115ème jour

Mercredi 6 Août 2008.

La première partie du trajet sera la même pendant plusieurs jours. Je pars de mon camping Fossholl situé à Godafoss, et je roule vers le lac Myvatn. Arrivé au lac, il y a deux itinéraires pour rejoindre Reykjahlid, l'un contournant le lac Myvatn par le Nord, et l'autre par le Sud. L'itinéraire est plus court de 4 km par le Nord, et ne traverse aucun hameau, ce qui n'est pas le cas de l'autre, plus long donc, et aussi plus lent, puisqu'il comporte plusieurs limitations à 50 km/h. J'arrête l'itinéraire de cette première carte à l'arrivée au lac, la carte suivante étant une carte détaillée du lac, sur laquelle vous verrez mon trajet autour du lac, ainsi que mes randonnées.

Réveil à 8h15 par des Espagnols! Un groupe de cyclistes est en train de prendre son petit déjeûner sur la table pas loin de la tente. J'écoute, j'essaye de comprendre, et petit à petit, ça revient! J'adore les langues!

Je discute un peu avec eux. L'un d'entre eux parle le Français, et est tout heureux de parler dans ma langue. J'aime beaucoup l'accent Espagnol, c'est amusant. Ils font le tour en deux semaines, mais en faisant des étapes en bus. ils sont à la moitié de leur périple, et partent vers Akureyri.

Je passe ma matinée sur le PC, à surfer, écrire...

Il fait beau. Je décide d'aller enfin voir le volcan qui m'attire depuis si longtemps.

J'ai nommé... Le Hverfjall. Ce stratovolcan est apparu il y a 2 500 ans et est le résultat d'une seule éruption. Le cône fait environ 250 m de haut et 200 m de profondeur pour un diamètre de 1 200 m. Il est à 420 mètres d'altitude, en gros, car ses flancs ne sont pas tous à la même hauteur, comme vous pouvez le constater. (Source Wikipedia) Myvatn étant à 277 mètres d'altitude, la grimpette pour le vaincre est plutôt facile!

Je le trouve tout simplement splendide!

Pour y accéder, il y a cette petite route remblayée avec de la lave broyée. Il faut ouvrir une barrière -à refermer, c'est pour les moutons.... Cette route part depuis la route n° 1, sur la rive Est du lac Myvatn.

Un sacré morceau. Et quand je pense qu'il a littéralement explosé, en une seule fois. Difficile de s'imaginer le spectacle!

La route est étroite, et complètement défoncée par endroits! Elle traverse ici un petit bosquet.
Il faut être très prudent. En effet, elle est accessible à tous les véhicules mais, à deux endroits, il y a des bosses telles que vous pouvez y laisser votre bas de caisse. Ce qui s'est forcément déjà produit, au vu des très nombreuses coulées d'huile que j'y ai vues, à plusieurs reprises!

Paysage lunaire ici aussi. Un gros, un énorme tas de pierres!

Les choses sérieuses vont commencer. Je suis aux pieds de la bête. Il y a deux chemins. Celui que je vous ai maintes fois montré, et que l'on voit à l'oeil nu depuis une grande distance, qui monte d'une traite, sans aucune courbe, au sommet -enfin, au bord du cratère-, et un autre, sur le bord opposé, qui monte en épingloes à cheveux, plus dur, plus long.... Je choisis le chemin direct, plus court, et qui ne me semble pas si difficile!

Dois-je vous dévoiler le scoop que je tiens d'un des habitants de Myvatn?
En fait, il ne s'agirait pas d'un volcan, mais d'une ancienne carrière. Et un Islandais a eu un jour l'idée de dire qu'il s'agissait d'un volcan.
Tout simplement....

Si c'est vrai, c'est bien imité. Mais le matériau ressemble énormément aux graviers sortant de nos carrières....

Je vous laisse juger!

 

En montant, un petit coup d'oeil en arrière. Le Hlidarfjall. Et le Vogahraun -ou Vogarhraun, champ de laves de Vogar- à mes pieds.

Sur ma gauche... Un énorme tas de... cailloux!

Et devant moi, le chemin, direct, droit dessus! A l'assaut. Pas de quartier!
Ce sont des graviers. Des millions de millions de graviers. Et par conséquent, ça enfonce. La marche est donc difficile, du moins non, ce n'est pas le mot exact.
La montée est fastidieuse, fatiguante. Je reprends mon souffle souvent!

Sur ma droite, vers l'Ouest, le Vindbelgiarfjall, toujours là.

Ce qui est bien avec cette montée en ligne droite, c'est que la récompense est à chaque pas! Fantastique.
Vers le parking. Vous avez un bon aperçu du chemin, et surtout de sa consistence!
Plus bas, dans le Vogarhraun, un autre cratère devient visible, et qui passait complètement inaperçu du bas.
Puis, à gauche, le Hlidarfjall, et à droite le Namafjall, que vous connaissez maintenant par coeur!
Les traces dans la plaine recouverte de lave montrent que les Islandais ont aplani le terrain, à droite, en récupérant la lave sans doute très friable à cet endroit, pour s'en servir sur le réseau routier. Je pense qu'elle a servi à faire ces chemins qui conduisent sur les sites environnants.

Je ne suis pas le seul à avoir eu l'idée de venir ici cet après-midi!

En approche du bord du cratère. A droite, le Myvatn et ses pseudocratères. Gros contre-jour, d'où ces couleurs!

Quelques grosses pierres encombrent parfois le tracé, que chacun s'évertue à contourner comme il le peut, créant peu à peu une nouvelle trace.

Un quart d'heure, la mpontée ne m'a pris qu'un quart d'heure! Et croyez-moi, j'y suis allé doucement.
Vous pouvez donc tous le faire, sans exception, même les petits.
Découverte du cratère proprement dit.

J'en ai rêvé. L'Islande l'a fait. Et moi aussi donc!
Facile! Il a été créé en une seule explosion! Je l'ai grimpé d'une seule traite. Logique.

Blague à part. Admirez le cône central. Absolument merveilleux. Je pense à la goutte de lait qui retombe dans le bol. Au ralenti, souvenez-vous du rebond central...
Je suppose qu'il s'agit du même phénomène d'ondes créées par l'explosion!

Le paysage autour de moi est absolument époustouflant, à couper le souffle.

Beaucoup mieux que je ne l'imaginais.

Comme de bien entendu, je ne vais pas me contenter d'être venu ici sans en faire le tour. J'ai le temps.
Il est 16 heures.

1200 mètres de diamètre -en moyenne, car ce n'est pas un cercle parfait, loin s'en faut. Pour en connaître la circonférence, on multiplie le diamètre par... par... "pi" (3,1416....), ce qui nous donne un parcours proche de 4 km, environ! Et relativement plat.

Une broutille pour moi....

Alors, dans quel sens? A gauche, à droite? Par la droite, c'est une forte montée. Alors ce sera par la gauche, et je terminerai par une forte descente... Logique, non?

Ce qui est formidable avec le Hverfjall, c'est que le paysage change au fur et à mesure que l'on se déplace sur son pourtour. On voit l'intérieur sous différents angles, on voit les 360° extérieurs très lentement, au fur et à mesure du déplacement.

Tout bonnement fantastique.

Et ça grimpe quand même. Mais facile. Paysage une fois de plus lunaire. J'adoooore.

Dans le champ de lave, au zoom, j'aperçois la fameuse faille Grjotagja. Et un car de tourisme sur le parking, juste en face de la grotte.

En face, la crête que je vais longer. Moi qui ai toujours rêver de suivre un chemin de crête, je suis verni!
Et entre les deux, le trou. Explosé? En une seule fois? Quel feu d'artifice!

Toujours le Hlidarfjall.

Le Myvatn

Le Vindbelgiarfjall de l'autre côté du Myvatn.

Vers le Sud-Est cette fois.

Le chemin de crête. Très facile à suivre. Enfin, regardez quand même où vous mettez les pieds...

J'arrive sur l'autre bord du cratère. En regardant vers l'Est, j'aperçois un cratère aux formes semblables à celles du Hverfjall. Renseignements pris, oui, c'est un cratère analogue.
Il s'agit du Ludent. Il aurait explosé il y a 600 à 9000 ans. Il est encore plus beau que le Hverfjall. En plus, il y a une petit cône sur son pourtour, c'est phénoménal! J'aimerais y aller, j'aperçois un chemin qui va dans cette direction dans le champ de laves. Mais en aurai-je le courage?

Lire au sujet du volcanisme de ce coin.

Une très belle vue du Ludent et de son merveilleux cratère, au-delà de la zone verte. Quel pays fantastique!

L'énorme cassure au-delà de Namafjall et du Namaskard. J'ai lu quelque part qu'elle s'est écartée de 8 mètres en dix ans, ce qui serait absolument phénoménal. Mais curieusement, alors que cette rupture a attiré mon regard dès le premier jour, alors que je roulais sur la route n° 1, il n'en est question nulle part. Donc... Si quelqu'un sait, je suis preneur d'infos!

Voilà. J'ai maintenant fait un bon tiers du tour du cratère. Je n'avance pas, je sais. Mais je regarde partout. Je suis en extase. Enfin, presque...

Toute une chaîne de volcans le long de fissures volcaniques, entre le Hverfjall et le Ludent, vers le Sud. Incroyable!

Je suis très surpris par les gens que je croise, relativement nombreux. Je salue avec un sourire. Peu de réponse, à peine un salut en retour.
Les gens donnent l'impression de "faire la tête". C'est incroyable! Rares sont ceux qui répondent d'un joyeux "hallo".
Mais qu'est-ce qu'ils ont tous? Malades? Pas heureux? J'avoue que ce phénomène, très souvent rencontré, est absolument inquiétant.
Et quelles que soient les langues, car il y a de tout! En général, ce sont quand même les jeunes les plus sympas et les plus souriants!

Regard arrière vers le Namafjall. Comme c'est beau!

On dirait les rayons d'une roue! C'est incroyable. En tout cas, vous ne serez pas venus pour rien! Vous en avez pour votre argent!
Dois-je vous répéter les noms? Oui? Volcan Hverfjall. Lac Myvatn. Volcan Vindbelgiarfjall en face.

 

Encore un coup d'oeil vers le Namafjall. Dans le fond, j'aperçois même le champ de lave du Leirhnjúkur, le Leirhnjúkshraun, datant de 1984, encore noir. J'irai le voir.

Essai d'un panorama, mais les couleurs dues au contre-jour gênent la qualité du rendu final. Je vous la mets quand-même!

Le Ludent à nouveau. Avec le cratère sur le pourtour de son cratère! Il est absolument extraordinaire.

Allez, une petite série de panoramas. Je ne sais pas si vous les méritez!

Alors, c'est beau, non? Eh bien dîtes-le!

Le Hlidafjall.

Loin au Nord du Namafjall.

Je ne dis plus rien, je vous laisse découvrir comme moi!

Vers le Sud. Je pense qu'il s'agit du Blafjall.

Vers le Nord-Ouest.

Gros contre-jour vers le bord le plus élevé. Vision surréaliste. Tout un groupe de touristes arrivant par l'autre accès, avec un guide. Ils sont passablement essouflés, me confirmant dans la pertinence de mon choix quant à l'itinéraire.

Coup d'oeil arrière vers la ligne de crêtes que je viens de parcourir. C'est ici qu'arrive l'accès Sud. On voit très distinctement le cône du Ludent en arrière-plan.

La descente vers le sentier d'arrivée... On voit parfaitement bien la route par laquelle on vient depuis la n° 1, à travers le bosquet d'arbustes.

La grande faille Grjotagja dans son environnement...

Vers le fond du cratère... Facilement accessible, contrairement à la photo. Des traces d'un chemin y sont visibles. Mais je ne sais pas s'il est autorisé. Du moins, rien n'y est défendu!

Des voitures au pied du volcan, et se dirigeant vers le parking, pour une probable ascension -des occupants, pas des voitures!

Retour vers la route n°1. Un petit étang se trouve à l'intersection de deux routes. Là-bas, c'est pour rejoindre l'autre sentier permettant de grimper sur le cratère, mais ce chemin va aussi vers le cratère de Ludent, et plus loin encore...

En revenant sur la route n°1, j'ai eu la très mauvaise surprise de tomber sur des travaux. Enfin, pas exactement. Les ouvriers étaient débauchés, les engins étaient rangés sur le bas-côté. La route était gravillonnée sur environ 3-4 km. Ici une photo arrière pour vous montrer la façon qu'ont les Islandais d'entretenir leurs routes goudronnées! Ils déversent sur le goudron une énorme couche de graviers de taille assez importante, avec un peu de goudron, et ils mouillent... Les voitures passant faisant le reste!
Je comprends maintenant comment sont faites les routes. Par endroits, les gros graviers sont encore accrochés au goudron, mais les petits ont disparu, ce qui donne une route extêmement abrasive pour les pneus, puisque non lisse! Malgré tout, je préfère quand même ça, c'est mieux que la piste.

Je conclue en disant ceci... "Mais cela ne nous regarde pas, Jean-Pierre..."
Comprenne qui voudra.

Cette ascension du Hverfjall restera gravée dans ma mémoire. Je ne pense pas que j'aurai le courage d'aller faire celle du Ludent, tout simplement parce que je suis seul, et croiser tous ces gens qui font "la gueule" est vraiment déprimant. Si je reviens un jour, accompagné, alors oui, j'irai. Car sa seule vue m'a mis l'eau à la bouche...

 

719 photos. 107 km

Depuis le départ, 15.415 km
Depuis le départ, 39.249 photos
Compteur Akitsu, 29.426 km

Moyenne quotidienne depuis le départ - 134 km
Moyenne quotidienne depuis le départ - 341 photos

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