquels il y a intérêt à faire un placement, et d'autres non...

Mais je m'égare, tout d'un coup....

J'adore cet endroit, car j'adore y voir tous les touristes, tous les types de touristes -les bourgeois, les cyclistes, les auto-stoppeurs avec leurs énormes sacs sur le dos, les jeunes, les vieux, les couples, les groupes...-, d'y entendre parler toutes les langues, même la mienne -je dirais presque: surtout la mienne...

Après avoir bien mangé à l'abri sous ma tente -bonne nouvelle: mes voisins m'ont dit "bonjour"....Je dois finalement être assez respectable! J'ai envie de dire "trop tard", mais ne soyons pas méchants-, je repars avec Akitsu, une idée en tête.

En fait, je n'ai pas envie d'aller dans le même bistrot qu'hier. J'ai vu ce matin, à 500 mètres du camping, un hôtel Edda. Je les aime bien. A Egilstadir, ils m'avaient permis d'envoyer des fichiers sur mon site depuis les sofas de leur hall d'accueil alors que je n'étais pas leur client. A Isafjördur, j'y ai surfé pendant trois jours. Je me dis que, demandé gentiment, une séance de surf pourrait se faire. Grand hôtel, grand hall, plusieurs employés. Oui, vous pouvez vous installer dans un fauteuil ici, sans problème. Oui, vous pouvez vous brancher sur une prise électrique, là. Merci beaucoup! Superbe. Je suis mieux que dans le bistrot. J'aime bien entendre tous ces touristes entrer et sortir, parler toutes sortes de langues. Une tour de Babel, en quelque sorte! Beaucoup, beaucoup de Français!

Finalement, je rentre plutôt tard, vers minuit! Mes voisins immédiats sont couchés. Les autres passent leur soirée dehors, autour de tables. Les enfants vont encore courrir autour de la tente jusque vers une heure du matin. J'ai surtout peur que l'un d'entre eux parvienne à faire tomber la moto, ou à se blesser en tombant dessus. C'est l'époque moderne, et les Islandais ne sont pas en retard sur le reste de l'Europe dans ce domaine. L'enfant est roi, on ne lui refuse rien, il n'y a plus de limites, ni d'horaires... C'est moche, ils ne comprennent pas. Il faut des bornes, c'est bien mieux pour tout le monde. Je couchais mes enfants un peu plus tard en été, certes, mais pas à de telles heures! Ils le paieront plus tard. Malheureusement, je le paierai aussi malgré moi! Car, lorsqu'ils seront adultes, comment réagiront tous ces gamins auxquels rien n'a été refusé, lorsqu'ils constateront que ça ne fonctionne pas comme ça? Surtout que les temps difficiles, voire très difficles, ne sont pas derrière nous, mais plutôt devant! Aïe, ça va faire mal!

C'est le camping. Et j'aime ça. Et ça ne m'empêche pas de dormir, de bien dormir!

176 photos. 96 km

Depuis le départ, 14.404 km
Depuis le départ, 34.662 photos
Compteur Akitsu, 28.415 km

Moyenne quotidienne depuis le départ - 137 km
Moyenne quotidienne depuis le départ - 330 photos


Depuis le 06/06/2005 Visites:920737 Aujourd'hui :80 Maintenant:9 (Passage du cap des 50.000 visiteurs le 09/01/2009)