107ème jour

Mardi 29 juillet 2008.

Je suis à Fossholl. Ce n'est pas un village, ce n'est pas un hameau. C'est juste une ancienne ferme, située juste au croisement avec la route 844 (et non 843 comme indiqué sur la carte), juste après le pont enjambant la Skjalfandafjot, et peu après la petite route conduisant à la cascade Godafoss. 3 bâtiments. Le premier, celui de la station, avec un peu d'alimentation -le nécessaire indispensable s'y trouve-, une cafétéria, une banque, des souvenirs -ça marche encore?- et une boutique tax-free (?) de gilets de laine Islandaise -enfin, j'espère! Le deuxième, un restaurant-hôtel -les logements sont "complets" tous les soirs!. Le troisième (2-3 bâtisses) appartiennt aussi au restaurant-hôtel Fossholl. Ce sont des chambres, et les toilettes publiques pour les visiteurs du site de Godafoss -servant aussi de toilettes pour les campeurs, seule chose me gênant en tant que campeur, mais que j'accepte car elles sont très propres et nettoyées quotidiennement. Patron et employés sont parfaits, du moins selon mon goût: très accueillants, très serviables, très souriants, très efficaces.

Voilà pour le lieu et les gens.

Le terrain de camping se remplit -de façon très diverse- chaque soir, et se vide presque complètement chaque matin. C'est un camping de passage. C'est aussi pour ça que je l'aime. Je suis le seul résident! Pour une fois que je ne suis pas un itinérant, je ne me reconnais plus. Et, cerise sur le gâteau, mais je vous l'ai déjà dit: électricité gratuite, douche à ma demande -200 ISK, mais de durée illimitée, et toujours chaude-, Internet à l'accueil en Wi-Fi dans un fauteuil, ou dans ma tente de façon sporadique (en fait quand ça veut bien).

Je décide de rester ici ce soir. Je vais d'abord aller voir ce matin la Godafoss depuis son autre rive. Le chemin commence justement en face du camping.

Mais tout le monde est très excité ce matin à la réception. Il y a beaucoup de monde dehors.

 

Une énorme surprise m'attend, un peu comme une douche froide!

 

 

En fait, pour la première fois, depuis des siècles, sans doute des millénaires, il s'est passé un événement unique cette nuit!
Une secousse tellurique a détourné le cours de la rivière. J'avais cru entendre un bruit cette nuit, c'était donc ça, je n'avais pas rêvé!

Et voilà ce qu'il nous reste de Godafoss.

Les gens cherchent la cascade!

 

Evidemment, une catastrophe pour le business!

Autant vous dire que les photos faites hier soir sont une bénédiction!
Et heureusement que je me suis arrêté!

 

 

C'est la stupéfaction! Vous verriez les gens autour de moi. Les visages sont graves, les conversations vont bon train.

Tout le monde a son mobile à l'oreille, et ça fait bien plus de bruit que cette pauvre cataracte qui nous reste.


C'est le sujet de conversation sur toutes les langues! Dans toutes les langues!


Je pense que vous avez du voir l'info sur vos TV, car ça a dû faire le tour du monde.
La presse locale est là, et toutes les grandes entreprises audiovisuelles du globe vont envoyer des journalistes ici.

 

L'événement en détails

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si, vous avez eu peur!

Avouez-le...

 

Ah ah ah....

 

 

Bon, reprenons la suite de la journée!

Deux autres petites cascades se suivent après Godafoss, près du camping. Elles ont aussi un nom. Celle-ci, que l'on voit très bien depuis la route -et c'est certainement elle que j'entends parfois la nuit, selon les vents- est la Geitafoss. Petite, mais puissante, car pas large, et toute la rivière doit y passer!

Sur la rive, de très belles formations de lave, aux magnifiques dessins.

Du basalte ici aussi, sous toutes les formes, sous toutes les tailles. L'eau, ou le feu (?) de la lave, ont formé de petits cratères, absolument splendides malgré leur taille minuscule. On dirait presque des barriques, les montants en bois étant des colonnes de basalte du plus bel effet!

Leur formation pourrait bien s'expliquer comme celle de ceux que j'ai vus à Selfoss sur les rives de la rivière. (voir jour 89).

Geitafoss toujours. Je vous l'ai dit, elle est puissante, sans doute comme Aldeyjarfoss, vue hier, puisqu'il s'agit de la même rivière, 45 km plus loin!

Les formations de lave sur les rives.

Splendides. Tout le monde regarde les cascades, personne ne regarde leur environnement immédiat. Mais il vaut aussi le déplacement!

Je vois à peine Godafoss d'ici.

M'enfin, vous savez pourquoi maintenant...

Non, j'rigole, j'arrête!

Su l'autre rive, un gars fait le guignol. Il restait les bras étendus juste avant que je ne fasse la photo. Je me demande s'il ne le faisait pas exprès, finalement!
Enfin, il nous donne l'échelle de l'environnement

Je vous le disais, toute la rivière y passe! Le jet est puissant, capable de décaper les impuretés de toutes les carosseries de voiture, et bien plus encore!

Dommage, Geitafoss est cachée par le rocher. Mais vous pouvez voir le travail fait par l'eau sur l'autre rive, creusant des cavernes, avec une roche ressemblant à celle de la cascade visitée hier après-midi. Voyez l'épaisseur de la lave! Et, en prime, le gars qui continue à faire le guignol! Extra.

Geitafoss vue du dessus, toujours moins impressionnant. On voit quand même très bien la couleur de l'eau. Non, elle n'est pas transparente, c'est le moins qu'on puisse dire.

Le flot descendant de Godafoss.

Et se dirigeant vers Geitafoss.

Et la route que le fleuve s'est creusée dans la lave, nette, bien tranchée!

Ah, on commence à la voir. Ouf, elle est toujours là...

Tous les soirs, j'aperçois depuis ma tente le nuage de vapeur qu'elle génère par sa puissance, me permettant de la situer sans erreur possible.
Tout à droite, vous pouvez apercevoir le mince filet m'ayant servi à vous préparer mon petit canular.

Au premier plan, des blocs de lave coupants comme des rasoirs sur la berge en surplomb.

En face, les touristes arrivés par la route principale. C'est e là-bas que je faisais mes photos hier.

Je descends sur la superbe plate-forme que vous pouvez voir au premier plan. Belle vue sur la rivière descendant vers le camping.

Puis je dirige l'objectif de l'appareil-photo vers l'objectif de ma promenade.

Et je zoome.

Et je zoome...

Et je ne zoome plus, car je ne peux plus!

Une superbe falaise. Une belle roche bien coupée.

J'aime beaucoup ce jet, qui sort sur ce rebord.

Sur l'autre rive, les entrainements pour les jeux olympiques se poursuivent.
Ici, un saut admirable et réussi effectué sans aucune aide par une participante Allemande.
Le geste est beau. Il compte aussi pour la note, évidemment!
Le taux de réussite est très bon, environ 80%.
Je n'ai pas voulu reproduire les quelques échecs, il faut rester positif!

Bon, ne nous laissons pas distraire par les amusements du petit peuple.
Revenons à nos moutons.
Tiens, il y a du monde en bas. Mais par où sont-ils passés? Ah, c'est ici. Escarpé, le chemin, mais je vais bien le faire, puisqu'ils l'ont fait, non?

Sur cette seconde berge, beaucoup plus près de la rivière, il y a du beau sable noir disséminé parmi les rochers.

En face, les cavernes creusées dans la roche. Une histoire dit qu'un bandit s'était caché dans une de ces grottes et avait vécu un moment sans se faire découvrir. mais un jour, il a laissé des vêtements à sécher. Les gens du coin sont venus et l'ont tué. On ne rigolait pas, à cette époque!

J'ai lu cette histoire sur une affiche dans le petit pub'. Il va falloir que je la photographie.

En avançant sur cette berge, bien cachée, la dernière partie de la cascade se dévoile sous mes yeux émerveillés, mais pas ébahis, car je l'avais vue hier... hé hé!

Zoom sur cette partie cachée, et moins souvent photographiée. Rendons-lui ici hommage, car elle est superbe à elle seule!

A droite.

A gauche.

Et le centre, alors? Bof.... On ne sait pas très bien à quel côté l'associer, le centre...

Quelques détails, maintenant. J'aime bien avoir des détails, moi, pas vous?

Whahhh! Comme c'est beau! J'adore ça, vraiment.

Je ne suis pas le seul à admirer ces molécules d'eau.

Soudain, je lève la tête, et je prends conscience ce qui se trouve au-dessus de moi.
Superbe formation basaltique. Mais... en équilibre instable, voire très instable.
Je ne fais plus de bruit. Même le son généra par l'appareil-photo me fait peur.
Et si un bloc se détachait? Ceux qui sont à mes pieds sont bien là pour me prouver qu'il ne s'agit pas d'imagination, mais d'attraction terrestre.

Allez, encore deux trois photos...

Sur la pointe des pieds...

Dernière. je remonte, je ne me sens pas tranquille ici. Je trempe quand même ma main dans l'eau.
Moins froid que ce à quoi je m'attendais. Presque envie de tremper mes pieds.

J'ai dit "presque", non?

Une mini-colline surplombe la chasse d'eau, pardon, la chute d'eau.

C'est justement celle sous laquelle je me trouvais tout-à-l'heure!

Vue plongeante sur le bassin de décantation.

Bon, et voilà le soleil qui s'en mêle maintenant!

Décomposition de la lumière? Définition ici. Je vous donne ce lien, parce que je le trouve bien. Et c'est utile!

En retournant vers le camping.

On aperçoit d'ailleurs d'ici la miss Akitsu qui garde la tente. Toujours le dos tourné au spectacle, celle-là, hein!

Je n'ai pas pu m'empêcher de rephotographier Geitafoss dans son goulet d'étranglement!

Vue depuis la route. Les toilettes du camping sont derrière moi, mais tout le monde s'en moque!

Tiens, j'ai laissé ma serviette à sécher. Beau décor!

Bon, avec tout ça, il est midi et demie. Et toutes ces émotions, ça creuse!
Allez, je vais manger dans ma petite tente, dans mon abside. J'adore ça.

 

15 heures. Comme promis, je vous emmène à Myvatn.
Je veux voir les terrains de camping, le site, les distances exactes, bref, me faire une opinion pour choisir une stratégie d'attaque!

....

N'importe quoi, l'garçon. Il commence à divaguer, c'est sûr que ça doit attaquer le ciboulot, d'être seul si longtemps.

La longue descente vers Laugar, à un peu plus de dix bornes de Fossholl.

Laugar, un village le long de la vallée parallèle à celle de la Bardardalur (la vallée de la Skjalfandafljot), mais plus à l'Est, forcément, puisque je roule vers l'Est.
Il y a un camping à la ferme, avec un hot pot. je vais voir. Justement, la patronne est dans son hot pot, et je la fais sortir, la pauvre. Elle m'accueille entourée d'une serviette. Oui, il est là-bas, le terrain. Oui, vous pouvez vous brancher. Eau chaude, évidemment, à volonté!
Bon, ça n'a pas l'air trop mal. sauf que je n'ai pas Internet. sauf qu'il faut se payer deux kilomètres sur une sale route de gravillons pour y parvenir, ouvrir une barrière (toujours la aglère en moto, trouver un endroit pour béquiller sur un très mauvais emplacement, deux fois de suite, la première pour ouvrir la barrière et la deuxième pour la refermer- et remonter le terrain de camping sur toute sa longueur -enfin, le champ pour être plus précis- sur environ 200 mètres sur un terrain très cabossé! Toilettes: pas très propres. Vieillot.

Bon, non, je ne prends pas. En plus, c'est plus cher qu'à Fossholl, et je ne gagne que... 13 kilomètres.

Non.

La rivière coulant dans la vallée de Laugar. Au fond, les montagnes du Viknafjöll, le long du Skjalfandi, en face d'Husavik.

Le Vindbelgjarfjall, au Nord-Ouest du lac Myvatn.

Devant le champ de laves recouvrant toute la zone du Myvatn.

La lac Myvatn. Au fond, le Hlidarfjall.

Je prends par la rive Sud. Skutustadir.

Les pseudo-cratères près de Skutustadir. Il devait y avoir un camping ici. Il n'y en a plus. C'est ce que m'explique la gérante de l'hôtel.

Au loin, j'aperçois pour la première fois la zone géothermique du mont Namafjall.

J'ai contourné le lac et suis désormais au milieu de sa rive Est. Je vois donc maintenant le Hlidarfjall presque en face.

Et voici le volcan Hverfjall, dont j'ai lu tant de récits d'ascension.

Et la lave, partout.

Le Hverfjall à nouveau. Magnifique cratère. C'est clair, j'irai voir ça de plus près!

Admirez cette forme, ce cône aplati.

Zoom maximum sur le haut du Hverfjall. Il me semble bien voir le chemin qui en fait le tour!

Son profil.

Oui, pas de doute, c'est le "chemin de ronde". J'aperçois des gens là-haut... dans la lumière rasante des rayons solaires.

La route en poudre de lave se rendant au pied du volcan.

Zoom sur le Namafjall. Oui, là-bas aussi, je vais aller traîner mes guêtres, forcément!

Les fermes autour de Reykjahlid.

Akitsu au bord de la route menant au Hverfjall.

On aperçoit à l'horizon les sommets ocre du namafjall.

Je prends cette route par mégarde, pensdant qu'elle conduisait au camping de Vogar. Il y avait une barrière à ouvrir, et je trouvais ça curieux! Non, cette route conduit vers la faille de Grjotagia. Demi-tour!

Le camping de Vogar. Sympa. Mais pas très propre. Et la dame me dit que oui, les mouches arrivent. deuxième tournée début Août. Mais elle vend des filets de protection... Je connais, j'ai déjà donné. Non, je ne prendrai pas le risque de m'installer ici.

Au fond de moi, j'ai aussi envie de rester à Fossholl, ce qui trompe un peu le jeu, car je ne suis pas forcément très objectif! En effet, la gérante est très sympa, me propose de me connecter gratuitement avec son cable -il est long- et de me brancher dans la cabane de réception. Jusqu'à 21h30 je crois. C'est quand même sympa!

Je vais voir l'autre terrain de camping, Bjarg. Bien, très bien. Plus propre, plus moderne. Salle pour Internet. payant. mais je peux me brancher au courant gratuitement, ce qui n'est pas mal. La fille à l'accueil est très souriante et répond à toutes les questions, mais c'est un robot. Un fantastique robot. J'ai envie de la débrancher. Elle ne se démonte pas, je l'observe répondre exactement pareil à tout le monde. C'est une machine, pas question de demander un truc particulier à une machine. Elle a son programme, rien que son programme.

Je file à la station, besoin de faire le plein. Station N1. Obligé d'acheter une carte. la guigne, mais je n'ai pas le choix! Et je dois faire des courses, il y a un super-marché. Bondé. Bondé de touristes. Soudain, alors que je suis en train de regarder des cyclistes sur le trottoir, sans vraiment les voir, mon cerveau fait "tilt".

Maos... Non, je ne rêve pas! Ce sont mes cyclistes Allemands, avec lesquels j'avais tellement sympathisé sur le bateau. Jörg et Jutta. Oui, je sont bien eux. fantastique! Jutta me saute littéralement dans les bras. Quel plaisir de les retrouver! Je pense que nous sommes les seuls touristes de ce ferry encore en Islande en ce moment. On s'asseoit immédiatement sur une des tables posées là à l'extérieur. Jutta va me chercher un café. On passe un très très grand moment à nous raconter mutuellement nos aventures. Ils sont brûlés par le soleil. C'est clair qu'ils ont passé bien plus de temps dehors que moi! Ils ont fait la F35. Chapeau à vous deux, mes amis.

Ils doivent rentrer à leur camping. Ils sont dans celui connu sous le nom de Hlid -pour Reykjahlid-, à 500 mètres d'ici. Ils en sont contents, sauf que... il n'y a que deux douches, et ça fait la queue, car elles sont communes, et comme aucun homme ne va se doucher avec une femme, eh bien, quand une femme se lave, ça dure, ça dure... Et il n'y a pas Internet. Bon, je vais rester à Fossholl, je n'ai pas tous ces problèmes!

On se donne rendez-vous demain soir ici ou au camping. Nous mangerons ensemble. Cooool. Quel joie de les avoir retrouvés! Nous avons vécu ensemble cette formidable arrivée à Sreydisfjördur sous ce torrent de pluie, et cette arrivée dans ce camping minable! Que de souvenirs. Durs, mais en même temps fantastiques souvenirs. Et les avoir vécus ensemble, c'est vraiment quelque chose qui nous lie!

Je reprends la route, sans même aller voir le camping de Jörg et Jutta. En quittant la station, je tombe sur mon voisin Polonais d'hier soir, qui a dormi sur le camping de Fossholl. Il était déjà parti ce matin lorsque je me suis levé. Il me dit être sur le camping de Vogar, et il regrette d'avoir dit oui avant d'avoir visité les sanitaires. pas bien! Cette fois, je n'ai plus aucun état d'âme. Je suis objectif. Je reste à Fossholl!

Où j'arrive vers 21 heures. Repas vite fait. Puis direction mon fauteuil à l'accueil. Soirée Internet. Soirée sur mon PC, bien au chaud.
C'est génial.

Il est bien tard lorsque je rejoins ma tente, et je m'aperçois à quel point les jours ont diminué!

 

641 photos. 118 km

Depuis le départ, 14.666 km
Depuis le départ, 35.876 photos
Compteur Akitsu, 28.677 km

Moyenne quotidienne depuis le départ - 137 km
Moyenne quotidienne depuis le départ - 335 photos

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