111ème jour

Samedi 2 Août 2008.

Il fait toujours beau, mais le mauvais temps est annoncé. Je vais donc aller au Nord d'Husavik, du côté de l'Öxarfjördur. Un Français r(encontré dans les fjords de l'Ouest a dessiné sur ma carte l'endroit où je puis être absolument certain de voir des macareux. Et je tiens à en revoir, car ce sont mes oiseaux préférés.

Matinée de repos au camping. J'y discute un grand moment avec deux cyclistes Allemandes, qui partent pour l'Askja. Elles ont le moral, tant mieux, car ce ne sera certainement pas une partie de plaisir! Puis je passe un autre grand moment avec 4 cyclistes Belges Flamands, mais qui parlent Français. Ils sont en voiture maintenant, car l'un d'entre eux s'étant blessé au genou, ils vont terminer leur voyage de cette façon. Pour le coup, ils profitent du soleil. Maillot de bain, musique assez fort, séance de bronzage. C'est génial, ça met de l'ambiance. Très agréable! Enfin, je discute avec un cycliste Danois, que j'ai vu arriver hier soir. Lui, c'est le sportif accompli. C'est la sixième fois qu'il vient en Islande. Il a fait toutes les pistes de l'intérieur. Il vient tous les deux ans. Pour le moment, il range ses affaires et part à Akureyri faire la fête avec les Islandais! Il y a quelques jours, les rivières sortant des glaciers étaient très puissantes, empêchant leur franchissement en vélo -imaginez en moto.... Alors, il s'est levé dans la nuit pour en passer une à quatre heures du matin. Il m'a dit que le courant était tellement fort qu'il lui emportait son vélo, mais qu'il a réussi. Par contre, il a vu un gars près de lui qui a été emporté, et a réussi à s'en sortir, mais il s'était bien blessé aux genoux! Et il riait aux éclats! Vous imaginez le genre de gars... Impressionnant! Le vrai aventurier.

Du coup, la matinée passe vite. Mais en fait, pour être franc, ça passe toujours trop vite! Et discuter avec les cyclistes -ou autres- est un vrai plaisir. J'aime bien ça, chacun racontant son voyage et ses aventures. C'est très sympa.

Il est plus de 15 heures lorsque je me retrouve avec Akitsu sur la route 85.

C'est une large vallée, parallèle à la rivière Skjalfandafljot qu'elle franchit sur un grand pont au niveau d'Engihlid, et que vous connaissez bien maintenant.

A Tjörn, la route se retrouve dans un nouveau champ de laves. Sur ma droite, il y avait des pseudo-cratères, au niveau de la route 845 en provenance de Laugar, qui constitue une alternative pour retourner sur Fossholl.

Le champ de laves préhistoriques de l'Adaldalshraun.

Quelques fermes sont visibles au loin le long de la route, à l'Est du champ de laves.

Et j'arrive en vue de la mer. Au large, c'est l'estuaire de la Skjalfandafljot, de la Laxa (en provenance de Myvatn) et de la Myrarkvisl.
C'est le Skjalfandi.

Une très grosse ferme se trouve ici, au niveau du croisement de la 85 avec la 87, qui vient de Reykjahlid.

En face du fjord, les montagnes du Viknafjöll, qui sont superbes.

Husavik. Je rencontre ici un couple de jeunes cyclistes espagnols. Nous discutons un moment sur le bord de la route.

la plage d'Husavik.

Contre-jour sur le fjord d'Husavik.

A nouveau la plage, un peu avant le centre du gros village.

Husavik est superbe, c'est une de mes petites villes Islandaises préférées, du moins parmi celles que j'ai pu voir.

Arrivée des bateaux touristiques faisant la anvette dans le fjord.

En effet, cette petite ville doit sa réputation actuelle en s'intitulant capitale européenne pour l'observation des baleines.

Pour ma part, j'ai depuis longtemps pris la décision de ne pas monter sur les bateaux pour ça. D'abord parce que c'est très cher (entre 30 et 40 euros). Ensuite parce que vous n'êtes pas certains d'en voir. J'ai lu de nombreux compte-rendus sur Internet, et n'ai aucune envie de me "payer" trois heures de mer (c'est la durée classique) pour apercevoir un bout de queue de baleine entre dix têtes de touristes plus grands que moi! Je ne veux pas jouer au loto! Pour ma part, observer des baleines consisterait à me trouver pendant plusieurs heures au milieu d'entre elles. Si vous êtes chanceux, vous en verrez, et peut-être beaucoup. Si vous êtes malchanceux, vous n'en verrez pas, et pouvez avoir en prime le mal de mer et le vomi de vos voisins. Non merci.

Pourtant, la météo m'est favorable. Mais ce sera "non" quand même!

Husavik recèle de très belles maisons, très colorées. C'est fort agréable.

L'église est absolument superbe. La plus jolie en tout cas de toutes celles que j'ai pu voir jusqu'à maintenant.

Alors que je reprends la route vers le Nord, je croise un cycliste dont l'allure ne m'est pas inconnue.

Mais...

Oui, c'est bien lui, c'est... Jörg! Incroyable.
On discute cinq minutes. Il est à la recherche d'une cartouche de gaz, et je lui indique la station d'essence que je viens de voir.
Je dois m'arrêter les voir au retour, ils sont sur le camping d'Husavik.

La côte est rocheuse, j'aperçois de belles falaises. Mais c'est surtout l'autre rive de la alrge baie de Skjalfandi qui est très belle.
Malheureusement, elle est non photographiable à cause d'un puissant contre-jour.

La pointe de Tjörnesta, au Nord de la péninsule sur laquelle je roule, et qui semble s'appeler Tjörnes.
Je confirme: c'est bien la péninsule de Tjörnes, je viens de vérifier!

La ferme Mana et un petit musée.

Au large, c'est l'Öxarfjördur, dans lequel j'ai débouché après avoir dépassé la pointe de Tjörnes.
La vue porte loin sur la côte de la péninsule Melrakkasletta.

Je poursuis, mais il me semble que j'ai dépassé le lieu où je dois m'arrêter.
Le vent est terrible, glacial, et la température est descendue à 13 degrés, alors qu'elle dépassait 20 degrés à Husavik!

J'arrive à un panorama et un petit parking. D'ici, on a en effet une superbe vue sur un immense estuaire.
Les falaises sont très hautes, et vraiment impressionnantets. Je n'ose pas pencher la tête au-dessus du vide, j'ai peur d'y être attiré.

Zoom sur les immenses bancs de sable noir fermant plus ou moins l'estuaire, et constituant le fond du fjord Öxarfjördur.
Il est curieux de constater que celui-ci est considéré comme un fjord, alors que celui du Skjalfandi, du côté d'Husavik, est considéré comme une baie! J'aurais dit l'inverse!

Il s'agit ici des restes d'une très ancienne colonie implantée.

Je fais demi-tour et j'arrive enfin aux falaises indiquées par le camping-cariste Français. Il s'agit d'un petit parking côté mer que je n'avais pas vu à l'aller!
Les falaises sont très hautes et superbes. Ilo y a encore quelques oiseaux au nid, des goélands. mais pas trace de macareux.

J'aperçois des terriers. Oui, c'est forcément ici.

Des traces de sentiers parcourent la lande en direction des hautes falaises au loin. Ils sont là-bas, c'est sûr.
Regardez les différences de couleurs. A mes pieds, les rochers -de lave- sont recouverts de mousses, et à l'approche de la falaise, seules les pierres sont là.
La végétation n'est pas parvenue à s'y imposer.

En tout cas, pas ici.

C'est beau, terriblement beau.

Ce sont toutes des pierres poreuses.

Mais... car il y a un "mais", aucune trace de mes macareux. je vois les terriers, il y en a beaucoup.
Je regarde la mer, et... je les vois! Ils sont en mer. Ils ont quitté le nid.

Trop tard, de quelques jours, certainement pas plus! Mais c'est vraiment trop tard. Ils sont retournés à la mer qui les nourrit. Les petits ont réussi à quitter le nid, les parents sont partis!
Bon, il ne me reste plus qu'à faire demi-tour! Déçu. Mais c'est la vie. Le paysage est superbe, et ce n'est pas comme si je me retrouvais en plein milieu du trafic d'une grosse banlieue urbaine!

La différence de terrain est extrêmement surprenante. Il y a une sorte d'affaissement du sol en approchant de la falaise, mais seulement sur cette portion. Et là, il n'y a plus aucun couvert végétal, on se retrouve plongé dans un monde totalement minéral.

J'emprunte le même chemin au retour, extrêmement étroit. Mais facile.

Coup d'oeil en arrière. Adieu les macareux, je regrette de ne pas vous avoir vus de plus près!

Je retrouve la belle cascade tombant en mer. Il s'agit du petit torrent que j'ai traversé, et se trouvant au fond de la combe que l'on devine un peu plus loin.

Je dois ainsi descendre et remonter deux combes, relativement profondes comme vous pouvez le constater sur le chemin que je viens de redescendre. Et ma douleur au genou est assez forte! Mais faire ces belles photos de macareux valait bien ces quelques efforts, n'est-ce-pas?
Hi hi hi....

Il est vraiment sage de ne pas s'approcher trop près du bord. Une chute a de fortes chances d'y être fatale. Et la fin peut être difficile, dévoré vivant -les reins cassés, pas moyen de bouger, mais pas encore mort...- par les goëlands, ravis d'une si bonne nourriture -ben oui, je pense ne pas être si mauvais que ça... Et comme personne ne vient ici, en tout cas pas au pied des falaises... La prudence est donc de rigueur! Ai-je été clair?

Et voilà. J'ai passé les combes. Je vois Akitsu, toujours aussi imperturbable.
Retour vers Husavik.

J'y retrouve Jörg et Jutta, ainsi que les deux cyclistes Espagnols, qui me disent partir maintenant sur un des bateaux pour voir les baleines.
Bon voyage. Jörg a bien trouvé sa bonbonne de gaz. Nous discutons aussi avec un cycliste Allemand qui vient d'arriver avec sa remorque.

Je ne tarde pas, car je suis frigorifié. En discutant avec mes amis, je touche par inadvertance la protection gauche de mes mains, qui se tourne toute seule! Whouah! Heureusement, car j'étais bien prêt de la perdre. Le boulon a disparu. Heureusement, il y a un bon pas de vis, et je peux la resserrer. Sûrement un résultat des belles routes Islandaises, je pense aux routes de gravier parcourues dans les fjords de l'Ouest!

Cette fois, je quitte Jörg et Jutta, direction Fossholl et Godafoss.

L'église d'Husavik à nouveau.

Traversée d'Husavik.

Vue arrière vers le mont surplombant Husavik.

Quelques spécimens du champ de laves de l'Adaldalshraun.

Zoom arrière de la photo précédente!

Pseudo-cratères, ou vrais cratères?

Je n'en sais rien. C'est à Tjörn, à l'intersection entre la 87 et la 85. Je prends la m^me route qu'à l'aller, pensant me rallonger en passant par la 87.

Traversée de la Skjalfandafljot près d'Engihlid. Il s'agit, pour ceux qui auraient oublié, de la rivière qui forme les cascades de Aldeyarfoss et de Godafoss, entre autres, et qui passe devant mon terrain de camping.

Il est quand même 20h30 passées lorsque j'arrive à la maison... Il fait meilleur ici qu'au Nord de la péninsule de Tjörnes, mais il ne fait quand même pas chaud, et je suis heureux de rentrer au bercail!

249 photos. 172 km

Depuis le départ, 15.186 km
Depuis le départ, 37.836 photos
Compteur Akitsu, 29.197 km

Moyenne quotidienne depuis le départ - 137 km
Moyenne quotidienne depuis le départ - 341 photos

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